En Irak, le pape François souffle dans les voiles des premières églises

Le pape François (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 04 mars 2021

En Irak, le pape François souffle dans les voiles des premières églises

  • La toute première visite papale dans cette nation biblique souligne le choix difficile auquel font face les membres de la communauté chrétienne locale
  • La terre d'Irak regorge de lieux reliés au patrimoine du christianisme; plus de sites mentionnés dans la Bible y sont situés que partout ailleurs qu'en Terre Sainte

LONDRES/ROME: Difficile de prédire le nombre de chrétiens irakiens qui vont affluer pour assister à la visite historique du pape François en Irak, pour la simple raison que l’on ignore le nombre de fidèles restés dans ce pays dont les racines religieuses remontent aux premiers jours de la foi.

En proie à des années de conflits internes à la suite de l'invasion menée par les États-Unis en 2003, l'Irak n'a pas effectué de recensement de sa population depuis 1997.

Un recensement prévu pour 2020, l'année où la pandémie du coronavirus à l’origine de la Covid a frappé le monde, n'a pas été exécuté. Mais si les estimations du nombre de chrétiens en Irak ont varié au fil des ans, ils sont tous d'accord sur une chose: à l'époque moderne, la population de l'une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde a régulièrement diminué à cause de l'insécurité ainsi que la persécution croissante.

Des chrétiens irakiens rassemblés à l'église Sayidat Al-Nejat (Notre-Dame du Salut) à Bagdad le 10 décembre 2010 (Photo, AFP).

La Mésopotamie, la plaine fertile entre les fleuves Tigre et Euphrate, aujourd'hui en Irak, est l'endroit où la civilisation moderne a pris racine pour la première fois.

C’est aussi le pays où fleurissaient il y a plus de 6 000 ans l’écriture, l’agriculture et les premières grandes villes du monde. Mais la terre d'Irak rengorge de lieux reliés au patrimoine du christianisme; plus de sites mentionnés dans la Bible y sont situés que partout ailleurs qu'en Terre Sainte.

Dans la tradition des trois grandes religions abrahamiques - le christianisme, l’islam et le judaïsme - le patriarche Abraham était originaire d’Ur, l’ancienne ville de Sumer, l’une des plus anciennes civilisations connues du monde. Aujourd'hui, certains vestiges de la première grande ville du monde sont encore visibles, près de la ville moderne de Nasiriyah, sur les rives de l'Euphrate.

Charlemagne (742-814), couronné empereur par le pape Léon III, le 25 décembre 800 (Photo, Photo12/UIG/Getty Images).

L'Irak est même associé au récit de la création de la foi chrétienne, comme dans la scène de la chute d'Adam et Eve, le premier homme et la première femme de l’existence. De nombreux érudits chrétiens pensent que le jardin d'Eden décrit dans le livre de la Genèse était situé dans le sud de l'Irak, là où les deux grands fleuves de la Mésopotamie se jettent dans le golfe.

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D'autres personnages bibliques, saints et prophètes sont associés à des sites dans toute la Mésopotamie. On estime que Rebecca, l'épouse d'Isaac, est originaire de l'ancienne Carrhae en haute Mésopotamie, aujourd'hui la ville turque d'Harran à la frontière avec l'Irak.

La tombe du prophète hébreu Ezéchiel se trouve dans la ville d'Al-Kifl, entre Najaf et Hillah sur la rive est de l'Euphrate. Mais c'est la destruction par Daech des tombes d'Al-Nabi Danyal (le prophète biblique Daniel) et de Yunus (Jonas) à Mossoul en 2014 qui a souligné à la fois l'histoire et la fragilité de la communauté chrétienne dans l'Irak moderne.

Premier concile de Nicée, première moitié du 16e siècle. Trouvé dans la collection du monastère de Stavronikita, Mont Athos (Photo, Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images).

Selon l'Annuario Statistico, la publication annuelle du Vatican retraçant le nombre de chrétiens dans le monde, les fidèles en Irak étaient au nombre d'environ 1,5 million en 2003, à la veille de l'invasion américaine. La vie des chrétiens et des autres minorités sous le dictateur Saddam Hussein et son régime baathiste essentiellement laïque, hostile à l'extrémisme islamiste, était assez stable.

En effet, l’un des plus proches alliés de Saddam, Tariq Aziz, plus tard devenu son vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, était un chrétien. Aziz de son nom à la naissance Mikhail Yuhanna, est fils d'une famille chaldéenne de la ville assyrienne de Tel Keppe, au nord-est de Mossoul.

Non pas qu'il n'y ait pas eu de discrimination. Sous son régime, les écoles chrétiennes ont été nationalisées et même une loi a été votée stipulant que l’histoire de la religion ne pouvait être enseignée dans les écoles publiques que si au moins un quart des élèves étaient chrétiens. La présence d’un seul élève musulman, en revanche, suffisait pour contraindre toute la classe à étudier le Coran.

Les rebelles kurdes ont lancé une vaste campagne au début des années 80 contre l'Iran, l'Irak et la Turquie pour tenter de regagner la souveraineté sur leur patrie (Photo, Michel Setboun/Corbis via Getty Images).

Les communautés chrétiennes se sont aussi retrouvées entre les feux croisés de la politique irakienne. Entre 1978 et 1980, les rebelles kurdes ont frappé de nombreux villages chrétiens, les considérant comme alliés du régime de Saddam. Mais les choses ont empiré de manière flagrante après l'invasion américaine de 2003.

Le renversement de Saddam, accompagné du démantèlement forcé du parti d’Al-Baath et de l'armée irakienne, a déclenché des années de chaos, d'insurrection et de terreur sectaire dans le pays - avec des chrétiens souvent dans la ligne de mire.

Entre 2003 et 2008, la population chrétienne d'Irak a diminué de moitié tandis que plus de 65 églises ont été attaquées, celles qui ont fui ont cherché refuge dans des pays comme la Jordanie et la Syrie, ou en Europe ou même en Amérique du Nord.

Le bilan des attaques contre les chrétiens au cours de cette période, dans l'Annuario Statistico, consigne l'horreur et la souffrance. Le 1er août 2004, 18 personnes sont mortes et 60 blessées dans des attentats à la voiture piégée contre cinq églises - quatre à Bagdad et une à Mossoul.

Le 29 janvier 2006, une série d'explosions près des églises chrétiennes à Kirkouk et à Bagdad en a tué trois. Le 9 octobre 2006, le prêtre orthodoxe syrien Paulos Iskandar a été enlevé à Mossoul et retrouvé décapité deux jours plus tard.

Le 26 novembre 2006, Monther Saqa, pasteur dans église chrétienne évangélique à Mossoul, est enlevé et assassiné. Le 3 juin 2007, la voiture de Ragheed Aziz Ghanni est arrêtée par des hommes armés qui assassinent le prêtre et ses trois compagnons, tous des diacres.

Un milicien chrétien se tient près d'une statue brisée du Christ dans l'église Saint-Jacques du XIIIe siècle, le 4 novembre 2015, près de la ligne de front avec des combattants de Daech à Telskuf, dans le nord de l'Irak (Photo par John Moore/Getty Images).

Le 29 février 2008, Paulos Faraj Rahho, l'archevêque chaldéen de Mossoul, est enlevé. Ses trois compagnons sont assassinés sur place, et le corps de l’archevêque est retrouvé deux semaines plus tard. Le 5 avril 2008, le prêtre orthodoxe syrien Youssef Adel est froidement abattu à Bagdad.

En tout, selon le cardinal Louis Sako, archevêque de Kirkouk, depuis 2003, il y a eu 710 martyrs chrétiens en Irak.

Dans l'une des pires tragédies, 58 hommes, femmes et enfants sont morts lorsque des combattants de l'État islamique d'Irak, affilié à Al-Qaïda, ont attaqué la cathédrale catholique syrienne de Notre-Dame du Salut à Bagdad lors de la messe dominicale le 31 octobre 2010.

«Ce qui s'est passé était plus que catastrophique et tragique», se désole la ministre irakienne des droits de l'homme Wijdan Michael, elle-même chrétienne, à l'époque.

«À mon avis, c'est une tentative de forcer les chrétiens irakiens à quitter l'Irak, à vider tout simplement l'Irak de ses chrétiens».

Saint Thomas, des apôtres, s.d., Martin Schongauer, allemand, environ 1450-1491, Allemagne, gravure sur papier, 90 × 50 mm (plaque), 91 × 53 mm (feuille) (Photo, Sepia Times/Universal Images Group via Getty Images).

L'église Notre-Dame du Salut a déjà été attaquée. En août 2004, c'est l'une des cinq églises touchées à Bagdad et à Mossoul, dans laquelle douze personnes tuées mortes. Pour commémorer l'anniversaire du massacre de 2010 en 2018, l’Institut politique assyrien affirme «qu'il n'y avait pas encore de changement manifeste dans la façon dont la population chrétienne assyrienne autochtone d'Irak est perçue et traitée».

Dans les années qui ont suivi le massacre «les Assyriens d'Irak ont été menacés d'existence dans l'émergence de l'Etat islamique (Daech) en 2014 et la perte de tout espoir de représentation équitable dans les parlements irakien et kurde», a ajouté Michael. Le Pape François se souviendra de tous les martyrs chrétiens d’Irak lorsqu’il rendra visite à Notre-Dame du Salut à Bagdad.

L’apparition de Daech a aussi apporté une nouvelle horreur aux chrétiens iraquiens. En juin 2014, Daech s'est emparé de Mossoul et des milliers de chrétiens ont fui afin de sauver leurs vies, d'abord tout près de Qaraqosh, et, lorsque celle-ci semblait certain de tomber, à Erbil, capitale du Kurdistan irakien.

Le monastère de Saint-Élie, fondé par l'Église de l'Est près de Mossoul à la fin du VIe siècle, a fermé ses portes en 1743 après que les moines ont été tués par des soldats du shah d'Iran pour avoir refusé de se convertir à l'islam.

Bien qu'endommagé par les troupes américaines lors de l'invasion de 2003, l’édifice est resté une destination pour les pèlerins chrétiens jusqu'à ce qu'il soit réduit à un tas de gravats par Daech en 2014.

Un rapport du New York Times de l'année suivante a bien expliqué le choix des chrétiens de Mossoul et de Qaraqosh: «Ils pouvaient soit se convertir à l’Islam, soit payer la jizya; la taxe imposée à tous les «gens du livre» - chrétiens, zoroastriens et Juifs. S'ils refusaient, ils seraient tués, violés ou réduits en esclavage, et leur richesse prise comme butin de guerre.

Le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de l'Iraq, Tarek Aziz lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies le 14 juin 1988. Aziz participe à la troisième session extraordinaire sur le désarmement (Photo, AFP/Archives).

Sans surprise, les recherches menées par l’UE sur le sort des minorités en Irak au plus fort de la terreur de Daech ont conclu qu’en 2015, il ne restait qu’environ 500 000 chrétiens dans le pays, principalement à Bagdad, Mossoul et dans les plaines de Ninive ainsi que dans la région autonome du Kurdistan.

Aujourd'hui, on pourrait n’en dénombrer que 150 000. L’un des moments les plus poignants de la visite du pape sera sans doute l’instant où il rendra visite à la communauté Qaraqosh à l’église de l’Immaculée Conception, la plus grande église d’Iraq, gravement endommagée pendant l’occupation de la ville par Daech.

La tradition veut que l’association de l’Irak avec le christianisme remonte au premier siècle de notre ère, lorsque, après la crucifixion de Jésus-Christ, son disciple Thomas se rendit à l’est dans le but de prêcher en Mésopotamie.

L'église syriaque orthodoxe Saint-Thomas de Mossoul aurait été construite sur le site de la maison dans laquelle Thomas vivait, et en 1964, des ouvriers ont découvert ce que l'on croyait être les os de ses doigts. Après la chute de Mossoul par Daech en 2014, ces reliques ont été transférées pour être gardées au monastère syriaque orthodoxe de Saint-Matthieu près de Bartella, dans les plaines de Ninive, fondé au quatrième siècle.

Thomas, plus tard canonisé comme saint Thomas l'apôtre, avait deux disciples, Thaddeus d'Édesse, également connu sous le nom de Mar Addai, et Mar Mari. Mar est un titre de respect syriaque, signifiant seigneur. C’est à eux deux qu’on attribue la fondation de l’Église chrétienne de Mésopotamie.

C’est ainsi que naît l’Église d'Orient, également connue sous le nom d'Église persane ou nestorienne, en raison de son soutien à Nestorius, l'archevêque de Constantinople au enseignements controversés, au cinquième siècle.

Des chrétiens irakiens fuyant la violence dans les villes de Qaraqush et Bartala, toutes deux à l'est de la ville de Mossoul dans la province nord de Ninive, prient à l'église Saint George le 1er juillet 2014 dans la capitale de la région autonome kurde, Arbil (Photo, AFP/Archives).

L'histoire du christianisme en Mésopotamie est celle d'un schisme fréquent. En 410, au concile de Séleucie-Ctésiphon, tous les chrétiens de l'empire sassanide perse se sont réunis dans la capitale, près de Bagdad moderne, pour former une seule église - l'Église de l'Est qui, en 424, va rompre entièrement avec l’Empire romain.

Même après la montée de l'islam et la conquête musulmane de l'empire sassanide, les chrétiens ne sont tolérés qu’en tant que dhimmi, ou communauté non musulmane protégée, et ont ainsi prospéré.

Entre le VIIIe et le XIIIe siècle, l'Église de l'Est s'est considérablement développée, diffusant l'Évangile à partir de sa base en Mésopotamie et établissant plus de 100 diocèses, de la côte méditerranéenne à travers l'Irak, l'Iran et l'Inde, et aussi loin que l'Empire mongol et la Chine.

Le déclin a en effet commencé au 13ème siècle lorsque les Mongols tournent le dos au christianisme et se convertissent à l'islam. Au 14ème siècle, Tamerlan, leader de l'empire turco-mongol Timurid, expulse tous les non-musulmans de ses territoires.

Dès lors, l'Église d'Orient est confinée à la terre où tout a commencé - le nord de la Mésopotamie, où, malgré toutes les épreuves et les défis de l'Irak moderne, les églises chrétiennes descendantes et leur groupe de paroissiens en diminution mais fort de leur foi continuent de résister.

Au cours des siècles, les schismes internes se succèdent, des divisions se reflètent dans les diverses dénominations auxquelles appartiennent aujourd'hui les chrétiens irakiens, notamment les Assyriens (ou Nestoriens, membres de l'Église syriaque orthodoxe) et les églises catholiques orientales arméniennes, chaldéennes et syriaques.

Mais quelles que soient leurs différences doctrinales, tous les chrétiens d’Irak verront l’arrivée historique du pontife parmi eux comme un signe que leur courage et leur persévérance face à une adversité choquante n’ont pas été vains.

«Nous tentons de guérir ces blessures créées par l'État islamique», explique le père Karam Shamasha, l'un des deux prêtres de l'église catholique chaldéenne Saint-Georges de Telskuf, à l'agence de presse catholique en novembre 2020. Ce village chrétien se trouve à près de 20 miles au nord de Mossoul.

«Nos familles sont fortes; elles ont défendu leur foi. Mais elles ont aussi besoin de quelqu'un qui leur donne une tape sur l’épaule, qui leur dise: «Vous avez accompli un travail remarquable jusque-là, mais votre mission n’est pas encore terminée».

Ce quelqu'un, sera le pape François. L'archevêque catholique chaldéen Bashar Warda d'Erbil a confié à «Aid to the Church in Need», une organisation caritative qui œuvre au nom des catholiques persécutés en Syrie et en Irak, en décembre: «Nous sommes un peuple marginalisé jusqu'au bord de l'existence. Que Sa Sainteté vienne nous rendre visite maintenant peut très bien être la chose qui nous sauve.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des AE aborde les développements régionaux avec ses homologues omanais et français

Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane. (SPA)
Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane. (SPA)
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  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a eu un entretien téléphonique avec le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr ben Hamad Al-Busaidi, jeudi, a rapporté l'agence d'Etat saoudienne SPA.
  • Ils ont discuté des derniers développements de la situation régionale et de leurs implications pour la sécurité et la stabilité de la région

RIYAD: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a eu un entretien téléphonique avec le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr bin Hamad Al-Busaidi, jeudi, a rapporté l'agence d'Etat saoudienne SPA.

Les deux responsables ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont discuté des efforts conjoints pour renforcer la sécurité et la stabilité dans la région

Le ministre a également eu un entretien avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, au cours duquel ils ont discuté des derniers développements de la situation régionale et de leurs implications pour la sécurité et la stabilité de la région.


Le ministre saoudien de la défense annonce un programme de développement de 1,9 million de SR pour le Yémen

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a rencontré mercredi le président du Conseil présidentiel du Yémen, Rashad Al-Alimi. (SPA)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a rencontré mercredi le président du Conseil présidentiel du Yémen, Rashad Al-Alimi. (SPA)
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  • Le Prince Khalid ben Salmane déclare que le financement vise à construire un avenir meilleur pour le Yémen et son peuple
  • L'enveloppe comprend la construction d'hôpitaux et d'écoles, la restauration de l'aéroport d'Aden et la construction d'une usine de dessalement

RIYAD: L'Arabie saoudite va investir 1,9 milliard de francs suisses (506 millions de dollars) dans des projets de développement au Yémen, a déclaré mercredi le ministre de la Défense du Royaume, le prince Khalid ben Salmane.

Le soutien comprend 28 projets dans les secteurs de la santé, de l'énergie, de l'éducation et des transports, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Le paquet comprend une nouvelle subvention de dérivés du pétrole pour faire fonctionner les centrales électriques à travers le Yémen.

L'annonce a été faite lors d'une réunion avec le chef du Conseil présidentiel du Yémen, Rashad Al-Alimi, le premier ministre du Yémen, Salem Saleh ben Braik, et le gouverneur d'Aden, Abdulrahman Sheikh Al-Yafai.

Ce financement permettra au programme saoudien de développement et de reconstruction pour le Yémen de travailler avec le gouvernement yéménite et les autorités locales pour soutenir les institutions et les services clés à Aden, Hadramaout, Al-Mahrah, Socotra, Marib, Shabwa, Abyan, Dhale, Lahij et Taiz.

Les projets comprennent la construction d'une usine de dessalement, la restauration de l'aéroport d'Aden - la principale plate-forme aérienne du pays dans le sud -, l'ouverture d'un hôpital sur l'île de Socotra, ainsi que la construction et l'équipement de 30 écoles.

Le prince Khalid a déclaré que ce programme "incarne l'engagement du Royaume à renforcer la sécurité et la stabilité et à contribuer à la construction d'un avenir meilleur pour le Yémen et son peuple".

La réunion a également porté sur les relations entre l'Arabie saoudite et son voisin, sur l'évolution de la situation au Yémen et sur les efforts déployés pour mettre fin à la crise yéménite par le biais d'une solution politique globale.

"Nous avons souligné l'importance de poursuivre les efforts, en ce qui concerne l'avenir de la question du Sud, dans le cadre de la conférence de Riyad, afin de trouver une vision globale pour des solutions justes", a déclaré le prince Khalid.éroports, aux ports et à d'autres installations.


Toute menace contre la sécurité du Royaume est une « ligne rouge », affirme l’envoyé saoudien

Le représentant permanent du Royaume d'Arabie saoudite auprès des Nations Unies, Abdulaziz Alwasil. (Fourni)
Le représentant permanent du Royaume d'Arabie saoudite auprès des Nations Unies, Abdulaziz Alwasil. (Fourni)
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  • Abdulaziz Alwasil déclare devant le Conseil de sécurité de l’ONU que la situation dans le sud du Yémen est « une cause juste aux dimensions sociales et historiques » qui ne peut être résolue que par le dialogue
  • Les récentes activités militaires dans le sud ont été unilatérales, entraînant une escalade qui nuit aux intérêts du peuple yéménite et sape les efforts visant à résoudre les problèmes du sud, affirme-t-il

​​​​​​NEW YORK : Toute tentative de menacer la sécurité nationale de l’Arabie saoudite constitue une « ligne rouge » et fera l’objet d’une réponse décisive, a déclaré mercredi l’ambassadeur du Royaume auprès des Nations unies devant le Conseil de sécurité.

S’exprimant lors d’une réunion consacrée au Yémen, Abdulaziz Alwasil a estimé que la situation dans le sud du pays est « une cause juste aux dimensions sociales et historiques » qui ne peut être résolue que par le dialogue.

« Nous soulignons que toute tentative de menacer notre sécurité nationale est une ligne rouge, et nous n’hésiterons pas à prendre les mesures et actions nécessaires pour y faire face et la neutraliser », a-t-il ajouté.

Alwasil a réaffirmé le soutien de l’Arabie saoudite au président yéménite Rashad Al-Alimi, au Conseil présidentiel de direction et au gouvernement yéménite dans leurs efforts pour parvenir à la sécurité, à la stabilité, au développement et à la paix, tout en préservant l’unité nationale.

Il a indiqué que les activités militaires menées par les forces du Conseil de transition du Sud dans le Hadramaout et l’Al-Mahra le 2 décembre 2025 étaient unilatérales, n’avaient pas reçu l’approbation du Conseil présidentiel de direction et n’avaient pas été coordonnées avec la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen.

Ces actions ont entraîné une escalade injustifiée qui a porté atteinte aux intérêts du peuple yéménite, sapé les efforts visant à traiter les problèmes du sud et contredit les objectifs de la coalition, a-t-il ajouté.

Le Royaume, en coordination avec ses partenaires de la coalition, le Conseil présidentiel de direction et le gouvernement yéménite, a pris des mesures pour contenir la situation en envoyant une force militaire chargée de coordonner les dispositions avec le Conseil de transition du Sud à Aden, a-t-il déclaré.

L’objectif était d’assurer le retour des forces du Conseil de transition du Sud à leurs positions précédentes en dehors du Hadramaout et de l’Al-Mahra, ainsi que la remise des camps aux forces gouvernementales légitimes et aux autorités locales, conformément aux procédures convenues, a ajouté Alwasil.

Il a exprimé son regret face aux opérations militaires menées dans le Hadramaout et l’Al-Mahra, à proximité de la frontière sud de l’Arabie saoudite, estimant qu’elles constituaient une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume, ainsi que pour la sécurité du Yémen et la stabilité régionale. De telles actions sont extrêmement dangereuses, a-t-il souligné, et vont à l’encontre des principes fondateurs de la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen.

Alwasil a salué l’accord d’échange de prisonniers et de détenus signé à Mascate le 23 décembre, qu’il a qualifié de mesure humanitaire importante pour soulager les souffrances et renforcer la confiance.

Il a félicité le sultanat d’Oman pour avoir accueilli et parrainé les consultations, ainsi que pour son soutien aux négociations, et a salué les efforts de l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, du Comité international de la Croix-Rouge et de tous ceux qui ont contribué au processus.

S’agissant des efforts politiques pour résoudre la crise, Alwasil a déclaré que l’Arabie saoudite accueillait favorablement l’appel du président Al-Alimi à la tenue d’une conférence inclusive à Riyad, réunissant toutes les parties prenantes afin de discuter de solutions justes à la situation dans le sud du Yémen.

Les préparatifs de cette conférence ont commencé, a-t-il précisé, en coopération avec le gouvernement yéménite et des représentants du sud, reflétant les liens étroits entre les deux pays et leur intérêt commun pour la stabilisation du Yémen.

Il a exhorté l’ensemble des acteurs du sud à participer activement et de manière constructive aux discussions afin de parvenir à des solutions globales et équitables répondant aux aspirations légitimes du peuple du sud du Yémen.

Alwasil a enfin appelé toutes les forces et parties prenantes yéménites à coopérer et à intensifier leurs efforts pour parvenir à un règlement politique durable garantissant la sécurité et la stabilité.

Il a qualifié la question du sud de « cause juste aux dimensions sociales et historiques », soulignant que « la seule manière d’y répondre passe par le dialogue menant à une solution politique globale », fondée sur des références approuvées aux niveaux national et international. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com