Ultradroite: derrière «Papacito», d'autres influenceurs aux gros bras et idées radicales

Manifestation contre l’extrême-droite, le 12 juin à Paris (Photo, AFP).
Manifestation contre l’extrême-droite, le 12 juin à Paris (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 22 juin 2021

Ultradroite: derrière «Papacito», d'autres influenceurs aux gros bras et idées radicales

  • «Papacito» est sorti de l'ombre après sa vidéo simulant l'exécution d'un militant LFI, qui a poussé le parquet de Paris à ouvrir une enquête pour «provocation» au meurtre
  • Estimation de leur «fanbase» (suiveurs) : «plusieurs centaines de milliers de personnes, un million si on prend une fourchette haute»

PARIS: Ils pestent contre cette France qui « perd ses valeurs », « se gauchise » et se « féminise » : au côté de « Papacito », une petite cohorte d'influenceurs à l'audience grandissante propage sur YouTube des idées de droite radicale, assises sur un discours viriliste, antirépublicain et provocant.

Si « Papacito » est sorti de l'ombre après sa vidéo simulant l'exécution d'un militant LFI, qui a poussé le parquet de Paris à ouvrir une enquête pour « provocation » au meurtre, les « Raptor », « Valek » ou « Bruno le Salé » forment la partie émergée de l'iceberg.

« Ils sont une dizaine à compter au-delà de 10 000 à 20 000 abonnés sur leur chaîne et à franchir le cap des 100 000 VU (visiteurs uniques, NDLR), ce qui est dans le haut du panier pour YouTube », esquisse Romain Fargier, qui prépare une thèse consacrée aux influenceurs politiques sur YouTube.

Le chercheur estime leur « fanbase » (suiveurs) à « plusieurs centaines de milliers de personnes, un million si on prend une fourchette haute ». Un chiffre en augmentation depuis l’élection présidentielle de 2017, à partir de laquelle « le phénomène a commencé à prendre une ampleur de plus en plus importante ».

Qu'ils soient libertaires, royalistes, pour un Etat fort ou en faveur de l'autodétermination, tous se retrouvent autour d'un socle commun idéologique, qui abhorre les élites, la gauche, les « bobos » et la mondialisation, regrette la perte supposée des valeurs et l'immigration de masse.

Surtout, ces gros bras adeptes de musculation, dont certains monnaient leurs conseils en la matière (Raptor) ou font la promotion de compléments alimentaires (Valek), portent fièrement en bandoulière un virilisme misogyne.

« La société se gauchise, donc elle se féminise », lance ainsi Papacito (123 000 abonnés sur YouTube).

« Comme aujourd’hui les gens réagissent comme des femmes, dès qu'il y a le moindre ‘coup de pression’ ça part dans (...) des proportions qui ressemblent à des disputes de femmes », insiste-t-il, « on va vers des temps tellement durs qu'il n'y aura plus de temps pour les timorés ».

Selon « Raptor » (708 000 abonnés), pour qui la parité « est une arnaque », « la virilité c'est la volonté d'exister, être maître de son destin et être responsable, un truc qui manque cruellement aux peuples ».

Format divertissant

« Valek » (357 000 abonnés), de son côté, fulmine contre « la déconstruction de la masculinité », se propose de donner « quelques milligrammes de testostérone ».

Les propos sont outrageux et enveloppés d'une forme divertissante (vidéos courtes au montage dynamique ponctuées de blagues et mèmes) afin de séduire les jeunes et d'accroître leur audience.

A des fins notamment financières, selon le chercheur Romain Fargier : « la plupart sont des micro-entrepreneurs qui se servent de YouTube comme d'une vitrine. Être provoquant permet de se faire connaître et de vendre des produits à côté. »

« Papacito » est ainsi auteur de bandes dessinées, alors que « Raptor » dispense des conseils de coaching.

Les motivations sont également idéologiques. « Raptor » les détaillait dans un entretien à Valeurs actuelles en juillet 2018 : « mon objectif a toujours été de créer du contenu à la fois divertissant et qui soulève quelques problématiques et enjeux actuels par l'humour, l'exagération et la provocation (...) d’aider les jeunes Français à s'intéresser à leur condition, leur proposer de réfléchir autrement qu'à travers l'idéologie dominante ‘cosmopolitiquement’ correcte ».

« Plus que de passer à l'action, leur but est davantage d'inséminer petit à petit leurs idées dans la société » pour les rendre, à force de répétition, de plus en plus acceptables, explique Romain Fargier.

« La bataille de l'Internet, on est train de la gagner, peut-être la bataille électorale », prophétisait « Papacito » dans un entretien à Valeurs actuelles le 9 juin dernier.

De plus en plus interrogés par le journal ultraconservateur ou Sud Radio, « Papacito » et les autres influenceurs commencent en tout cas « à faire une incursion dans les médias ‘mainstream’, ce qui était inimaginable il y a quelques années », relève Romain Fargier.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.