Les festivités de Noël: une lueur d’espoir dans les villages du Liban-Sud ravagés par la guerre

Des enfants libanais et palestiniens se rassemblent sur la place des Martyrs, dans le centre de Beyrouth, pour envoyer un message d'amour aux enfants de Gaza à l'occasion de Noël, le 26 décembre 2023. (AFP)
Des enfants libanais et palestiniens se rassemblent sur la place des Martyrs, dans le centre de Beyrouth, pour envoyer un message d'amour aux enfants de Gaza à l'occasion de Noël, le 26 décembre 2023. (AFP)
Des personnes se rassemblent pour assister à la cérémonie d'illumination de l'arbre de Noël sur la place Sassine, dans le quartier d'Achrafieh, à Beyrouth, la capitale du Liban, le 7 décembre 2022. (AFP)
Des personnes se rassemblent pour assister à la cérémonie d'illumination de l'arbre de Noël sur la place Sassine, dans le quartier d'Achrafieh, à Beyrouth, la capitale du Liban, le 7 décembre 2022. (AFP)
Des feux d'artifice illuminent le ciel lors de la cérémonie d'illumination de l'arbre de Noël à Byblos, ville du nord du Liban, le 7 décembre 2023. (AFP)
Des feux d'artifice illuminent le ciel lors de la cérémonie d'illumination de l'arbre de Noël à Byblos, ville du nord du Liban, le 7 décembre 2023. (AFP)
Des enfants libanais et palestiniens se rassemblent sur la place des Martyrs, dans le centre de Beyrouth, pour envoyer un message d'amour aux enfants de Gaza à l'occasion de Noël, le 26 décembre 2023, alors que les combats se poursuivent entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas dans la bande de Gaza. (AFP)
Des enfants libanais et palestiniens se rassemblent sur la place des Martyrs, dans le centre de Beyrouth, pour envoyer un message d'amour aux enfants de Gaza à l'occasion de Noël, le 26 décembre 2023, alors que les combats se poursuivent entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas dans la bande de Gaza. (AFP)
Des ouvriers déblaient les décombres sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le quartier de Shiyah dans la banlieue sud de Beyrouth, le 26 novembre 2024. (AFP)
Des ouvriers déblaient les décombres sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le quartier de Shiyah dans la banlieue sud de Beyrouth, le 26 novembre 2024. (AFP)
Un homme installe un arbre de Noël au milieu des décombres de l'église melkite, qui a été touchée par une frappe aérienne israélienne le 9 octobre, dans le village de Derdghaya, dans le sud du Liban, le 20 décembre 2024. (AFP)
Un homme installe un arbre de Noël au milieu des décombres de l'église melkite, qui a été touchée par une frappe aérienne israélienne le 9 octobre, dans le village de Derdghaya, dans le sud du Liban, le 20 décembre 2024. (AFP)
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Publié le Mercredi 25 décembre 2024

Les festivités de Noël: une lueur d’espoir dans les villages du Liban-Sud ravagés par la guerre

  • Malgré les violations du cessez-le-feu, le calme fragile qui règne au Liban permet aux villages à majorité chrétienne de célébrer les fêtes de fin d'année
  • Les municipalités des régions frontalières d'Israël déchirées par la guerre s'engagent à aider les habitants à reconstruire leurs maisons et à retrouver l'espoir

DUBAÏ: Après s’être retrouvés dans la ligne de mire du conflit entre le Hezbollah et Israël qui dure depuis 13 mois, les villages frontaliers à majorité chrétienne du sud du Liban font preuve d’un optimisme prudent alors qu’ils célèbrent la période de Noël et que les familles déplacées rentrent chez elles.

Plus tôt ce mois-ci, les municipalités ont décoré les rues de ces villages avec des lumières et des décorations de Noël, espérant que l’atmosphère festive et un retour progressif à la normale encourageraient davantage de résidents déplacés à revenir.

Le bilan économique de la guerre, qui a commencé comme une conséquence du conflit entre le Hamas et Israël à Gaza, a forcé les villages à revoir les préparatifs en vue des célébrations à la baisse. Cependant, les maires se sont engagés à préserver l’esprit de Noël et ont promis de soutenir les familles qui se remettent des conséquences économiques et sociales dévastatrices de la guerre.

Le 7 octobre 2023, des militants du groupe palestinien Hamas ont mené une attaque surprise dans le sud d’Israël, faisant 1 200 morts. Par ailleurs, 240 personnes ont été enlevées. En représailles, Israël a lancé une campagne de bombardements à grande échelle qui a jusqu’à présent tué au moins 45 000 Palestiniens, selon les autorités sanitaires de Gaza.

Des affrontements transfrontaliers ont commencé entre le groupe libanais Hezbollah et l’armée israélienne le 8 octobre 2023. En moins d’un an, Israël a lancé une série de frappes aériennes à travers le Liban. En plus de 13 mois, les frappes aériennes ont déplacé plus de 1,3 million de personnes, selon les chiffres de l’ONU, tué au moins 4 000 Libanais et détruit des villages entiers dans le sud du Liban.

Aïn Ebel, un village à majorité chrétienne dans le sud du Liban, est l’une des zones les plus durement touchées. Ses habitants ont reçu l’ordre de l’armée israélienne d’évacuer avant l’invasion terrestre du 1er octobre. Cependant, l’accord de cessez-le-feu signé le 27 novembre a offert une lueur d’espoir.

Imad Lallous, maire du village, a déclaré qu’Aïn Ebel organisait des festivités de Noël – bien qu’à une échelle plus réduite que les années précédentes – pour célébrer la résilience de la communauté et son espoir en un avenir meilleur.

«Nous craignions de ne pas pouvoir célébrer cette année», a-t-il déclaré à Arab News. «Cependant, après le cessez-le-feu et le retour des habitants d’Aïn Ebel, il était impossible de laisser passer cette fête sans célébrations, décorations, arbre de Noël et crèche.»

«Nous œuvrons à restaurer l’esprit joyeux à Aïn Ebel», a-t-il ajouté.

Le village, autrefois animé par des célébrations de rue, des places d’église et des marchés de Noël dynamiques mettant en valeur les produits locaux, a été éclipsé par les difficultés économiques de la guerre dans un pays déjà aux prises avec une grave crise financière depuis 2019.

M. Lallous a appelé à la solidarité communautaire au moyen de dons pour restaurer l’esprit de Noël et soutenir les familles qui retournent dans leurs maisons détruites par la guerre.

«Les maisons ont subi de graves dommages et nous verrons ce que nous pouvons faire pour aider les propriétaires à les réparer ou à les reconstruire», a-t-il déclaré.

«J’espère que nous pourrons célébrer Noël et d’autres fêtes en toute sérénité. J’espère que nous ne revivrons plus les guerres, les destructions et les bombardements. J’espère que personne ne perdra sa maison et tout ce qu’il possède. J’espère que la guerre de cette année sera la dernière dans la région.»

Situé à quelques kilomètres de la frontière entre le Liban et Israël, le village d’Aïn Ebel abrite actuellement 240 familles. M. Lallous espère que ce nombre passera à 330 après la période des fêtes. «Cela stimulera l’activité économique des commerces et des entreprises», a-t-il déclaré.

Il pense également que la réouverture des écoles, symbole d’un retour à la normale de la vie, pourrait encourager ceux qui se sont installés à Beyrouth à revenir à Aïn Ebel.

«Les cours ont repris cette semaine pour les élèves présents, mais la plupart de ceux qui étudient à Beyrouth retourneront à l’école d’Aïn Ebel – le Collège des sœurs des saint-cœurs – pour poursuivre leurs études.»

Les villages à majorité chrétienne proches de la frontière israélienne ont été gravement touchés par les hostilités, notamment Debel, Aïn Ebel, Rmeich et Al-Qouzah à Bint Jbeil, Alma Chaab dans le district de Tyr et Deir Mimas et Qlayaa à Marjeyoun.

Plusieurs de ces villages, à savoir Aïn Ebel, Deir Mimas, Qlayaa et Alma Chaab, faisaient partie des 27 zones qui ont reçu l’ordre d’évacuer.

Et si certains habitants, dont des prêtres, ont refusé de quitter leur domicile, la plupart ont fui vers le nord ou vers Beyrouth.

Depuis l’annonce du cessez-le-feu le 27 novembre, plus de 900 000 personnes ont commencé à retourner dans leurs régions d’origine, mais près de 179 000 restent déplacées, selon les chiffres de l’ONU.

Le président du Parlement, Nabih Berri, a exhorté les gens à rentrer chez eux dans le sud, même si cela signifie devoir «vivre sur les décombres», a-t-il déclaré dans un discours télévisé.

La guerre qui dure depuis 13 mois a détruit partiellement ou totalement environ 100 000 habitations à travers le Liban. La Banque mondiale estime les dégâts à environ 8,5 milliards de dollars, ce qui aggrave encore la crise financière du pays.

Bien que le Hezbollah et Israël s’accusent mutuellement de violations, le cessez-le-feu représente également une étape encourageante vers une cessation permanente des hostilités et l’application de la résolution 1701 de l’ONU, qui appelle à une zone démilitarisée, exempte de personnel armé à l’exception de l’armée libanaise.

L’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis exige qu’Israël retire progressivement ses forces du sud du Liban, qui seront remplacées par des troupes libanaises sur une période de 60 jours. Le Hezbollah doit également retirer ses forces au nord du fleuve Litani et démanteler ses infrastructures militaires dans le sud.

Le maire Lallous a déclaré que Noël était l’occasion de mettre en avant la solidarité et l’unité du peuple libanais, en dissipant les craintes de divisions sectaires provoquées par les déplacements massifs et le ciblage des villages chrétiens.

«Nous avons toujours vécu en paix ensemble dans notre région et n’avons connu aucune division», a-t-il déclaré. «J’espère que la guerre que nous avons vécue n’a laissé aucune séquelle ici. Nous traitons nos voisins avec beaucoup de respect et nous espérons qu’il en sera toujours ainsi.»

Il a ajouté: «Nous devons être convaincus que nous devons rechercher le bien-être de notre communauté plutôt que la souffrance de la société.»

«J’espère que l’expérience que nous avons vécue sera une leçon pour tout le monde afin que nous puissions favoriser la paix et retenir nos jeunes au lieu de les voir partir. J’espère que nous n’aurons pas à reconstruire nos maisons dans 10 à 15 ans.»

Rmeich fait partie des régions chrétiennes qui ont fait preuve d’une profonde solidarité pendant la guerre. Le village, voisin d’Aïn Ebel, a abrité des centaines de Libanais déplacés – musulmans chiites et chrétiens – d’autres villages de la région dans un monastère local.

D’autres, notamment ceux qui ont fui Aïn Ebel, ont trouvé refuge chez d’autres villageois.

Miled Alam, maire de Rmeich, a déclaré: «Le Liban ne peut progresser sans la participation de toutes ses sectes, communautés et religions.»

«Depuis sa création, le Liban est composé de plusieurs sectes et nulle d’entre elles ne peut éliminer l’autre», a-t-il déclaré à Arab News. «Toutes ses composantes peuvent, ensemble, construire un nouveau Liban qui s’appuie sur l’espoir, sa culture, son État, ses institutions et son système judiciaire.»

Soulignant l’importance de célébrer Noël cette année, M. Alam espère que les plus de 8 000 habitants de Rmeich assisteront aux festivités, ainsi que ceux des villages voisins d’Aïn Ebel et Debel.

«Même si nous avons vécu la guerre, cela ne signifie pas que nous ne maintiendrons pas les coutumes, les traditions et les rituels religieux», affirme-t-il. «L’année dernière, nous avons célébré au milieu de la guerre et des bombardements.»

«Nous avons également organisé un événement pour les enfants sur la place de l’église, nous avons sonné les cloches, prié et célébré des messes.»

Un certain sentiment de sécurité continuait de régner sur Rmeich, puisque ses écoles  sont restées ouvertes, mais le village a tout de même ressenti les effets de la guerre. Les activités commerciales ont été interrompues et les habitants ont dû faire face à de graves pénuries de nourriture et de ressources essentielles.

«Les gens se sont retrouvés sans travail ni productivité pendant 14 mois. Ceux qui avaient épargné de petites sommes d’argent ont dû les dépenser», a déclaré M. Alam.

Le village de Rmeich est célèbre pour ses maisons aux tuiles rouges, nichées au milieu de collines verdoyantes réputées pour la culture du tabac.

M. Alam a souligné que les festivités chrétiennes visaient à apporter de l’espoir et de la joie aux familles qui ont souffert et perdu des êtres chers pendant la guerre. Il a promis de trouver des moyens de soutenir ceux qui souffrent.

«Malgré toutes ces circonstances, nous identifierons les moyens par lesquels nous pouvons les aider et les soutenir», a-t-il déclaré.

«Nous leur mettrons du baume au cœur. C’est le moins que nous puissions faire pour récompenser cette résilience dont ils ont fait preuve au cours des 14 derniers mois.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
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  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
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  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.