Algérie: 230 pompiers lourdement sanctionnés pour avoir manifesté

Dimanche, plusieurs centaines d'agents de la Protection civile, pompiers pour la plupart, avaient défilé en uniforme non loin du siège de la présidence algérienne à El Mouradia. (Photo, AFP)
Dimanche, plusieurs centaines d'agents de la Protection civile, pompiers pour la plupart, avaient défilé en uniforme non loin du siège de la présidence algérienne à El Mouradia. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 04 mai 2021

Algérie: 230 pompiers lourdement sanctionnés pour avoir manifesté

  • Ils sont accusés d'avoir enfreint le «statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de la Protection civile»
  • Les pompiers se plaignent que leur salaire de base n'est que de 15 000 dinars alors que le salaire national minimum garanti est de 20 000 dinars (un peu plus de 125 euros) depuis 2020

ALGER: Le ministère algérien de l'Intérieur a annoncé lundi suspendre et poursuivre en justice 230 pompiers ayant manifesté la veille à Alger pour l'amélioration de leurs conditions de travail et salariales, dans un climat social dégradé.

Cette décision est susceptible d'attiser les tensions sociales qui ne cessent de s'accumuler depuis plusieurs semaines en Algérie.

«Ces 230 agents (de la Protection civile) sont suspendus dans un premier temps, puis, dans un deuxième temps, ils seront poursuivis en justice pour avoir enfreint la loi», a promis un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Ils sont accusés d'avoir enfreint le «statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de la Protection civile».

Les sapeurs-pompiers, comme les policiers, n'ont pas le droit de grève ni celui de manifester.

Le ministère de l'Intérieur dénonce «une trahison des devoirs et responsabilités dans le but de déstabiliser et de discréditer ce corps de métier».

Il enjoint les agents de la Protection civile, qui font partie des corps constitués, à ne pas suivre les appels «qui visent à déstabiliser cette institution».

Dimanche, plusieurs centaines d'agents de la Protection civile, pompiers pour la plupart, avaient défilé en uniforme non loin du siège de la présidence algérienne à El Mouradia. Ils réclamaient notamment la libération d'un des leurs, arrêté le même jour sans explication.

La marche a été violemment réprimée par la police, selon des déclarations de pompiers relayées sur les réseaux sociaux.

«Ils nous ont frappés et ont utilisé du gaz lacrymogène (...) Nous n'avons rien fait. Nous n'avons rien cassé», a témoigné un pompier dans une vidéo diffusée sur internet. 

«Nous connaissons la réglementation. Nous demandons juste nos droits», a-t-il plaidé.

Colère sociale

Les pompiers se plaignent que leur salaire de base n'est que de 15 000 dinars alors que le salaire national minimum garanti (SNMG) est de 20 000 dinars (un peu plus de 125 euros) depuis 2020.

La Confédération des syndicats algériens considère qu’un salaire minimum décent devrait atteindre quatre fois plus. 

En outre, les soldats du feu disent travailler 80 heures par semaine, quand la durée légale du travail hebdomadaire est de 40 heures.

Dès dimanche, le ministère de l'Intérieur avait diffusé un communiqué dans lequel il qualifiait d'«illégale» la marche des pompiers et évoquait «un complot contre le pays», accusation récurrente contre toute voix dissidente en Algérie.

Il accusait également les protestataires d'être poussés «par des parties hostiles à l'Algérie». 

En réponse, des agents de la Protection civile de Béjaïa, en Kabylie (nord-est), ont dénoncé le communiqué «mensonger» du ministère de l'Intérieur qui les «diabolise», et ils ont annoncé une manifestation nationale le 9 mai à Alger.

Tandis que son ministre de l'Intérieur Kamel Beldjoud maniait le bâton, le président Albdemadjid Tebboune a appelé dimanche son gouvernement à ouvrir «un dialogue» avec les partenaires sociaux afin de tenter d'éteindre la colère sociale qui monte.

Les autorités font face à une multiplication des conflits dans les services publics: éducation, administration fiscale, chemins de fer, pompiers et un secteur de la santé éreinté par la pandémie de Covid-19.

Avec des grèves, un chômage élevé (15%), une paupérisation, une flambée des prix et des pénuries des denrées de base, ce front social en ébullition s'ajoute à une profonde crise économique, née de la chute de la rente pétrolière, et à l'impasse politique qui perdure depuis le soulèvement populaire antirégime du Hirak il y a deux ans.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.