PARIS : La Fédération nationale des centres d'information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF) a annoncé mardi la création d'un « fonds d'urgence », en appelant à la « solidarité nationale » face aux difficultés financières rencontrées par les structures sur le terrain.
Des associations féministes alertent depuis plusieurs semaines sur les conséquences de la décision du gouvernement, début août, d'étendre la prime Ségur, de 183 euros nets mensuels, aux salariés du secteur sanitaire, social et médico-social.
Cette décision, qui était attendue de longue date, ne s'est toutefois pas accompagnée d'une « compensation financière de la part de l'État permettant aux associations de financer ces revalorisations de salaires », souligne la FNCIDFF dans un communiqué.
Cette absence de compensation de l'État « dès 2024 pourrait provoquer des licenciements économiques, le gel des recrutements voire la fermeture de plusieurs associations départementales, entraînant des conséquences graves et délétères pour les milliers de femmes victimes de violences que le réseau des CIDFF accompagne chaque année », ajoute-t-elle.
Créés en 1972, ces centres, qui informent et accompagnent les femmes pour renforcer leurs droits et leur autonomie, ont accompagné plus de 150 000 femmes en 2023, dont 60 000 victimes de violences, selon la Fédération.
« Nous sommes aujourd'hui obligées d'en appeler à la solidarité de chacune et chacun pour soutenir nos associations et éviter à tout prix des fermetures d'associations, qui provoqueraient l'apparition de zones blanches de l'accès aux droits, particulièrement préjudiciables pour les femmes et les publics les plus vulnérables », estime Clémence Pajot, directrice générale de la FNCIDFF.
Sollicité par l'AFP, le ministre chargé des Solidarités et de l'Égalité femmes-hommes, Paul Christophe, a assuré avoir connaissance de la problématique soulevée par la Fédération et « travailler sur le sujet ».