PARIS : Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui a estimé samedi que le projet de Conseil national des imams (CNI) était toujours d'actualité malgré le retrait de la Grande mosquée de Paris.
« Tout n'est pas perdu », a affirmé M. Moussaoui, contacté par l'AFP à l'issue d'une entrevue avec le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin place Beauvau.
Cette réunion a permis de « faire le tour de la question » et « nous avons une base de travail solide », a ajouté M. Moussaoui, qui souhaite reprendre le dialogue avec la Grande mosquée. Mais aucun calendrier n'a encore été fixé pour une rencontre entre les différentes fédérations du culte musulman.
« Gérald Darmanin travaille à remettre les différents partenaires autour de la table », a confirmé auprès de l'AFP l'entourage du ministre.
Ce dernier a également reçu samedi les deux vice-présidents du CFCM, le recteur de la mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, et Ibrahim Alci, a précisé son entourage.
Poussé par l'Élysée afin de certifier la formation en France des imams dans le cadre du projet de loi « confortant le respect des principes de la République », le projet de Conseil national des imams a du plomb dans l'aile depuis le retrait, le 28 décembre, de la Grande mosquée de Paris, l'une des neuf fédérations membres du CFCM.
Pour expliquer sa décision, le recteur Hafiz a notamment accusé une « composante islamiste » du CFCM de bloquer les négociations pour l'écriture d'une « charte des valeurs républicaines » qui devait être rendue au gouvernement début décembre.
Mohammed Moussaoui avait jugé cette décision « unilatérale et inexpliquée ».
Le chef de l'État, Emmanuel Macron a demandé jeudi aux représentants du culte musulman de « dépasser les divergences » sur ce dossier.