Palmyre, l'ancienne ville détruite par Daech, renaît virtuellement

Section ouest de la rue des Colonnades, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)
Section ouest de la rue des Colonnades, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)
Short Url
Publié le Vendredi 14 mai 2021

Palmyre, l'ancienne ville détruite par Daech, renaît virtuellement

  • En plus du temple de Bel et du Tetrapylon, du temple de Baal Shamin, de l'arc de triomphe, et des colonnes de la Vallée des Tombeaux, plusieurs tombes caractéristiques de la tour ont été partiellement ou complètement détruites
  • L'exposition qui doit durer trois ans comprend de nouveaux éléments, vus d'un prisme non occidental

DUBAÏ: Le 18 août 2015, Khaled Al-As’ad, ancien directeur des antiquités et des musées de Palmyre en Syrie, a été assassiné par Daech pour avoir tenté de protéger le patrimoine culturel de la ville antique. Âgé de 83 ans, il avait consacré sa vie à la préservation de l’un des sites archéologiques les plus importants au monde.

Décapité publiquement pour avoir refusé de révéler l'emplacement des vestiges qu'il avait aidé à cacher, son exécution a choqué et horrifié le monde. Après la mort de Khaled al-As'ad, Daech a entrepris de détruire de nombreux monuments des ruines de Palmyre, dont le temple de Bel et le Tetrapylon. Des dommages irréparables ont été causés à un chef-d'œuvre du génie humain et à l'un des centres culturels les plus importants du monde antique.

«Pour mon père, Palmyre était le centre du monde et la porte d’entrée de la civilisation syrienne», confie Waleed Khaled al-As’ad, fils de l’archéologue et directeur émérite des antiquités et des musées de Palmyre. «Il croyait fermement à l’importance de préserver son héritage. Il a fait de son mieux pour elle, et a travaillé pendant plus de cinquante ans dans les fouilles ainsi que dans la restauration de ses monuments, car il a toujours estimé qu'un être humain sans passé est un être humain sans présent ni avenir.»

Waleed Khaled al-As’ad est le fils de l’archéologue, et directeur émérite des antiquités et des musées de Palmyre. (Photo Fournie)
Waleed Khaled al-As’ad est le fils de l’archéologue, et directeur émérite des antiquités et des musées de Palmyre. (Photo Fournie)

Les dommages de Palmyre, située à environ 218 kilomètres au nord-est de Damas, sont considérables. En plus du temple de Bel et du Tetrapylon, du temple de Baal Shamin, de l'arc de triomphe, et des colonnes de la Vallée des Tombeaux, plusieurs tombes caractéristiques de la tour ont été partiellement ou complètement détruites, bien qu'une grande partie du site antique conserve encore son intégrité et son authenticité, selon l'UNESCO.

«Mon père disait: « Palmyre est ma destinée. Je veux rester ici, vivre parmi ces ruines où je suis né et où je mourrai. Mon amour et mon attachement pour cette ville sont sans pareils. J'ai visité plusieurs villes de l'Est et de l'Ouest, et si je devais choisir ma préférée, ce serait Palmyre. J'ai vécu sur sa terre et bu de son eau, et quels que soient les efforts et la contribution que j'y apporte, ils ne seront jamais suffisants, car elle mérite ce qu'il y a de mieux».

Vue imaginaire du Tetrapylon avec l’agora en arrière-plan, artiste anonyme d'après Louis-François Cassas, ca. 1799. Gravure sur plaque. 17,3 x 27,9 pouces (44 x 71 cm). (Getty Research Institute, 84001)
Vue imaginaire du Tetrapylon avec l’agora en arrière-plan, artiste anonyme d'après Louis-François Cassas, ca. 1799. Gravure sur plaque. 17,3 x 27,9 pouces (44 x 71 cm). (Getty Research Institute, 84001)

«Il a choisi de mourir comme un palmier, debout et profondément enraciné dans la terre où il est né, a vécu, a été tué et crucifié pour la sauvegarder. Ce chevalier savait qu'il écrirait le dernier chapitre de sa vie s'il insistait pour rester, mais il avait décidé de ne pas quitter le champ de bataille. Il pensait que s'il partait, personne d'autre n’y resterait».

Un long entretien entre Al-As'ad et l'historien spécialiste de l'art et de l'archéologie Ridha Moumni est au cœur de la première exposition arabe virtuelle de Getty, «Return to Palmyra», (Retour à Palmyre) qui a été lancée le 3 février et comprend de rares gravures du XVIIIe siècle de Louis-François Cassas. Nouvelle présentation de «The Legacy of Ancient Palmyra» (L’Héritage de l’Ancienne Palmyre) de Getty, qui a été lancée en 2017, l'exposition comprend une technologie mise à jour, de nouveaux textes, une traduction arabe classique et des photographies du XIXe siècle de Louis Vignes.

Frances Terpak est commissaire et responsable des photographies au Getty Research Institute et commissaire de l’exposition. (Photo Fournie)
Frances Terpak est commissaire et responsable des photographies au Getty Research Institute et commissaire de l’exposition. (Photo Fournie)

«L’exposition vise à sensibiliser davantage à l’importance de la ville dans le monde antique et à sa longue histoire en tant que centre commercial multiculturel animé», précise Frances Terpak, conservatrice et responsable des photographies au Getty Research Institute et commissaire de l’exposition. «En rappelant au public pourquoi Palmyre est importante, l’exposition partage également un message d’espoir qu’un jour la ville sera reconstruite - marquant ainsi un «retour» à Palmyre.»

L'exposition qui doit durr trois ans comprend de nouveaux éléments, vus d'un prisme non occidental, ainsi que l’histoire des lieux détaillée écrite par Joan Aruz, conservatrice émérite de l'Ancient Near Eastern Art (Art Antique du Proche-Orient) au Metropolitan Museum of Art.

Ce sont les souvenirs d'Al-As'ad cependant qui résonneront sans doute le plus, en particulier l’expérience de grandir parmi les ruines guidé par son père, ses visites au musée quand il était enfant, ainsi que son propre parcours vers l'administration du site antique.

Temple de Bel, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)
Temple de Bel, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)

«La plupart du temps, mon père m'emmenait avec lui – lorsque j’étais enfant ou adolescent - pour des missions de fouilles et de restauration, à Palmyre et ailleurs», se souvient Al-As’ad. «Il m'a aussi permis de passer du temps avec lui et d'autres archéologues syriens et étrangers pendant les nuits de clair de lune, à la maison d'hôtes du Temple de Bel, qui est un lieu majestueux et sacré. Ce sont certainement des souvenirs inoubliables».

Al-As’ad se souvient d’un homme aimable, généreux et compétent avec des opinions religieuses modérées. Son père était modeste, respecté et accueillant, et avait consacré sa vie à Palmyre et à la préservation du patrimoine humain. Il a encouragé son fils à apprendre et à lire, à suivre l'actualité des différentes missions et découvertes, et à étudier le génie «parce que Palmyre a davantage besoin d'ingénieurs que d'archéologues.» Al-As’ad a succédé à son père en 2003 en tant que directeur des antiquités et des musées, restant à Palmyre jusqu'à ce que la ville tombe aux mains de Daech en 2015.

«Mon père a choisi d’être comme les sculptures de Palmyre - un homme qui regarde vers l’avenir, même au moment de la mort», explique Al-As’ad, qui a réussi à s’échapper de la ville juste avant qu’elle ne soit envahie. «Il a été fidèle à ses principes jusqu'au dernier moment de sa vie. Oui, il est parti, mais ce qui nous réconforte, c'est que la barbarie de Daech a fait de lui la figure la plus populaire de l'histoire de Palmyre après Zénobie et Athéna.

Temple de Bel, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)
Temple de Bel, Louis Vignes, 1864. Tirage albuminé. 8,8 x 11,4 pouces (22,5 x 29 cm). (Getty Research Institute, 2015.R.15)

Al-As’ad n’est pas encore revenu Palmyre. Quand il le fera enfin, lui et sa famille récupéreront le corps de son père et «l'enterreront dans une tombe spéciale digne de son grand sacrifice». Ils tenterons alors de fonder un musée dans la maison où il a vécu, et contribuer ainsi à la reconstruction de la ville. «De cette manière, nous pourrions suivre ses traces et continuer à préserver la ville qu’il a défendue jusqu’à son dernier souffle», affirme Al-As’ad.

L’un des objectifs de l’exposition Getty, qui comprend des photographies en couleurs et plusieurs tirages en noir et blanc de l’art conceptuel de la photographe allemande Ursula Schulz-Dornburg, est de mettre en lumière l’état fragile du site et d’attirer sur lui l’attention du monde.

«Je suis envahi par un désir constant de retourner à Palmyre, même si j’ai peur d’y revenir et de voir de mes propres yeux la barbarie sans précédent et sans raison qui s’est abattue sur elle», confie Al-As’ad. «Mais je dois y retourner pour achever le périple de mon défunt père et accomplir mon devoir envers la ville en l'honneur de sa mémoire. De même qu’à cause de ma conviction de la nécessité de faire revivre ce site du patrimoine mondial.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com

 


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Short Url
  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Semaine de l'Art à Riyad : « Une constellation d'événements » qui redéfinit les frontières de l'art

La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
Short Url
  • Cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.
  • La princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah a expliqué que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres.

RIYAD : La première édition de la Semaine de l'Art à Riyad débute le 6 avril dans la capitale du Royaume. Initiative non commerciale, cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.

Dans un communiqué, la princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah, responsable de la Semaine de l'Art à Riyad, a expliqué les inspirations et les objectifs de l'événement: "La Semaine de l'Art de Riyad est née de la conviction que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres. Riyad est depuis longtemps une ville en pleine croissance et, grâce à cette plateforme, nous espérons contribuer à son avenir culturel - un avenir ouvert, dynamique et profondément enraciné dans le patrimoine et l'innovation".

La conservatrice Vittoria Mataresse est à la tête d'une équipe comprenant les conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à cet événement.

La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)
La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)

"Il était très important pour nous d'être ludique et de ne pas avoir le type de structure ou de format rigide que nous avons l'habitude de voir. La Semaine de l'Art de Riyad se situe entre une exposition et une foire d'art. Il s'agit en fait d'une constellation d'événements", explique M. Matarrese à Arab News. "Contrairement aux grands événements artistiques qui imposent souvent des thèmes universels et s'appuient sur des artistes mondialement établis, nous voulions travailler dans le cadre d'un écosystème artistique régional, en embrassant les textures, les urgences et les sensibilités de la péninsule arabique. Nous essayons de retracer quelque chose de très spécifique et, de cette manière, nous proposons un écart critique (par rapport au format normal)".

Le thème de l'édition inaugurale de cet événement est « At the Edge ». Il réunit plus de 45 galeries provenant du Royaume-Uni, du monde arabe et d’autres régions du globe. Trois sous-thèmes principaux sont explorés : « Vie quotidienne », « Paysages » et « Motifs ».

Le quartier de JAX de Diriyah accueillera trois expositions majeures offrant un aperçu de l'identité culturelle de l'Arabie saoudite. Un certain nombre d'artistes saoudiens établis dont les studios sont basés à JAX ouvriront également leurs portes au public. Au centre de Riyad, plus de 15 galeries hébergées dans le centre Al-Mousa présenteront également des expositions, et un programme plus large à travers la ville proposera plusieurs conférences et collaborations.  

« La Semaine de l'Art de Riyad est vraiment différente », explique Gandit-Lelandais, qui travaille dans la région depuis plus de vingt ans et se concentre sur l'art arabe contemporain, dans une interview accordée à Arab News. « Le marché et l'écosystème sont uniques ici. Je pense qu'il est important d'arrêter d'appliquer les formats européens et américains dans d'autres contextes, car ils n'ont pas nécessairement besoin de s'adapter. Le format lui-même peut être réinventé pour mieux correspondre à l'identité locale ».

L'équipe a conçu l'événement comme "un parapluie sous lequel tout le monde peut se rassembler", explique Gandit-Lelandais. "Il s'adresse au public, aux amateurs d'art et aux collectionneurs".

"Avec la croissance rapide de Riyad, le type de dialogue que nous avons établi est très important pour attirer les gens ici, mais pas avec un regard occidental sur la façon dont l'art devrait être", ajoute-t-elle.

« Je suis très enthousiaste à l'idée de relier nos artistes locaux et notre scène locale (au reste du monde). Je pense qu'une fondation éducative est très excitante et très nécessaire à l'heure actuelle pour les artistes, les praticiens de l'art, les jeunes collectionneurs et tous ceux qui en font partie. Nous voulions permettre à ces générations d'artistes d'Arabie saoudite de se raconter, au-delà du cadre habituel », a expliqué Mme Harasani, seule Saoudienne de l'équipe de commissaires, à Arab News.

Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)
Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)

Bien qu'aucun des commissaires ne vive à Riyad, ils offrent tous un regard nuancé et sensible sur la capitale.

“J'ai tellement travaillé à Riyad que je m'y sens chez moi”, explique Mme Harasani. « Riyad est culturellement différente de Djeddah, ma ville d'origine, et il a été fascinant de découvrir la scène artistique locale. Je pensais que cela ressemblerait à la scène de la région du Hedjaz, mais c'est totalement autre chose. J'ai énormément appris en réalisant qu'étant tous originaires d'Arabie saoudite, il existe une multitude de façons de travailler, de créer et de communiquer ». 

Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)
Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)

L'expansion rapide de Riyad, tant sur le plan physique que culturel, au cours de la dernière décennie, contribue à la richesse et à la diversité présentées à la Semaine de l’Art, affirment les commissaires.

"C'est là toute la beauté du Moyen-Orient : dix ans ici équivalent à cent ans ailleurs", explique Mme Matarrese. "Je pense que ce qui est vraiment astucieux dans ce que fait l'Arabie saoudite en ce moment, c'est qu'elle a appris des erreurs commises par d'autres et qu'elle cherche activement à mieux gérer la situation."

"Il y a une chose qui est importante dans l'ADN de ce que nous faisons", poursuit-elle. "Nos visiteurs ne sauront pas à quoi s'attendre. Nous avons vraiment repoussé les limites de ce qui pourrait être montré ; nous essayons de déconstruire les modèles d'exposition conventionnels, d'expérimenter quelque chose d'autre et de réarticuler le dialogue entre les différentes parties du monde de l'art".

Pour Mme Harasani, cet événement constitue un nouveau jalon dans les progrès artistiques accomplis par le Royaume au cours de ces dernières années. 

« Cela n'existait pas quand j'étais enfant », confie-t-elle. « Le fait que nous puissions aujourd'hui voir nos rêves se réaliser, et assister à des projets d'envergure comme la Semaine de l'Art de Riyad, me fait me sentir extrêmement chanceuse et privilégiée d'en faire partie ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Alia Kong utilise le métavers pour tisser des liens entre des étudiants chinois et saoudiens

Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Short Url
  • Le projet Superbund Alpha permet aux étudiants de créer des avatars virtuels et d'enseigner leur culture aux autres.
  • La jeune fondatrice a pour objectif d'organiser un voyage d'études en Arabie saoudite pour ses camarades.


RIYAD: A tout juste 13 ans, l'étudiante chinoise Alia Kong est à l'origine d'une initiative qui utilise le pouvoir de la technologie pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de Hong Kong.

Le projet Superbund Alpha, qui vise à créer un espace ouvert permettant aux étudiants internationaux d'entrer en contact les uns avec les autres, permet aux utilisateurs de créer des avatars virtuels dans le métavers.

Les étudiants des deux pays pourront créer un espace personnalisé et promouvoir leur culture dans le cadre d'un atelier virtuel. La jeune visionnaire espère que cela contribuera à tisser des liens solides entre eux. 

« J'aimerais créer ce lien entre Riyad et Hong Kong », a déclaré M. Kong à Arab News. « Imaginez que vous puissiez créer votre propre patrimoine culturel et l'améliorer grâce à l'informatique spatiale, avec seulement des messages et des images.

En outre, dans le cadre de ce projet, elle a mis en place une expérience immersive pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de classe.

L'histoire de Mme Kong a commencé il y a cinq ans, lorsque, à l'âge de huit ans, elle a décidé, avec 25 amis, de créer une organisation à but non lucratif appelée Kids Power Society. L'objectif du groupe était d'éduquer les élèves aux différentes cultures, d'améliorer le bien-être mental et de promouvoir la positivité.

L'adolescente prévoit maintenant d'organiser la journée Superbund Event Day, qui se tiendra simultanément à Hong Kong et en Arabie saoudite, en réalité virtuelle et dans la réalité. 

Mme Kong a souligné l'importance d'adopter les technologies émergentes, affirmant que la génération Alpha pouvait envisager le mode de vie qu'elle souhaitait grâce au métavers.

Son admiration pour l'Arabie saoudite lui vient des histoires que lui a racontées son parrain, Alaudeen Alaskary, ancien consul général d'Arabie saoudite à Hong Kong. Il est aujourd'hui conseiller honoraire du programme d'échange virtuel Superbund.

Mme Kong, qui a déjà visité le Royaume, a déclaré qu'elle prévoyait d'organiser un voyage d'étudiants destiné à enseigner à ses pairs l'histoire culturelle de l'Arabie saoudite.

« Il (Alaskary) m'a fait découvrir la culture et le mode de vie des Saoudiens. J'adore assister à ses réunions et à ses fêtes du samedi. (Ils sont) très chaleureux, aimants et nous apprécions tous la compagnie des autres », a-t-elle déclaré.

En juillet 2024, le groupe organisera un événement virtuel, Superbund Virtual Society, qui devrait rassembler plus de 100 participants venus de Hong Kong, de Chine continentale, du Canada et d'Arabie saoudite.

« Ce nouvel écosystème basé sur la technologie blockchain nous permettra d'enregistrer nos actifs numériques avec nos identités d'avatars... Les choses peuvent être créées dans le virtuel et avoir un impact sur la réalité », a déclaré M. Kong.

« J'ai un concept où l'ancienne génération crée le matériel technologique, ou le matériel dont nous avons besoin pour accéder au logiciel qui pourrait être créé par les jeunes générations, et avec le contenu, le logiciel et le matériel finalisés, nous pouvons nous réunir et combler ce fossé entre les générations. »

Au cours des cinq dernières années, Kids Power Society a publié quatre livres de science-fiction, avec la contribution de 125 enfants du monde entier. Les bénéfices ont été reversés à l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique à Vancouver et à l'association Sowers Action de Hong Kong.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com