Covid-19: zoom sur ces nouveaux variants qui changent toute la donne

Des matériaux de test COVID 19 en pleine pandémie. (AFP)
Des matériaux de test COVID 19 en pleine pandémie. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 26 janvier 2021

Covid-19: zoom sur ces nouveaux variants qui changent toute la donne

  • Depuis le début de cette pandémie, 12 000 mutations ont été observées. La plupart d’entre elles n’ont pas eu de réel impact sur la Sars-CoV-2
  • Pourtant, les mutations Brésiliennes et Sud-Africains contourneraient la protection immunitaire

MARSEILLE: Alors que le monde entier se lance dans une course effrénée aux vaccins, la flambée de cas dus à la circulation des nouveaux variants interpelle la communauté scientifique. Ce phénomène remet en question les vaccins d’ores et déjà administrés, qui s’élèvent à plus de 63,5 millions de doses dans 68 pays ou territoires.

Mutation des virus: un phénomène naturel

À l’instar de tous les organismes vivants, les virus sont dotés d’un matériel génétique susceptible de changer à l’issue de leurs nombreuses réplications.

En se transmettant d’un hôte à l’autre, un virus peut se combiner à d’autres virus en circulation (recombinaisons), ou modifier certaines de ses composantes génétiques. Ces changements successifs lui permettent de mieux s’adapter à l’environnement.

«Plus un virus infecte d’individus, plus la possibilité de mutation est grande. D’autant plus que la probabilité augmente chez une personne dont le système immunitaire est chroniquement affaibli», indique le Dr Harrison, du Centre de séquençage COG-UK.

Depuis le début de cette pandémie, 12 000 mutations ont été observées. La plupart d’entre elles n’ont pas eu de réel impact sur le Sars-CoV-2. Néanmoins, les trois nouveaux variants pourraient changer la donne, puisqu’ils sont significativement plus contagieux et résistants.

Afrique du Sud. (AFP)
Centre de soins en Afrique du Sud. (AFP)

Le doute sur l’efficacité des vaccins

Les tests en laboratoire portent à croire que les vaccins seraient efficaces contre le variant anglais. Les deux autres variants sembleraient être quant à eux plus coriaces. Selon une étude préliminaire, les mutations brésiliennes et sud-africaines contourneraient la protection immunitaire.

Les habitants de Manaus enterrent leurs morts. (AFP)
Les habitants de Manaus enterrent leurs morts. (AFP)

La particularité de ces mutations repose sur la protéine Spike (protéine S). Cette protéine de surface permet au Sars-CoV-2 de s’accrocher aux cellules cibles pour y pénétrer. Or, cette mutation diminuerait la reconnaissance du virus par les anticorps, ce qui freine sa neutralisation par le système immunitaire.

Ainsi, les individus ayant déjà contracté le virus et qui ont un taux suffisant d’anticorps dans le sang, aussi bien les personnes vaccinées, ne seraient plus à l’abri du coronavirus.

Dans les faits, la majorité des vaccins en circulation se basent sur cette protéine S.

La société Moderna, qui utilise la technologie de l’ARN messager (même méthodologie que Pfizer) assure que son vaccin reste efficace face aux variants britannique et sud-africain.

Cependant, les niveaux d’anticorps contre le B.1.351 (sud-africain) sont divisés par six. Même si ces niveaux d’anticorps restent au-dessus de ce qui est attendu pour procurer une protection, la société de biotechnologies américaine va mettre à l’essai un nouveau vaccin candidat. Des tests en laboratoire sont par ailleurs réalisés afin de tester l’impact de l’injection d’une troisième dose du vaccin déjà sur le marché.

«La mutation actuelle du virus du Covid-19 n’a pas rendu le vaccin inefficace», a affirmé le président de la filiale China National Biotec Group, Yang Xiaoming.

Selon ses dires, les vaccins usant des particules inactivées du virus pourraient fonctionner contre les nouvelles mutations du coronavirus, puisqu’ils « offrent une protection contre toutes zones du virus, et non pas uniquement sur la protéine S (Spike) ». Nonobstant, ces postulats sont à prendre avec des pincettes, puisque les procédures de Sinopharm sont pointées du doigt pour opacité et asymétrie de l’information, et que ce vaccin est initialement moins efficace que certains de ses concurrents (73% contre 94% en moyenne).

La question des séquençages

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) – basé à Stockholm – ont appelé leurs membres à renforcer leurs capacités de séquençage du génome du coronavirus, afin d’améliorer l’identification de nouveaux variants. Depuis le début de la pandémie, des milliers de séquences ont été téléchargées sur des bases de données publiques. Cela a permis de suivre en temps réel les mutations, et de s’en prémunir.

«C’est la première fois que nous voyons comment un agent pathogène évolue à cette échelle», souligne Ewan Harrison, directeur de la stratégie et de la transformation au COG-UK et membre du Wellcome Sanger Institute, où la majeure partie du séquençage est effectuée. «Nous apprenons que ces mutations s’accumulent bien plus vite que nous ne le pensions.»

Centre de vaccination en Angleterre. (AFP)
Centre de vaccination en Angleterre. (AFP)

 

Le séquençage: une révolution scientifique

L’OMS qualifie ces séquençages faits à l’échelle internationale de «révolution» scientifique. Cette investigation génomique des virus permettra de mieux comprendre plusieurs maladies, comme Ebola ou la grippe saisonnière.

En 2002, date à laquelle le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a commencé, seules 31 variantes du génome étaient partagées publiquement. En 2021, en l’espace de six mois, 60 000 ont été publiées. Pourtant, aujourd’hui, peu de pays sont à même d’effectuer ce processus long et coûteux.

 

Livraisons de vaccins ralenties

Les pays les plus fragiles, dont certains pays du Moyen-Orient – comme le Liban, touché de plein fouet par le virus – devraient recevoir leurs premières doses de vaccin au début du mois de février.

 

Covax: quèsaco?

Covax est un mécanisme fondé par l’OMS dont l’objectif est de procurer suffisamment de doses afin de vacciner 20 % de la population d’ici à la fin de l’année.

Au total, le financement est assuré pour les 92 pays les plus pauvres du monde.

Pourtant, même dans les pays ou la vaccination est de mise, la livraison des précieux flacons est retardée. À la suite d’une «baisse de rendement» sur le site de fabrication, les 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford réservées par la Commission européenne ne pourront pas être livrées comme prévu.

Vaccin AstraZeneca. (AFP)
En France, 140 000 doses de ce vaccin font défaut, le rythme des vaccinations est divisé par 3 en Italie, 40 000 doses manquent en Belgique et 10 % de vaccins en moins ont été livrés au Danemark. (AFP).

«AstraZeneca a confirmé aujourd’hui lors de la réunion du comité directeur avec les États membres qu’il y aurait un changement dans son calendrier de livraison», a pour sa part indiqué à l’AFP Stefan De Keersmaecker, porte-parole de la Commission européenne chargé de la santé. «Nous nous efforçons d’en savoir plus», a-t-il ajouté.

Les laboratoires Pfizer, font eux aussi face à des retards de livraison. En France, 140 000 doses de ce vaccin font défaut, le rythme des vaccinations est divisé par 3 en Italie, 40 000 doses manquent en Belgique et 10 % de vaccins en moins ont été livrés au Danemark.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, réclame donc que les entreprises pharmaceutiques fassent preuve de plus de «transparence» sur les causes de ces retards.

Espacement des doses du vaccin

Dans ce contexte de limitation des doses de vaccin, mais aussi pour «pouvoir protéger plus de personnes à court terme», la Haute Autorité de santé préconise un espacement de «six semaines entre l’injection des deux doses de vaccins, au lieu de trois à quatre semaines actuellement». Face à la pénurie des doses, et à l’urgence sanitaire, l’OMS approuve cette décision.

«Après une seule dose, on n’a pas atteint un niveau de protection suffisant pour ne pas être infecté, et si on espace trop les doses, il se peut qu’on n’atteigne jamais un niveau suffisant d’anticorps pour être protégé», a affirmé l’infectiologue Karine Lacombe au Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro.

En effet, selon un bilan publié par le British Medical Journal (BMJ), la campagne de vaccination en Israël laisse penser que la protection apportée par la première dose est inférieure à ce qu’avaient montré les essais cliniques (36 % de différence entre la théorie et la pratique).

 

Les différents vaccins et leurs caractéristiques 

AstraZeneca/Oxford

  • Facile à stocker et transporter
  • Peu coûteux
  • Méthode du vecteur viral
  • 70% d’efficacité prouvée
  • Ne semble pas efficace pour les nouveaux variants.
  • Peu d’effets secondaires.
  • Distribution : Royaume-Uni, Inde, Canada, Etats-Unis, Union-Européenne, Corée du Sud, Japon, Chili, Suisse, Pérou, Israël, Hong Kong, Australie, Nouvelle Zélande, Egypte, Thaïlande, Indonésie, Bangladesh, Equateur

Pfizer BioNTech

  • Transport et stockage contraignant : doit être gardé entre -80°C et -70°C-
  • Couteux
  • Technique de l’ARN messager
  • Efficace à plus de 95% avec deux doses
  • Semble plus ou moins efficace pour les nouveaux variants
  • Effets secondaires légers à modérés, déconseillé pour les personnes allergiques
  • Distribution : Canada, Etats-Unis, Union-Européenne, Corée du Sud, Royaume-Unis, Japon, Chili, Suisse, Pérou, Israël, Hong Kong, Australie, Nouvelle Zélande.
Vaccin Pfizer. (AFP)
Vaccin Pfizer. (AFP)

 

Méthode de l’ARN messager (ARNm) :

Dans cette méthode, il ne s'agit pas d’injecter une partie du virus (procédé classique du vaccin), mais d'insérer un fragment du matériel génétique du virus (ARN messager) qui reproduira les protéines virales dans l’organisme. Ce qui permet au corps de se défendre avec la production d'anticorps capables de répondre à cette nouvelle présence de protéines virales. Dans le cas où ils se retrouvent en contact une nouvelle fois avec ces protéines, l'organisme saura se défendre seul.

Moderna

  • Peut se conserver pendant six mois à -20°C, et pendant 30 jours entre 2°C et 8°C
  • Très coûteux
  • Technique de l’ARN messager
  • 94,1% d’efficacité prouvée
  • Semble plus ou moins efficace pour les nouveaux variants. Nouvelle configuration à l’étude
  • Effets secondaires légers à modérés, déconseillé pour les personnes allergiques
  • Distribution : Suisse, Canada, Israël, Etats-Unis, Union Européenne, Japon, Royaume Uni, Corée du Sud.
Vaccin Moderna. (AFP)
Vaccin Moderna. (AFP)

Spoutnik V

  • Facile à stocker et transporter
  • Peu coûteux
  • Méthode du vecteur viral
  • Efficace à 92 %
  • Efficacité inconnue pour les nouveaux variants
  • Pas d'essais cliniques valides pour la phase 3
  • L'âge des individus vaccinées est plafonné à 60 ans
  • Effets secondaires légers à modérés
  • Distribution : Russie, Brésil, Kazakhtan, Ouzbékistan, Egypte, Venezuela, Argentine.

 

Vaccin Spuntik V. (AFP)
Vaccin Spuntik V. (AFP)

 

Méthode du vecteur viral

Cette méthode prend comme support un autre virus (un adénovirus de chimpanzé) transformé et adapté contre la Covid-19. Ce procédé est notamment utilisé pour le vaccin contre Ebola

Sinopharm

  • Peu coûteux
  • Méthode des virus inactivés
  • Efficace à 68-79%
  • Considéré efficace pour les nouveaux variants par les autorités sanitaires chinoises
  • Effets secondaires légers à modérés
  • Distribution : Chine, Jordanie Emirats arabes unis, Argentine,  Pérou, Egypte...
Vaccin Sinopharm. (AFP)

 

Méthode des virus inactivés

Cette méthode dite « classique », fait appel à un virus "tué" afin de déclencher une réaction immunitaire chez le sujet.

CoronaVac

  • Facile à stocker et transporter
  • Peu coûteux
  • Méthode du vaccin vivant atténué
  • Efficace à 50,3%, mais empêche 100% des formes graves Efficacité inconnue pour les nouveaux variants.
  • Effets secondaires légers à modérés
  • Distribution Chine, Indonésie, Turquie, Chili, Brésil, Hong Kong.

 

Outre les raisons sanitaires, il est important de noter que la distribution des vaccins dépend également des problématiques géopolitiques et économiques.

En plus de la remise en question de l’efficacité des vaccins en circulation, les retards bouleversent les agendas gouvernementaux. Un nouveau calendrier de production doit donc être mis en place, et des mesures plus strictes – telles qu’un confinement et/ou la fermeture des frontières – sembleraient nécessaires afin de gagner du temps, de repenser la stratégie sanitaire et d’éviter un scenario à l’anglaise partout dans le monde.


Près de 150 disparus dans le naufrage d'une frégate iranienne au large du Sri Lanka

Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
Short Url
  • La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée
  • Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis

COLOMBO: Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays.

La marine sri‑lankaise a secouru 32 marins de la frégate IRIS  Dena, mais l'espoir s'amenuise pour les 148 autres membres d'équipage, a indiqué le ministre des Affaires étrangères de l'île et des responsables de l'armée.

La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée.

Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis.

Le ministre des Affaires étrangères, Vijitha Herath, a indiqué au parlement que les 32 Iraniens secourus, "grièvement blessés", avaient été transportés vers un hôpital situé au sud de l'île.

Deux navires de la marine et un avion ont été déployés pour rechercher d'éventuels survivants.

Un appel de détresse a été lancé mercredi à l'aube depuis la frégate et, moins d'une heure plus tard, un navire est arrivé sur la zone, à environ 40 kilomètres au sud du port méridional de Galle, a précisé le ministre.

La frégate avait complètement coulé et il ne restait plus qu'une nappe d'hydrocarbure lorsque les bateaux de la marine sri-lankaise sont arrivés sur place.

Les recherches se poursuivent 

"Nous poursuivons les recherches, mais nous ne savons pas encore ce qu'il est advenu du reste de l'équipage", a déclaré à l’AFP un responsable de l'armée.

Le directeur de l'hôpital de Karapitiya, à Galle, S. D. Ranga, a indiqué qu'on lui avait signalé qu'il pourrait y avoir des morts, mais que seuls 32 marins blessés avaient été amenés.

Un député de l'opposition a demandé si le navire avait subi un bombardement dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient mais il n'y a pas eu de réaction immédiate du gouvernement.

Contacté par l'AFP, l'ambassadeur iranien à Colombo, Alireza Delkhosh, n'était pas immédiatement joignable.

"Nous avons répondu à un appel de détresse conformément à nos obligations internationales étant donné que c'est dans notre zone de recherches et de sauvetage de l'océan Indien", a précisé à l'AFP un porte-parole de la marine sri-lankaise Buddhika Sampath.

"Nous avons retrouvé quelques corps dans la zone où le navire a sombré", a-t-il annoncé un peu plus tard.

Le Sri Lanka est resté neutre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, appelant au dialogue.

Un peu plus d'un million de Sri-Lankais travaillent au Moyen-Orient, représentant une source cruciale de devises pour ce pays qui se relève à peine de sa pire crise économique survenue en 2022.

La marine et l'armée de l'air sri-lankaises ont toutes deux indiqué qu'elles ne diffuseraient pas d'images des opérations de secours car elles concernaient l'armée d'un autre pays.

 


L'attaque américaine «totalement stupide» en pleine négociation 

Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran.  "La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu). (AFP)
Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran. "La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu). (AFP)
Short Url
  • Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs"
  • M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine

GENEVE: Les États-Unis ont pris une décision "totalement stupide" en attaquant l'Iran, alors que les deux pays menaient des pourparlers, a estimé mardi l'ambassadeur iranien auprès des Nations unies.

Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran.

"La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu).

"Personne ne doit s'attendre à ce que l'Iran fasse preuve de retenue face à une agression. Nous poursuivrons notre défense jusqu'à ce que cette agression cesse", a-t-il ajouté.

Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs".

M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine.

Mais selon M. Bahreini, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a convaincu le président américain Donald Trump de sacrifier la diplomatie et d'attaquer l'Iran.

"C'était une décision totalement stupide. Ils comprendront plus tard à quel point cette décision était stupide. Ils le comprendront tous les deux, car l'Iran déterminera fermement le cours et l'issue de cette guerre", a-t-il soutenu.

"Tous nos voisins sont aujourd'hui déçus par la trahison des États-Unis, car tout le monde œuvrait pour la voie diplomatique, en particulier Oman. Les États-Unis ont trahi tout le monde", a encore insisté M. Bahreini.

Quand aux frappes de Téhéran contre des pays de la région abritant des bases américaines, il ne s'agit pas selon lui de représailles. "C'est un acte de légitime défense", a-t-il assuré.

"Nous ne pouvons en aucun cas permettre que ces bases soient utilisées pour mener des opérations militaires contre l'Iran", a ajouté M. Bahreini, assurant que les opérations iraniennes visaient "exclusivement "les installations militaires américaines.

Mardi, Trump a affirmé que les dirigeants iraniens "veulent discuter", mais M. Bahreini a affirmé qu'aucune démarche n'avait été entreprise auprès de Washington : "Il n'y a eu aucun contact de notre côté" depuis le début du conflit, a assuré le diplomate iranien.


L'Iran sous le feu israélo-américain, «trop tard» pour discuter selon Trump

De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter. (AFP)
De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter. (AFP)
Short Url
  • Radio-télévision publique, sites de production de missiles balistiques, aéroport Mehrabad de la capitale: Israël "continue à frapper l'Iran avec force", a lancé son Premier ministre Benjamin Netanyahu
  • En représailles, l'Iran multiplie de son côté ses attaques contre ses voisins du Golfe, visant des sites clefs, diplomatiques, militaires ou économiques, souvent liés aux intérêts américains

TEHERAN: De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter.

"Leur défense aérienne, leur armée de l'air, leur marine et leur commandement sont anéantis. Ils veulent discuter. J'ai dit: Trop tard !" a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

A Téhéran, ville fantôme désertée par ses habitants,  les frappes de mardi ont selon les médias iraniens notamment touché l'institution chargée d'élire un nouveau guide suprême pour succéder à Ali Khamenei, tué samedi au début de ce conflit sans précédent.

Une vidéo diffusée par l'agence de presse Tasnim montre un nuage de fumée s'élever dans le ciel dans le centre de Téhéran, où se trouvent de nombreux bâtiments gouvernementaux.

"J'ai peur de marcher dans les rues désertes car les bombes continuent de tomber du ciel", témoigne Samireh, une infirmière de 33 ans.

Radio-télévision publique, sites de production de missiles balistiques, aéroport Mehrabad de la capitale: Israël "continue à frapper l'Iran avec force", a lancé son Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Golfe cible de nouvelles attaques 

En représailles, l'Iran multiplie de son côté ses attaques contre ses voisins du Golfe, visant des sites clefs, diplomatiques, militaires ou économiques, souvent liés aux intérêts américains.

Dans la capitale saoudienne où plusieurs détonations ont été entendues par un journaliste de l'AFP et des témoins, l'ambassade américaine a fermé ses portes après une attaque de drone ayant provoqué un incendie.

A Bahreïn, une base aérienne américaine a été visé par des drones et de missiles, et à Oman et aux Emirats arabes unis, ce sont des installations pétrôlières qui ont été visées.

Comme à Ryad, l'ambassade américaine au Koweït et à Bahrein ont fermé par précaution jusqu'à nouvel ordre, et Washington a ordonné le départ de tout son personnel diplomatique non essentiel d'Irak, de Jordanie et du Bahreïn.

Embrasement 

Depuis le début de la guerre, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. En Israël d'après les services de secours, dix personnes ont été tuées dans des frappes iraniennes.

Côté iranien, le Croissant-Rouge a annoncé un bilan de plus de 780 personnes tuées depuis le début de l'attaque samedi, un chiffre que l'AFP n'a pu vérifier.

Le Moyen-Orient dans son ensemble s'embrase: au Liban en une journée, le Hezbollah pro-iranien a annoncé des attaques de roquettes contre quatre bases militaires israéliennes de l'autre côté de la frontière.

Une "réponse", a-t-il dit, aux frappes israéliennes qui ont fait 52 morts selon les autorités, et qui faisaient suite à des tirs du Hezbollah.

Selon l'ONU, quelques 30.000 personnes ont été déplacées au Liban, où les ordres d'évacuation israéliens se succèdent.

Et l'agence de l'Union européenne pour l'asile redoute un scénario de "flux de réfugiés d'une ampleur sans précédent" en provenance d'Iran, qui compte près de 90 millions d'habitants.

"Le déplacement de ne serait-ce que 10% de la population iranienne suffirait à rivaliser avec les plus importants flux de réfugiés de ces dernières décennies", a-t-elle averti.

"Viser l'Amérique" 

Au début de l'attaque, qui s'est soldée par la mort de plusieurs hauts responsables iraniens, Donald Trump avait appelé le peuple à renverser la République islamique en place depuis 1979.

Si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a assuré que ce n'était pas "l'objectif" de la guerre, qui pourrait durer des semaines, voire "beaucoup plus", selon Washington.

Il s'agit avant tout d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dement - et de détruire ses capacités balistiques, selon Israël.

Après la guerre de douze jours en juin 2025, les Iraniens "ont commencé à construire de nouveaux sites, des bunkers souterrains qui auraient rendu leurs programmes de missiles balistiques et leurs programmes d'arme atomique intouchables d'ici quelques mois", a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Et alors ils auraient pu viser l'Amérique", a-t-il ajouté.

"M. Rubio a admis ce que nous savions tous: les Etats-Unis sont entrés dans une guerre choisie par et au nom d'Israël. Il n'y a jamais eu de soi-disant +menace+ iranienne", lui a répondu sur X son homologue iranien, Abbas Araghchi.

Inquiétude des marchés 

Face à l'extension de ce conflit protéiforme, l'inquiétude gagne les marchés: les Bourses mondiales creusent leurs pertes, lestées par la flambée des prix du pétrole. Les prix du gaz européen s'envolent aussi, affectés par l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) au Qatar et la paralysie du détroit d'Ormuz.

Les Gardiens de la révolution ont revendiqué lundi l'attaque d'un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis, dans ce stratégique détroit qui sépare l'Iran de la Péninsule arabique.

Et un général a menacé de "brûler tout navire" qui tenterait de franchir le détroit, par où transitent 20% du pétrole et du GNL mondiaux.

Quant aux touristes bloqués au Moyen-Orient, certains ont commencé à rentrer dès que l'espace aérien a rouvert.

Tout juste arrivé à l'aéroport de Roissy lundi soir, Aurélien, cadre bancaire de 43 ans, raconte comment l'escale d'une heure à Abou Dhabi que devait faire sa famille après un séjour en Thaïlande "s'est transformée en séjour de trois jours".

"On a entendu beaucoup d'avions de chasse passer... Le bruit des interceptions de missiles iraniens, des débris...", explique-t-il, alors que la France se prépare à affréter des vols pour rapatrier des ressortissants vulnérables.