ÆŁËNTS : un groupe qui ose «aller plus loin que la musique»

Le groupe ÆŁËNTS se produisant à Beyrouth. (AFP)
Le groupe ÆŁËNTS se produisant à Beyrouth. (AFP)
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Publié le Lundi 14 juin 2021

ÆŁËNTS : un groupe qui ose «aller plus loin que la musique»

  • Deux jeunes libanais ont osé prendre un pari fou : transcender l’expérience du son, la magnifier en éveillant les sens de leur public lors de leurs performances
  • A la fin du mois de Juin, leur premier album, dont la pochette a été conçue par Ben Heim- un artiste d’art visuel très réputé aux Etats-Unis- sera dans les bacs

BEYROUTH : Incantation, cavatine, ou berceuse. Musique trash, rock, classique, soul, ou rap… Kant disait, que «la musique est la langue des émotions», car chaque instant de vie, heureux ou malheureux, est couplé à une certaine mélodie. Les souvenirs sont gorgés de sons : leur pouvoir est infini dans le temps et dans l’espace.

Magnifier l’expérience du son

Conscients de ce constat, Karl Moukarzel et Karim Jabre, ont décidé d’«aller plus loin que la musique».

Ces deux jeunes libanais ont osé prendre un pari fou : transcender l’expérience du son, la magnifier en éveillant les sens de leur public lors de leurs performances.

Comment ? En conjuguant la musique au pluriel, en la fusionnant à d’autres formes d’art afin de créer une ambivalence artistique entre plusieurs univers.

« Nous voulons créer, trouver une coordination, une synchronisation entre le beau, le bon et l’agréable. Il s’agit de réveiller et stimuler le sensoriel  en jouant sur les fréquences et l’esthétique. Nous voulons que les poils se hérissent, et que les cœurs s’emballent. » explique Karl à Arab News en Français.
 

« Nous voulons créer, trouver une coordination, une synchronisation entre le beau, le bon et l’agréable»

Musique et architecture : un couple sensationnel 

Karl Moukarzel est un jeune architecte diplômé de l’Académie Libanaise des Beaux Arts (ALBA) et de l’ENSA Paris La Villette. 

Karim a quant à lui tourné le dos à son école de commerce pour devenir ingénieur du son. Il est à présent étudiant en production musicale au sein de l'école de musique ICMP à Londres.

Deux ans auparavant, ces deux passionnés de musique ne se connaissaient pas. Aujourd’hui, ils se complètent pour former ce duo d’un nouveau genre.

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Karl et Karim. (Photo fournie)

« Nous venons d’univers différents, mais nous avons la même vision : créer un monde unique qui mêle la musique et l'art sous ses différentes formes » confie Karim.

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Karl et Karim devant leur table de mixage. (Photo fournie)

En plus de leur amour commun pour la musique, les deux jeunes hommes partagent la même muse : Beyrouth.

 « Mille fois morte, mille fois revécue », cette ville est la source de leur inspiration.

Il n’est donc pas étonnant que leur tout premier événement multi sensoriel ait eu lieu dans leur ville de cœur. 

C'est dans un édifice conçu par l'architecte Bernard Khoury que le duo s’est produit afin de récolter des fonds pour la reconstruction de la capitale dévastée après l’explosion du 4 Août dernier.

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Situé dans la zone nord-est de la région de Beyrouth- et achevé en 2014, le « Lot #1072 » également connu sous le nom de « skyline » est un immeuble résidentiel conçu par le célèbre architecte libanais Bernard El Khoury. (Photo fournie)

 Le choix de ce lieu surplombant Beyrouth est hautement symbolique. Depuis le toit de cet immeuble, les multiples aspects de la cité aux mille visages sont mis en avant. Les ruines phéniciennes, les bidonvilles, les nouveaux complexes immobiliers et les gratte-ciel hétéroclites, la mer Méditerranée, le port, ou du moins ce qu’il en reste…

 «Nous avons mélangé le magnifique panorama et l’architecture unique et éclectique de Bernard Khoury, à nos compositions artistiques. » indique Karim.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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« Rien ne nous arrêtera »

Avec la pandémie qui a mis en veille le monde de l’art, en 2020, les temps étaient durs pour les artistes. 

Pourtant, les deux jeunes hommes ont su tirer les avantages de cette situation inédite.

Lors des confinements successifs, ÆŁËNTS a participé à plusieurs évènements en ligne. 

« Même si le secteur dans lequel nous nous sommes lancés était à l’agonie nous avons pu nous faire connaître grâce au digital et à la diaspora libanaise qui ne cesse de nous encourager »

Conformément à leur quête de beauté, esthétique et sonore, le groupe a pour ambition de se produire dans des musées. « Nous aimerions travailler avec l’Atelier des Lumières à Paris, afin de proposer une expérience culturelle multidimensionnelle », précise Karl.

A la fin du mois de juin, leur premier album, dont la pochette a été conçue par Ben Heim- un artiste visuel très réputé aux Etats-Unis- sera dans les bacs. 

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La pochette de l'album dessinée par Ben Heim. (Photo fournie)



 

 


En Chine, l'acupuncture c'est aussi... pour chiens et chats

Cette photo prise le 12 avril 2022 montre le vétérinaire Li Wen caressant un chien pendant un traitement d'acupuncture dans une clinique pour animaux à Pékin. (Photo de WANG ZHAO / AFP)
Cette photo prise le 12 avril 2022 montre le vétérinaire Li Wen caressant un chien pendant un traitement d'acupuncture dans une clinique pour animaux à Pékin. (Photo de WANG ZHAO / AFP)
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  • Pour établir son diagnostic, le vétérinaire examine la corpulence de l'animal, ses yeux, la couleur de sa langue, prend son pouls et pose des questions au maître
  • Il plante ensuite ses aiguilles au niveau de points d'acupuncture spécifiques aux chiens et chats

PÉKIN : Solidement sanglé, un caniche regarde avec inquiétude un vétérinaire lui planter de fines aiguilles dans le dos et les pattes: l'acupuncture pour chiens et chats séduit en Chine un nombre croissant de maîtres.

Même les lapins sont les bienvenus dans ce cabinet de médecine traditionnelle chinoise de Pékin, qui voit défiler du matin au soir des bêtes à poil de différentes tailles.

Principale motivation des maîtres: offrir à leur animal un traitement moins invasif et avec moins d'effets secondaires que la médecine classique.

«L'avantage de la médecine traditionnelle chinoise, c'est qu'il n'y a pas d'opération chirurgicale. Donc la souffrance et la convalescence de l'animal sont réduites», déclare Zhai Chunyu, 38 ans, venu avec Duniu, son caniche toy.

Agé de trois ans, il souffre de la maladie de Legg-Calvé-Perthes, qui atteint la tête et le col du fémur et conduit à leur tassement avec arthrose, douleur et claudication.

«Il avait tellement mal qu'il ne pouvait plus poser la patte au sol» et «n'avait plus d'appétit», explique M. Zhai, qui travaille dans la finance.

«Un médecin m'avait conseillé de faire une ablation de cette tête du fémur. Mais je ne voulais pas, car j'ai un autre caniche qui est passé par là et il a beaucoup souffert de l'opération et des séquelles.»

- Flûte de bambou -

Un ami lui conseille alors d'essayer l'acupuncture dans ce cabinet, ouvert en 2016 par le vétérinaire Li Wen, 68 ans.

«Après cinq-six séances, on a vu les résultats. Duniu arrive à marcher et même un peu à courir maintenant», se félicite son maître.

Pour établir son diagnostic, le vétérinaire examine la corpulence de l'animal, ses yeux, la couleur de sa langue, prend son pouls et pose des questions au maître.

Il plante ensuite ses aiguilles au niveau de points d'acupuncture spécifiques aux chiens et chats.

«Sur 10 animaux que je reçois en moyenne chaque jour, il y en a toujours un ou deux qui se rebiffent», explique Li Wen, 46 ans de métier.

«Il faut communiquer avec eux, les traiter avec douceur, les rassurer sur le fait qu'on n'est pas là pour leur faire du mal.»

Pour contribuer à leur détente, il diffuse une musique douce de flûte de bambou et de gazouillis d'oiseaux.

- «Paralysé» -

Comme pour les humains, une fois les aiguilles plantées, le vétérinaire stimule les points avec une lampe chauffante dans laquelle ont été placés des disques d'armoise - une plante. C'est ce qu'on appelle la «moxibustion».

Elle est censée permettre, en complément de l'acupuncture, de réduire les rhumatismes ainsi que les douleurs musculaires et articulaires.

Le vétérinaire s'occupe principalement de cas de paralysie, de faiblesse des membres, d'épilepsie, de douleur et de rétention urinaire.

L'acupuncture peut également servir lorsqu'il n'existe pas d'autre traitement.

Comme pour Xiaomei, un labrador mâle de 12 ans atteint d'une compression des nerfs au niveau des lombaires et d'un bec de perroquet à un os.

«En septembre dernier, après avoir nagé, il n'est pas arrivé à se remettre debout sur ses pattes. Un vétérinaire nous a alors annoncé que c'était impossible de traiter et qu'il deviendrait paralysé», explique à l'AFP sa maîtresse Ma Li, 41 ans.

«Grâce à l'acupuncture, il a encore des difficultés mais peut marcher normalement et même courir», se félicite-t-elle.

Tarif moyen de la séance: de 360 à 390 yuans (de 52 à 57 euros) selon les forfaits, ce qui reste acceptable pour la plupart des maîtres pékinois.

- Vaches et poules -

«La première fois, il avait peur et a juste supporté pendant cinq minutes», explique Yang Lihua, une retraitée de 65 ans venue avec Niannian, son pékinois atteint d'une hernie discale.

«Maintenant, il adore ça! Après la séance, il est tellement détendu qu'il dort dans la voiture sur le chemin du retour.»

L'acupuncture pour animaux est vieille d'environ six siècles en Chine, selon le professeur Li.

Elle était tout d'abord utilisée pour les vaches, moutons, chevaux, lapins ou encore les poules. Son application pour les chiens et chats est plus récente.

«La médecine traditionnelle chinoise n'a pas vocation à remplacer la médecine classique» car «les deux ont leurs atouts» et sont «complémentaires», tient à souligner le professeur Li.

Le marché de l'acupuncture pour animaux reste limité pour le moment.

«Mais depuis 2016, il gagne en popularité», explique le professeur Li.

«Avec l'élévation du niveau d'études, des conditions de vie et des revenus, de plus en plus de gens se rendent compte des bénéfices de cette médecine.»

A côté, l'imposant labrador de Mme Ma bondi sur le siège arrière de la voiture de sa maîtresse après sa séance, l'air ravi et la langue pendante: «Il n'a pas l'air heureux?», sourit-elle.


Sempé et Goscinny, les blessures des papas du «Petit Nicolas»

L'illustrateur français de livres pour enfants Jean-Jacques Sempe à Paris (Photo, AFP).
L'illustrateur français de livres pour enfants Jean-Jacques Sempe à Paris (Photo, AFP).
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  • «Le Petit Nicolas, qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?»
  • Lorsqu'il rencontre Sempé dans le Paris des années 1950, Goscinny est un jeune homme qui a déjà roulé sa bosse

PARIS: Un gamin battu, monté à Paris, ses croquis sous le bras, et un exilé dont la famille a été meurtrie par l'antisémitisme : pour René Goscinny comme pour Sempé, décédé jeudi, créer le "Petit Nicolas" fut un moyen de panser les plaies d'une enfance cabossée.

Hasard du calendrier, le processus créatif à l'origine du plus célèbre des petits écoliers, héros incontournable de la littérature jeunesse, et désormais doublement orphelin, après la mort jeudi de Sempé, est au cœur d'un film d'animation qui doit sortir le 12 octobre en salles.

"Le Petit Nicolas, qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?", pour lequel les réalisateurs Amandine Fredon et Benjamin Massoubre ont rencontré Sempé avant son décès, a remporté en juin le Cristal d'Or au Festival du film d'animation d'Annecy.

Loin de la France idéalisée des années 1950 retracée dans leurs ouvrages communs, il montre comment les deux hommes ont puisé l'inspiration dans leurs blessures intimes pour créer le petit garçon espiègle, meilleur copain de générations de lecteurs et vendu à 15 millions d'exemplaires.

Lorsqu'il rencontre Sempé dans le Paris des années 1950, Goscinny est un jeune homme qui a déjà roulé sa bosse : parti tout petit à la fin des années 1920 en Argentine avec ses parents alors que l'antisémitisme montait en Europe, il a ensuite bourlingué entre les États-Unis où il rêve de travailler avec Walt Disney, et rencontre notamment Morris, le créateur de Lucky Luke, et la France.

Sempé, lui, est un gamin issu d'une famille populaire de Bordeaux, battu par son beau-père et monté à Paris, carton à dessin sous le bras, pour tenter sa chance. L'amour du dessin n'est donc pas la seule chose qui relie les deux jeunes hommes.

La création du "Petit Nicolas", "c'est une histoire de résilience, de deux mecs qui se sont fait voler leur enfance, l'un par la Shoah et l'autre par un beau-père abusif, et qui vont créer cette enfance rêvée du Petit Nicolas", expliquait à l'AFP Benjamin Massoubre, l'un des coréalisateurs, lors du Festival d'Annecy.

«Dur de faire du Sempé»

L'occasion de montrer autrement ces deux personnalités complices, crayon à la main, tantôt chez eux, tantôt à la terrasse d'un café : "Goscinny, très loin de son image de franchouillard en pantoufles, est un globe-trotteur", Sempé en amoureux du jazz et de la musique.

Les premiers croquis, le choix du prénom, presque au hasard, grâce à une publicité pour le caviste "Nicolas"... Le film retrace la genèse de ce qui deviendra l'une des œuvres les plus lues du patrimoine français.

Les réalisateurs, qui ont travaillé main dans la main avec la fille de René Goscinny, Anne, ont pu exploiter les archives des artistes. Et recréer fidèlement le trait élégant de Jean-Jacques Sempé, qu'il a fallu adapter à l'écran, une gageure.

"Pour être fidèles à son univers, on est partis de ses dessins et on a fait des dossiers : les restaurants, les bars, les parcs, les arbres", pour constituer une base de données dans lesquels les dessinateurs puisaient, explique Amandine Fredon, l'autre réalisatrice.

"C'est très dur de faire du Sempé", reconnaît la cinéaste. Mais le pari est réussi : le film, désormais en forme d'adieu, permettra aux spectateurs de s'asseoir comme s'ils y étaient à la table où Jean-Jacques Sempé, crayon à la main, a créé ce petit garçon qui parlait tellement à l'enfant malheureux qu'il avait été.


La Street Parade fait vibrer Zurich après deux éditions annulées

Les participants assistent à la 29e édition de la Street Parade, une célébration de la musique techno qui rassemble plusieurs centaines de milliers de ravers et fans de musique électronique, le long du lac de Zurich le 13 août 2022 (Photo, AFP).
Les participants assistent à la 29e édition de la Street Parade, une célébration de la musique techno qui rassemble plusieurs centaines de milliers de ravers et fans de musique électronique, le long du lac de Zurich le 13 août 2022 (Photo, AFP).
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  • La dernière édition en 2019 avait réuni environ 850 000 personnes, et les organisateurs en attendent cette année entre 750 000 et un million
  • Lancée en 1992, la Street Parade de Zurich est la plus importante fête techno d'Europe

ZURICH : Des centaines de milliers de personnes ont vibré samedi au rythme de la musique techno à Zurich, la plus grande ville suisse, à l'occasion de la première Street Parade organisée depuis la Covid.

"Je n'ai pas les mots justes pour décrire l'atmosphère, c'est fantastique, tous les gens ont tellement envie de faire la fête. Vous pouvez le sentir, vous pouvez sentir la vibration dans l'air", lance Patrick, 26 ans, étudiant en master à Zurich, fleurs et lunettes multicolores sur la tête.

La dernière édition en 2019 avait réuni environ 850 000 personnes, et les organisateurs en attendent cette année entre 750 000 et un million.

Longue d'environ 2km, la route qu'emprunte ce défilé haut en couleur est la même que les années précédentes, le long du lac qui longe Zurich, ville connue pour ses banques et assurances mais aussi pour sa contre-culture.

Les berges de Zurich ont été prises d'assaut, de nombreux participants se jetant dans le lac pour s'amuser ou se rafraichir.

En début d'après-mi, un homme qui avait sauté dans la zone proche de la Street Parade n'est pas remonté à la surface. Alertés, les sauveteurs l'ont repêché mais il était trop tard, a indiqué la police zurichoise qui ne peut pas dire pour l'instant si la victime était un des fêtards.

Clou de la manifestation, trente "Love Mobiles", des camions décorés de manière colorée et remplis de fêtards, traversent au pas l'itinéraire, sous le soleil.

Outre ces scènes mobiles, huit scènes situées le long du parcours complètent l'offre variée de musique électronique avec des DJ internationaux, qui vont faire vibrer la capitale économique suisse jusqu'à minuit, parmi lesquels Adriatique, Anna Tur, Ida Engberg, Reinier Zonneveld et Syreeta.

De jeunes artistes apportent également leurs sons et rythmes. Au total, plus de 200 DJ venus du monde entier vont se produire lors cette 29e édition de la Street Parade. Tous, qu'ils soient des stars mondiales ou pas, se produisent gratuitement.

Une tradition

Après deux années marquées par la pandémie, les organisateurs ont placé la manifestation sous le slogan "THINK.", voulant "inciter à la réflexion".

"Celui qui pense acquiert des connaissances et le savoir est la clé d'une cohabitation pacifique, tolérante et durable", ont-ils indiqué.

Lancée en 1992, la Street Parade de Zurich est la plus importante fête techno d'Europe depuis que la Love Parade allemande n'est plus organisée.

Seules les éditions 2020 et 2021 avaient dû être annulées par les autorités en raison de la pandémie de Covid-19.

Syphax BenFifi, un Français installé en Suisse, n'a pas caché sa joie de pouvoir retrouver la Street Parade, à laquelle il participe chaque année.

Venu en bande avec d'autres Français installés dans la région mais tous originaires d'Alsace, ils avaient un déguisement de léopard: "C'est un peu une tradition... les gens sont tellement magnifiques, ils sont trop bien déguisés à chaque fois, et l'ambiance est trop bien à chaque fois, du coup à chaque fois on vient", a-t-il dit à l'AFP.

D'une petite fête en 1992 avec seulement 1 000 fans de techno, l'événement s'est mué au fil des ans en un festival réputé dans toute l'Europe.

En 1994, Zurich avait souhaité interdire le défilé.

"La parade est trop grande, trop bruyante et elle salit les rues de la ville. Par ailleurs, elle n'intéresse qu'une fraction infime de la population", avait fait valoir le chef de la police zurichoise, Robert Neukomm.

Sous l'énorme pression politique et publique, l'autorisation sera finalement octroyée. Résultat: la Street Parade de 1994 verra déambuler une masse de 30 000 personnes, sans compter près de 10 000 spectateurs spontanés venus voir la manifestation, selon les organisateurs.