Gagner la «guerre des idées» pour contrer l'extrémisme violent

Le secrétaire général de la Ligue musulmane mondiale, Sheikh Mohammed ben Abdel Karim Al-Issa était convié au département américain de la Défense, afin d’offrir aux cadres supérieurs un exposé sur les organisations extrémistes ainsi que leur utilisation de messages ciblés via les médias virtuels.
Le secrétaire général de la Ligue musulmane mondiale, Sheikh Mohammed ben Abdel Karim Al-Issa était convié au département américain de la Défense, afin d’offrir aux cadres supérieurs un exposé sur les organisations extrémistes ainsi que leur utilisation de messages ciblés via les médias virtuels.
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Publié le Mardi 04 mai 2021

Gagner la «guerre des idées» pour contrer l'extrémisme violent

  • Des organisations telles que Daech s'appuient fortement sur le monde virtuel pour promouvoir leurs idées
  • La plupart des combattants d'Al-Qaïda et de Daech sont plus motivés par le sentiment religieux que par la pensée extrémiste religieuse

JEDDAH: Gagner la guerre des idées pour vaincre l'extrémisme violent dans le monde est tout aussi primordial que la confrontation militaire, a déclaré le secrétaire général de la Ligue musulmane mondiale (MWL), Mohammed Al-Issa, à un public d’analystes de défense américains de premier plan.

Al-Issa, qui est aussi président de l'Association des érudits musulmans, était convié par le Near East South Asia Center for Strategic Studies (NESA) au département américain de la Défense, afin d’offrir aux cadres supérieurs un exposé sur les organisations extrémistes ainsi que leur utilisation de messages ciblés via les médias virtuels.

Le chef de la MWL explique qu'Internet est devenu l’outil de choix des terroristes, car il leur permet de s'attaquer aux plus vulnérables et contenir leurs dépenses.

Des organisations telles que Daech s'appuient fortement sur le monde virtuel pour promouvoir leurs idées. Contrer ces idées est important si l’on veut éradiquer la menace extrémiste, assure-t-il.

Dans son allocution, Al-Issa estime important de comprendre la nature de l'extrémisme, un terme qui dépend du contexte.

«Dans l'Islam, l'extrémisme se réfère souvent à l'adoption d'idées rigides qui peuvent inciter à la violence ou au terrorisme, ou créer des conditions propices. En dehors du contexte islamique, et surtout en Occident, le terme est souvent relié aux opinions d'extrême droite», dit-il.

La plupart des combattants d'Al-Qaïda et de Daech sont plus motivés par le sentiment religieux que par la pensée extrémiste religieuse, car beaucoup ne s'intéressent pas aux connaissances qu’offre l'Islam, déclare Al-Issa.

Selon lui, cette idéologie extrémiste menace l'harmonie communautaire dans les pays de diversité religieuse, ethnique et culturelle tout comme elle entrave la coopération entre les nations.

Il rappelle que le monde islamique, ainsi que de nombreux pays à minorité musulmane, sont plus conscients du danger de l'idéologie de l'islam politique dirigé par les Frères musulmans.

Al-Issa déclare que les efforts militaires pour lutter contre l'extrémisme, comme la campagne qui a impliqué 83 pays menés par les États-Unis contre Daech, sont essentiels, mais que la confrontation intellectuelle est bien plus importante en ce moment.

Le combat peut et doit commencer à la maison. La famille, l'école et les plates-formes d'influence religieuse et sociale jouent un rôle majeur en plaçant les gens sur la voie de la modération, dit-il.

Une deuxième approche, plus thérapeutique, se concentre sur le démantèlement des idéologies à travers le discours scientifique, intellectuel et social. Elle comprend aussi des projets, des initiatives et des programmes institutionnels qui évaluent et mesurent les résultats en conséquence.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com