Birmanie: les pays du G7 condamnent «fermement» les violences contre les manifestants

Le Premier ministre britannique Boris Johnson organise une réunion virtuelle des dirigeants du G7 dans la salle du Cabinet à Downing Street à Londres le 19 février 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 23 février 2021

Birmanie: les pays du G7 condamnent «fermement» les violences contre les manifestants

  • «Nous, les ministres des AE du G7, ainsi que la Haut représentant de l'UE, condamnons fermement les violences commises par les forces de sécurité birmanes contre les manifestations pacifiques»
  • Des coupures nocturnes d'internet, ordonnées par la junte, font craindre que les autorités n'en profitent pour procéder à des arrestations massives

LONDRES: Les ministres des Affaires étrangères du G7 et le chef de la diplomatie européenne ont «fermement» condamné mardi les violences commises par les forces de sécurité birmanes contre les manifestants opposés au coup d'Etat militaire, les appelant à «la plus grande retenue». 

«Nous, les ministres des Affaires étrangères du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon, du Royaume-Uni et des Etats-Unis, ainsi que la Haut représentant de l'Union européenne, condamnons fermement les violences commises par les forces de sécurité birmanes contre les manifestations pacifiques», ont-ils indiqué dans un communiqué. 

«L'utilisation de balles réelles contre des personnes non armées est inacceptable», ont-ils ajouté, appelant l'armée et la police à «la plus grande retenue» et au «respect des droits de l'Homme». 

Depuis le coup d'Etat militaire le 1er février, les autorités birmanes n'ont pas cessé d'intensifier le recours à la force afin d'affaiblir la mobilisation pro-démocratie, recourant aux balles en caoutchouc, au gaz lacrymogène, aux canons à eau et même parfois aux tirs à balles réelles contre les manifestants. 

L'avocat d'Aung San Suu Kyi en mission «pour la défense de la démocratie»

Chargé de la défense d'Aung San Suu Kyi, il change de domicile toutes les nuits pour ne pas prendre le risque de se faire arrêter. Pour Khin Maung Zaw, le procès de l'ex cheffe du gouvernement civil sera l'occasion de voir si les Birmans redeviennent "esclaves" de l'armée.

Il y a trois semaines, des soldats ont investi au petit matin la maison d'Aung San Suu Kyi et l'ont placé en résidence surveillée, mettant brusquement fin à une expérience démocratique de 10 ans.

Malgré plusieurs demandes, il n'a toujours pas été autorisé à voir sa cliente avant son audience fixée au 1er mars. «Si je n'obtiens pas la permission de la rencontrer avant l'audience, je ferai savoir au monde entier que le procès n'est pas équitable», prévient-il. Il a également renforcé ses propres mesures de sécurité, en raison des «pressions indirectes». «La nuit, je dois rester loin de chez moi et dormir chez des amis», raconte-t-il. Il se dit habitué aux menaces provenant d'un régime militaire. 

Les mesures prises par la junte, visée par des sanctions internationales, n'ont pas dissuadé les manifestants de descendre dans les rues, et des centaines de milliers de personnes ont manifesté lundi pour à nouveau dénoncer le coup d'Etat militaire. 

Des coupures nocturnes d'internet, ordonnées par la junte, font craindre que les autorités n'en profitent pour procéder à des arrestations massives.

Jusqu'à présent, trois manifestants ont été tués, alors qu'un homme qui patrouillait pour éviter des arrestations dans son quartier de la capitale économique Rangoun a été abattu.

«Nous condamnons l'intimidation et l’oppression de ceux qui s'opposent au coup d'Etat», ont souligné les ministres du G7, se disant aussi «préoccupés» par «la répression de la liberté d'expression», notamment les coupures d'internet.

Ils ont une nouvelle fois condamné le coup d'Etat et demandé la libération «inconditionnelle» des personnes détenues «arbitrairement», dont la cheffe de facto du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi.


Nigeria: l'armée annonce avoir libéré 10 étrangers enlevés par des pirates

Les pirates à bord de ce bateau, et ses 14 membres d'équipage, toujours à bord, avaient été repérés à quelque 110 km de l'île nigériane de Bonny quelque jours après l'attaque (Photo, AFP).
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  • «Les dix hommes avaient été enlevés au large du Gabon le 7 février et ramenés sur les côtes nigérianes.»
  • Après le paiement de cette rançon, «des informations concernant un probable nouvel enlèvement nous sont parvenues»

PORT HARCOURT: Six Chinois, trois Indonésiens, un Gabonais, et quatre Nigérians, membres d'équipage d'un navire de pêche capturé début février par des pirates au large des côtes gabonaises, ont été libérés samedi par l'armée nigériane, a-t-elle annoncé à la presse.

«Les dix hommes avaient été enlevés au large du Gabon le 7 février et ramenés sur les côtes nigérianes. Une rançon de 300 000 dollars avait été payée avant que nous n'arrivions pour les secourir», a déclaré samedi soir le lieutenant-colonel de l'armée Mohammed Yahaya.

Après le paiement de cette rançon, et alors que les otages étaient en train de sortir de la brousse où ils étaient retenus dans le sud-est du Nigeria, «des informations concernant un probable nouvel enlèvement nous sont parvenues» décidant «l'armée et des milices pro-gouvernementales à intervenir pour les secourir», a-t-il ajouté.

Les attaques de navires pour kidnapper leurs équipages et les échanger contre des rançons sont devenues très fréquentes ces dernières années dans ce golfe qui s'étend du Sénégal à l'Angola, perpétrées essentiellement par des pirates nigérians.

Le navire de pêche chinois, le Lianpengyu 809, qui bat pavillon gabonais, avait été abordé par des pirates à bord de vedettes rapides au large de Port-Gentil, un port gabonais.

Les pirates à bord de ce bateau, et ses 14 membres d'équipage, toujours à bord, avaient été repérés à quelque 110 km de l'île nigériane de Bonny quelque jours après l'attaque.

Selon le consultant en sécurité maritime Dryad Global, ce navire avait alors servi aux pirates de «bateau-mère» pour attaquer des pétroliers dans la zone.

En 2020, le Golfe de Guinée, qui s'étend sur 5 700 km, a concentré 130 des 135 enlèvements de marins recensés dans le monde, d'après un récent rapport du Bureau international maritime. Un mode d'action devenu plus lucratif que les attaques contre les pétroliers.

La route maritime est parcourue chaque jour par plus de 1 500 bateaux.


Le mari de Zaghari-Ratcliffe émet des doutes quant à sa libération

Cette photo d'archive montre Nazanin Zaghari-Ratcliffe (à droite) posant pour une photo avec son mari Richard et sa fille Gabriella (à gauche) (AFP / Campagne Free Nazanin)
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  • Le ministère britannique des Affaires étrangères : «Le régime (iranien) doit mettre fin à la détention arbitraire de tous les ressortissants britanniques de double nationalité»
  • Zaghari-Ratcliffe a été transférée de la prison et placée en résidence surveillée au domicile de ses parents l'année dernière alors que la pandémie de coronavirus ravageait l'Iran

LONDRES: Le mari de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, la ressortissante anglo-iranienne détenue à Téhéran, dit qu'il ne sait toujours pas si elle sera libérée dimanche après avoir purgé sa peine. 

Zaghari-Ratcliffe a été condamnée en 2016 à cinq ans d'emprisonnement suite à des allégations de complot en vue de renverser le régime iranien - des accusations qu'elle a toujours niées. 

Employée auprès d’une association de charité, Nazanin 43 ans a été arrêtée alors qu'elle se trouvait à Téhéran lors d'une visite avec sa fille. 

Son mari, Richard Ratcliffe, déclare à Sky News qu'il essaie toujours de savoir si elle sera autorisée à retourner à Londres et à retrouver sa fille après avoir purgé sa peine. 

« Nous sommes évidemment très anxieux ici, et elle attend anxieusement en Iran », dit-il. « Le pouvoir judiciaire confirme qu’elle devrait être libérée, mais la procédure n’a pas été précisée. » 

Ratcliffe déclare que l’avocat de sa femme en Iran s’était rendu au bureau du procureur pour de plus amples informations sur le protocole post-libération. 

Zaghari-Ratcliffe a été transférée de la prison et placée en résidence surveillée au domicile de ses parents l'année dernière alors que la pandémie de coronavirus ravageait l'Iran. 

Elle a été contrainte de porter un bracelet électronique et il lui est interdit de s’éloigner au-delà d’un périmètre de 300 mètres. 

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a dit à la famille que les responsables britanniques « déployaient tous les efforts possibles afin » de finaliser une libération, mais a averti qu'il était peu probable que les autorités iraniennes respectent un calendrier strict, rapporte Ratcliffe. 

Il ajoute que si Zaghari-Ratcliffe n'est pas libérée dimanche, ce sera une « étape décisive » qui marquera un échec cuisant au compteur du ministère britannique des Affaires étrangères. 

« Notre fille comptait à rebours, parce que sa mère en Iran faisait pareil, », déclare Ratcliffe. 

«Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de l’échéance, elle saisit, comme les enfants savent si bien le faire, mon incertitude. Hier soir elle m’a demandé : «Est-ce que maman rentre vraiment à la maison?» Et j’ai dû répondre «Je ne sais vraiment pas». » 

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères souligne qu'il est « en contact étroit» avec Zaghari-Ratcliffe et qu'il «continuera à apporter son soutien». 

Un communiqué indique : « Nous n'acceptons pas que l'Iran détienne des ressortissants britanniques  ayant une double nationalité comme levier diplomatique. Le régime doit mettre fin à la détention arbitraire de tous les ressortissants britanniques binationaux. 

« Nous continuons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour obtenir la libération des ressortissants binationaux détenus arbitrairement afin qu’ils puissent être réunis avec leurs proches. »  

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


La famille royale britannique fera front commun pour célèbrer le Commonwealth

La reine, son fils le prince Charles et son épouse Camilla, son petit-fils le prince William et sa femme Kate (Photo, AFP)
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  • Les principaux membres officiels de la famille royale apparaitront dans une émission de la BBC diffusée à partir de 17H00 GMT pour célébrer le jour du Commonwealth
  • La célébration du Commonwealth avait constitué en 2020 la dernière apparition publique du prince Harry, 36 ans, et de Meghan, 39 ans

LONDRES: Les membres de la famille royale britannique offriront dimanche un front uni lors des célébrations annuelles du Commonwealth, quelques heures seulement avant que le prince Harry et son épouse Meghan ne se confient dans une très attendue interview à la télévision américaine sur les raisons de leur retrait.  

La reine, son fils le prince Charles et son épouse Camilla, son petit-fils le prince William et sa femme Kate: tous les principaux membres officiels de la famille royale apparaitront dans une émission de la BBC diffusée à partir de 17H00 GMT pour célébrer le jour du Commonwealth.   

On pourra y voir le prince Charles, héritier de la couronne, rendre hommage depuis l'abbaye de Westminster à la  »détermination, au courage et à la créativité extraordinaires » des peuples du Commonwealth pendant la crise de coronavirus, et dénoncer les « menaces existentielles » que constituent la pandémie et le changement climatique ».  

« Au milieu de ces souffrances déchirantes, cependant, la détermination, le courage et la créativité extraordinaires avec lesquels les gens ont réagi ont été une inspiration pour nous tous », ajoutera-t-il.  

Le prince William, deuxième dans l'ordre de succession à la couronne britannique, et son épouse Kate salueront aussi au cours de l'émission le « travail incroyable » du personnel de santé « au Royaume-Uni et partout dans le monde » pendant l'année qui vient de s'écouler.  

La célébration du Commonwealth - association de 54 pays héritée de l'empire colonial britannique - avait constitué en 2020 la dernière apparition publique du prince Harry, 36 ans, et de Meghan, 39 ans, en tant que membres officiels de la famille royale, avant qu'ils ne s'en mettent effectivement en retrait en avril.   

C'est en rangs serrés que la famille royale aborde cette année les célébrations, face à la potentielle crise que suscitera quelques heures plus tard la diffusion de l'interview-confession accordée par les « Sussex » à la télévision américaine, près d'un an après leur retrait de la monarchie.   

Le ton a été donné par un extrait diffusé par la chaîne CBS: on voit la duchesse de Sussex accuser le palais de Buckingham de « colporter des mensonges » sur la décision du couple de s'éloigner et s'installer en Californie.  

L'interview « causera presque certainement l'embarras de la famille royale », a prédit l'expert de la royauté britannique Richard Fitzwilliams.