Darmanin rend hommage aux combattants musulmans morts pour la France

Ce Mémorial aux combattants musulmans, un édifice de 100 m2, construit non loin de la Chapelle catholique et du Mémorial juif, avait été inauguré le 25 juin 2006 par le président Jacques Chirac. (Photo AFP).
Ce Mémorial aux combattants musulmans, un édifice de 100 m2, construit non loin de la Chapelle catholique et du Mémorial juif, avait été inauguré le 25 juin 2006 par le président Jacques Chirac. (Photo AFP).
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Publié le Jeudi 03 décembre 2020

Darmanin rend hommage aux combattants musulmans morts pour la France

  • « Ils sont notre histoire. La France, la patrie, leur doit une dette éternelle »
  • « Ils ont consenti au sacrifice ultime pour que vivent nos valeurs. Aujourd’hui encore, ce sacrifice nous engage tous »

PARIS : Gérald Darmanin, ministre français de l’Intérieur et des Cultes, accompagné de Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, et Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), ont rendu hommage aux combattants musulmans morts durant la Première Guerre mondiale lors d‘une visite officielle.

Lors d’une cérémonie solennelle, organisée le 29 juillet dernier, à Douaumont (Meuse), au mémorial des combattants musulmans morts lors de la bataille de Verdun, les représentants de l’État français et du Culte musulman en France ont souhaité honorer la mémoire des 70 000 combattants musulmans qui ont perdu la vie entre 1914 et 1918. « Ils sont des modèles de dévouement et de courage. Ils ont consenti au sacrifice ultime pour que vivent nos valeurs. Aujourd’hui encore, ce sacrifice nous engage tous », a déclaré Gérald Darmanin lors de son discours.

Cet hommage, rendu en dehors du calendrier des commémorations, a été salué par de nombreux citoyens français de confession musulmane. « De nombreux soldats venus du Maghreb et des autres colonies françaises en Afrique ont été emmenés au front durant les deux guerres mondiales. Leur rendre hommage aujourd’hui est un moyen d’honorer leur mémoire, et de saluer leur bravoure », explique Karima une Franco-Algérienne dont l’oncle a fait partie des troupes françaises durant la Seconde Guerre mondiale.

Il faut dire que la question mémorielle est importante pour de nombreux Français musulmans originaires des anciennes colonies françaises. « Depuis quelques années, on parle de l’histoire, mais on hésite à évoquer les blessures, les sacrifices et les injustices. Ils sont nombreux, ceux, qui ont été déçus par la non-reconnaissance par la Nation de leurs engagements pour la France », explique Mouloud, un militant associatif franco-marocain dont le grand père était au front au cours de la Seconde Guerre mondiale.  

De son côté, Mohammed Massaoui, le président du Conseil français du culte musulman, a souligné lors de son intervention : « L’immense majorité des musulmans de France veulent pratiquer leur religion en paix et dans l’indifférence plutôt que de susciter sans cesse le débat public. »

Le ministre de l’Intérieur et des Cultes a précisé que « la République ne préfère pas une religion à une autre et ne combat pas une religion ». Il explique que « la laïcité nous permet de vivre libres et de vivre ensemble ». Gérald Darmanin a aussi rappelé que les soldats musulmans d’Afrique du Nord et d’Afrique occidentale française (AOF) « étaient aux côtés de leurs frères d’armes au service d’une même cause ». Et il a ajouté que ces soldats, qui portaient l’uniforme avec honneur, « sont morts pour la France et nous sommes là pour honorer leur sacrifice et leur souvenir ».

Ce Mémorial aux combattants musulmans, un édifice de 100 m2, construit non loin de la Chapelle catholique et du Mémorial juif, avait été inauguré le 25 juin 2006 par le président Jacques Chirac, à l’occasion de commémoration du 90e anniversaire de la bataille de Verdun, pour rendre hommage et honorer la mémoire des milliers de soldats musulmans morts pour la France. À l’ossuaire de Douaumont reposent 592 soldats algériens, marocains et tunisiens dont les tombes sont ornées de croissants, de roses rouges et sont orientées vers La Mecque.  

« Ils venaient souvent du soleil, celui de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc, mais aussi du Sénégal ou du Mali, en fait des quatre coins du monde, et ils sont morts ici, à Verdun, souvent dans le froid et dans la peur », a affirmé Gérald Darmanin lors de cette cérémonie d’hommage. Et d’ajouter : « Les combattants musulmans ont fait notre histoire, ils sont notre histoire. La France, la patrie, leur doit une dette éternelle, celle du sang versé et du sacrifice consenti ».

Le ministre de l’Intérieur, dont le grand-père, Moussa Ouakid, fut tirailleur algérien durant la Seconde Guerre mondiale, n’a pas manqué de rappeler que « ces combattants sont des héros et des repères pour tous les Français ». Le ministre a adressé un message particulier à la jeunesse qui doute, en lui rappelant que « ce sont des repères pour tous les Français qui pourraient croire qu’ils n’ont pas leur place dans la République ».

Lors de son intervention sur une chaîne de télévision française, Abdallah Zekri, délégué général du CFCM et président de l’Observatoire national de lutte contre l’islamophobie, considère, quant à lui, que le discours du ministre de l’Intérieur était « non polémique », car il a été question de « la contribution des musulmans morts pour la France ».

 « La France ne s’est pas libérée d’elle-même, la moitié des morts de la guerre 39/45 n’étaient pas des citoyens français, mais des sujets français. Durant la Première Guerre mondiale, 31 régiments représentant plusieurs divisions constituées par des tirailleurs se sont illustrés sur les champs de bataille de la Marne », explique Abdellah Zekri lors son intervention. Et il rappelle que 170 000 Algériens, 62 400 Tunisiens et 37 000 Marocains étaient présents sur le Chemin des Dames (Verdun).

« Je voudrais rappeler aux descendants de ces combattants, à tous les musulmans de notre pays et à vous tous, que ces hommes sont des héros, des repères pour tous les Français », a affirmé le ministre de l’Intérieur. Pour toutes les femmes et les hommes politiques qui surfent parfois sur le rejet de l'altérité en niant l’histoire de France ; il était important Monsieur le président [du Conseil français du culte musulman, NDLR] que ce soit par le récit national que nous commencions nos rencontres. »

Geneviève Darrieussecq a souligné que la Grande Guerre a scellé des destins. « En 2020, l'armée est comme il y a cent ans : Français, militaires et chrétiens, juifs ou musulmans portent fièrement leur uniforme », a-t-elle ajouté.

 


Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
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  • "Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations"
  • Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser"

PARIS: La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative.

"Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations", a-t-elle déclaré.

Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués".

"Nous sommes en train d'y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche", a affirmé Marine Tondelier.

Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu'une initiative pourrait être prise "peut être même dès ce dimanche à la place de la République" à Paris. C'est "une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d'une quelconque manière", avait-il précisé lors d'une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, l'empêchant de se présenter à la présidentielle, qu'il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris.

Le président du parti d'extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu'il ne s'agirait pas d'un "coup de force".

"Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu'on leur donne à voir, c'est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen", a expliqué Marine Tondelier.

"Quelqu'un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d'euros et qui, alors qu'elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c'est très compliqué", s'est-elle agacée.

Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir.

 


La manifestation de soutien à Le Pen «n'est pas un coup de force», dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »