Le roi Salmane et le président Biden discutent de la sécurité régionale

Le roi Salmane et le président américain Joe Biden ont discuté des modalités de renforcement de leur partenariat lors d'un appel téléphonique. (Photo, Reuters/Archives)
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Publié le Vendredi 26 février 2021

Le roi Salmane et le président Biden discutent de la sécurité régionale

  • Les discussions ont aussi porté sur les questions les plus importantes qui touchent la région
  • Les deux chefs d’État ont discuté du comportement déstabilisateur de l’Iran dans la région

RIYADH: Le roi Salmane et le président américain Joe Biden ont discuté de la stabilité régionale et mondiale lors d'un appel téléphonique mardi.

Les deux leaders ont souligné l'importance de renforcer le partenariat entre leurs deux pays, et réitéré l’ampleur de leurs relations historiques, a rapporté l'agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l'appel, le roi Salmane a félicité Biden pour son inauguration le mois dernier.

Les discussions ont aussi porté sur les questions les plus importantes qui touchent la région. Les deux leaders ont passé en revue les développements d'intérêt commun, a indiqué le rapport.

Les deux chefs d’État ont discuté du comportement de l’Iran dans la région, de ses agissements déstabilisateurs, et de son soutien aux groupes terroristes.

«Le roi Salmane a par ailleurs remercié le président américain pour l’engagement de Washington à défendre le Royaume contre toute menace, et pour son assurance que l’Iran ne serait jamais autorisé à posséder des armes nucléaires», a déclaré la SPA.

De son côté, Biden a salué le soutien du Royaume aux efforts de l'ONU qui tente de parvenir à une trêve et un cessez-le-feu au Yémen.

Le roi Salmane a assuré que l’Arabie saoudite fait tout son possible pour parvenir à une solution politique globale au Yémen et garantir la sécurité et le développement du peuple yéménite.

Un communiqué de la Maison Blanche a déclaré que le président américain a souligné au roi Salmane qu'il compte travailler pour rendre les relations bilatérales aussi solides et transparentes que possible.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tensions sur le nucléaire iranien: Téhéran met en garde Israël

Une photo fournie par la présidence iranienne le 13 avril 2021 montre le président iranien Hassan Rouhani (C) et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (C-L) arrivant pour une réunion avec le ministre russe des Affaires étrangères dans la capitale Téhéran. (Présidence iranienne / AFP)
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  • La décision annoncée par l'Iran d'enrichir l'uranium à hauteur de 60% après une explosion dans son usine de Natanz est la «réponse» de la République islamique au « terrorisme nucléaire » d'Israël
  • « C'est la réponse à votre malveillance », a déclaré Hassan Rohani en Conseil des ministres

TÉHÉRAN : La décision annoncée par l'Iran d'enrichir l'uranium à hauteur de 60% après une explosion dans son usine de Natanz est la "réponse" de la République islamique au "terrorisme nucléaire" d'Israël, a déclaré mercredi le président iranien.

"C'est la réponse à votre malveillance", a déclaré Hassan Rohani en Conseil des ministres.

"Ce que vous avez fait s'appelle du terrorisme nucléaire, ce que nous faisons est légal", a-t-il lancé dans une allusion à Israël, que Téhéran accuse d'avoir saboté dimanche son usine d'enrichissement de Natanz, dans le centre de l'Iran.

"Vous ne pouvez pas conspirer contre l'Iran, commettre des crimes contre l'Iran. Pour chaque crime, nous vous couperons les mains [...] pour que vous compreniez que vous ne pouvez pas nous empêcher [d'accéder à la] technologie" nucléaire, a ajouté M. Rohani dans cette allocution télévisée.

"Les responsables de la sécurité doivent nous fournir leur rapport final [sur ce qui s'est passé à Natanz], mais il apparaît qu'il s'agit d'un crime sioniste", a encore déclaré le président iranien.

"Vous voulez que nous nous retrouvions les mains vides aux négociations [en cours à Vienne pour tenter de sauver l'accord sur le nucléaire iranien de 2015] mais nous irons là-bas avec encore davantage de cartes en main", a poursuivi M. Rohani.

"Assurément, nos activités [nucléaires] resteront pacifiques, et pacifiques seulement, et sous la supervision de l'AIEA", l'Agence internationale de l'énergie atomique, qu'il s’agisse de "nos [activités d’enrichissement] à 60% [ou] à 20%", a-t-il affirmé.

Selon le représentant permanent de l'Iran au siège de l'AIEA à Vienne, les travaux préparatoires pour mettre en oeuvre la décision annoncée mardi par Téhéran de porter ses activités d’enrichissement de l'uranium au seuil inédit de 60% en isotope 235 [contre 20% maximum jusque-là] ont commencé dès mardi soir.

"Nous prévoyons d'accumuler le produit [de deux cascades de centrifugeuses dédiées à l'uranium à 60%] la semaine prochaine", a-t-il écrit sur Twitter.

La semaine iranienne commence le samedi.


Barrage du Nil: appel du Soudan à un sommet tripartite

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi (à droite), entouré du Premier ministre Mostafa Madbouli (à droite, derrière), s'entretenant avec le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok (à gauche) au palais présidentiel du Caire, le 11 mars 2021. (Présidence égyptienne / AFP)
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  • Le Soudan et surtout l'Egypte en aval du fleuve voient ce barrage en cours de construction comme une menace pour leurs ressources en eau et multiplient les mises en garde contre l'Ethiopie
  • Le grand barrage de la renaissance éthiopienne (GERD) est une source de tensions entre les trois pays depuis la pose de la première pierre en avril 2011

KHARTOUM : Le Premier ministre soudanais a invité ses homologues égyptien et éthiopien à un sommet tripartite pour discuter du méga-barrage sur le Nil, qui suscite de vives tensions entre les pays riverains du fleuve, a indiqué son bureau. 

Le Soudan et surtout l'Egypte en aval du fleuve voient ce barrage en cours de construction comme une menace pour leurs ressources en eau et multiplient les mises en garde contre l'Ethiopie, qui a encore affirmé la semaine dernière sa détermination à poursuivre son projet en dépit du vif contentieux.

Les pourparlers entre les trois pays accueillis début avril par le Congo, président de l’Union africaine, n’ont pas permis de parvenir à un accord sur ce contentieux.

"Le Premier ministre Abdallah Hamdok a invité ses homologues égyptien Moustafa Madbouli et éthiopien Abiy Ahmed à un sommet dans les 10 jours pour évaluer les négociations concernant le barrage", a indiqué le bureau du Premier ministre dans un communiqué mardi soir.

M. Hamdok a estimé qu'il était "urgent de parvenir à un accord sur cette question" et s'est dit préoccupé quant à l'avancement des travaux de construction du barrage.

Le sommet tripartite à huis clos se tiendra par vidéoconférence, selon le communiqué.

Le grand barrage de la renaissance éthiopienne (GERD) est une source de tensions entre les trois pays depuis la pose de la première pierre en avril 2011.

Le barrage est construit dans le nord-ouest de l'Ethiopie, près de la frontière avec le Soudan, sur le Nil bleu, un bras du fleuve qui fait la jonction avec le Nil blanc plus au nord à Karthoum, avant de poursuivre son cours vers l'Egypte. 

Le GERD pourrait devenir le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique avec une capacité annoncée de près de 6.500 mégawatts.

L'Ethiopie affirme que le barrage est vital pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d'habitants.


Turquie: Erdogan prisonnier de son alliance avec le nationaliste Bahçeli

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) en compagnie du chef du parti MHP Devlet Bahçeli (Photo, AFP).
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  • Durcissement contre l'opposition prokurde, politique étrangère plus musclée : Bahçeli n'est pas membre du gouvernement mais son influence est considérable
  • Face à l'érosion de sa popularité sur fond de difficultés économiques, Erdogan pourrait plus que jamais avoir besoin du soutien du MHP et de Bahçeli

ANKARA:  Faiseur de roi de la politique turque pour certains, décideur des questions sécuritaires pour d'autres, Devlet Bahçeli est, pour de nombreux observateurs, l'éminence grise qui tire les ficelles du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

Durcissement contre l'opposition prokurde, politique étrangère plus musclée : Bahçeli n'est pas membre du gouvernement et son Parti d'action nationaliste (MHP) n'a récolté que 11% aux dernières élections en 2018, mais son influence est considérable.

Et face à l'érosion de sa popularité sur fond de difficultés économiques, Erdogan pourrait plus que jamais avoir besoin du soutien du MHP et de Bahçeli pour avoir une chance de briguer un troisième mandat présidentiel.

Agé de 73 ans, ce politicien à la voix rugueuse, qui aime se poser en « homme du peuple », demeure pour beaucoup un mystère malgré sa présence à la tête du MHP depuis 1997. 

Ses critiques reprochent à Erdogan d'avoir viré plus à droite en cédant au chantage aux votes de Bahçeli, quitte à lui accorder des faveurs impopulaires.

Lorsque la pandémie de coronavirus a pris de l'ampleur l'an dernier, Bahçeli a ainsi obtenu la libération d'un baron de la mafia proche de lui, dans le cadre d'une amnistie pour certains détenus.

Depuis 2016, « la position de Bahçeli a donné le ton des politiques de l'AKP (Parti de la Justice et du développement, islamo-conservateur, au pouvoir) », estime Idris Sahin, un ancien cadre de l'AKP qui est désormais le vice-président du parti d'opposition DEVA.

Questions sécuritaires

Le MHP ne s'est pas vu attribuer de ministères au sein du gouvernement, mais l'influent ministre de l'Intérieur, Süleyman Soylu, est un des favoris des cadres du parti.

Lorsque Soylu a voulu démissionner l'année dernière face aux critiques contre sa gestion du premier confinement partiel du pays, Bahçeli et le MHP ont volé à son secours. 

Erdogan a rejeté sa démission et Soylu est sorti renforcé de cet épisode.

L'influence de Bahçeli était encore à l'œuvre lorsqu'un procureur a présenté en mars dernier à la Cour constitutionnelle une demande d'interdiction du parti prokurde HDP.

Le leader nationaliste a mené une campagne pour cette interdiction et l'ouverture de la procédure a été annoncée la veille du congrès du MHP, des opposants y voyant un « cadeau » de Erdogan à son partenaire nationaliste.

Le MHP agit comme un nouveau « conseil de sécurité nationale », estime le politologue Burak Bilgehan Özpek, en référence à une puissante institution qui prenait autrefois les décisions sécuritaires et de défense en Turquie.

« Le MHP définit le cadre de la politique de la sécurité nationale. Bahçeli décide qui sera désigné comme ‘terroriste’ », affirme le chercheur. 

Boulet ?

Pourtant, l'AKP, issu de l'Islam politique et le MHP, ancré dans l'extrême droite, divergent sur plusieurs points et il arrive à Bahçeli de pas avoir le dernier mot.

Il a ainsi défendu le retour d'une prestation de serment nationaliste dans les écoles, supprimée par Erdogan en 2013, sans succès.

« L'alliance du peuple », le nom de la coalition informelle regroupant le MHP et l'AKP, n'a été possible qu'après un changement d'avis de Bahçeli à propos du régime présidentiel, cher à Erdogan, auquel il était initialement opposé.

La Turquie est passée en 2018 à ce régime présidentiel qui donne des pouvoirs très élargis à Erdogan.

Selon le chercheur Berk Esen, le soutien du MHP au nouveau système a permis à ses partisans d'entrer massivement dans la fonction publique.

Des experts et des diplomates occidentaux se demandent toutefois si Bahçeli est un partenaire de poids ou un boulet pour Erdogan.

Après avoir écarté ses précédents alliés, y compris des libéraux pro-occidentaux, il ne reste que des ultranationalistes autour de lui.

Quoi qu'il en soit, pour Esen, le président turc a toujours le dernier mot.

« Je ne pense pas qu'il puisse être forcé de prendre des mesures qu'il ne souhaite pas », affirme-t-il.

Özpek estime lui aussi que Erdogan garde la main. 

Bahçeli « ne peut jouer ce rôle que si Erdogan lui permet de le faire », dit-il. « Il peut endosser le rôle du conseil de sécurité nationale car Erdogan en tire un profit. Cela l'arrange de ne pas l'arrêter. »