Au Moyen-Orient, des solutions agro-techniques pour renforcer la sécurité alimentaire

Avec ses déserts inexploités et ses sols sablonneux, le Moyen-Orient – et notamment l'Arabie saoudite – constitue une destination idéale pour une nouvelle start-up proposant des agricultures à basse consommation d'énergie; une méthode qui devrait transformer la manière dont cette région obtient sa nourriture. (AFP)
Avec ses déserts inexploités et ses sols sablonneux, le Moyen-Orient – et notamment l'Arabie saoudite – constitue une destination idéale pour une nouvelle start-up proposant des agricultures à basse consommation d'énergie; une méthode qui devrait transformer la manière dont cette région obtient sa nourriture. (AFP)
La famine est un sujet de préoccupation bien réel dans la mesure où la production alimentaire peine à répondre à la croissance démographique. (AFP)
La famine est un sujet de préoccupation bien réel dans la mesure où la production alimentaire peine à répondre à la croissance démographique. (AFP)
Le projet LNC a pour objectif de combler le fossé entre la production alimentaire et la croissance démographique. (Fourni)
Le projet LNC a pour objectif de combler le fossé entre la production alimentaire et la croissance démographique. (Fourni)
Un technicien injecte un sérum dans un palmier pour le protéger du charançon rouge dans un champ de palmiers situé dans l'oasis d'Al-Ain, aux Émirats arabes unis. (Photo de Karim Sahib/AFP)
Un technicien injecte un sérum dans un palmier pour le protéger du charançon rouge dans un champ de palmiers situé dans l'oasis d'Al-Ain, aux Émirats arabes unis. (Photo de Karim Sahib/AFP)
Un entrepôt réfrigéré de fruits et légumes à Dubaï, le 21 juillet 2020. (Photo de Karim Sahib/AFP)
Un entrepôt réfrigéré de fruits et légumes à Dubaï, le 21 juillet 2020. (Photo de Karim Sahib/AFP)
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Publié le Lundi 29 mars 2021

Au Moyen-Orient, des solutions agro-techniques pour renforcer la sécurité alimentaire

  • Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont évité le cauchemar des pénuries alimentaires massives au plus fort de la crise du coronavirus
  • Des défis se profilent à l'horizon à mesure que les méthodes agricoles et le changement climatique épuisent les réserves d'eau douce et réduisent les sols en poussière.

DUBAÏ: En cette époque où la nourriture se révèle abondante, il nous arrive bien souvent d'oublier la précarité des chaînes d'approvisionnement, jusqu'à ce qu'une catastrophe frappe. Le bloc qui dresse ainsi l'inventaire de son panier de provisions n’est autre que le Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont les membres importent près de 90% de leur nourriture.

Si les pays du CCG sont parvenus à éviter le scénario catastrophique de pénuries alimentaires généralisées dans les pires moments de la pandémie de coronavirus, la crise a toutefois donné aux capitales arabes de quoi réfléchir à leur sécurité alimentaire sur le long terme.

«Cette période de bouleversement a provoqué une véritable prise de conscience dans les ministères, qui s'efforcent de redoubler les initiatives en vue de favoriser la production de produits locaux et d'améliorer la sécurité alimentaire dans les années à venir», explique Atle Idland, directeur général de Desert Control Middle East, à Arab News. Ce dernier ajoute: «La pandémie a servi de catalyseur à de nombreux pays et gouvernements afin qu'ils passent de la théorie à la pratique.»

Desert Control fait partie d'un groupe d'entreprises agro-techniques qui présenteront leurs innovations à l'Expo 2020 de Dubaï au mois d’octobre de cette année.

En effet, cette start-up norvégienne a obtenu un brevet pour la Liquid NanoClay (LNC), une technologie agricole qui offre aux grains de sable du désert une solution riche en minéraux. Cette technologie permet en effet de convertir des terres inutilisables en sols cultivables, de réduire l'irrigation de 50% et d'améliorer de façon radicale la production agricole.

 

agriculture
La famine est un sujet de préoccupation bien réel dans la mesure où la production alimentaire a peine à répondre à la croissance démographique. (AFP)

 

«La région ne produit qu'un nombre très limité de produits agricoles. Cela est dû au climat lui-même, mais aussi à la pénurie d'eau dans la région», précise M. Idland. «Étant donné que l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe sont en train d'épuiser leurs aquifères d'eau douce et que l'agriculture consomme 75% des ressources en eau douce dans le monde, le processus agricole est loin d'être durable. Il ne peut pas perdurer.»

Selon les Nations unies, la désertification galopante risque de priver près de 135 millions de personnes de leur foyer et de leurs moyens de subsistance d'ici à l'année 2030. Les plus vulnérables sont les habitants du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

Dans un tel contexte, M. Idland prévient que, si les sociétés ne changent pas leurs pratiques agricoles, le monde ne pourra conserver son potentiel agricole que pendant soixante ans; après cette période, l'eau douce sera épuisée et la désertification dévorera les derniers sols fertiles.

«Il est certain que les nouvelles technologies en matière d'agriculture et de sécurité alimentaire sont envisagées et désormais mises en œuvre», assure-t-il.

 

arte idland
Atle Idland, directeur général de Desert Control Middle East.

 

En outre, la culture locale permet de réduire l'empreinte carbone de l'industrie: elle réduit le volume de fret aérien nécessaire afin de répondre à la demande.

M. Idland soutient que la technologie de Liquid NanoClay (LNC) est révolutionnaire, dans la mesure où elle nécessite peu d'énergie et fournit des produits entièrement minéraux, sans aucun agent chimique. «Il s'agit simplement d'argile, d'eau et d'oxygène qui, une fois mélangés, produisent la solution Liquid NanoClay», explique-t-il.

Selon M. Idland, le Moyen-Orient constitue un marché potentiel important pour la technologie Liquid NanoClay (LNC). «Nous sommes l'un des catalyseurs, et pas le seul, à permettre à la fois d'exploiter les déserts et les sols sablonneux non utilisés et de les cultiver à grande échelle», souligne-t-il.

Il fait savoir en outre que, lors des premiers essais de mise sur le marché engagés aux Émirats arabes unis (EAU), l’innovation de la société Desert Control a permis de produire une quantité supplémentaire de pastèques (20%) et de millet perlé (60%), en comparaison avec les méthodes traditionnelles, tout en consommant la moitié de la quantité d'eau requise.

Les prochains essais seront réalisés en Arabie saoudite.

«Je suis rentré du Royaume au début du mois de février et nous avons engagé des discussions intéressantes, portant à la fois sur l'agriculture et les terrains de sport», confie Idland à Arab News. «Nous avons tous besoin de devenir plus verts, plus durables, et d'économiser l'eau. La pénurie d'eau est en réalité le moteur principal qui renforce de cette tendance.»

 

EN CHIFFRES

75% de l'eau douce dans le monde est utilisée à des fins agricoles.

135 millions de personnes sont menacées de perdre leurs moyens de subsistance à cause de la désertification d'ici à 2030.

En 2050, le nombre d'habitants de la planète devrait atteindre 10 milliards.

En revanche, les technologies agricoles qui permettent de cultiver des plantes non indigènes à proximité des zones de demande ont la réputation de consommer une grande quantité d'énergie pour l'éclairage, le chauffage et le dessalement de l'eau pour l'irrigation. Parmi ces technologies figurent l'agriculture verticale et la culture en serre.

Pour les chercheurs, il existe un lien étroit entre la désertification et le changement climatique, bien que la mauvaise gestion humaine des ressources en soit également responsable. Les concentrations de gaz à effet de serre qui augmentent dans l'atmosphère réduisent la quantité de rayonnement thermique qui se dégage dans l'espace; il en résulte une augmentation progressive de la température de la planète.

Ces températures en hausse, associées à des régimes pluviométriques changeants, risquent à leur tour de faire augmenter les taux de dégradation et de désertification des terres arides. Chaque année dans le monde, les déserts envahissent une superficie qui correspond à la superficie du Danemark multipliée par vingt, engloutissant la riche biodiversité qui se trouve dans le sol.

M. Idland est formel: «De graves problèmes nous attendent. Grâce aux recherches, aux connaissances, aux volontés et aux visions, tout le monde consacre désormais de sérieux efforts afin de résoudre cette problématique. Nous sommes heureux de faire partie de cette aventure et nous espérons contribuer à la solution. Une planète à nouveau verte, voilà notre devise.»

D'ici à 2050, on prévoit que les réseaux alimentaires de la planète devront fournir de la nourriture à quelque 10 milliards de personnes. Toutefois, compte tenu du taux de production actuel, seule la moitié de ces individus sera nourrie. Une famine généralisée fait partie des hypothèses concrètes.

Dans le même temps, les pratiques agricoles obsolètes émettent des quantités considérables de gaz à effet de serre.

«En raison du changement climatique qui touche la production alimentaire, on se rend compte que nous évoluons dans un cercle vicieux», souligne quant à elle Mariam Almheiri, ministre d'État chargée de la sécurité alimentaire aux EAU, lors d’une session de la semaine thématique qui précédait l’Expo 2020 de Dubaï. «En bref, si nous souhaitons créer des systèmes alimentaires durables, éviter la famine et garantir la sécurité alimentaire dans le monde, nous devons changer radicalement la façon dont nous produisons les denrées alimentaires et les livrons de la ferme à la table.»

 

projet LNC
Le projet LNC a pour objectif de combler le fossé entre la production alimentaire et la croissance démographique. (Fourni)

 

Ces préoccupations ont été relayées par Reem al-Hashimy, ministre d'État pour la coopération internationale des EAU et directrice générale du Comité de candidature de l'Expo 2020 Dubaï.

«La sécurité alimentaire se présente de nos jours comme un principe sacré et incontournable pour la dignité de l'homme», affirme-t-elle. «Pendant les premières semaines et les premiers mois de la pandémie de Covid-19, le potentiel de toutes les nations a été mis à l'épreuve. Cela a mis en évidence la vulnérabilité de notre chaîne alimentaire à travers le monde.»

Elle ajoute: «Au lendemain de cet examen éprouvant, une opportunité se présente aujourd'hui. Elle consiste à repenser notre chaîne d'approvisionnement et d'apprendre à manger et à gagner notre pain de manière plus propre, plus intelligente et plus durable.»

Cette année, l'Expo 2020 de Dubaï réunira tous les acteurs de la chaîne de production alimentaire, des producteurs aux consommateurs, en passant par les distributeurs.

«L'Expo 2020 constituera un véritable marché d'idées et d'innovations, l’occasion de bénéficier des meilleures pratiques de plus de cent quatre-vingt-dix pays, de les appliquer dans les pâturages et de les rapporter chez soi – tirer les leçons de l'expérience mondiale, les appliquer au niveau local et relever des défis communs grâce à des solutions intelligentes et transmissibles», déclare Mme Al-Hashimy.

Par ailleurs, le gaspillage de nourriture pose un autre défi: une bouchée sur trois est gaspillée par les producteurs, les détaillants et les consommateurs. Les mauvaises pratiques agricoles sont, elles-aussi, responsables de la déforestation, de la dégradation des sols et de la pollution.

«Nous sommes conscients que nous devons faire mieux sur ce point», confie Mme Al-Hashimy. «Nous entendons adopter des alternatives fertiles pour remplacer les méthodes archaïques qui non seulement épuisent de plus en plus de terres arables, mais qui apportent des bénéfices économiques de moins en moins importants.»

«Nous payons aujourd'hui le prix de notre empiètement excessif sur la nature. En effet, ce virus zoonose qu’est la Covid-19 a dévasté des vies et des économies à travers le monde.»

À l'avenir, les modèles économiques devront servir les intérêts de milliards de personnes dont la qualité de vie dépend d'un système équilibré, qui favorise les pratiques responsables et productives et qui protège les terres où vivent ces communautés, explique Mme Al-Hashimy.

«Il est temps d’entreprendre une coopération efficace et significative à l'échelle internationale qui soit capable de remanier entièrement les structures archaïques basées sur des déséquilibres séculaires – des déséquilibres désormais intolérables et qui nous empêchent de prospérer.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.


Après sa rencontre avec le prince Khalid ben Salmane, Graham salue la trajectoire du Royaume

Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
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  • Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington

DUBAÏ : Le sénateur américain Lindsey Graham estime que l’Arabie saoudite est « sur la voie de la lumière », dans une déclaration publiée après sa rencontre avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington.

« Mes échanges avec l’Arabie saoudite au cours des deux derniers jours m’ont donné un sentiment de confiance : le Royaume — tout en poursuivant ses propres intérêts — est sur une voie qui mène à la lumière, et non à l’obscurité », a déclaré le sénateur.

Il a également indiqué qu’il se réjouissait de se rendre prochainement en Arabie saoudite.

« Au fil des années, j’ai développé une solide relation de travail avec l’Arabie saoudite. Je sais que le président Trump est un fervent admirateur du prince héritier Mohammed ben Salmane. J’ai été témoin des changements que le prince héritier a adoptés et j’en ai été impressionné », a ajouté Lindsey Graham.

Le sénateur américain a également affirmé qu’après avoir rencontré le prince Khalid, ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, plus tôt, « je suis convaincu que l’Arabie saoudite estime que la meilleure chose pour la région est la croissance économique et la prospérité ».

« L’Arabie saoudite souhaite devenir, à l’avenir, une destination de choix, afin que des personnes du monde entier viennent visiter ce que je considère comme un pays remarquable. Le Royaume veut être l’une des forces dominantes dans le domaine de l’IA, ce qui signifie que les esprits les plus brillants afflueront. Je suis convaincu que tel est toujours l’objectif du prince héritier et du Royaume. »

Lindsey Graham a également salué le rôle que le Royaume cherche à jouer en Syrie.

« Ils ont clairement indiqué être l’ami à la fois du gouvernement syrien et du peuple kurde. Cette attitude visant le compromis plutôt que la destruction finira, espérons-le, par l’emporter », a-t-il déclaré.

Le prince Khalid devrait discuter, lors de sa visite, des relations saoudo-américaines et des moyens de les renforcer. Il a déjà rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et l’envoyé spécial Steve Witkoff.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com