Entre géopolitique et pauvreté, l'Ukraine privée de vaccin anti-Covid

Le 14 janvier 2021, des travailleurs médicaux se préparent pour leur quart de travail en traitant des patients atteints de coronavirus dans un service des maladies infectieuses de l'hôpital clinique de la ville de Kiev № 17 à Kiev.  (GENYA SAVILOV / AFP)
Le 14 janvier 2021, des travailleurs médicaux se préparent pour leur quart de travail en traitant des patients atteints de coronavirus dans un service des maladies infectieuses de l'hôpital clinique de la ville de Kiev № 17 à Kiev. (GENYA SAVILOV / AFP)
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Publié le Dimanche 24 janvier 2021

Entre géopolitique et pauvreté, l'Ukraine privée de vaccin anti-Covid

  • L'Ukraine, pays parmi les plus pauvres d'Europe et au système de santé décrépit, a enregistré près de 1,2 million de cas de Covid-19 et plus de 21.000 morts pour 40 millions d'habitants
  • La Pologne voisine, membre de l'UE, a réservé près de 60 millions de vaccins pour ses 38 millions de résidents

KIEV: Chirurgien thoracique traitant le Covid-19 en Ukraine, Vitaliï Sokolov s'impatiente de pouvoir se faire vacciner. Mais son pays, pris dans la pauvreté et des tensions géopolitiques, n'est pas parvenu à déployer la moindre dose.

"Nous attendons très fortement le vaccin car on vit avec un stress permanent", confie à l'AFP cet homme de 49 ans, grand, vif et chauve travaillant à l'hôpital n°17 de Kiev, et désormais en tête de son unité traitant les malades du coronavirus 

"C'est très frustrant" d'être devancé par tous ses voisins dans la course aux vaccins, dit-il, ajustant son masque collé au visage avec du sparadrap et revêtant lunettes, combinaison ainsi que deux paires de gants avant de s'engouffrer dans la "zone rouge" de son hôpital vieillissant.

L'Ukraine, pays parmi les plus pauvres d'Europe et au système de santé décrépit, a enregistré près de 1,2 million de cas de Covid-19 et plus de 21.000 morts pour 40 millions d'habitants. 

Les autorités assurent que les premières vaccinations pourraient débuter dès la mi-février, des promesses qui laissent cependant les soignants dubitatifs étant donné que jusqu'à présent aucune date précise de livraison de vaccin n'est annoncée.

En cause, tout d'abord l'incapacité pour l'Ukraine de passer commandes auprès des producteurs occidentaux comme Pfizer ou Moderna, confrontée à la concurrence des pays riches.

"Les riches se sont retrouvés premiers dans la queue mondiale pour le vaccin", a regretté fin décembre le président ukrainien Volodymyr Zelensky avant d'exhorter en janvier l'Union européenne à aider ses voisins orientaux à obtenir les inoculations, en écho à un appel de 13 Etats de l'UE. 

Kiev n'est guère seule dans ce cas, l'OMS ayant averti lundi que le monde était aux portes d'un "échec moral catastrophique" si les plus puissants continuaient de s'accaparer l'essentiel des vaccins.

Ainsi, Kiev ne peut compter pour l'instant que sur 8 millions de doses promises dans le cadre du programme onusien Covax ainsi que de 1,9 à 5 millions de doses du vaccin chinois CoronaVac si son efficacité est confirmée. Largement insuffisant pour 40 millions d'habitants.

Appel à la solidarité 

La Pologne voisine, membre de l'UE, a réservé près de 60 millions de vaccins pour ses 38 millions de résidents. 

"Ce n'était pas une question des compétences de l'Etat, mais d'accès" au vaccin, déclare auprès de l'AFP la vice-Première ministre Olga Stefanichyna reprochant à Bruxelles une approche "injuste" et réclamant de la "solidarité politique". 

D'autant que pour le pouvoir ukrainien, l'autre source possible de vaccin est taboue. Impossible de commander des doses à la Russie, l'ennemi qui a annexé la Crimée en 2014 et nourrit depuis une guerre séparatiste dans l'Est. 

"Nous n'allons pas acheter le vaccin russe", martèle Mme Stefanichyna, accusant Moscou d'instrumentaliser ce dossier dans le but de renforcer son "influence" sur l'Ukraine pour "en déstabiliser" la société.

Des politiciens prorusses militent eux pour le déploiement des vaccins russes, alors que Moscou veut développer des partenariats de production à l'étranger et a fait de la vaccination un outil de sa diplomatie.

Lors d'une rencontre avec Vladimir Poutine en octobre, le député ukrainien Viktor Medvedtchouk a ainsi assuré, selon son communiqué, avoir "personnellement testé l'efficacité et la sécurité" du vaccin russe qu'il affirme avoir utilisé pour lui-même, son épouse et leur fils. 

Des opposants, experts et médias jugent enfin que le président Zelensky et son équipe n'ont pas su gérer la situation. Certains évoquent même des arrangements douteux, dans ce pays gangréné par la corruption.

Une député d'opposition pro-occidentale Oleksandra Oustinova a ainsi accusé le ministre de la Santé d'avoir bloqué l'achat d'un vaccin de fabrication indienne pour 3 dollars la dose contre près de 18 dollars pour le CoronaVac chinois. 

"L'Ukraine aurait dû se battre pour obtenir des contrats" directs avec les producteurs occidentaux de vaccins, critique de son côté Pavlo Kovtonyuk, chef du département de l'économie de la santé au sein de la Kyiv School of Economics. 

"D'autres pays pauvres ont 5 à 6 vaccins dans leur portefeuille et nous, seulement un contrat minuscule" avec les Chinois, renchérit-il.


Afghanistan: rare visite du chef suprême taliban à Kaboul

Le mystérieux chef suprême des autorités talibanes, Hibatullah Akhundzada, a effectué une visite rare dans la capitale afghane, a indiqué vendredi un site Internet du gouvernement, quittant son complexe isolé de Kandahar pour rencontrer les hauts responsables du pays. (AP)
Le mystérieux chef suprême des autorités talibanes, Hibatullah Akhundzada, a effectué une visite rare dans la capitale afghane, a indiqué vendredi un site Internet du gouvernement, quittant son complexe isolé de Kandahar pour rencontrer les hauts responsables du pays. (AP)
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  • Le pouvoir en Afghanistan s'exerce entre deux pôles: à Kandahar, le fief du mouvement d'où le chef suprême dirige le pays par décret, et à Kaboul, siège du gouvernement
  • Le site taliban Al Emarah a posté des extraits du discours prononcé jeudi par l'émir au ministère de l'Intérieur en présence de hauts responsables

KABOUL: Le chef suprême des talibans, l'émir Hibatullah Akhundzada, qui vit reclus dans son fief de Kandahar (sud), a fait une rare visite à Kaboul pour s'adresser à tous les gouverneurs des provinces afghanes, a-t-on appris vendredi de source talibane.

Le site taliban Al Emarah a posté des extraits du discours prononcé jeudi par l'émir au ministère de l'Intérieur en présence de hauts responsables, dont les gouverneurs des 34 provinces.

Cette visite entourée du plus grand secret de l'émir, dont une seule photo a jamais été rendue publique, lui a permis d'insister auprès des gouverneurs sur la priorité "à accorder à la religion sur les affaires du monde" et "à promouvoir la foi et la prière parmi la population".

L'émir a déclaré que l'obéissance était "une obligation divine", toujours selon Al Emarah, et appelé à "l'unité et à l'harmonie".

"Le rôle de l'émirat est d'unir le peuple", a insisté Hibatullah Akhundzada, et celui des gouverneurs "de servir le peuple".

Les gouverneurs ont été ainsi encouragés à "accorder la priorité à la loi islamique plutôt qu'à leurs intérêts personnels", et à lutter contre "le favoritisme" ou "le népotisme".

"La motivation de cette visite" de l'émir à Kaboul "semble être de rappeler la discipline, notamment la discipline financière", décrypte une source diplomatique occidentale. "Il est ici question de renforcer la discipline et l'unité".

Cette visite pourrait également être motivée par "une préoccupation au sujet des troubles du Badakhshan et de la manière dont ils sont gérés". Dans cette province du nord-est, plusieurs paysans cultivant du pavot malgré son interdiction ont été tués par des unités antinarcotiques talibanes au début du mois.

Les autorités afghanes ont par ailleurs réprimé des manifestations de nomades sédentarisés kouchis dans la province du Nangarhar (est) et sont confrontées à des attentats meurtriers réguliers du groupe jihadiste Etat islamique, particulièrement à Kaboul.

Le pouvoir en Afghanistan s'exerce entre deux pôles: à Kandahar, le fief du mouvement d'où le chef suprême dirige le pays par décret, et à Kaboul, siège du gouvernement. Si les décrets du leader suprême font autorité, les analystes font toutefois état de voix discordantes s'élevant du clan des responsables afghans plus "pragmatiques".

"A chaque fois qu'il y a des craquements ou des désaccords, Kandahar intervient et rappelle à chacun la nécessité de renforcer l'unité", conclut la source diplomatique.

L'émir n'était venu qu'une fois auparavant à Kaboul depuis le retour des talibans au pouvoir et ne s'exprime très rarement depuis son accession à la fonction suprême en 2016.

Le mystérieux mollah avait prononcé son dernier discours public le 10 avril dans une mosquée de Kandahar lors de la prière de l'Aïd el-Fitr marquant la fin du ramadan, mais aucune photo de lui n'avait circulé.

 

 


Sánchez annoncera mercredi la date de la reconnaissance par l'Espagne d'un Etat palestinien

Sanchez a déclaré en mars que l’Espagne et l’Irlande, ainsi que la Slovénie et Malte, avaient convenu de faire les premiers pas vers la reconnaissance d’un État palestinien aux côtés d’Israël, considérant qu’une solution à deux États est essentielle à une paix durable. (AFP)
Sanchez a déclaré en mars que l’Espagne et l’Irlande, ainsi que la Slovénie et Malte, avaient convenu de faire les premiers pas vers la reconnaissance d’un État palestinien aux côtés d’Israël, considérant qu’une solution à deux États est essentielle à une paix durable. (AFP)
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  • M. Borrell avait déclaré la semaine dernière avoir été informé par le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, que la date choisie était le 21 mai
  • Le schéma envisagé jusqu'à maintenant à Madrid était celui d'un décret adopté mardi en conseil des ministres par le gouvernement de gauche

MADRID: Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez a indiqué vendredi qu'il annoncerait mercredi prochain la date de la reconnaissance par l'Espagne d'un Etat palestinien, affirmant que celle-ci n'aurait donc pas lieu le 21 mai, mais "les jours suivants".

"Nous sommes en train de nous coordonner avec d'autres pays pour pouvoir faire une déclaration et une reconnaissance communes", a déclaré M. Sánchez, lors d'une interview à la chaîne de télévision La Sexta, pour expliquer pourquoi l'Espagne ne procèderait pas à cette reconnaissance dès mardi, date évoquée notamment par Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne.

M. Borrell avait déclaré la semaine dernière avoir été informé par le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, que la date choisie était le 21 mai.

M. Sánchez n'a pas précisé les pays avec lesquels son gouvernement était en discussions à ce sujet, mais il avait publié en mars à Bruxelles un communiqué commun avec ses homologues irlandais, slovène et maltais dans lequel ils faisaient part de la volonté de leur quatre pays de reconnaître un Etat palestinien.

Le chef de la diplomatie irlandaise, Micheal Martin, a confirmé mardi que Dublin "(reconnaîtrait) l'Etat de Palestine avant la fin du mois", sans toutefois indiquer de date ni dire si d'autres pays se joindraient à l'Irlande.

Le schéma envisagé jusqu'à maintenant à Madrid était celui d'un décret adopté mardi en conseil des ministres par le gouvernement de gauche.

M. Sánchez doit comparaître le lendemain devant le Congrès des députés pour faire le point sur divers sujets d'actualité, dont la politique de Madrid au Proche-Orient et la reconnaissance d'un Etat palestinien, sujet sur lequel l'Espagne est en pointe.

"Je pense que je serai en mesure le 22 (...) de clarifier devant le Parlement la date à laquelle l'Espagne reconnaîtra l'Etat palestinien", a-t-il dit.

"Sérieux doutes 

M. Sánchez est devenu au sein de l'UE la voix la plus critique vis-à-vis du gouvernement israélien et de son offensive militaire dans la bande de Gaza contre le mouvement palestinien Hamas.

Le conflit actuel a été déclenché le 7 octobre par une attaque surprise du Hamas dans le sud d'Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.170 personnes du côté israélien, dans leur grande majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

L'offensive militaire lancée en riposte par Israël a causé la mort d'au moins 35.303 Palestiniens, en majorité des civils, dans la bande de Gaza, selon le dernier bilan publié vendredi par le ministère de la Santé du Hamas.

Evoquant la situation à Gaza, M. Sánchez a de nouveau sévèrement critiqué vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Interrogé sur le fait de savoir s'il considérait les évènements de Gaza comme un génocide, le chef du gouvernement espagnol a évité de répondre, mais a déclaré, à trois reprises, avoir de "sérieux doutes" sur le respect des droits humains par Israël.

Il a aussi établi un parallèle entre l'invasion de l'Ukraine par la Russie et l'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza.

"Nous défendons la légalité internationale", a-t-il dit. "En Ukraine, logiquement, on ne peut pas violer l'intégrité territoriale d'un pays, comme le fait la Russie (...). Et en Palestine, ce que l'on ne peut pas faire, c'est ne pas respecter le droit humanitaire international, comme le fait Israël".

La politique de Madrid, a-t-il conclu, "est appréciée par la communauté internationale, aussi bien du point de vue du gouvernement ukrainien que du point de vue de la communauté arabe".

 

 


Armes à Israël: les républicains tentent de forcer la main à Biden

Des Palestiniens déplacés marchent autour d'une flaque d'eau devant des bâtiments et des tentes détruits à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 mai 2024, au milieu du conflit en cours entre Israël et le groupe militant Hamas. (Photo par AFP)
Des Palestiniens déplacés marchent autour d'une flaque d'eau devant des bâtiments et des tentes détruits à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 mai 2024, au milieu du conflit en cours entre Israël et le groupe militant Hamas. (Photo par AFP)
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  • Pour les républicains, Joe Biden n'a pas le droit d'interférer dans la manière dont Israël mène sa campagne militaire, qui a provoqué un désastre humanitaire à Gaza
  • Mais 16 démocrates se sont joints aux républicains pour adopter la proposition de loi, défiant le chef de l'Etat

WASHINGTON: La Chambre américaine des représentants, dominée par les républicains, a voté jeudi une mesure largement symbolique visant à forcer le président démocrate Joe Biden à mettre fin à sa suspension d'une livraison de bombes à Israël.

Cette suspension de la livraison d'une cargaison d'armes, composée de bombes de 2 000 livres (907 kg) et de 500 livres (226 kg), a été décidée au moment où Washington, premier soutien militaire d'Israël, s'oppose à une offensive d'ampleur des troupes israéliennes à Rafah.

La mesure votée jeudi n'a aucune chance de devenir loi. En théorie, elle empêcherait M. Biden de geler toute aide militaire à Israël approuvée par le Congrès.

"Le président et son administration doivent immédiatement faire marche arrière et se tenir aux côtés d'Israël", a déclaré Mike Johnson, chef républicain de la Chambre des représentants, dans un communiqué.