En Irak, le pape François souffle dans les voiles des premières églises

Le pape François (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 04 mars 2021

En Irak, le pape François souffle dans les voiles des premières églises

  • La toute première visite papale dans cette nation biblique souligne le choix difficile auquel font face les membres de la communauté chrétienne locale
  • La terre d'Irak regorge de lieux reliés au patrimoine du christianisme; plus de sites mentionnés dans la Bible y sont situés que partout ailleurs qu'en Terre Sainte

LONDRES/ROME: Difficile de prédire le nombre de chrétiens irakiens qui vont affluer pour assister à la visite historique du pape François en Irak, pour la simple raison que l’on ignore le nombre de fidèles restés dans ce pays dont les racines religieuses remontent aux premiers jours de la foi.

En proie à des années de conflits internes à la suite de l'invasion menée par les États-Unis en 2003, l'Irak n'a pas effectué de recensement de sa population depuis 1997.

Un recensement prévu pour 2020, l'année où la pandémie du coronavirus à l’origine de la Covid a frappé le monde, n'a pas été exécuté. Mais si les estimations du nombre de chrétiens en Irak ont varié au fil des ans, ils sont tous d'accord sur une chose: à l'époque moderne, la population de l'une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde a régulièrement diminué à cause de l'insécurité ainsi que la persécution croissante.

Des chrétiens irakiens rassemblés à l'église Sayidat Al-Nejat (Notre-Dame du Salut) à Bagdad le 10 décembre 2010 (Photo, AFP).

La Mésopotamie, la plaine fertile entre les fleuves Tigre et Euphrate, aujourd'hui en Irak, est l'endroit où la civilisation moderne a pris racine pour la première fois.

C’est aussi le pays où fleurissaient il y a plus de 6 000 ans l’écriture, l’agriculture et les premières grandes villes du monde. Mais la terre d'Irak rengorge de lieux reliés au patrimoine du christianisme; plus de sites mentionnés dans la Bible y sont situés que partout ailleurs qu'en Terre Sainte.

Dans la tradition des trois grandes religions abrahamiques - le christianisme, l’islam et le judaïsme - le patriarche Abraham était originaire d’Ur, l’ancienne ville de Sumer, l’une des plus anciennes civilisations connues du monde. Aujourd'hui, certains vestiges de la première grande ville du monde sont encore visibles, près de la ville moderne de Nasiriyah, sur les rives de l'Euphrate.

Charlemagne (742-814), couronné empereur par le pape Léon III, le 25 décembre 800 (Photo, Photo12/UIG/Getty Images).

L'Irak est même associé au récit de la création de la foi chrétienne, comme dans la scène de la chute d'Adam et Eve, le premier homme et la première femme de l’existence. De nombreux érudits chrétiens pensent que le jardin d'Eden décrit dans le livre de la Genèse était situé dans le sud de l'Irak, là où les deux grands fleuves de la Mésopotamie se jettent dans le golfe.

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D'autres personnages bibliques, saints et prophètes sont associés à des sites dans toute la Mésopotamie. On estime que Rebecca, l'épouse d'Isaac, est originaire de l'ancienne Carrhae en haute Mésopotamie, aujourd'hui la ville turque d'Harran à la frontière avec l'Irak.

La tombe du prophète hébreu Ezéchiel se trouve dans la ville d'Al-Kifl, entre Najaf et Hillah sur la rive est de l'Euphrate. Mais c'est la destruction par Daech des tombes d'Al-Nabi Danyal (le prophète biblique Daniel) et de Yunus (Jonas) à Mossoul en 2014 qui a souligné à la fois l'histoire et la fragilité de la communauté chrétienne dans l'Irak moderne.

Premier concile de Nicée, première moitié du 16e siècle. Trouvé dans la collection du monastère de Stavronikita, Mont Athos (Photo, Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images).

Selon l'Annuario Statistico, la publication annuelle du Vatican retraçant le nombre de chrétiens dans le monde, les fidèles en Irak étaient au nombre d'environ 1,5 million en 2003, à la veille de l'invasion américaine. La vie des chrétiens et des autres minorités sous le dictateur Saddam Hussein et son régime baathiste essentiellement laïque, hostile à l'extrémisme islamiste, était assez stable.

En effet, l’un des plus proches alliés de Saddam, Tariq Aziz, plus tard devenu son vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, était un chrétien. Aziz de son nom à la naissance Mikhail Yuhanna, est fils d'une famille chaldéenne de la ville assyrienne de Tel Keppe, au nord-est de Mossoul.

Non pas qu'il n'y ait pas eu de discrimination. Sous son régime, les écoles chrétiennes ont été nationalisées et même une loi a été votée stipulant que l’histoire de la religion ne pouvait être enseignée dans les écoles publiques que si au moins un quart des élèves étaient chrétiens. La présence d’un seul élève musulman, en revanche, suffisait pour contraindre toute la classe à étudier le Coran.

Les rebelles kurdes ont lancé une vaste campagne au début des années 80 contre l'Iran, l'Irak et la Turquie pour tenter de regagner la souveraineté sur leur patrie (Photo, Michel Setboun/Corbis via Getty Images).

Les communautés chrétiennes se sont aussi retrouvées entre les feux croisés de la politique irakienne. Entre 1978 et 1980, les rebelles kurdes ont frappé de nombreux villages chrétiens, les considérant comme alliés du régime de Saddam. Mais les choses ont empiré de manière flagrante après l'invasion américaine de 2003.

Le renversement de Saddam, accompagné du démantèlement forcé du parti d’Al-Baath et de l'armée irakienne, a déclenché des années de chaos, d'insurrection et de terreur sectaire dans le pays - avec des chrétiens souvent dans la ligne de mire.

Entre 2003 et 2008, la population chrétienne d'Irak a diminué de moitié tandis que plus de 65 églises ont été attaquées, celles qui ont fui ont cherché refuge dans des pays comme la Jordanie et la Syrie, ou en Europe ou même en Amérique du Nord.

Le bilan des attaques contre les chrétiens au cours de cette période, dans l'Annuario Statistico, consigne l'horreur et la souffrance. Le 1er août 2004, 18 personnes sont mortes et 60 blessées dans des attentats à la voiture piégée contre cinq églises - quatre à Bagdad et une à Mossoul.

Le 29 janvier 2006, une série d'explosions près des églises chrétiennes à Kirkouk et à Bagdad en a tué trois. Le 9 octobre 2006, le prêtre orthodoxe syrien Paulos Iskandar a été enlevé à Mossoul et retrouvé décapité deux jours plus tard.

Le 26 novembre 2006, Monther Saqa, pasteur dans église chrétienne évangélique à Mossoul, est enlevé et assassiné. Le 3 juin 2007, la voiture de Ragheed Aziz Ghanni est arrêtée par des hommes armés qui assassinent le prêtre et ses trois compagnons, tous des diacres.

Un milicien chrétien se tient près d'une statue brisée du Christ dans l'église Saint-Jacques du XIIIe siècle, le 4 novembre 2015, près de la ligne de front avec des combattants de Daech à Telskuf, dans le nord de l'Irak (Photo par John Moore/Getty Images).

Le 29 février 2008, Paulos Faraj Rahho, l'archevêque chaldéen de Mossoul, est enlevé. Ses trois compagnons sont assassinés sur place, et le corps de l’archevêque est retrouvé deux semaines plus tard. Le 5 avril 2008, le prêtre orthodoxe syrien Youssef Adel est froidement abattu à Bagdad.

En tout, selon le cardinal Louis Sako, archevêque de Kirkouk, depuis 2003, il y a eu 710 martyrs chrétiens en Irak.

Dans l'une des pires tragédies, 58 hommes, femmes et enfants sont morts lorsque des combattants de l'État islamique d'Irak, affilié à Al-Qaïda, ont attaqué la cathédrale catholique syrienne de Notre-Dame du Salut à Bagdad lors de la messe dominicale le 31 octobre 2010.

«Ce qui s'est passé était plus que catastrophique et tragique», se désole la ministre irakienne des droits de l'homme Wijdan Michael, elle-même chrétienne, à l'époque.

«À mon avis, c'est une tentative de forcer les chrétiens irakiens à quitter l'Irak, à vider tout simplement l'Irak de ses chrétiens».

Saint Thomas, des apôtres, s.d., Martin Schongauer, allemand, environ 1450-1491, Allemagne, gravure sur papier, 90 × 50 mm (plaque), 91 × 53 mm (feuille) (Photo, Sepia Times/Universal Images Group via Getty Images).

L'église Notre-Dame du Salut a déjà été attaquée. En août 2004, c'est l'une des cinq églises touchées à Bagdad et à Mossoul, dans laquelle douze personnes tuées mortes. Pour commémorer l'anniversaire du massacre de 2010 en 2018, l’Institut politique assyrien affirme «qu'il n'y avait pas encore de changement manifeste dans la façon dont la population chrétienne assyrienne autochtone d'Irak est perçue et traitée».

Dans les années qui ont suivi le massacre «les Assyriens d'Irak ont été menacés d'existence dans l'émergence de l'Etat islamique (Daech) en 2014 et la perte de tout espoir de représentation équitable dans les parlements irakien et kurde», a ajouté Michael. Le Pape François se souviendra de tous les martyrs chrétiens d’Irak lorsqu’il rendra visite à Notre-Dame du Salut à Bagdad.

L’apparition de Daech a aussi apporté une nouvelle horreur aux chrétiens iraquiens. En juin 2014, Daech s'est emparé de Mossoul et des milliers de chrétiens ont fui afin de sauver leurs vies, d'abord tout près de Qaraqosh, et, lorsque celle-ci semblait certain de tomber, à Erbil, capitale du Kurdistan irakien.

Le monastère de Saint-Élie, fondé par l'Église de l'Est près de Mossoul à la fin du VIe siècle, a fermé ses portes en 1743 après que les moines ont été tués par des soldats du shah d'Iran pour avoir refusé de se convertir à l'islam.

Bien qu'endommagé par les troupes américaines lors de l'invasion de 2003, l’édifice est resté une destination pour les pèlerins chrétiens jusqu'à ce qu'il soit réduit à un tas de gravats par Daech en 2014.

Un rapport du New York Times de l'année suivante a bien expliqué le choix des chrétiens de Mossoul et de Qaraqosh: «Ils pouvaient soit se convertir à l’Islam, soit payer la jizya; la taxe imposée à tous les «gens du livre» - chrétiens, zoroastriens et Juifs. S'ils refusaient, ils seraient tués, violés ou réduits en esclavage, et leur richesse prise comme butin de guerre.

Le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de l'Iraq, Tarek Aziz lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies le 14 juin 1988. Aziz participe à la troisième session extraordinaire sur le désarmement (Photo, AFP/Archives).

Sans surprise, les recherches menées par l’UE sur le sort des minorités en Irak au plus fort de la terreur de Daech ont conclu qu’en 2015, il ne restait qu’environ 500 000 chrétiens dans le pays, principalement à Bagdad, Mossoul et dans les plaines de Ninive ainsi que dans la région autonome du Kurdistan.

Aujourd'hui, on pourrait n’en dénombrer que 150 000. L’un des moments les plus poignants de la visite du pape sera sans doute l’instant où il rendra visite à la communauté Qaraqosh à l’église de l’Immaculée Conception, la plus grande église d’Iraq, gravement endommagée pendant l’occupation de la ville par Daech.

La tradition veut que l’association de l’Irak avec le christianisme remonte au premier siècle de notre ère, lorsque, après la crucifixion de Jésus-Christ, son disciple Thomas se rendit à l’est dans le but de prêcher en Mésopotamie.

L'église syriaque orthodoxe Saint-Thomas de Mossoul aurait été construite sur le site de la maison dans laquelle Thomas vivait, et en 1964, des ouvriers ont découvert ce que l'on croyait être les os de ses doigts. Après la chute de Mossoul par Daech en 2014, ces reliques ont été transférées pour être gardées au monastère syriaque orthodoxe de Saint-Matthieu près de Bartella, dans les plaines de Ninive, fondé au quatrième siècle.

Thomas, plus tard canonisé comme saint Thomas l'apôtre, avait deux disciples, Thaddeus d'Édesse, également connu sous le nom de Mar Addai, et Mar Mari. Mar est un titre de respect syriaque, signifiant seigneur. C’est à eux deux qu’on attribue la fondation de l’Église chrétienne de Mésopotamie.

C’est ainsi que naît l’Église d'Orient, également connue sous le nom d'Église persane ou nestorienne, en raison de son soutien à Nestorius, l'archevêque de Constantinople au enseignements controversés, au cinquième siècle.

Des chrétiens irakiens fuyant la violence dans les villes de Qaraqush et Bartala, toutes deux à l'est de la ville de Mossoul dans la province nord de Ninive, prient à l'église Saint George le 1er juillet 2014 dans la capitale de la région autonome kurde, Arbil (Photo, AFP/Archives).

L'histoire du christianisme en Mésopotamie est celle d'un schisme fréquent. En 410, au concile de Séleucie-Ctésiphon, tous les chrétiens de l'empire sassanide perse se sont réunis dans la capitale, près de Bagdad moderne, pour former une seule église - l'Église de l'Est qui, en 424, va rompre entièrement avec l’Empire romain.

Même après la montée de l'islam et la conquête musulmane de l'empire sassanide, les chrétiens ne sont tolérés qu’en tant que dhimmi, ou communauté non musulmane protégée, et ont ainsi prospéré.

Entre le VIIIe et le XIIIe siècle, l'Église de l'Est s'est considérablement développée, diffusant l'Évangile à partir de sa base en Mésopotamie et établissant plus de 100 diocèses, de la côte méditerranéenne à travers l'Irak, l'Iran et l'Inde, et aussi loin que l'Empire mongol et la Chine.

Le déclin a en effet commencé au 13ème siècle lorsque les Mongols tournent le dos au christianisme et se convertissent à l'islam. Au 14ème siècle, Tamerlan, leader de l'empire turco-mongol Timurid, expulse tous les non-musulmans de ses territoires.

Dès lors, l'Église d'Orient est confinée à la terre où tout a commencé - le nord de la Mésopotamie, où, malgré toutes les épreuves et les défis de l'Irak moderne, les églises chrétiennes descendantes et leur groupe de paroissiens en diminution mais fort de leur foi continuent de résister.

Au cours des siècles, les schismes internes se succèdent, des divisions se reflètent dans les diverses dénominations auxquelles appartiennent aujourd'hui les chrétiens irakiens, notamment les Assyriens (ou Nestoriens, membres de l'Église syriaque orthodoxe) et les églises catholiques orientales arméniennes, chaldéennes et syriaques.

Mais quelles que soient leurs différences doctrinales, tous les chrétiens d’Irak verront l’arrivée historique du pontife parmi eux comme un signe que leur courage et leur persévérance face à une adversité choquante n’ont pas été vains.

«Nous tentons de guérir ces blessures créées par l'État islamique», explique le père Karam Shamasha, l'un des deux prêtres de l'église catholique chaldéenne Saint-Georges de Telskuf, à l'agence de presse catholique en novembre 2020. Ce village chrétien se trouve à près de 20 miles au nord de Mossoul.

«Nos familles sont fortes; elles ont défendu leur foi. Mais elles ont aussi besoin de quelqu'un qui leur donne une tape sur l’épaule, qui leur dise: «Vous avez accompli un travail remarquable jusque-là, mais votre mission n’est pas encore terminée».

Ce quelqu'un, sera le pape François. L'archevêque catholique chaldéen Bashar Warda d'Erbil a confié à «Aid to the Church in Need», une organisation caritative qui œuvre au nom des catholiques persécutés en Syrie et en Irak, en décembre: «Nous sommes un peuple marginalisé jusqu'au bord de l'existence. Que Sa Sainteté vienne nous rendre visite maintenant peut très bien être la chose qui nous sauve.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite abat 4 missiles balistiques visant Riyad

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Le quartier des ambassades à Riyad est la cible d'un drone, des débris de missiles balistiques tombent près de la base aérienne Prince Sultan.
  • Les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït interceptent également les attaques de drones

RIYAD: Les systèmes de défense aérienne de l'Arabie saoudite ont intercepté des vagues de drones et de missiles balistiques tirés sur le Royaume mercredi.

Un drone a été intercepté et détruit alors qu'il s'approchait du quartier diplomatique de Riyad, a déclaré un porte-parole du ministère de la défense vers midi.

Vers 19h30, le ministère a déclaré que les défenses aériennes traitaient une menace balistique à Riyad.

Plus tôt, un missile balistique lancé vers le gouvernorat d'Al-Kharj a été abattu et les débris de l'interception sont tombés près de la base aérienne Prince Sultan "sans causer de dommages", a déclaré un porte-parole.

Deux autres missiles balistiques lancés vers la province orientale ont été interceptés et détruits dans la soirée.

Le ministère a fait état de neuf drones ciblant la même région depuis minuit heure locale.

Les attaques contre l'Arabie saoudite s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle journée de tentatives iraniennes de frapper les pays du Golfe.

Aux Émirats arabes unis, le ministère de la défense a déclaré avoir abattu 13 missiles balistiques et 27 drones lancés depuis l'Iran mercredi.

De fortes détonations ont été entendues au-dessus de Dubaï dans la matinée.

Les Émirats ont également cité les six victimes civiles des attaques iraniennes depuis le début du conflit, le 28 février.

Il s'agit notamment de la Palestinienne Alaa Mushtaha, qui a été tuée lundi à Abou Dhabi lorsqu'un missile est tombé sur sa voiture. Ses funérailles ont eu lieu mardi soir, ont rapporté les médias locaux.

Le ministre des affaires étrangères, Sheikh Abdullah, a exprimé mercredi ses "sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes des attaques terroristes non provoquées de l'Iran contre les Émirats arabes unis".

Il a condamné les attaques de missiles et de drones iraniens visant des infrastructures civiles essentielles, des aéroports, des zones résidentielles et des sites civils dans l'ensemble des Émirats arabes unis.

Le Qatar et le Koweït ont également signalé avoir intercepté des attaques de drones mercredi.


Liban: effroi et destructions au coeur de Beyrouth, pilonné par Israël avec et sans avertissement

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
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  • Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • "Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger

BEYROUTH: Sarah Saleh et sa famille ont fui en pyjama mercredi, après que l'armée israélienne a averti d'une frappe sur un immeuble du coeur de Beyrouth, proche de l'école reconvertie en centre d'accueil qui les abrite.

Mais plusieurs autres bombardements contre deux quartiers populaires voisins, sans avertissement, ont violemment pris par surprise les habitants, en pleine nuit et au petit matin.

Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

"Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger.

Avec ses parents, son frère, ses soeurs et leurs enfants, "nous avons fui en pyjama", vers une place du centre-ville, ajoute-t-elle.

Les enfants "se sont mis à pleurer et à paniquer, c'était déchirant", dit-elle, portant un masque pour se protéger de la poussière qui se dégage des décombres du bâtiment visé, dans le quartier de Bachoura, proche d'une des principales artères de la capitale.

"Le bruit était terrifiant (...) Tout Beyrouth a été secoué", affirme cette déplacée de la banlieue sud de Beyrouth, réfugiée dans la même école qui l'avait abritée lors de la guerre précédente de 2024.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran en menant une attaque contre Israël en représailles des frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Israël a riposté en lançant une vaste campagne de frappes aériennes, notamment sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en parallèle d'opérations terrestres dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a également bombardé à plusieurs reprises des bâtiments en plein coeur de la capitale, parfois sans avertissement.

"Ce qui est effrayant, c'est qu’ils sont en train de frapper sans prévenir", déclare la jeune femme.

"Heureusement qu'ils ont émis un avertissement ici, parce que dans l’école qui nous accueille il y a des enfants et des bébés", ainsi que des personnes âgées, soupire-t-elle.

"Terrifiant" 

A quelques encablures de là, à Zokak al-Blatt, quartier densément peuplé proche du siège du gouvernement et de plusieurs ambassades, des habitants déblayent les débris et les éclats de verre laissés par la dernière frappe sur les voitures et dans les rues.

Des engins dégagent la route et transportent les décombres, tandis que des commerçants vont et viennent devant des devantures brisées, sous le bourdonnement d'un drone israélien survolant la capitale.

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir.

"Ma famille et moi avons été terrifiés", raconte Haidar, 68 ans, qui habite à proximité. "Quand il n’y a pas d’avertissement, c’est très difficile", ajoute ce commerçant.

Il explique que sa femme, cédant à l'effroi, tente de trouver refuge ailleurs après que le quartier a été visé plusieurs fois depuis le début de la guerre.

Dans la rue, une femme pleure et une famille avec enfants, portant des sacs et une poupée rose, quitte les lieux.

L'une des frappes, menée sans avertissement, a tué le directeur des programmes politiques de la télévision du Hezbollah, al-Manar, selon la chaîne.

Les bombardements israéliens ont tué au moins 912 personnes, dont 111 enfants, depuis début mars, et jeté sur les routes plus d'un million de personnes - plus du sixième de la population du petit pays.

"Nous pouvons à peine parler (...) Nous sommes épuisés", dit Zainab, 65 ans, qui vit à proximité  et se trouvait chez elle avec des proches lors de la dernière frappe.

Le bombardement "était très fort (..) comme s'il se produisait au-dessus de nos têtes", dit-elle.

"Nous avons peur (..) toutes les heures ou deux heures, ils frappent quelque part", ajoute-t-elle. Mais "où sommes-nous censés partir?".


Iran: les Etats-Unis et Israël frappent l'installation gazière de South Pars 

Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine. (AFP)
Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine. (AFP)
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  • "Il y a quelques instants, certaines parties des installations gazières" du gisement de South Pars/North Dome, située dans la ville portuaire de Kangan, "ont été frappées par des projectiles de l'ennemi américano-sioniste"
  • L'immense champ gazier de South Pars/North Dome est la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l'Iran partage avec le Qatar. Il fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran, qui l'exploite depuis la fin des années 1990

TEHERAN: Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine.

"Il y a quelques instants, certaines parties des installations gazières" du gisement de South Pars/North Dome, située dans la ville portuaire de Kangan, "ont été frappées par des projectiles de l'ennemi américano-sioniste", a déclaré la télévision, citant le gouverneur adjoint de la province méridionale de Bouchehr.

Elle a ajouté que des équipes de pompiers avaient été dépêchées sur les lieux pour maîtriser l'incendie.

L'immense champ gazier de South Pars/North Dome est la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l'Iran partage avec le Qatar. Il fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran, qui l'exploite depuis la fin des années 1990.

Israël avait déjà frappé des installations iraniennes de ce site au cours de la guerre des 12 jours de juin 2025.

Le pays a lancé de nouvelles frappes contre l'Iran le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, tuant au premier jour son guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et déclenchant une guerre qui s'est étendue à tout le Moyen-Orient.