La jeunesse, clef de la réconciliation franco-algérienne ?

Un manifestant fait des gestes devant des gendarmes français lors d'un rassemblement à Paris, le 21 février 2021, en soutien au mouvement antigouvernemental Hirak en Algérie. (Anne-Christine POUJOULAT / AFP)
Un manifestant fait des gestes devant des gendarmes français lors d'un rassemblement à Paris, le 21 février 2021, en soutien au mouvement antigouvernemental Hirak en Algérie. (Anne-Christine POUJOULAT / AFP)
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Publié le Dimanche 02 mai 2021

La jeunesse, clef de la réconciliation franco-algérienne ?

  • Descendants de combattants nationalistes algériens et de pieds-noirs ou petits-fils de harkis, ils sont une vingtaine de jeunes Français et Algériens âgés de 20 à 34 ans à participer à ce "dialogue apaisé"
  • Leurs recommandations, dont la création d'un office franco-algérien pour la jeunesse, sont attendues pour l'été

PARIS : "Il faut sortir de cette perception colonisateurs-colonisés, coupables-victimes" : au bout du fil, la voix de Maroua est posée, à mille lieues du tumulte de la guerre des mémoires qui continue de faire grésiller la ligne entre Paris et Alger.

"Tout n'est pas tout noir ni tout blanc, il y a eu de la douleur et des torts des deux côtés", poursuit cette jeune Algérienne de 23 ans, membre du projet "Regards croisés" lancé en 2017 par SOS Racisme et son partenaire algérien le Rassemblement-Actions-Jeunesse (RAJ).

Descendants de combattants nationalistes algériens et de pieds-noirs ou petits-fils de harkis, ils sont une vingtaine de jeunes Français et Algériens âgés de 20 à 34 ans à participer à ce "dialogue apaisé" dans l'espoir de réussir là où les générations précédentes ont échoué.

Après avoir suivi un cycle de formation autour de la colonisation, du nationalisme, de la guerre d'Algérie et des mémoires, ils se sont constitués en groupes de travail pour enrichir les propositions du récent rapport de l'historien français Benjamin Stora sur la réconciliation franco-algérienne.

Leurs recommandations, dont la création d'un office franco-algérien pour la jeunesse, sont attendues pour l'été. 

De l'aveu-même des organisateurs, l'exercice relevait de la gageure. Près de soixante ans après l'indépendance de l'Algérie, les mémoires restent douloureuses sur cette période de l'histoire qui continue de susciter des débats acrimonieux des deux côtés de la Méditerranée.

Nombreux sont ceux qui se sont cassé les dents sur ce terrain miné, où l'ombre des "martyrs" et les sentiments d'injustice et d'amertume de part et d'autre peinent à s'estomper en dépit des récents gestes d'apaisement de la France. 

"Déclic" 

"C'est une peine et une douleur qui sont transmises de génération en génération", explique Maroua, dont le père a transporté des armes et des lettres pour le compte de l'Armée de libération nationale (ALN) et dont deux grands-oncles sont morts en "martyrs".

Nourrie par ces récits familiaux, la jeune Oranaise confie avoir développé enfant "une sorte de haine envers la France et les Français".

Le "déclic" s'opère à l'automne 2019 à l'occasion d'une visite de la prison de Montluc à Lyon, point d'étape d'un "tour de France des lieux de mémoire" organisé dans le cadre de "Regards croisés".

"A un moment, quelqu'un nous fait la lecture d'une lettre d'un combattant algérien condamné à mort et je me mets à pleurer", se souvient la jeune femme.

"En me retournant, je m'aperçois que d'autres membres du groupe pleurent aussi", poursuit-elle. "Je me rends compte à ce moment-là qu'il n'y a plus de colonisateur et de colonisé mais simplement des êtres humains qui sont tout autant sensibles à la question que nous."

Même prise de conscience lors de ce voyage pour Léa, 22 ans, petite-fille de Harkis. Elle se souvient d'un moment "très amical et pacifique", loin des "critiques habituelles" visant les descendants des auxiliaires de l'armée française pendant la guerre d'Algérie (1954-1962) qui furent la cible de sanglants règlements de compte post-indépendance.

La nouvelle génération a soif d'apprendre et est en quête d'explications, se réjouit Hakim Addad, membre fondateur du RAJ, une association citoyenne à la pointe du mouvement pro-démocratie du Hirak en Algérie. 

"Susciter une envie" 

Elle "est prête à rompre le silence dans lequel la première génération s'est murée et que ma génération post-indépendance n'osait pas encore complètement briser", ajoute cet ancien détenu d'opinion.

"Nous ça va mieux, parce que quand on parle on n'a pas les larmes aux yeux, il n'y a pas le cœur qui parle autant que les parents, les grands-parents", abonde Léa depuis Marseille. "C'est impossible de parler avec eux parce qu'il y a le pathos qui rentre en compte de suite, on ne peut pas contredire quelqu'un qui est au bout de sa vie devant vous".

Étudiant en chimie à Oran, Nabil (le prénom a été modifié) acquiesce. "On n'oublie pas ce qui s'est passé, que la France a fait des choses ignobles en Algérie, a commis des crimes horribles, mais ça ne nous empêche pas de communiquer", relève le jeune Algérien de 25 ans.

Et maintenant ? Si les jalons sont posés, tous conviennent qu'il reste beaucoup à faire et peu se nourrissent d'illusions au vu de la crise politique actuelle en Algérie.

"Il ne faut pas compter sur le bon vouloir des gouvernements parce qu'il ne sera jamais bon", tranche Maroua, qui table plutôt sur les militants, les historiens et la société civile pour faire avancer les choses. 

"On a besoin de ces exemples de moments de fraternité mais il va falloir enchaîner sur quelque chose de plus grande ampleur", estime pour sa part Mathias, un Français de 22 ans dont le grand-père a travaillé en Algérie. "Il faut susciter une envie, un espoir de réconciliation qui gagne ensuite les autres générations".


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.