La Turquie face à un «exode» après une augmentation de 506% des demandes d’asile

Les experts ont déclaré que l'exode massif était principalement lié à des difficultés économiques et à une répression systématique de la liberté d'expression et de la démocratie. (Photo, Reuters)
Les experts ont déclaré que l'exode massif était principalement lié à des difficultés économiques et à une répression systématique de la liberté d'expression et de la démocratie. (Photo, Reuters)
Short Url
Publié le Lundi 03 mai 2021

La Turquie face à un «exode» après une augmentation de 506% des demandes d’asile

  • La fuite des cerveaux est déclenchée par les inégalités, la répression et le népotisme, préviennent les experts
  • Environ 2 995 Turcs ont demandé l'asile dans les pays de l'UE en 2015, mais en 2020, ce nombre a grimpé à 18 145

ANKARA: La fuite des cerveaux et l'exode des jeunes de Turquie sont devenus des points de débat croissants dans le pays après que deux utilisateurs de TikTok ont été récemment arrêtés pour avoir publié une vidéo satirique sur l'incapacité des jeunes turcs à voyager à l'étranger au milieu de la pandémie.

Les deux utilisateurs de 23 ans ont apparemment irrité les autorités turques et ont été accusés d'avoir «insulté ouvertement l'insigne souverain de l'État» dans le clip satirique.

En Turquie, où même l'humour est devenu un acte inexcusable pour certaines autorités, un nombre croissant de citoyens choisissent de s'installer à l'étranger, selon des statistiques récentes.

Les dernières données de l'Office européen des statistiques montrent que les demandes d'asile turques vers l'Europe ont augmenté de 506% depuis 2019.

Les experts ont déclaré que l'exode massif était principalement lié à des difficultés économiques et à une répression systématique de la liberté d'expression et de la démocratie.

Les Turcs cherchant refuge en Europe se sont hissés au cinquième rang des demandes d'asile, d'immigration et de protection temporaire dans les pays de l'UE, juste après les Syriens, les Vénézuéliens, les Afghans et les Irakiens.

Dans les mêmes statistiques, la Turquie était suivie de la Somalie, de l'Érythrée, de l'Iran, du Nigéria et du Pakistan.

Environ 2 995 Turcs ont demandé l'asile dans les pays de l'UE en 2015, mais en 2020, ce nombre a grimpé à 18 145.

La tendance s'est intensifiée ces dernières années, en particulier en ce qui concerne les jeunes cols blancs bien instruits qui tentent de construire une nouvelle vie et un nouvel avenir dans les pays de l'UE, notamment en Allemagne, où la plupart des Turcs ont demandé protection et asile.

La fuite des cerveaux à grande échelle a été déclenchée par le «déclassement démocratique» dans le pays, ainsi que par la détérioration du niveau de vie, disent les experts, la plupart des jeunes turcs étant incapables de voir un avenir pour eux-mêmes dans le pays.

FAITS MARQUANTS

• Les Turcs cherchant refuge en Europe se sont hissés au cinquième rang des demandes d'asile, d'immigration et de protection temporaire dans les pays de l'UE, juste après les Syriens, les Vénézuéliens, les Afghans et les Irakiens.

• Dans les mêmes statistiques, la Turquie était suivie de la Somalie, de l'Érythrée, de l'Iran, du Nigéria et du Pakistan.

• Environ 2 995 Turcs ont demandé l'asile dans les pays de l'UE en 2015, mais en 2020, ce nombre a grimpé à 18 145.

Les récentes protestations d'étudiants universitaires contre le recteur nommé politiquement à la prestigieuse université de Bogazici, ainsi que le retrait brutal de la Turquie de la Convention d'Istanbul du Conseil de l'Europe qui protège les femmes et les filles de la violence domestique ont encore déclenché une «rupture émotionnelle» chez les jeunes. .

La diminution de la qualité de l'enseignement supérieur, la diminution des possibilités de mobilité sociale ascendante et le népotisme généralisé sur le marché du travail ont également poussé les jeunes vers le désespoir et la colère.

La Turquie occupe la 153e place du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières 2021 annoncé le 17 avril.

Le pays est également en tête de liste des pays membres du Conseil de l'Europe qui reçoivent le plus de jugements en matière de violations de la liberté d'expression.

Dans un rapport récent, la Banque mondiale a constaté que le niveau de pauvreté de la Turquie est passé de 10,2% en 2019 à 12,2% en 2020. Avec une inflation se situant à environ 12%, le taux de chômage des jeunes dans le pays est estimé à 22%.

Selon les statistiques officielles turques, en 2019, environ 330 289 Turcs ont émigré vers l'Europe, les États-Unis et d'autres pays, la majorité étant âgée de 25 à 29 ans.

La Turquie a la plus grande population de jeunes d'Europe –  près de 13 millions de personnes.

Une enquête menée par la Fondation pour la social-démocratie (SODEV) basée à Istanbul l'année dernière a également révélé que la jeunesse turque a de plus en plus tendance à vivre à l'étranger.

L'enquête a été menée dans 12 provinces auprès de 600 personnes âgées de 15 à 25 ans. Environ 62,5 % des répondants ont déclaré qu'ils préféreraient vivre à l'étranger s'ils avaient le choix.

«De nombreux jeunes veulent émigrer, mais ceux qui en ont les moyens peuvent se rendre dans les pays européens», a déclaré Ertan Aksoy, président de la SODEV, à Arab News.

Selon Aksoy, les jeunes ont du mal à s'exprimer par peur d'être confrontés à des poursuites pénales ou d'être emprisonnés pour insulte à une autorité publique.

«Ils préfèrent aller dans des pays où ils vivront librement et pourront se réaliser eux-mêmes», a-t-il déclaré.

Aksoy a ajouté que les inégalités sur le marché du travail ont également aliéné les jeunes en Turquie.

«Bien qu'ils aient reçu une éducation de qualité, ils se rendent compte que ceux qui ne sont pas aussi qualifiés qu'eux atteignent des échelles plus élevées sur le marché du travail. Ils prennent même le risque de travailler dans des emplois mal rémunérés en Europe simplement pour pouvoir vivre à l'étranger avec leurs droits fondamentaux sous la protection effective de l'État », a-t-il déclaré.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: écoles et administrations fermées à Alep, accrochages intermittents

L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté. (AFP)
L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté. (AFP)
Short Url
  • Les affrontements de mardi sont les plus violents entre les deux parties, qui ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars et prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurdes au sein du nouvel Etat syrien
  • L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté

DAMAS: Les écoles, les administrations et l'aéroport sont restés fermés mercredi à Alep, la grande ville du nord de la Syrie où des accrochages sporadiques opposent les forces gouvernementales et kurdes, au lendemain de violences qui ont fait neuf morts, selon les médias officiels.

Les affrontements de mardi sont les plus violents entre les deux parties, qui ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars et prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurdes au sein du nouvel Etat syrien.

"C'était une ville fantôme cette nuit, aucune activité, les magasins fermés, les rues plongées dans le noir en raison des coupures de courant", a raconté à l'AFP Abdel Karim Baqi, un homme de 50 ans qui a fui avec sa femme le quartier kurde d'Achrafieh pour se réfugier chez des proches.

L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté.

Le représentant de l'autorité autonome kurde à Damas, Abdel Karim Omar, a déclaré à l'AFP que "des efforts sont en cours pour calmer la situation, car l'escalade n'est dans l'intérêt de personne".

Il a ajouté que les deux quartiers kurdes d'Achrafieh et cheikh Maqsoud étaient "encerclés" et démenti tout bombardement depuis ces zones, soulignant qu'elles sont tenues par les forces de sécurité intérieures kurdes (Asayish) "qui ne disposent que d'armes légères".

Face aux violences, les autorités avaient décidé mardi soir de suspendre pour 24 heures tous les vols de l'aéroport de la deuxième ville de Syrie et de fermer mercredi les écoles, universités et services gouvernementaux.

Les affrontements de mardi "nous ont rappelé la guerre. Nous n'avons nulle part où fuir", a déclaré à l'AFP Joud Serjian, une mère de famille de 53 ans habitant le quartier syriaque d'Alep.

Au cours de la guerre civile en Syrie (2011-2024), Alep avait connu des combats entre les rebelles et les forces du président Bachar al-Assad avant qu'il ne reprenne le contrôle de la cité en 2016.

Les affrontements ont éclaté mardi alors que les discussions patinent pour la mise en oeuvre de l'accord signé en mars, qui était censé intégrer avant fin 2025 les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) au sein de l'Etat syrien.


Yemen: Turki Al-Malki affirme qu' Aidrous Al-Zubaidi s'est enfuit vers une destination inconnue

La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
Short Url
  • Aidrous Al-Zubaidi ne parvient pas à monter à bord d'un avion à destination de l'Arabie saoudite
  • Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud

RIYAD : Le porte-parole officiel de la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que le chef du Conseil de transition du Sud (CTS), Aidrous Al-Zubaidi, s'était enfui vers une destination inconnue.

Le général de division Al-Malki a annoncé que le 4 janvier 2026, le commandement des forces conjointes de la coalition a informé Al-Zubaidi qu'il devait se rendre en Arabie saoudite dans les 48 heures pour rencontrer le président du Conseil de direction présidentielle (PLC) de la République du Yémen, Rashad Mohammed Al-Alimi, et le commandement des forces de la coalition afin d'aborder les raisons de l'escalade et des attaques menées par les forces affiliées au CST contre les gouvernorats de Hadhramaut et d'Al-Mahra.

Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud, et a affirmé sa participation active pour garantir le succès de la conférence.

En conséquence, Al-Zubaidi a informé le Royaume de son intention d'être présent le 6 janvier, et la délégation s'est rendue à l'aéroport.

Cependant, le départ du vol IYE 532 de Yemenia Airways, prévu à 22 h 10 et transportant la délégation, a été retardé de plus de trois heures. Le gouvernement légitime et la coalition ont reçu des informations indiquant qu'Al-Zubaidi avait déplacé une importante force armée, comprenant des véhicules blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions, des camps de Jabal Hadid et Al-Solban vers Al-Dhale' vers minuit.

Par la suite, le vol susmentionné a été autorisé à décoller, transportant un grand nombre de dirigeants du STC, à l'exception du chef du conseil, Aidrous Al-Zubaidi, qui s'était enfui vers une destination inconnue.

Il a quitté les membres et les dirigeants du STC sans donner aucune information sur l'endroit où il se trouvait. Cela s'est produit après qu'il ait distribué des armes et des munitions à des dizaines d'éléments à Aden, dirigés par Mu'min Al-Saqqaf et Mukhtar Al-Nubi, dans le but de créer des troubles à Aden dans les heures à venir.

Cela a incité les Forces du Bouclier national et la coalition à demander au vice-président du Conseil de direction présidentiel, Abdul Rahman Al-Mahrami (Abu Zara'a), d'imposer la sécurité, d'empêcher tout affrontement à Aden, d'épargner aux habitants toute perturbation, de protéger les vies et les biens, et de coopérer avec les Forces du Bouclier national.

Les forces de la coalition ont surveillé les mouvements des unités militaires susmentionnées lorsqu'elles ont quitté les camps et pris position dans un bâtiment situé près du camp d'Al-Zand, dans le gouvernorat d'Al-Dhale'. À 4 heures du matin, les forces de la coalition, en coordination avec les forces gouvernementales légitimes et les Forces du bouclier national, ont lancé des frappes préventives limitées afin de perturber ces forces et de contrecarrer les tentatives d'Al-Zubaidi d'intensifier le conflit et de l'étendre à Al-Dhale'.

Le commandement des forces conjointes de la coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen affirme qu'il travaille avec le gouvernement yéménite et les autorités locales à Aden pour soutenir et maintenir les efforts de sécurité et faire face à toute force militaire qui prendrait pour cible des villes et des civils. Le commandement exhorte tous les habitants à rester à l'écart des camps d'Aden et d'Al-Dhale', à éviter tout rassemblement de véhicules militaires pour leur propre sécurité et à fournir des informations aux agences de sécurité concernant tout mouvement militaire suspect.


Le ministre israélien des Affaires étrangères au Somaliland, colère de la Somalie

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Short Url
  • M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa
  • Le ministère somalien des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que la visite de Saar constituait une « ingérence inacceptable » dans ses affaires intérieures

MOGADISCIO : Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'est rendu mardi au Somaliland dans le cadre d'un voyage dénoncé par la Somalie, dix jours après qu'Israël ait officiellement reconnu la république autoproclamée comme un État indépendant et souverain.

Israël est le seul pays à avoir officiellement reconnu la sécession du Somaliland, que la Somalie a qualifiée de « mesure illégale » et a déclaré que la visite de Saar constituait une « grave violation » de sa souveraineté.

Dans une déclaration publiée sur X, M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa.

« Nous sommes déterminés à faire progresser vigoureusement les relations entre Israël et le Somaliland », a écrit Saar sur X, accompagnant son message de photos de sa rencontre avec le dirigeant du Somaliland au palais présidentiel.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "Etat indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie qui sombrait alors dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.

Si Israël a invoqué le 30 décembre son droit à "entretenir des relations diplomatiques" avec les pays de son choix, sa décision a été critiquée par de nombreux pays d'Afrique et du monde musulman et vue comme une attaque contre la souveraineté somalienne.

Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud a lui affirmé mercredi que le Somaliland avait accepté trois conditions d'Israël: la réinstallation de Palestiniens sur son sol, l'établissement d'une base militaire dans le golfe d'Aden et l'adhésion aux accords d'Abraham, pour normaliser ses relations avec Israël.

Les deux premières allégations ont été qualifiées de "mensongères" jeudi par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, pour qui l'accord entre les deux pays est "purement diplomatique".

La reconnaissance du pays "et l'arrivée d'Israël ne causeront pas de violences, n’apporteront pas de conflits et ne nuiront jamais à quiconque", avait affirmé fin décembre le ministre de la Présidence du Somaliland, Khadar Hussein Abdi.

"Cela ne nuira ni à la Somalie, ni aux Arabes, ni à qui que ce soit", avait-il avancé, ajoutant que la collaboration avec Israël se ferait "dans les domaines de l'amélioration de notre économie, de la production agricole, dans lesquels Israël excelle, et de l’eau".

Des analystes estiment aussi qu'une alliance avec le Somaliland est particulièrement avantageuse pour Israël en raison de sa position stratégique sur le détroit de Bab-el-Mandeb, face aux rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran et qui ont mené de nombreuses attaques contre Israël depuis le début de la guerre à Gaza.