Le «bien-être», un facteur désormais clé dans les choix politiques

Bien avant la Covid-19, des économistes appelaient déjà à prendre en compte de nouveaux indicateurs pour mesurer la qualité de vie et le bien-être des habitants (Photo, AFP).
Bien avant la Covid-19, des économistes appelaient déjà à prendre en compte de nouveaux indicateurs pour mesurer la qualité de vie et le bien-être des habitants (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 23 février 2021

Le «bien-être», un facteur désormais clé dans les choix politiques

  • Le ministre de la Santé Olivier Véran évoque «mal être, ras-le-bol, stress, anxiété, déprime» et une «santé mentale des Français significativement dégradée»
  • «Jusque-là, le gouvernement était dans un dilemme entre santé et économie. Maintenant on s'est rendu compte qu’il y a une troisième dimension qui influe sur les deux: la santé mentale et le bien-être»

PARIS: Économie versus santé: le dilemme du gouvernement face à la pandémie s'est enrichi récemment d'un troisième terme, celui du bien-être des Français, une notion appelée à jouer un rôle durable dans la définition des politiques publiques, explique l'économiste Claudia Senik, spécialiste du «bonheur».

Le ministre de la Santé Olivier Véran évoque «mal être, ras-le-bol, stress, anxiété, déprime» et une «santé mentale des Français significativement dégradée», le Premier ministre Jean Castex relève des «mesures de restriction qui se succèdent et dont l'impact est de plus en plus difficile à supporter» (Jean Castex), tandis qu'Emmanuel Macron nous en conjure: «il faut tenir».

Depuis plusieurs mois, l'exécutif semble fonder de plus en plus ses décisions sur l'appréciation du moral des Français, mesurée notamment par l'enquête CoviPrev lancée par Santé publique France dès mars 2020, souligne Claudia Senik, professeure à la Paris School of Economics.

Signe de cette attention nouvelle à la détresse psychologique dont souffrent certains Français, l'annonce mi-janvier d'un «chèque psy» que les étudiants pourront utiliser pour consulter un psychologue et suivre des soins.

«Jusque-là, le gouvernement était dans un dilemme entre santé et économie. Maintenant on s'est rendu compte qu’il y a une troisième dimension qui influe sur les deux: la santé mentale et le bien-être. C'est pour cela qu'on ne ferme pas les écoles par exemple», explique Claudia Senik, coauteur du rapport 2020 sur le «Bien-être en France» publié par le Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap).

Bien avant la Covid-19, des économistes appelaient déjà à prendre en compte de nouveaux indicateurs pour mesurer la qualité de vie et le bien-être des habitants.

En 2009, le président Nicolas Sarkozy commande au prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz un rapport pour améliorer la mesure de la performance économique et du progrès social, qui reste cependant dans les cartons. En 2018, l'OCDE publie un rapport intitulé «Au-delà du PIB», appelant à forger de nouveaux indicateurs pour mesurer «les performances économiques et sociales».

Après la crise des «gilets jaunes«, le sujet revient sur la table. «Il est urgent que les politiques publiques territoriales changent d'objectif pour viser plus le bien-être et la qualité de vie» des citoyens, affirment, dans une étude qui leur est consacrée et publiée par le Conseil d'analyse économique (CAE), Claudia Senik et Yann Algan.

Dans d’autres pays, cette notion de «bien-être» fait partie de la panoplie des indicateurs économiques. Ainsi, l'Office national des statistiques britannique (ONS) réalise depuis 2012 des enquêtes. Les degrés de bonheur, de sentiment d'accomplissement et d'anxiété des Britanniques y sont évalués une fois par an.

Claudia Senik note que cela «se répand dans plein de pays. Le bien-être va devenir un indicateur de réussite des politiques publiques, au-delà des indicateurs classiques comme le retour à l'emploi. Il est plus intéressant que des mesures agrégées comme le bonheur intérieur brut».  


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.