Dissolution du groupe d'extrême droite Génération identitaire

Sur cette photo prise le 20 février 2021, des membres et sympathisants du groupe Génération Identitaire (GI) tiennent un drapeau lors d'une manifestation contre sa possible dissolution à Paris.  Generation Identitaire a été dissous le 3 mars 2021 lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, a annoncé le ministre français de l'Intérieur dans un tweet, affirmant que l'association "incite à la discrimination, à la haine et à la violence". (AFP)
Sur cette photo prise le 20 février 2021, des membres et sympathisants du groupe Génération Identitaire (GI) tiennent un drapeau lors d'une manifestation contre sa possible dissolution à Paris. Generation Identitaire a été dissous le 3 mars 2021 lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, a annoncé le ministre français de l'Intérieur dans un tweet, affirmant que l'association "incite à la discrimination, à la haine et à la violence". (AFP)
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Publié le Mercredi 03 mars 2021

Dissolution du groupe d'extrême droite Génération identitaire

  • Créée en 2012, l'association qui revendique 2 800 adhérents, présente «l'immigration et l'islam comme des menaces que les Français doivent combattre» et entretient «délibérément la confusion entre musulmans, immigrants et islamistes ou terroristes»
  • Le ministre de l'Intérieur a annoncé la dissolution mercredi du mouvement dans un tweet

PARIS: Le groupe d'extrême droite Génération identitaire, proche du Rassemblement national, a été dissous mercredi en Conseil des ministres, après des années de polémiques et d'actions musclées notamment contre l'immigration et l'islam, «des menaces» qu'il appelle à combattre.

La procédure avait été lancée mi-février par Gérald Darmanin, après une énième action, fin janvier, de l'association contre des migrants dans les Pyrénées. Action qui avait «scandalisé» le ministre et donné lieu à une enquête préliminaire pour provocation à la haine raciale.

Aussitôt, le RN avait dénoncé une procédure «politique» et «une dangereuse atteinte aux libertés fondamentales». Dans la foulée, Génération identitaire avait organisé le 20 février à Paris une manifestation pour protester contre sa dissolution annoncée.

Clément Martin, un des porte-parole de l'association dont le siège est à Lyon, a prévenu que GI allait déposer un recours «pour excès de pouvoir» devant le Conseil d'Etat. «Sur l’aspect purement juridique, nous sommes plutôt confiants. La question est de savoir si le Conseil d’Etat va faire de la politique ou va faire du droit», a-t-il dit à l'AFP. Il a évoqué également un «référé suspension» et le dépôt de deux QPC (questions prioritaires de constitutionnalité).

Le ministre de l'Intérieur a annoncé la dissolution mercredi du mouvement dans un tweet, faisant valoir que Génération identitaire «incit(ait) à la discrimination, à la haine et à la violence».

«Autant qu’un crime politique contre la démocratie, une faute morale contre le peuple français», a réagi sur Twitter Gilles-William Goldnadel, un des avocats de GI, tandis que Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen, a estimé dans un tweet que «cette dissolution arbitraire sign(ait) l'asservissement de la France aux mots d'ordre mondialistes». 

Pour sa part, SOS racisme s'est «félicité», dans un communiqué, de la décision du Conseil des ministres.

 «Milice privée»

Le décret de dissolution pointe du doigt les incitations «à la violence envers des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion». «Par sa forme et son organisation militaires», GI «peut être regardée comme présentant le caractère d'une milice privée», y justifie M. Darmanin.

Le décret fait également état des «liens avec des groupuscules d'ultradroite dont (GI) reçoit un soutien logistique et qui défendent une idéologie appelant à la discrimination, à la violence ou à la haine au nom de théories racialistes ou suprémacistes».

Il y est encore noté que l'association a reçu des dons de Bredon Tarrant, le tueur des mosquées de Christchurch (Nouvelle-Zélande) où il avait assassiné 51 personnes en mars 2019.

Lors de son audition, en avril 2019, par la commission d'enquête parlementaire sur les groupuscules d'extrême droite, l'ancien directeur de Tracfin (organisme public chargé de l'action contre les circuits financiers clandestins) Bruno Dalles avait affirmé que Brendon Tarrant était "membre bienfaiteur" de GI.

«Par cette décision, nous mettons fin aux activités parfois violentes d'un groupe qui avait depuis fort longtemps coupé les ponts avec la République», a fait valoir le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en rendant compte des travaux du Conseil des ministres. «Génération identitaire ne défendait plus des idées, il était le bras armé de l'extrémisme et la xénophobie», a-t-il ajouté.

Créée en 2012, l'association qui revendique 2 800 adhérents, présente «l'immigration et l'islam comme des menaces que les Français doivent combattre» et entretient «délibérément la confusion entre musulmans, immigrants et islamistes ou terroristes», selon le ministère de l'Intérieur.

Il rappelle que son «acte fondateur» avait été l'occupation spectaculaire du toit d'une mosquée en construction à Poitiers en 2017, accompagnée de slogans hostiles aux musulmans. Cinq militants de GI ont été d'abord condamnés en 2017 mais relaxés en juin 2020 en appel pour ces faits, jugés prescrits.

En 2019, GI avait occupé le toit de la caisse d'allocations familiales de Bobigny et déployé une banderole «De l'argent pour les Français, pas pour les étrangers». Pour ces faits, 19 militants ont été condamnés en mars 2020 à des peines d'un à trois mois de prison avec sursis.

A l'actif également de l'association, l'agression de supporters turcs lors de l'Euro 2016 de football en France.

La dissolution de Génération identitaire intervient alors que le ministère de l'Intérieur a obtenu, ces derniers mois, celle de trois associations proches de la mouvance islamiste (CCIF, BarakaCity, et le collectif Cheikh Yassine) dans le sillage de l'assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, et de celle du groupe ultranationaliste turc des «Loups gris».


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.