Covid-19: zoom sur ces nouveaux variants qui changent toute la donne

Des matériaux de test COVID 19 en pleine pandémie. (AFP)
Des matériaux de test COVID 19 en pleine pandémie. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 26 janvier 2021

Covid-19: zoom sur ces nouveaux variants qui changent toute la donne

  • Depuis le début de cette pandémie, 12 000 mutations ont été observées. La plupart d’entre elles n’ont pas eu de réel impact sur la Sars-CoV-2
  • Pourtant, les mutations Brésiliennes et Sud-Africains contourneraient la protection immunitaire

MARSEILLE: Alors que le monde entier se lance dans une course effrénée aux vaccins, la flambée de cas dus à la circulation des nouveaux variants interpelle la communauté scientifique. Ce phénomène remet en question les vaccins d’ores et déjà administrés, qui s’élèvent à plus de 63,5 millions de doses dans 68 pays ou territoires.

Mutation des virus: un phénomène naturel

À l’instar de tous les organismes vivants, les virus sont dotés d’un matériel génétique susceptible de changer à l’issue de leurs nombreuses réplications.

En se transmettant d’un hôte à l’autre, un virus peut se combiner à d’autres virus en circulation (recombinaisons), ou modifier certaines de ses composantes génétiques. Ces changements successifs lui permettent de mieux s’adapter à l’environnement.

«Plus un virus infecte d’individus, plus la possibilité de mutation est grande. D’autant plus que la probabilité augmente chez une personne dont le système immunitaire est chroniquement affaibli», indique le Dr Harrison, du Centre de séquençage COG-UK.

Depuis le début de cette pandémie, 12 000 mutations ont été observées. La plupart d’entre elles n’ont pas eu de réel impact sur le Sars-CoV-2. Néanmoins, les trois nouveaux variants pourraient changer la donne, puisqu’ils sont significativement plus contagieux et résistants.

Afrique du Sud. (AFP)
Centre de soins en Afrique du Sud. (AFP)

Le doute sur l’efficacité des vaccins

Les tests en laboratoire portent à croire que les vaccins seraient efficaces contre le variant anglais. Les deux autres variants sembleraient être quant à eux plus coriaces. Selon une étude préliminaire, les mutations brésiliennes et sud-africaines contourneraient la protection immunitaire.

Les habitants de Manaus enterrent leurs morts. (AFP)
Les habitants de Manaus enterrent leurs morts. (AFP)

La particularité de ces mutations repose sur la protéine Spike (protéine S). Cette protéine de surface permet au Sars-CoV-2 de s’accrocher aux cellules cibles pour y pénétrer. Or, cette mutation diminuerait la reconnaissance du virus par les anticorps, ce qui freine sa neutralisation par le système immunitaire.

Ainsi, les individus ayant déjà contracté le virus et qui ont un taux suffisant d’anticorps dans le sang, aussi bien les personnes vaccinées, ne seraient plus à l’abri du coronavirus.

Dans les faits, la majorité des vaccins en circulation se basent sur cette protéine S.

La société Moderna, qui utilise la technologie de l’ARN messager (même méthodologie que Pfizer) assure que son vaccin reste efficace face aux variants britannique et sud-africain.

Cependant, les niveaux d’anticorps contre le B.1.351 (sud-africain) sont divisés par six. Même si ces niveaux d’anticorps restent au-dessus de ce qui est attendu pour procurer une protection, la société de biotechnologies américaine va mettre à l’essai un nouveau vaccin candidat. Des tests en laboratoire sont par ailleurs réalisés afin de tester l’impact de l’injection d’une troisième dose du vaccin déjà sur le marché.

«La mutation actuelle du virus du Covid-19 n’a pas rendu le vaccin inefficace», a affirmé le président de la filiale China National Biotec Group, Yang Xiaoming.

Selon ses dires, les vaccins usant des particules inactivées du virus pourraient fonctionner contre les nouvelles mutations du coronavirus, puisqu’ils « offrent une protection contre toutes zones du virus, et non pas uniquement sur la protéine S (Spike) ». Nonobstant, ces postulats sont à prendre avec des pincettes, puisque les procédures de Sinopharm sont pointées du doigt pour opacité et asymétrie de l’information, et que ce vaccin est initialement moins efficace que certains de ses concurrents (73% contre 94% en moyenne).

La question des séquençages

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) – basé à Stockholm – ont appelé leurs membres à renforcer leurs capacités de séquençage du génome du coronavirus, afin d’améliorer l’identification de nouveaux variants. Depuis le début de la pandémie, des milliers de séquences ont été téléchargées sur des bases de données publiques. Cela a permis de suivre en temps réel les mutations, et de s’en prémunir.

«C’est la première fois que nous voyons comment un agent pathogène évolue à cette échelle», souligne Ewan Harrison, directeur de la stratégie et de la transformation au COG-UK et membre du Wellcome Sanger Institute, où la majeure partie du séquençage est effectuée. «Nous apprenons que ces mutations s’accumulent bien plus vite que nous ne le pensions.»

Centre de vaccination en Angleterre. (AFP)
Centre de vaccination en Angleterre. (AFP)

 

Le séquençage: une révolution scientifique

L’OMS qualifie ces séquençages faits à l’échelle internationale de «révolution» scientifique. Cette investigation génomique des virus permettra de mieux comprendre plusieurs maladies, comme Ebola ou la grippe saisonnière.

En 2002, date à laquelle le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a commencé, seules 31 variantes du génome étaient partagées publiquement. En 2021, en l’espace de six mois, 60 000 ont été publiées. Pourtant, aujourd’hui, peu de pays sont à même d’effectuer ce processus long et coûteux.

 

Livraisons de vaccins ralenties

Les pays les plus fragiles, dont certains pays du Moyen-Orient – comme le Liban, touché de plein fouet par le virus – devraient recevoir leurs premières doses de vaccin au début du mois de février.

 

Covax: quèsaco?

Covax est un mécanisme fondé par l’OMS dont l’objectif est de procurer suffisamment de doses afin de vacciner 20 % de la population d’ici à la fin de l’année.

Au total, le financement est assuré pour les 92 pays les plus pauvres du monde.

Pourtant, même dans les pays ou la vaccination est de mise, la livraison des précieux flacons est retardée. À la suite d’une «baisse de rendement» sur le site de fabrication, les 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford réservées par la Commission européenne ne pourront pas être livrées comme prévu.

Vaccin AstraZeneca. (AFP)
En France, 140 000 doses de ce vaccin font défaut, le rythme des vaccinations est divisé par 3 en Italie, 40 000 doses manquent en Belgique et 10 % de vaccins en moins ont été livrés au Danemark. (AFP).

«AstraZeneca a confirmé aujourd’hui lors de la réunion du comité directeur avec les États membres qu’il y aurait un changement dans son calendrier de livraison», a pour sa part indiqué à l’AFP Stefan De Keersmaecker, porte-parole de la Commission européenne chargé de la santé. «Nous nous efforçons d’en savoir plus», a-t-il ajouté.

Les laboratoires Pfizer, font eux aussi face à des retards de livraison. En France, 140 000 doses de ce vaccin font défaut, le rythme des vaccinations est divisé par 3 en Italie, 40 000 doses manquent en Belgique et 10 % de vaccins en moins ont été livrés au Danemark.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, réclame donc que les entreprises pharmaceutiques fassent preuve de plus de «transparence» sur les causes de ces retards.

Espacement des doses du vaccin

Dans ce contexte de limitation des doses de vaccin, mais aussi pour «pouvoir protéger plus de personnes à court terme», la Haute Autorité de santé préconise un espacement de «six semaines entre l’injection des deux doses de vaccins, au lieu de trois à quatre semaines actuellement». Face à la pénurie des doses, et à l’urgence sanitaire, l’OMS approuve cette décision.

«Après une seule dose, on n’a pas atteint un niveau de protection suffisant pour ne pas être infecté, et si on espace trop les doses, il se peut qu’on n’atteigne jamais un niveau suffisant d’anticorps pour être protégé», a affirmé l’infectiologue Karine Lacombe au Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro.

En effet, selon un bilan publié par le British Medical Journal (BMJ), la campagne de vaccination en Israël laisse penser que la protection apportée par la première dose est inférieure à ce qu’avaient montré les essais cliniques (36 % de différence entre la théorie et la pratique).

 

Les différents vaccins et leurs caractéristiques 

AstraZeneca/Oxford

  • Facile à stocker et transporter
  • Peu coûteux
  • Méthode du vecteur viral
  • 70% d’efficacité prouvée
  • Ne semble pas efficace pour les nouveaux variants.
  • Peu d’effets secondaires.
  • Distribution : Royaume-Uni, Inde, Canada, Etats-Unis, Union-Européenne, Corée du Sud, Japon, Chili, Suisse, Pérou, Israël, Hong Kong, Australie, Nouvelle Zélande, Egypte, Thaïlande, Indonésie, Bangladesh, Equateur

Pfizer BioNTech

  • Transport et stockage contraignant : doit être gardé entre -80°C et -70°C-
  • Couteux
  • Technique de l’ARN messager
  • Efficace à plus de 95% avec deux doses
  • Semble plus ou moins efficace pour les nouveaux variants
  • Effets secondaires légers à modérés, déconseillé pour les personnes allergiques
  • Distribution : Canada, Etats-Unis, Union-Européenne, Corée du Sud, Royaume-Unis, Japon, Chili, Suisse, Pérou, Israël, Hong Kong, Australie, Nouvelle Zélande.
Vaccin Pfizer. (AFP)
Vaccin Pfizer. (AFP)

 

Méthode de l’ARN messager (ARNm) :

Dans cette méthode, il ne s'agit pas d’injecter une partie du virus (procédé classique du vaccin), mais d'insérer un fragment du matériel génétique du virus (ARN messager) qui reproduira les protéines virales dans l’organisme. Ce qui permet au corps de se défendre avec la production d'anticorps capables de répondre à cette nouvelle présence de protéines virales. Dans le cas où ils se retrouvent en contact une nouvelle fois avec ces protéines, l'organisme saura se défendre seul.

Moderna

  • Peut se conserver pendant six mois à -20°C, et pendant 30 jours entre 2°C et 8°C
  • Très coûteux
  • Technique de l’ARN messager
  • 94,1% d’efficacité prouvée
  • Semble plus ou moins efficace pour les nouveaux variants. Nouvelle configuration à l’étude
  • Effets secondaires légers à modérés, déconseillé pour les personnes allergiques
  • Distribution : Suisse, Canada, Israël, Etats-Unis, Union Européenne, Japon, Royaume Uni, Corée du Sud.
Vaccin Moderna. (AFP)
Vaccin Moderna. (AFP)

Spoutnik V

  • Facile à stocker et transporter
  • Peu coûteux
  • Méthode du vecteur viral
  • Efficace à 92 %
  • Efficacité inconnue pour les nouveaux variants
  • Pas d'essais cliniques valides pour la phase 3
  • L'âge des individus vaccinées est plafonné à 60 ans
  • Effets secondaires légers à modérés
  • Distribution : Russie, Brésil, Kazakhtan, Ouzbékistan, Egypte, Venezuela, Argentine.

 

Vaccin Spuntik V. (AFP)
Vaccin Spuntik V. (AFP)

 

Méthode du vecteur viral

Cette méthode prend comme support un autre virus (un adénovirus de chimpanzé) transformé et adapté contre la Covid-19. Ce procédé est notamment utilisé pour le vaccin contre Ebola

Sinopharm

  • Peu coûteux
  • Méthode des virus inactivés
  • Efficace à 68-79%
  • Considéré efficace pour les nouveaux variants par les autorités sanitaires chinoises
  • Effets secondaires légers à modérés
  • Distribution : Chine, Jordanie Emirats arabes unis, Argentine,  Pérou, Egypte...
Vaccin Sinopharm. (AFP)

 

Méthode des virus inactivés

Cette méthode dite « classique », fait appel à un virus "tué" afin de déclencher une réaction immunitaire chez le sujet.

CoronaVac

  • Facile à stocker et transporter
  • Peu coûteux
  • Méthode du vaccin vivant atténué
  • Efficace à 50,3%, mais empêche 100% des formes graves Efficacité inconnue pour les nouveaux variants.
  • Effets secondaires légers à modérés
  • Distribution Chine, Indonésie, Turquie, Chili, Brésil, Hong Kong.

 

Outre les raisons sanitaires, il est important de noter que la distribution des vaccins dépend également des problématiques géopolitiques et économiques.

En plus de la remise en question de l’efficacité des vaccins en circulation, les retards bouleversent les agendas gouvernementaux. Un nouveau calendrier de production doit donc être mis en place, et des mesures plus strictes – telles qu’un confinement et/ou la fermeture des frontières – sembleraient nécessaires afin de gagner du temps, de repenser la stratégie sanitaire et d’éviter un scenario à l’anglaise partout dans le monde.


Taïwan rappelle les Etats-Unis à leur engagement sur les ventes d'armes, après la mise en garde de Trump

Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance. (AFP)
Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance. (AFP)
Short Url
  • En décembre, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars face à la menace chinoise
  • Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan

TAIPEI: Le gouvernement de Taïwan a réaffirmé samedi que l'île était une nation "indépendante", en réponse à la ferme mise en garde du président américain Donald Trump à l'issue de sa visite à Pékin, et rappelé les Etats-Unis à leur engagement en ce qui concerne les ventes d'arme à Taïwan.

La politique américaine à l'égard de Taïwan repose sur un soutien militaire robuste à l'île, sans toutefois la reconnaître à part entière ni soutenir ouvertement des velléités d'indépendance.

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire.

Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance.

"Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15.000 kilomètres pour faire la guerre", a dit le président américain sur Fox News, en demandant à Taipei et à Pékin de faire "baisser la température".

"Taïwan est une nation démocratique, souveraine et indépendante, qui n'est pas subordonnée à la République populaire de Chine", a réagi le ministère taïwanais des Affaires étrangères, estimant que la politique de Washington demeurait "inchangée".

"En ce qui concerne les ventes d'armes entre Taïwan et les Etats-Unis, il ne s'agit pas seulement d'un engagement des Etats-Unis envers la sécurité de Taïwan, clairement prévu par la loi sur les relations avec Taïwan, mais aussi d'une forme de dissuasion commune face aux menaces régionales", a insisté le ministère taïwanais, dans un communiqué.

Washington est tenu de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taiwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979, à la suite de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les Etats-Unis et à condition que l’île ne déclare pas l’indépendance.

Depuis 1982, l'un des grands principes de la stratégie américaine est de ne pas "consulter" Pékin sur ses ventes d'armes à Taïwan tout en restant flou quant à la possibilité d’intervenir militairement en cas d'attaque chinoise.

En décembre, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars face à la menace chinoise.

Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan.

S'en sont suivis des mois de bataille politique à Taïwan où le président Lai Ching-te (DPP) qui n'a pas la majorité au parlement, a proposé de voter 40 milliards de dollars pour la modernisation et le renforcement des capacités de défense de l'île.

Il s'est heurté à l'opposition du Kuomintang (KMT) qui accuse le parti présidentiel de pousser Taïwan dans une course aux armements et un conflit perdant. Le Kuomintang  s'est finalement laissé fléchir et permis le vote le 8 mai d'une enveloppe de 25 milliards de dollars destinés à l'achat d'armes américaines.

"Engagement" et "dissuasion commune" 

"Nous n'avons pas envie que quelqu'un se dise, proclamons l'indépendance parce que les Etats-Unis nous soutiennent", a également déclaré Donald Trump, en ajoutant n'avoir pas encore pris de décision sur les ventes d'armes américaines à l'île.

"Je prendrai une décision dans un délai assez court", a pourtant répondu M. Trump aux journalistes vendredi, en chemin vers Washington.

La visite du président américain a permis d'afficher une certaine stabilité entre les deux superpuissances, sans déboucher sur de grandes avancées, que ce soit sur le commerce ou sur l'Iran, allié de la Chine.

La visite annoncée de Xi Jinping à Washington à l'automne servira de nouveau test pour le fragile statu quo entre la première et la deuxième puissance mondiale.

Bonnie Glaser, du German Marshall Fund, pense que la Chine va "pousser fortement" pour que Donald Trump s'abstienne de toute décision sur des ventes d'armes à Taïwan d'ici là.

Jeudi, avec une fermeté inhabituelle, Xi Jinping avait mis Donald Trump en garde: "La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et Etats-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit".

 


«Flottille pour Gaza»: expulsés par Israël, les militants étrangers sont arrivés en Turquie

Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention. (AFP)
Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention. (AFP)
Short Url
  • Les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés, a décrit à l'AFP par téléphone Safa Chebbi, une militante canadienne
  • Outre des humiliations et le manque de sommeil, "nous étions sous une menace constante, des balles en plastique ont été tirées sur la foule, un des passagers a été blessé", a-t-elle indiqué

JERUSALEM: Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention.

Ils ont été accueillis à l'aéroport par un large comité de soutien, avec de nombreux militants agitant des drapeaux palestiniens. Plusieurs militants de la flottille présentaient des blessures et certains ont été évacués en ambulance, selon des images de l'AFP.

Les forces israéliennes "nous ont attaqués. Chacun de nous a été battu, les femmes comme les hommes, beaucoup hurlaient. Mais vraiment, ça n'a aucune importance. C'est ce que vivent en permanence les Palestiniens", a raconté à sa descente d'avion Bulal Kitay, un Turc qui compte repartir dès le prochain convoi.

Les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés, a décrit à l'AFP par téléphone Safa Chebbi, une militante canadienne.

Outre des humiliations et le manque de sommeil, "nous étions sous une menace constante, des balles en plastique ont été tirées sur la foule, un des passagers a été blessé", a-t-elle indiqué.

"Deux Coréens ont été expulsés vers la Corée du Sud, un participant a été expulsé vers l'Egypte, deux vers la Jordanie, une citoyenne israélienne a été libérée dans le pays, et le reste des 422 participants a été transféré à Istanbul à bord de trois vols de Turkish Airlines affrétés par le gouvernement turc", a indiqué la coalition Freedom Flotilla.

Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés lundi par l'armée israélienne en Méditerranée, au sud-ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus dans la prison de Ktziot (sud), selon l'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, qui assure leur représentation légale et leur défense.

Ils ont "tous été expulsés", a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, sans préciser s'ils avaient été jugés.

Les 37 ressortissants français ont aussi été expulsés vers la Turquie et seront rapatriés dès que possible, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Pascal Confavreux.

Une militante israélienne, Zohar Regev, a été déférée devant un tribunal à Ashkelon, au sud de Tel-Aviv.

"Partisans terroristes du Hamas" 

Partis de Turquie, les militants de la "Global Sumud Flotilla" ("sumud" signifie "résilience" en arabe) voulaient attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, en brisant le blocus maritime imposé par Israël. En avril, une précédente "flottille pour Gaza" avait déjà été interceptée par Israël au large de la Grèce.

"Israël a pleinement le droit d'empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d'entrer dans nos eaux territoriales et d'atteindre Gaza", a estimé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en référence au mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre en lançant une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023.

Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir , figure de l'extrême droite, a provoqué un tollé à l'étranger, mais également au sein de son gouvernement, en publiant une vidéo de dizaines de militants agenouillés et les mains liées.

Une jeune femme qui crie "Libérez la Palestine" au passage du ministre se retrouve la tête pressée vers le sol par les services de sécurité.

"Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", lance-t-il triomphalement dans cette vidéo publiée sur sa chaîne Telegram.

 "Traitement de luxe" 

Les images diffusées ne sont "pas conformes aux valeurs d'Israël", a déclaré le chef de la diplomatie Gideon Saar, accusant M. Ben Gvir d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux". L'intéressé a défendu au contraire "une grande source de fierté".

En Europe, plusieurs pays ont appelé l'UE a prendre des sanctions contre Israël et contre le ministre. Le traitement réservé aux détenus a ainsi été jugé "inadmissible" par Rome qui a exigé "des excuses" et demandé des mesures contre Ben Gvir.

Le Premier ministre irlandais a condamné le "traitement choquant réservé aux citoyens de l'UE" et réclamé "la suspension d'une partie, voire de la totalité, de l'accord d'association entre l'UE et Israël".

L'Italienne Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens occupés, a salué sur X ces prises de positions.

Ce qu'ont subi ces militants est "un traitement de luxe par rapport à ce qui est infligé aux Palestiniens dans les prisons israéliennes", a-t-elle affirmé, appelant l'Italie à cesser "de s'opposer à la suspension de l'accord (d'association) UE-Israël."


Trump assure l'engagement des États-Unis en faveur de la sécurité dans le Golfe dans une lettre adressée au Bahreïn

Le président américain Donald Trump salue alors qu'il monte à bord d'Air Force One à l'aéroport de Groton-New London à Groton, Connecticut, le 20 mai 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump salue alors qu'il monte à bord d'Air Force One à l'aéroport de Groton-New London à Groton, Connecticut, le 20 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • Le dirigeant américain dit son admiration pour l'unité nationale de Bahreïn face aux attaques de drones et de missiles iraniens
  • Bahreïn, qui abrite le Commandement central des forces navales américaines et la Cinquième flotte, était l'un des dix pays visés par les attaques de missiles et de drones de l'Iran.

LONDRES : Le président américain Donald Trump a souligné l'engagement de Washington à assurer la sécurité et la stabilité dans la région du Golfe dans une lettre adressée au roi Hamad bin Isa Al-Khalifa de Bahreïn.

Le dirigeant américain a également exprimé son admiration pour l'unité nationale de Bahreïn en réponse aux violations du droit international par l'Iran, a rapporté l'Agence de presse de Bahreïn.

Les défenses aériennes bahreïnies ont intercepté et détruit au moins 188 missiles balistiques et 477 drones lancés depuis l'Iran depuis le début de la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre le régime de Téhéran le 28 février.

Bahreïn, qui abrite le Commandement central des forces navales américaines et la Cinquième flotte, était l'un des dix pays visés par les attaques de missiles et de drones de l'Iran. Toutefois, le pays n'a participé à aucune opération directe menée par les États-Unis contre Téhéran.

Un fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis est en vigueur depuis le début du mois d'avril. Toutefois, le détroit d'Ormuz, une voie commerciale essentielle, reste fermé. Parallèlement, les négociations entre les États-Unis et l'Iran se poursuivent afin de parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien.