Une vie d'aventure sur la piste des derniers tapis anciens d'Afghanistan

Un vendeur expose un tapis dans son magasin de Bamiyan. Les chasseurs de tapis peuvent passer des semaines, voire des mois, à travers les villages comme des détectives le long d'anciennes pistes de caravanes, offrant de l'argent ou faisant du troc avec des marchandises modernes pour amasser une sélection variée de pièces qu'ils pourront ensuite vendre dans des bazars à tapis ou à des collectionneurs. (WAKIL KOHSAR / AFP)
Un vendeur expose un tapis dans son magasin de Bamiyan. Les chasseurs de tapis peuvent passer des semaines, voire des mois, à travers les villages comme des détectives le long d'anciennes pistes de caravanes, offrant de l'argent ou faisant du troc avec des marchandises modernes pour amasser une sélection variée de pièces qu'ils pourront ensuite vendre dans des bazars à tapis ou à des collectionneurs. (WAKIL KOHSAR / AFP)
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Publié le Mercredi 03 mars 2021

Une vie d'aventure sur la piste des derniers tapis anciens d'Afghanistan

  • A dos de cheval, avec des mules bâtées pour transporter son butin, il sillonne les terres escarpées et rocailleuses du nord de l'Afghanistan pour acheter aux tribus nomades leurs précieux tapis faits main
  • Depuis toujours, ces périls vont avec le métier. Il se souvient que son père lui racontait l'histoire, il y a bien longtemps, d'un ami parti à la recherche de tapis qui avait été dévoré vivant par les loups après avoir été coincé par une tempête de neige

KABOUL : Dans sa quête éperdue des derniers tapis anciens d'Afghanistan, Chari Allahqul a bravé les tempêtes de neige sur les hauts sommets du pays, été passé à tabac par des bandits de grand chemin et appris à se cacher des talibans.

A dos de cheval, avec des mules bâtées pour transporter son butin, il sillonne les terres escarpées et rocailleuses du nord de l'Afghanistan pour acheter aux tribus nomades leurs précieux tapis faits main.

"Les routes sont dangereuses, peuplées de loups et d'ennemis. On doit passer les nuits dans des forêts ou des déserts", narre Chari, qui compte sur son robuste chien de berger pour le protéger pendant son sommeil.

Des semaines ou des mois durant, les chercheurs de tapis arpentent les sentiers caravaniers d'antan, furetant dans chaque village pour y dégoter d'anciennes pièces rares à troquer contre de l'argent ou des biens de consommation modernes.

Ils les revendront sur des marchés, à des collectionneurs. Un tapis de qualité, définie par son âge, son état, sa taille, peut coûter une ou deux centaines de dollars dans un village et leur rapporter à peu près autant.

Mais cette vie est hasardeuse. Chari, qui la mène depuis l'enfance, a connu bien des mésaventures. Une fois, il a été passé à tabac à coup de crosses de fusils par des brigands. Obsédés par l'idée de lui prendre son argent, ils n'ont pas réalisé la valeur de ses tapis. "Ils m'ont dit: Jette donc ces vieux tapis".

Depuis toujours, ces périls vont avec le métier. Il se souvient que son père lui racontait l'histoire, il y a bien longtemps, d'un ami parti à la recherche de tapis qui avait été dévoré vivant par les loups après avoir été coincé par une tempête de neige.

"Tout ce qu'on a retrouvé, ce sont ses chaussures et ses tapis", dit l'homme qui a appris les ficelles du métier auprès de son père, lui-même initié par le sien.

Face aux dangers, encore accrus aujourd’hui avec le retrait des troupes internationales d'Afghanistan, Chari voyage en groupe, préférant les montagnes aux routes pour éviter les combats et les talibans.

Plusieurs milliers de dollars 

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Un homme passe devant des magasins vendant des tapis dans la rue des Poulets à Kaboul. Les chasseurs de tapis peuvent passer des semaines, voire des mois, à travers les villages comme des détectives le long d'anciennes pistes de caravanes, offrant de l'argent ou faisant du troc avec des marchandises modernes pour amasser une sélection variée de pièces qu'ils pourront ensuite vendre dans des bazars à tapis ou à des collectionneurs.
(WAKIL KOHSAR / AFP)

La contrée où depuis des siècles les plus délicats tapis d'Afghanistan sont tissés par des tribus nomades, s'étend de la ville de Kunduz, dans le nord, vers l'ouest le long des frontières avec l'Ouzbékistan et le Turkménistan, jusqu'au sud à la lisière de l'Iran.

Chari va de village en village, au gré des tuyaux prodigués par son réseau. Il barguigne des heures pour des tapis souvent tissés par la famille d'une future jeune mariée pour servir de dot.

Les plus prisés sont vieux de plusieurs dizaines d'années, ornés de motifs tribaux, en laine filée à la main teintée de colorants naturels tirés de racines ou de pétales de fleurs.

Avant d'être vendus dans les grandes villes, ils doivent encore être lavés puis séchés sur des toits pendant des mois pour que le soleil en ravive les couleurs, voire minutieusement réparés.

"Réparer ou vendre un tapis, c’est comme élever un enfant. Ça demande un travail acharné", confie Chari.

Il faut entre six mois et deux ans pour fabriquer un tapis. En bout de chaîne, il pourra être vendu plusieurs milliers de dollars sur le marché international.

'Plus rien d'afghan' 

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Un homme passe devant des magasins vendant des tapis dans la rue des Poulets à Kaboul. Les chasseurs de tapis peuvent passer des semaines, voire des mois, à travers les villages comme des détectives le long d'anciennes pistes de caravanes, offrant de l'argent ou faisant du troc avec des marchandises modernes pour amasser une sélection variée de pièces qu'ils pourront ensuite vendre dans des bazars à tapis ou à des collectionneurs.
(WAKIL KOHSAR / AFP)

Abdul Wahab est l'un des principaux collectionneurs de tapis de Kaboul. Sa collection a été constituée pièce par pièce par des chasseurs de tapis. "Nous dépendons de ces gens à 99,9%", avoue-t-il.

Mais des décennies de conflit, de migrations et d'urbanisation ont changé la face de ce commerce.

Les tribus nomades se sont largement sédentarisées et dans les familles de nombreux métiers à tisser sont aujourd'hui laissés à l'abandon, selon des marchands de la capitale.

Car leurs tapis sont désormais concurrencés par des produits meilleur marché, confectionnés en masse dans des ateliers industriels avec de la laine importée et des colorants synthétiques.

"C'est vraiment triste", déplore M. Wahab qui a aussi un magasin au Canada. "De la laine belge, des colorants d'un autre pays (...) Il n'y a plus rien du tout d'afghan."

Les copies bas de gamme sont monnaie courante en Afghanistan, mais aussi au Pakistan ou en Inde, se plaint-il. Ce qui rend plus difficile la vente aux clients peu avertis de tapis de qualité plus onéreux.

Certains marchands peu scrupuleux n'hésitent pas à traiter avec des produits chimiques des pièces de fabrication courante ou à les laver avec du thé, pour récréer l'effet patiné et délavé des tapis anciens. D'autres vont jusqu’à rouler dessus avec leur voiture pour leur donner l'apparence usagée qui aidera à faire monter les prix.

Un art qui se perd 

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Un vendeur expose un tapis dans son magasin de Bamiyan. Les chasseurs de tapis peuvent passer des semaines, voire des mois, à travers les villages comme des détectives le long d'anciennes pistes de caravanes, offrant de l'argent ou faisant du troc avec des marchandises modernes pour amasser une sélection variée de pièces qu'ils pourront ensuite vendre dans des bazars à tapis ou à des collectionneurs.
(WAKIL KOHSAR / AFP)

Seul un examen minutieux par un œil aguerri permet de déceler la valeur réelle d'un tapis. "Les teintures, le style, l'état, la forme, tout cela ensemble définit la valeur d'une pièce", explique Wahid Abdullah propriétaire de Herat Carpets à Kaboul.

Les vieux tapis ne sont pas toujours de la meilleure qualité, admet-il. Mais l'originalité des motifs, une caractéristique ou un défaut volontairement laissé par le tisserand peuvent les distinguer des produits de masse. "C'est tout un art. C'est difficile à expliquer", observe-t-il.

Un art qui se perd car les pièces anciennes, tissées à la main, sont de plus en plus rares.

Les collectionneurs s'inquiètent de voir ainsi disparaître un pan du patrimoine national. Mais les autorités, absorbées par la guerre, ont d'autres priorités.

"Les tapis fabriqués en usine ont fait du mal à l'industrie des pièces faites main", regrette un chercheur de tapis de Hérat (ouest) Zalmai Ahmadi.

Lors de ses deux dernières expéditions, il n'a pu ramener que deux tapis. Quelques années plus tôt, il serait revenu avec des dizaines de pièces.

"Les voyages sont très, très difficiles. On croise les talibans, les forces gouvernementales et des voleurs. Soit ils te demandent de l'argent, soit ils te tuent", dit-il.

Mais avant, "on pouvait obtenir tout ce qu'on voulait. Maintenant, on n'en trouve plus."


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
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  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Semaine de l'Art à Riyad : « Une constellation d'événements » qui redéfinit les frontières de l'art

La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
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  • Cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.
  • La princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah a expliqué que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres.

RIYAD : La première édition de la Semaine de l'Art à Riyad débute le 6 avril dans la capitale du Royaume. Initiative non commerciale, cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.

Dans un communiqué, la princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah, responsable de la Semaine de l'Art à Riyad, a expliqué les inspirations et les objectifs de l'événement: "La Semaine de l'Art de Riyad est née de la conviction que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres. Riyad est depuis longtemps une ville en pleine croissance et, grâce à cette plateforme, nous espérons contribuer à son avenir culturel - un avenir ouvert, dynamique et profondément enraciné dans le patrimoine et l'innovation".

La conservatrice Vittoria Mataresse est à la tête d'une équipe comprenant les conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à cet événement.

La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)
La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)

"Il était très important pour nous d'être ludique et de ne pas avoir le type de structure ou de format rigide que nous avons l'habitude de voir. La Semaine de l'Art de Riyad se situe entre une exposition et une foire d'art. Il s'agit en fait d'une constellation d'événements", explique M. Matarrese à Arab News. "Contrairement aux grands événements artistiques qui imposent souvent des thèmes universels et s'appuient sur des artistes mondialement établis, nous voulions travailler dans le cadre d'un écosystème artistique régional, en embrassant les textures, les urgences et les sensibilités de la péninsule arabique. Nous essayons de retracer quelque chose de très spécifique et, de cette manière, nous proposons un écart critique (par rapport au format normal)".

Le thème de l'édition inaugurale de cet événement est « At the Edge ». Il réunit plus de 45 galeries provenant du Royaume-Uni, du monde arabe et d’autres régions du globe. Trois sous-thèmes principaux sont explorés : « Vie quotidienne », « Paysages » et « Motifs ».

Le quartier de JAX de Diriyah accueillera trois expositions majeures offrant un aperçu de l'identité culturelle de l'Arabie saoudite. Un certain nombre d'artistes saoudiens établis dont les studios sont basés à JAX ouvriront également leurs portes au public. Au centre de Riyad, plus de 15 galeries hébergées dans le centre Al-Mousa présenteront également des expositions, et un programme plus large à travers la ville proposera plusieurs conférences et collaborations.  

« La Semaine de l'Art de Riyad est vraiment différente », explique Gandit-Lelandais, qui travaille dans la région depuis plus de vingt ans et se concentre sur l'art arabe contemporain, dans une interview accordée à Arab News. « Le marché et l'écosystème sont uniques ici. Je pense qu'il est important d'arrêter d'appliquer les formats européens et américains dans d'autres contextes, car ils n'ont pas nécessairement besoin de s'adapter. Le format lui-même peut être réinventé pour mieux correspondre à l'identité locale ».

L'équipe a conçu l'événement comme "un parapluie sous lequel tout le monde peut se rassembler", explique Gandit-Lelandais. "Il s'adresse au public, aux amateurs d'art et aux collectionneurs".

"Avec la croissance rapide de Riyad, le type de dialogue que nous avons établi est très important pour attirer les gens ici, mais pas avec un regard occidental sur la façon dont l'art devrait être", ajoute-t-elle.

« Je suis très enthousiaste à l'idée de relier nos artistes locaux et notre scène locale (au reste du monde). Je pense qu'une fondation éducative est très excitante et très nécessaire à l'heure actuelle pour les artistes, les praticiens de l'art, les jeunes collectionneurs et tous ceux qui en font partie. Nous voulions permettre à ces générations d'artistes d'Arabie saoudite de se raconter, au-delà du cadre habituel », a expliqué Mme Harasani, seule Saoudienne de l'équipe de commissaires, à Arab News.

Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)
Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)

Bien qu'aucun des commissaires ne vive à Riyad, ils offrent tous un regard nuancé et sensible sur la capitale.

“J'ai tellement travaillé à Riyad que je m'y sens chez moi”, explique Mme Harasani. « Riyad est culturellement différente de Djeddah, ma ville d'origine, et il a été fascinant de découvrir la scène artistique locale. Je pensais que cela ressemblerait à la scène de la région du Hedjaz, mais c'est totalement autre chose. J'ai énormément appris en réalisant qu'étant tous originaires d'Arabie saoudite, il existe une multitude de façons de travailler, de créer et de communiquer ». 

Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)
Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)

L'expansion rapide de Riyad, tant sur le plan physique que culturel, au cours de la dernière décennie, contribue à la richesse et à la diversité présentées à la Semaine de l’Art, affirment les commissaires.

"C'est là toute la beauté du Moyen-Orient : dix ans ici équivalent à cent ans ailleurs", explique Mme Matarrese. "Je pense que ce qui est vraiment astucieux dans ce que fait l'Arabie saoudite en ce moment, c'est qu'elle a appris des erreurs commises par d'autres et qu'elle cherche activement à mieux gérer la situation."

"Il y a une chose qui est importante dans l'ADN de ce que nous faisons", poursuit-elle. "Nos visiteurs ne sauront pas à quoi s'attendre. Nous avons vraiment repoussé les limites de ce qui pourrait être montré ; nous essayons de déconstruire les modèles d'exposition conventionnels, d'expérimenter quelque chose d'autre et de réarticuler le dialogue entre les différentes parties du monde de l'art".

Pour Mme Harasani, cet événement constitue un nouveau jalon dans les progrès artistiques accomplis par le Royaume au cours de ces dernières années. 

« Cela n'existait pas quand j'étais enfant », confie-t-elle. « Le fait que nous puissions aujourd'hui voir nos rêves se réaliser, et assister à des projets d'envergure comme la Semaine de l'Art de Riyad, me fait me sentir extrêmement chanceuse et privilégiée d'en faire partie ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Alia Kong utilise le métavers pour tisser des liens entre des étudiants chinois et saoudiens

Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
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  • Le projet Superbund Alpha permet aux étudiants de créer des avatars virtuels et d'enseigner leur culture aux autres.
  • La jeune fondatrice a pour objectif d'organiser un voyage d'études en Arabie saoudite pour ses camarades.


RIYAD: A tout juste 13 ans, l'étudiante chinoise Alia Kong est à l'origine d'une initiative qui utilise le pouvoir de la technologie pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de Hong Kong.

Le projet Superbund Alpha, qui vise à créer un espace ouvert permettant aux étudiants internationaux d'entrer en contact les uns avec les autres, permet aux utilisateurs de créer des avatars virtuels dans le métavers.

Les étudiants des deux pays pourront créer un espace personnalisé et promouvoir leur culture dans le cadre d'un atelier virtuel. La jeune visionnaire espère que cela contribuera à tisser des liens solides entre eux. 

« J'aimerais créer ce lien entre Riyad et Hong Kong », a déclaré M. Kong à Arab News. « Imaginez que vous puissiez créer votre propre patrimoine culturel et l'améliorer grâce à l'informatique spatiale, avec seulement des messages et des images.

En outre, dans le cadre de ce projet, elle a mis en place une expérience immersive pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de classe.

L'histoire de Mme Kong a commencé il y a cinq ans, lorsque, à l'âge de huit ans, elle a décidé, avec 25 amis, de créer une organisation à but non lucratif appelée Kids Power Society. L'objectif du groupe était d'éduquer les élèves aux différentes cultures, d'améliorer le bien-être mental et de promouvoir la positivité.

L'adolescente prévoit maintenant d'organiser la journée Superbund Event Day, qui se tiendra simultanément à Hong Kong et en Arabie saoudite, en réalité virtuelle et dans la réalité. 

Mme Kong a souligné l'importance d'adopter les technologies émergentes, affirmant que la génération Alpha pouvait envisager le mode de vie qu'elle souhaitait grâce au métavers.

Son admiration pour l'Arabie saoudite lui vient des histoires que lui a racontées son parrain, Alaudeen Alaskary, ancien consul général d'Arabie saoudite à Hong Kong. Il est aujourd'hui conseiller honoraire du programme d'échange virtuel Superbund.

Mme Kong, qui a déjà visité le Royaume, a déclaré qu'elle prévoyait d'organiser un voyage d'étudiants destiné à enseigner à ses pairs l'histoire culturelle de l'Arabie saoudite.

« Il (Alaskary) m'a fait découvrir la culture et le mode de vie des Saoudiens. J'adore assister à ses réunions et à ses fêtes du samedi. (Ils sont) très chaleureux, aimants et nous apprécions tous la compagnie des autres », a-t-elle déclaré.

En juillet 2024, le groupe organisera un événement virtuel, Superbund Virtual Society, qui devrait rassembler plus de 100 participants venus de Hong Kong, de Chine continentale, du Canada et d'Arabie saoudite.

« Ce nouvel écosystème basé sur la technologie blockchain nous permettra d'enregistrer nos actifs numériques avec nos identités d'avatars... Les choses peuvent être créées dans le virtuel et avoir un impact sur la réalité », a déclaré M. Kong.

« J'ai un concept où l'ancienne génération crée le matériel technologique, ou le matériel dont nous avons besoin pour accéder au logiciel qui pourrait être créé par les jeunes générations, et avec le contenu, le logiciel et le matériel finalisés, nous pouvons nous réunir et combler ce fossé entre les générations. »

Au cours des cinq dernières années, Kids Power Society a publié quatre livres de science-fiction, avec la contribution de 125 enfants du monde entier. Les bénéfices ont été reversés à l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique à Vancouver et à l'association Sowers Action de Hong Kong.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com