Au Moyen-Orient, des solutions agro-techniques pour renforcer la sécurité alimentaire

Avec ses déserts inexploités et ses sols sablonneux, le Moyen-Orient – et notamment l'Arabie saoudite – constitue une destination idéale pour une nouvelle start-up proposant des agricultures à basse consommation d'énergie; une méthode qui devrait transformer la manière dont cette région obtient sa nourriture. (AFP)
Avec ses déserts inexploités et ses sols sablonneux, le Moyen-Orient – et notamment l'Arabie saoudite – constitue une destination idéale pour une nouvelle start-up proposant des agricultures à basse consommation d'énergie; une méthode qui devrait transformer la manière dont cette région obtient sa nourriture. (AFP)
La famine est un sujet de préoccupation bien réel dans la mesure où la production alimentaire peine à répondre à la croissance démographique. (AFP)
La famine est un sujet de préoccupation bien réel dans la mesure où la production alimentaire peine à répondre à la croissance démographique. (AFP)
Le projet LNC a pour objectif de combler le fossé entre la production alimentaire et la croissance démographique. (Fourni)
Le projet LNC a pour objectif de combler le fossé entre la production alimentaire et la croissance démographique. (Fourni)
Un technicien injecte un sérum dans un palmier pour le protéger du charançon rouge dans un champ de palmiers situé dans l'oasis d'Al-Ain, aux Émirats arabes unis. (Photo de Karim Sahib/AFP)
Un technicien injecte un sérum dans un palmier pour le protéger du charançon rouge dans un champ de palmiers situé dans l'oasis d'Al-Ain, aux Émirats arabes unis. (Photo de Karim Sahib/AFP)
Un entrepôt réfrigéré de fruits et légumes à Dubaï, le 21 juillet 2020. (Photo de Karim Sahib/AFP)
Un entrepôt réfrigéré de fruits et légumes à Dubaï, le 21 juillet 2020. (Photo de Karim Sahib/AFP)
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Publié le Lundi 29 mars 2021

Au Moyen-Orient, des solutions agro-techniques pour renforcer la sécurité alimentaire

  • Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont évité le cauchemar des pénuries alimentaires massives au plus fort de la crise du coronavirus
  • Des défis se profilent à l'horizon à mesure que les méthodes agricoles et le changement climatique épuisent les réserves d'eau douce et réduisent les sols en poussière.

DUBAÏ: En cette époque où la nourriture se révèle abondante, il nous arrive bien souvent d'oublier la précarité des chaînes d'approvisionnement, jusqu'à ce qu'une catastrophe frappe. Le bloc qui dresse ainsi l'inventaire de son panier de provisions n’est autre que le Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont les membres importent près de 90% de leur nourriture.

Si les pays du CCG sont parvenus à éviter le scénario catastrophique de pénuries alimentaires généralisées dans les pires moments de la pandémie de coronavirus, la crise a toutefois donné aux capitales arabes de quoi réfléchir à leur sécurité alimentaire sur le long terme.

«Cette période de bouleversement a provoqué une véritable prise de conscience dans les ministères, qui s'efforcent de redoubler les initiatives en vue de favoriser la production de produits locaux et d'améliorer la sécurité alimentaire dans les années à venir», explique Atle Idland, directeur général de Desert Control Middle East, à Arab News. Ce dernier ajoute: «La pandémie a servi de catalyseur à de nombreux pays et gouvernements afin qu'ils passent de la théorie à la pratique.»

Desert Control fait partie d'un groupe d'entreprises agro-techniques qui présenteront leurs innovations à l'Expo 2020 de Dubaï au mois d’octobre de cette année.

En effet, cette start-up norvégienne a obtenu un brevet pour la Liquid NanoClay (LNC), une technologie agricole qui offre aux grains de sable du désert une solution riche en minéraux. Cette technologie permet en effet de convertir des terres inutilisables en sols cultivables, de réduire l'irrigation de 50% et d'améliorer de façon radicale la production agricole.

 

agriculture
La famine est un sujet de préoccupation bien réel dans la mesure où la production alimentaire a peine à répondre à la croissance démographique. (AFP)

 

«La région ne produit qu'un nombre très limité de produits agricoles. Cela est dû au climat lui-même, mais aussi à la pénurie d'eau dans la région», précise M. Idland. «Étant donné que l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe sont en train d'épuiser leurs aquifères d'eau douce et que l'agriculture consomme 75% des ressources en eau douce dans le monde, le processus agricole est loin d'être durable. Il ne peut pas perdurer.»

Selon les Nations unies, la désertification galopante risque de priver près de 135 millions de personnes de leur foyer et de leurs moyens de subsistance d'ici à l'année 2030. Les plus vulnérables sont les habitants du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

Dans un tel contexte, M. Idland prévient que, si les sociétés ne changent pas leurs pratiques agricoles, le monde ne pourra conserver son potentiel agricole que pendant soixante ans; après cette période, l'eau douce sera épuisée et la désertification dévorera les derniers sols fertiles.

«Il est certain que les nouvelles technologies en matière d'agriculture et de sécurité alimentaire sont envisagées et désormais mises en œuvre», assure-t-il.

 

arte idland
Atle Idland, directeur général de Desert Control Middle East.

 

En outre, la culture locale permet de réduire l'empreinte carbone de l'industrie: elle réduit le volume de fret aérien nécessaire afin de répondre à la demande.

M. Idland soutient que la technologie de Liquid NanoClay (LNC) est révolutionnaire, dans la mesure où elle nécessite peu d'énergie et fournit des produits entièrement minéraux, sans aucun agent chimique. «Il s'agit simplement d'argile, d'eau et d'oxygène qui, une fois mélangés, produisent la solution Liquid NanoClay», explique-t-il.

Selon M. Idland, le Moyen-Orient constitue un marché potentiel important pour la technologie Liquid NanoClay (LNC). «Nous sommes l'un des catalyseurs, et pas le seul, à permettre à la fois d'exploiter les déserts et les sols sablonneux non utilisés et de les cultiver à grande échelle», souligne-t-il.

Il fait savoir en outre que, lors des premiers essais de mise sur le marché engagés aux Émirats arabes unis (EAU), l’innovation de la société Desert Control a permis de produire une quantité supplémentaire de pastèques (20%) et de millet perlé (60%), en comparaison avec les méthodes traditionnelles, tout en consommant la moitié de la quantité d'eau requise.

Les prochains essais seront réalisés en Arabie saoudite.

«Je suis rentré du Royaume au début du mois de février et nous avons engagé des discussions intéressantes, portant à la fois sur l'agriculture et les terrains de sport», confie Idland à Arab News. «Nous avons tous besoin de devenir plus verts, plus durables, et d'économiser l'eau. La pénurie d'eau est en réalité le moteur principal qui renforce de cette tendance.»

 

EN CHIFFRES

75% de l'eau douce dans le monde est utilisée à des fins agricoles.

135 millions de personnes sont menacées de perdre leurs moyens de subsistance à cause de la désertification d'ici à 2030.

En 2050, le nombre d'habitants de la planète devrait atteindre 10 milliards.

En revanche, les technologies agricoles qui permettent de cultiver des plantes non indigènes à proximité des zones de demande ont la réputation de consommer une grande quantité d'énergie pour l'éclairage, le chauffage et le dessalement de l'eau pour l'irrigation. Parmi ces technologies figurent l'agriculture verticale et la culture en serre.

Pour les chercheurs, il existe un lien étroit entre la désertification et le changement climatique, bien que la mauvaise gestion humaine des ressources en soit également responsable. Les concentrations de gaz à effet de serre qui augmentent dans l'atmosphère réduisent la quantité de rayonnement thermique qui se dégage dans l'espace; il en résulte une augmentation progressive de la température de la planète.

Ces températures en hausse, associées à des régimes pluviométriques changeants, risquent à leur tour de faire augmenter les taux de dégradation et de désertification des terres arides. Chaque année dans le monde, les déserts envahissent une superficie qui correspond à la superficie du Danemark multipliée par vingt, engloutissant la riche biodiversité qui se trouve dans le sol.

M. Idland est formel: «De graves problèmes nous attendent. Grâce aux recherches, aux connaissances, aux volontés et aux visions, tout le monde consacre désormais de sérieux efforts afin de résoudre cette problématique. Nous sommes heureux de faire partie de cette aventure et nous espérons contribuer à la solution. Une planète à nouveau verte, voilà notre devise.»

D'ici à 2050, on prévoit que les réseaux alimentaires de la planète devront fournir de la nourriture à quelque 10 milliards de personnes. Toutefois, compte tenu du taux de production actuel, seule la moitié de ces individus sera nourrie. Une famine généralisée fait partie des hypothèses concrètes.

Dans le même temps, les pratiques agricoles obsolètes émettent des quantités considérables de gaz à effet de serre.

«En raison du changement climatique qui touche la production alimentaire, on se rend compte que nous évoluons dans un cercle vicieux», souligne quant à elle Mariam Almheiri, ministre d'État chargée de la sécurité alimentaire aux EAU, lors d’une session de la semaine thématique qui précédait l’Expo 2020 de Dubaï. «En bref, si nous souhaitons créer des systèmes alimentaires durables, éviter la famine et garantir la sécurité alimentaire dans le monde, nous devons changer radicalement la façon dont nous produisons les denrées alimentaires et les livrons de la ferme à la table.»

 

projet LNC
Le projet LNC a pour objectif de combler le fossé entre la production alimentaire et la croissance démographique. (Fourni)

 

Ces préoccupations ont été relayées par Reem al-Hashimy, ministre d'État pour la coopération internationale des EAU et directrice générale du Comité de candidature de l'Expo 2020 Dubaï.

«La sécurité alimentaire se présente de nos jours comme un principe sacré et incontournable pour la dignité de l'homme», affirme-t-elle. «Pendant les premières semaines et les premiers mois de la pandémie de Covid-19, le potentiel de toutes les nations a été mis à l'épreuve. Cela a mis en évidence la vulnérabilité de notre chaîne alimentaire à travers le monde.»

Elle ajoute: «Au lendemain de cet examen éprouvant, une opportunité se présente aujourd'hui. Elle consiste à repenser notre chaîne d'approvisionnement et d'apprendre à manger et à gagner notre pain de manière plus propre, plus intelligente et plus durable.»

Cette année, l'Expo 2020 de Dubaï réunira tous les acteurs de la chaîne de production alimentaire, des producteurs aux consommateurs, en passant par les distributeurs.

«L'Expo 2020 constituera un véritable marché d'idées et d'innovations, l’occasion de bénéficier des meilleures pratiques de plus de cent quatre-vingt-dix pays, de les appliquer dans les pâturages et de les rapporter chez soi – tirer les leçons de l'expérience mondiale, les appliquer au niveau local et relever des défis communs grâce à des solutions intelligentes et transmissibles», déclare Mme Al-Hashimy.

Par ailleurs, le gaspillage de nourriture pose un autre défi: une bouchée sur trois est gaspillée par les producteurs, les détaillants et les consommateurs. Les mauvaises pratiques agricoles sont, elles-aussi, responsables de la déforestation, de la dégradation des sols et de la pollution.

«Nous sommes conscients que nous devons faire mieux sur ce point», confie Mme Al-Hashimy. «Nous entendons adopter des alternatives fertiles pour remplacer les méthodes archaïques qui non seulement épuisent de plus en plus de terres arables, mais qui apportent des bénéfices économiques de moins en moins importants.»

«Nous payons aujourd'hui le prix de notre empiètement excessif sur la nature. En effet, ce virus zoonose qu’est la Covid-19 a dévasté des vies et des économies à travers le monde.»

À l'avenir, les modèles économiques devront servir les intérêts de milliards de personnes dont la qualité de vie dépend d'un système équilibré, qui favorise les pratiques responsables et productives et qui protège les terres où vivent ces communautés, explique Mme Al-Hashimy.

«Il est temps d’entreprendre une coopération efficace et significative à l'échelle internationale qui soit capable de remanier entièrement les structures archaïques basées sur des déséquilibres séculaires – des déséquilibres désormais intolérables et qui nous empêchent de prospérer.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Liban: nouvelles frappes israéliennes malgré la prolongation de la trêve

Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
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  • Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban après avoir ordonné l’évacuation de plusieurs villages, malgré la prolongation récente de la trêve entre les deux pays lors de négociations à Washington
  • Les violences continuent d’aggraver la crise humanitaire : plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la trêve et près d’un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis le début du conflit régional

BEYROUTH: Israël mène de nouvelles frappes sur le sud du Liban samedi après avoir ordonné aux habitants de neuf villages d'évacuer, malgré la prolongation d'un mois et demi de la trêve lors de négociations entre les deux pays la veille à Washington.

"Les forces de défense israéliennes ont commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué.

L'Agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur au moins cinq villages du sud, précédées un mouvement d'exode des habitants vers Saïda, la grande ville du sud, et Beyrouth.

L'armée israélienne avait auparavant ordonné aux habitants de neuf villages des régions de Saïda et Nabatiyé de les évacuer en prévision de frappes.

Ces frappes sur le sud dévasté se poursuivent malgré l'annonce vendredi soir de la prolongation d'une trêve entrée en vigueur le 17 avril entre les deux pays, et qui devait expirer dimanche.

Israël et le Liban mènent des négociations à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à ces négociations et continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne qui occupe désormais une partie du sud du pays, et épisodiquement contre le nord d'Israël.

Plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars et près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis, selon les chiffres officiels.


"J'aurais voulu passer le bac": déception après l'annulation des examens au Moyen-Orient et au Mali

Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • Le ministère français de l’Éducation a annulé les épreuves du brevet et du baccalauréat dans plusieurs pays du Moyen-Orient et au Mali en raison de la situation sécuritaire, remplaçant les examens par les moyennes annuelles des élèves
  • De nombreux élèves et enseignants au Liban expriment leur déception, estimant que le bac représentait une récompense symbolique pour leurs années de travail et craignant une perte du prestige du diplôme français

BEYROUTH: "J'aurais voulu passer le bac comme une récompense de mon travail": des élèves et professeurs expriment leur déception après la récente annonce de l'annulation des épreuves écrites et orales du brevet et du bac dans les établissements français de pays du Moyen-Orient et au Mali.

Cette année, les candidats scolarisés dans les établissements français homologués du Bahreïn, des Émirats arabes unis, d'Irak, d'Iran, d'Israël, du Koweït, du Liban, du Qatar et du Mali, ainsi que ceux inscrits en classes réglementées auprès du Centre national d'enseignement à distance (Cned), "se verront attribuer leur moyenne annuelle dans les enseignements concernés", a indiqué mardi le ministère français de l'Education nationale.

Cette mesure, liée à la guerre au Moyen-Orient et à la situation sécuritaire critique au Mali, concerne les épreuves écrites du diplôme national du brevet, les épreuves anticipées de français, à l'écrit comme à l'oral, et de mathématiques du baccalauréat général et technologique, ainsi que les épreuves de spécialité et de philosophie et le grand oral en classe de Terminale.

"Les candidats se présentant sous statut individuel pourront se présenter à la session de remplacement prévue en septembre 2026", tant pour le brevet que pour le baccalauréat, a précisé le ministère.

"J'aurais voulu faire le bac honnêtement, donc j'étais un peu triste d'apprendre qu'ils vont l'annuler", a réagi Yana Abdallah, 18 ans, élève du Collège des Saints-Coeurs Kfarhbab, au Liban.

Pour cette élève, qui affiche entre 16 et 17/20 de moyenne, se confronter à l'examen aurait marqué symboliquement la fin d'un cycle: "Nous avons travaillé pour le bac depuis notre entrée à l'école", rappelle-t-elle. Le passer aurait été comme une "récompense pour toute la fatigue que m'a valu mon travail".

Son école, qui se basera sur les notes du contrôle continu, n'a pas exclu la possibilité d'organiser un second bac blanc pour ne pas léser les élèves.

Les examens organisés "étaient jusqu'à présent comme une préparation mais sans que les élèves n'y mettent toute leur concentration", souligne Yana Abdallah, jugeant que son établissement essaye de les aider "autant que possible".

- "Suite désastreuse" -

Selon les chiffres de l'ambassade de France, le Liban compte en Terminale 3.166 élèves dans des établissements officiellement reconnus par les autorités et 402 élèves en candidats libres.

"Je suis contre l'annulation de ce diplôme, chaque fois que le bac a été annulé, la suite a été désastreuse", a témoigné auprès de l'AFP Hyam Merheb, 73 ans, à la retraite, ancienne enseignante de français pendant 45 ans au Liban.

"Le bac français a gardé son prestige malgré tous les événements par lesquels on est passé", juge-t-elle. "C'est la seule image encore positive que l'on peut avoir de notre pays et de l'enseignement tel qu'il était auparavant".

La décision du gouvernement est "incompréhensible", "tout le monde était prêt" pour faire passer les épreuves, avec des aménagements (moins de textes à préparer pour l'oral de français, par exemple), a aussi réagi auprès de l'AFP une enseignante et représentante syndicale du Grand lycée franco-libanais de Beyrouth, qui souhaite rester anonyme.

"Personne ne s'attendait à cette décision, les élèves de terminale avaient reçu leur convocation ce (mardi) matin", a-t-elle rapporté, déplorant avoir appris la nouvelle par la presse.

A Bamako au Mali, l’école française "Liberté" comptait à la rentrée de septembre 1.380 élèves, dont 600 en classe d'examens. "Mais, nous en avons perdu 80 en cours d'année, partis à cause de l’insécurité", a appris l'AFP auprès de membres de l’association des parents d’élèves de l’établissement.

"Notre combat est de faire en sorte que le lycée puisse ouvrir à la rentrée de septembre prochain", poursuit-on de même source.

En raison de la situation sécuritaire critique, les cours sont désormais assurés uniquement en ligne.

Selon le ministère, des mesures d'aménagement pourront également être décidées dans d'autres pays, jusqu'à 15 jours avant le début des épreuves, si les conditions locales ne permettent pas leur organisation.

Le coup d'envoi du baccalauréat sera donné le 11 juin avec l'épreuve écrite anticipée de français pour les élèves de Première.


Le Liban et Israël prolongent leur cessez-le-feu de 45 jours

Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
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  • Le Liban et Israël ont accepté de prolonger leur cessez-le-feu de 45 jours après des discussions jugées « positives » à Washington
  • Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril, les frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban ont continué, causant des centaines de morts selon les autorités libanaises

WASHINGTON: Israël et le Liban ont donné leur accord à une prolongation d'un mois et demi du cessez-le-feu pendant de nouvelles négociations entre les deux pays à Washington, même si de nouvelles frappes israéliennes ont visé le sud du Liban vendredi.

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dit avoir "reçu des messages" de Washington en faveur de la reprise des négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, ajoutant être ouvert à une aide de Pékin.

Le cessez-le-feu israélo-libanais, qui arrivait à expiration dimanche, "va être prolongé de 45 jours afin de permettre de nouveaux progrès", a annoncé la diplomatie américaine après une nouvelle session de négociations directes entre des représentants d'Israël et du Liban jeudi et vendredi.

Le département d'Etat américain a précisé qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin. D'ici là, le Pentagone réunira des délégations militaires des deux pays le 29 mai.

L'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, a déclaré à l'issue des pourparlers qu'il serait essentiel de garantir la sécurité de son pays.

"Il y aura des hauts et des bas, mais les chances de réussite sont grandes ", a-t-il écrit sur le réseau X.

La délégation libanaise a salué de son côté une prolongation qui ouvre la voie "à une stabilité durable", mais insisté sur la nécessité d'un "processus par étapes et vérifiable", soutenu par Washington.

- "Irresponsable" -

S'exprimant depuis le Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a accusé le Hezbollah pro-iranien d'avoir entraîné le pays dans une nouvelle guerre "irresponsable".

"Assez de ces aventures irresponsables servant des projets ou intérêts étrangers", a-t-il lancé, appelant au soutien des pays arabes, et plus largement de la communauté internationale, dans les négociations avec Israël.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël poursuit ses frappes au Liban, disant viser le Hezbollah, et le mouvement chiite continue de tirer des roquettes sur des positions israéliennes.

Le Liban a annoncé la mort de six personnes, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, dans un bombardement israélien dans le sud du pays.

Plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Au moment des discussions à Washington vendredi, l'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour une dizaine de secteurs dans le sud du Liban et annoncé "mener des frappes contre l'infrastructure du Hezbollah dans la région de Tyr".

- "Des femmes et enfants" -

"Il n'y a ici que des femmes, des enfants et des personnes âgées. Cette frappe cause de nouveaux déplacements de personnes", a déclaré à l'AFP Hafez Ramadan, qui vit près de l'immeuble visé par la frappe, qui abritait selon lui surtout des déplacés.

Les frappes à Tyr ont fait 37 blessés, dont six membres du personnel médical de l'hôpital, quatre enfants et neuf femmes, selon le ministère de la Santé.

Le Hezbollah a revendiqué des attaques de drones contre des casernes dans le nord d'Israël, ainsi que d'autres contre les forces israéliennes positionnées dans plusieurs localités libanaises frontalières. L'armée israélienne est déployée dans cette zone pour pouvoir, selon elle, protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

Israël, comme les Etats-Unis, appelle Beyrouth à désarmer le Hezbollah.

"Le Liban négocie pour un avenir dans lequel ses frontières seront respectées (et) sa souveraineté assurée seulement" par son armée,  a souligné aussi la délégation libanaise à Washington.

Un des hauts responsables du mouvement pro-iranien, Mahmoud Qomati, a qualifié les négociations avec Israël "d'humiliantes" et dénoncé "un complot contre le pays".

- "Bonnes intentions" -

Du côté de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, en visite en Inde, s'est dit ouvert à une aide de la Chine pour mettre fin au conflit, au lendemain de propos à Pékin de Donald Trump, selon qui son homologue chinois Xi Jinping a proposé d'aider à rouvrir le détroit d'Ormuz.

"Nous savons que (les) Chinois ont de bonnes intentions. Toute initiative de leur part susceptible de soutenir la diplomatie serait donc la bienvenue", a déclaré M. Araghchi.

Les Gardiens de la Révolution iraniens permettent désormais à davantage de navires de passer par le détroit, quasi paralysé par Téhéran depuis le début de la guerre, a affirmé la télévision publique.

La veille, la chaîne avait fait état de plus de 30 navires autorisés à transiter par le détroit, qui voit passer d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

De son côté, le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte sont arrivés "sur zone" au large de la péninsule arabique où ils sont prépositionnés en cas de déclenchement d'une mission "neutre" pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo.