La France pleure Françoise Hardy, une de ses dernières icônes des sixties

La chanteuse française Françoise Hardy est photographiée à Paris, en novembre 1970. (AFP)
La chanteuse française Françoise Hardy est photographiée à Paris, en novembre 1970. (AFP)
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Publié le Mercredi 12 juin 2024

La France pleure Françoise Hardy, une de ses dernières icônes des sixties

  • «Comment te dire adieu», son standard de 1968, revient mercredi dans les titres de la presse et dans les hommages sur les réseaux sociaux
  • «L'élégance» de ses «chuchotements harmonieux résonnera pour toujours dans le cœur des garçons et des filles de tout âge», écrit le musicien Jean-Michel Jarre

PARIS: "Enorme tristesse", "voix singulière", "légende de la chanson française": la France pleure mercredi la disparition de Françoise Hardy, une de ses dernières icônes des sixties, annoncée la veille.

"Maman est partie": c'est par ces simples mots sur ses réseaux sociaux, avec une photo de lui enfant auprès de sa mère, que son fils Thomas Dutronc a officialisé la nouvelle tard mardi soir.

Cette disparition, à 80 ans, après avoir lutté contre un cancer apparu dès 2004, survient presque un an après celle de Jane Birkin (juillet 2023), autre icône des sixties.

"Comment te dire adieu", son standard de 1968, revient mercredi dans les titres de la presse et dans les hommages sur les réseaux sociaux.

"Comment lui dire adieu ?", a ainsi posté Rachida Dati, ministre de la Culture, saluant une "légende de la chanson française".

"Icône française, voix singulière à la tranquillité farouche, Françoise Hardy aura bercé des générations de Français pour qui elle restera ancrée dans des moments de vie", salue le Premier ministre Gabriel Attal.

"L'élégance" de ses "chuchotements harmonieux résonnera pour toujours dans le cœur des garçons et des filles de tout âge", écrit le musicien Jean-Michel Jarre. "Quelqu'un que j'aimais infiniment vient de partir", confie le chanteur Julien Clerc.

Un clin d'oeil à son hit instantané de 1962, l'année de ses 18 ans: plus de deux millions d'exemplaires vendus pour "Tous les garçons et les filles", que Françoise Hardy avait écrit et composé, fait rare à l'époque.

Françoise Hardy, icône pop malgré elle

Résumer Françoise Hardy, décédée à l'âge de 80 ans, à une idole des sixties ou à son couple-showbiz avec Jacques Dutronc ne suffit pas: voix délicate, mélancolie et allure androgyne en ont fait une icône pop, statut qu'elle réfutait.

Le succès de "Tous les garçons et les filles" (1962), alors qu'elle n'a que 18 ans, aurait pu l'enfermer dans la case "vedette yéyé". Mais sa modernité - silhouette élancée et moue timide sous cheveux longs et frange - en fait immédiatement une égérie, immortalisée à l'international par le photographe-star William Klein pour le magazine Vogue.

"For Françoise Hardy/At the Seine's edge/A giant shadow/Of Notre-Dame" lit-on sur la pochette d'"Another Side" de Bob Dylan, qui l'associe dès 1964 à la Seine et Notre Dame.

Filet de voix évanescent, caractère réservé, élégance parisienne: c'est la signature Françoise Hardy, qui inspirera les créateurs en tout genre, de la musique à la mode. A son corps défendant: "Quand j'entends prononcer le mot d'icône à mon propos, je trouve cela ridicule", dira-t-elle au quotidien Libération.

"J'aimais Suicide, le Velvet Underground, mais j'aimais vraiment Françoise Hardy et c'était un truc de fou pour l'époque, presque une provocation de dire ça", explique en 2019 Etienne Daho à l'AFP, revenant sur ses années 1980.

Dire que l'intéressée a toujours eu du mal à s'assumer devant un micro. "Chanter est quelque chose qui ne m'est pas naturel", livre-t-elle dans le documentaire d'Arte, "La discrète", titre idéal pour cette chanteuse fuyant le star-system.

Pourtant, dans le classement des 200 meilleurs chanteurs de tous les temps du magazine américain Rolling Stone en 2023, elle est l'unique représentante de la France.

Idéal féminin pour Jagger

Mais son héritage va au-delà du champ musical. Leyla Neri, directrice de la mode à l'école The New School Parsons Paris, expose ainsi à l'AFP en 2016 l'influence des "Françoise Hardy, Jane Birkin" sur les podiums, avec des mannequins qui "ont commencé à sourire beaucoup moins, à être plus androgynes, à marcher plus droit".

Logique pour celle qui portait si bien André Courrèges ou Paco Rabanne. Mais incongru aux yeux de celle qui ne s'aimait pas. La faute à une grand-mère lui répétant qu'elle était "affreuse", "que jamais" elle ne plairait "à personne" (Libération). Les éloges ne manquaient pas pourtant.

"Quand Mick Jagger a dit que je représentais son idéal féminin, oh ! là, là... Cette phrase-là me sortait de mon image de jeune fille naïve au physique ingrat", commente-elle sur France Inter.

Les sixties en font donc une étoile. D'où venait-elle? Elevée avec sa sœur à Paris par une mère seule, issue d'un milieu populaire, cette solitaire a forcé son destin, entre la première guitare demandée à 16 ans et un passage au Petit conservatoire de la chanson de Mireille.

Elle poussera la porte de Vogue fin 1961 en se disant, peu confiante, qu'elle a plus de chances d'y être signée car elle ne trouve pas la maison de disque très regardante sur certains habillages sonores...

Dutronc, distance et complicité

Les succès s'enchaîneront, écrits par elle ou d'autres comme Serge Gainsbourg ("Comment te dire adieu"). Avec toujours ce peu d'appétit pour la lumière. "Moi personnellement je me passerais très bien de faire de la scène" (France Culture).

Côté vie privée, on retient sa relation avec le photographe Jean-Marie Périer puis Jacques Dutronc, qui deviendra son mari et avec qui elle aura un fils, Thomas, lui-même chanteur.

Mais l'histoire avec l'homme de sa vie aura un goût amer. "Dès notre rencontre, Jacques a mis des distances entre nous". C'est le thème de "Message personnel" (1973), tube écrit par Michel Berger. Avec Dutronc, ils vivront chacun à leur étage de leur immeuble parisien avant leur séparation.

Mais une réelle complicité les unit, même si le chanteur a refait sa vie en Corse. "Jacques a été, est toujours, l'homme de ma vie et notre lien me semble indestructible", confesse-t-elle à l'AFP en 2021.

Le cancer apparaît en 2004, prenant différentes formes qui lui font vivre un cauchemar. Françoise Hardy avoue à Paris Match en 2023 qu'elle veut "partir bientôt et de façon rapide, sans de trop grosses épreuves, comme l'impossibilité de respirer".

"Laisser quelqu'un d'incurable avoir des souffrances insupportables jusqu'à ce que mort s'ensuive est inhumain", disait-elle à l'AFP en 2021.

Jagger, Bowie, Dylan 

Le décès de l'artiste ébranle la France ("C'est toute mon enfance", confie Gabriel Attal, "Vos chansons n'ont jamais cessé de m'accompagner", se désole le chanteur Patrick Bruel) mais résonne bien au-delà. Si Jane Birkin était l'Anglaise préférée des Français, Françoise Hardy fut la Française chérie des Anglo-Saxons.

Dans le classement des 200 meilleurs chanteurs de tous les temps du magazine américain Rolling Stone en 2023, elle était l'unique représentante de la France.

Ecrit par Serge Gainsbourg, "Comment te dire adieu" sera repris, sur une rythmique dance, par Jimmy Somerville, l'ancien leader de Bronski Beat, vingt ans plus tard.

En 1994, le groupe Blur la convie sur son titre "To the end (La comédie)".

"C'est le temps de l'amour, le temps des copains, et de l'aventure...", chanson de 1962, surgit aussi dans la bande originale du film "Moonrise Kingdom" (2012) de Wes Anderson.

Pas étonnant, dès lors, de voir la légende du rap américain Chuck D (Public Enemy) rendre hommage à celle dont les disques ont fait le bonheur des "dénicheurs de rythmes aux Etats-Unis".

Françoise Hardy ne fut pas simplement une voix délicate ou la moitié d'un couple people intriguant qu'elle forma avec Jacques Dutronc.

Elle fut aussi l'ambassadrice d'une élégance française et pop à l'international, un "idéal féminin" pour Mick Jagger, figure fantasmée pour Bob Dylan ou David Bowie.

Dans les années soixante insouciantes, sa mélancolie tranchait. Son physique androgyne et sa retenue s'éloignaient des formes et de l'exubérance d'une Brigitte Bardot (89 ans aujourd'hui). Elle préfigurait les mannequins longilignes qui envahiront bientôt les podiums.

Paco Rabanne 

Egérie de mode sans avoir jamais voulu l'être, la chanteuse portera à merveille les robes à lamelles futuristes signées Paco Rabanne.

Sa frange (elle arborera plus tard une coupe à la garçonne) fait la une des magazines. L'artiste est d'abord photographiée en France par son petit ami de l'époque, Jean-Marie Périer, à l'international par le célèbre William Klein.

Sa grande histoire d'amour s'appelle ensuite Jacques Dutronc (81 ans aujourd'hui), qui vient alors lui aussi de secouer les charts avec "Et moi, et moi, et moi" (1966). Ils auront un enfant, Thomas, lui-même devenu chanteur.

Mais leur relation est source de désillusions en raison de la distance que met le dandy de la chanson française.

Cette vie conjugale douce-amère imprègnera toute son oeuvre, de "Message personnel", immense succès de 1973, composé avec Michel Berger, à "Personne d'autre", titre du dernier album éponyme en 2018.

Malgré leur séparation, sans divorce, une réelle complicité l'unissait toujours avec Jacques Dutronc.

Françoise Hardy, pour qui chanter n'était pas naturel, a rapidement abandonné la scène.

Cette férue d'astrologie, née sous le signe du capricorne, parlait sans détour de son cancer. Et de l'idée de la fin.

"La mort n'est que celle du corps, lequel est d'essence matérielle. En mourant, le corps libère l'âme qui est d'essence spirituelle. Mais il n'en reste pas moins que la mort du corps est une épreuve considérable et je l'appréhende autant que tout le monde", confiait-elle ainsi à l'AFP.


Arabofuturs redéfinit les couleurs et les singularités du monde arabe

Gaby Sahha, avec sa peinture de grand format intitulée « Jour » (2022), représente une société cyberpunk faite d’acier. L’artiste explore l’impact des dynamiques de standardisation des sociétés actuelles qui ne laissent pas de places aux multiples identités culturelles. (Photo : Zeina Zbibo)
Gaby Sahha, avec sa peinture de grand format intitulée « Jour » (2022), représente une société cyberpunk faite d’acier. L’artiste explore l’impact des dynamiques de standardisation des sociétés actuelles qui ne laissent pas de places aux multiples identités culturelles. (Photo : Zeina Zbibo)
Hicham Berrada utilise le métal pour faire des masques hybrides entre insectes, végétaux et humains dans sa dernière série de sculptures, intitulée Les Hygres (2023).  (Photo: Zeina Zbibo)
Hicham Berrada utilise le métal pour faire des masques hybrides entre insectes, végétaux et humains dans sa dernière série de sculptures, intitulée Les Hygres (2023). (Photo: Zeina Zbibo)
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  • L’exposition mêle couleurs, matières, et visions du futur ancrées dans différentes perceptions artistiques et cultures du monde arabe
  • L’objectif est de présenté ce qui est en train de se mettre en place dans le monde arabe, aussi bien dans le Golfe qu’en Afrique du Nord

PARIS: Arabofuturs est une exposition d’art contemporain à découvrir à l’Institut du Monde Arabe (IMA) jusqu’au 27 octobre 2024. L’exposition mêle couleurs, matières, et visions du futur ancrées dans différentes perceptions artistiques et cultures du monde arabe.

Dans un entretien accordé à Arab News en français à l’IMA, Élodie Bouffard, commissaire d’Arabofuturs, nous fait voyager à travers les différents éléments de l’exposition, et ces dix-huit artistes du monde arabe et de ces diasporas, parmi lesquelles Zahrah Al Ghamdi, Souraya Haddad Credoz, Aïcha Snoussi, et Hicham Berrada.

L'exposition se déploie sur deux grands plateaux aux scénographies uniques qui essaient d'explorer des territoires et des expressions artistiques variées.

Futurs programmés et futurs hybrides

Sur le premier plateau, à caractère de vaisseau blanc, intitulé « les futurs programmés », les artistes interrogent les sociétés contemporaines, « le capitalisme, l'ultra consumérisme, la question de l’exil, de la diaspora, et des identités souvent dans une démarche postcoloniale, » explique Élodie Bouffard.

Le deuxième espace, plus sombre, avec des lumières néon vertes, s'intéresse aux « futurs hybrides » qui aborde la question des nouveaux imaginaires où les artistes déploient des fictions narratives, esthétiques qui amènent le visiteur dans des mondes organiques, « qui font voyager dans le temps, réfléchir aussi au transhumanisme, à l'avenir de l'humain, à la résilience de la nature, » ajoute-t-elle.

Ces deux espaces de l'exposition montrent que la lecture des futurs est personnelle, où chaque artiste puise dans son expérience personnelle, son histoire et ces préoccupations.

Les thèmes du rapport à la nature et à la société, et la question d'identité, entre autres, invitent le visiteur à se questionner sur les réalités d'un territoire, pertinent dans un contexte global marqué par une montée des tensions sociales et politiques.

L’exposition est le fruit d’un travail de recherche de plus de dix-huit mois. Les commissaires de l‘exposition, Élodie Bouffard et Nawel Dehina, présentent un panel d’artistes allant du Koweït au Maroc, pour présenter des visions différentes du « futur ».

Gulf futurism

L'exposition s’ouvre sur un espace dédié à la création du Golfe, avec le projet de Sophia Al-Maria et Fatima Al Qadiri et la mise en place de leurs concepts du Gulf futurism, développé par les deux artistes en 2012, dans le cadre d'une série photo et d'un entretien dans le magazine Dazed.

« Cet article a été un moment fondateur, ayant amené les artistes à s'intéresser à la question des futurs et de la science-fiction, » explique Élodie.

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Sophia Al-Maria et Fatima Al Qadiri - Série The desert of the unreal, 2012. (Photo: Zeina Zbibo)

La série de photographies et une installation vidéo de Sofia Al Maria, Black Friday, interroge la standardisation des espaces et la solitude qui pourrait en mener, est suivie d’une installation de Zahra Al Ghamdi, qui a été présentée à la biennale d'art contemporain de Diriyah, et qui interroge les nouvelles architectures.

« Elle essaie de créer une nouvelle cosmogonie, nouvelle création sur la question des skyline, et la valorisation du patrimoine, et l'avenir des constructions de métal et de verre, dans des environnements sur lequel il y a une vraie culture, aussi matérielle qu’architecturale, » confirme Élodie.

L’objectif est de présenter ce qui est en train de se mettre en place dans le monde arabe, aussi bien dans le Golfe qu’en Afrique du Nord, et les différentes applications des questions d’architecture, de patrimoine, d’identité et de l’exil.

« Les sujets qui ont liés au futur des sociétés peuvent être ancré dans leur passé. On voulait montrer qu’il n’y a pas un seul futur. C'est notre travail à l’Institut du monde arabe, d’arrêter de voir le monde arabe comme un bloc, » confirme Élodie.

« On a construit ce projet dans cette dynamique des singularités qui s'exprime dans le monde arabe, et la singularité de chacun des artistes, » ajoute-t-elle.

Monde organique… monde à venir

« Quand on parle de futur, tout le monde pense aux jeux vidéo et à l'intelligence artificielle. Alors que les futurs se déploient sur toutes les formes. On trouvait intéressant d'aller questionner les installations, la peinture, la céramique et des mondes organiques, » explique Élodie Bouffard.

L’exposition met en lumières l’utilisation de différents matériaux pour montrer que la question des futurs n'est pas que technique, elle est sensible.

L’idée s’est concrétisée à travers le cuir, une matière organique, pour Zahrah Al Ghamdi. Hala Schoukair, a travaillé sur des micromondes organiques, sur la répétition du mouvement dans la peinture, alors qu'Hicham Berrada a eu recours au métal pour faire des masques hybrides entre insectes, végétaux et humains.

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Soraya Haddad Credoz - Chimère, 2024 (Photo: Zeina Zbibo)

« Soraya Haddad Credoz, a travaillé la céramique, une sorte de magma coloré qui revient d'une matière quasiment vivante pour construire des nouveaux mondes organiques post-apocalyptiques et en même temps d'une grande beauté, » explique Élodie.

Diverses propositions se déploient en une seule exposition, et qui vise à renforcer l’idée des futurs qui s’expriment dans des formes artistiques esthétiques et narratives complexes.

Le manuscrit trouve sa place dans l’exposition, et reflète la question d’archives, d’encyclopédies du futur, et la notion d’archéo-fiction menée par Aïcha Snoussi.

« Aïcha Snoussi recrée des manifestes qui témoignent de sociétés disparues, passées et qui mènent notamment de l'écriture arabe, mais également amazigh, avec une question de symbolique qui recrée des passerelles entre passer présents et futurs, » explique Bouffard.

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Aïcha Snoussi - Chaos archeology, 2022 (Photo: Zeina Zbibo)

Pour sa part, Larissa Sansour, artiste palestinienne, a proposé une vidéo qui fait voyager dans le temps avec des activistes archéologues qui enfouit sous la terre des porcelaines avec le motif du keffieh pour tenter d’avoir des revendications futur sur ce territoire.

« Larissa crée l’œuvre en 2015. Elle met en regard la politisation de l'archéologie en Israël/Palestine et cette vidéo qui est d'une dimension activiste prégnante à un écho tout particulier aujourd'hui, » ajoute Élodie.

On retrouve une démarche d'action dans l'archéologie et dans l’écriture avec Larissa Sansour et Aïcha Snoussi.

Hicham Berrada, s’est penché sur l'archéo-fiction avec un terrarium, faisant partie de sa proposition pour Arabofuturs, qui essaie de démontrer la petitesse des constructions contemporaines.

« Les grandes civilisations ont laissé des monuments immenses. Qu'est-ce qu'il va en rester ? (…) Dans son ce terrarium petit à petit, la végétation va grandir pendant les six mois de l'exposition, » explique Élodie.

L'œuvre d’Hicham Berrada permet de finir la visite sur un basculement dans la dernière section de l'exposition qui s'appelle « monde organique, monde à venir. » 


La beauté naturelle du parc Raghadan à Al-Baha séduit les visiteurs

Le parc Raghadan à Baha comprend une forêt avec un jardin de lavande et une zone centrale qui s'étend sur plus de 20 000 mètres carrés. (SPA)
Le parc Raghadan à Baha comprend une forêt avec un jardin de lavande et une zone centrale qui s'étend sur plus de 20 000 mètres carrés. (SPA)
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RIYAD: Avec ses vastes espaces verts, sa forêt dense et son climat doux, le parc Raghadan est l'une des destinations les plus populaires d'Al-Baha pour les touristes en quête d'activités de plein air.

Dans une interview accordée à l'Agence de presse saoudienne, Ali Al-Sawat, le maire de la région d'Al-Baha, a évoqué les projets municipaux en cours dans le parc forestier de Raghadan.

Il a déclaré : “Ces projets englobent le parc Bahjat Raghadan, qui s'étend sur une superficie d'environ 20 000 mètres carrés, avec une allée principale de 700 mètres et 18 000 mètres carrés d'espaces verts”.

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Le parc Raghadan à Baha comprend une forêt avec un jardin de lavande et une zone centrale qui s'étend sur plus de 20 000 mètres carrés. (SPA)


“Le parc comprend également une cascade impressionnante de 30 mètres, une fontaine interactive, 156 colonnes décoratives, trois zones de jeux pour enfants, trois zones dédiées à la photographie et un pont piétonnier de 25 mètres”.

“Le site, comprenant des cafés et des restaurants, possède également une forêt avec un jardin de lavande et une zone centrale s'étendant sur plus de 20 000 mètres carrés”, a-t-il ajouté.

La place centrale s'étend sur 8 000 mètres carrés et est reliée au jardin, qui occupe environ 5 000 mètres carrés. Une allée de 500 mètres, recouverte de pierres naturelles et agrémentée de cascades, lui est adjacente.

Le projet est éclairé par environ 270 poteaux d'éclairage décoratifs et comprend des statues, des parterres de fleurs, des aires de repos, des ponts en bois et des kiosques.

Le maire souhaite la bienvenue aux touristes et aux visiteurs, les invitant à profiter de l'atmosphère, des vues imprenables, des vallées et de la végétation luxuriante du site.


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Malala appelle le Pakistan à arrêter d'expulser les Afghans, très inquiète pour les filles

La lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix Malala Yousafzai pose pour un portrait lors d’un entretien avec l’AFP à Londres le 12 juillet 2024(AFP)
La lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix Malala Yousafzai pose pour un portrait lors d’un entretien avec l’AFP à Londres le 12 juillet 2024(AFP)
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  • "Il est très inquiétant que le Pakistan force les réfugiés afghans à retourner en Afghanistan. Je suis très inquiète pour les femmes et les filles", a déclaré vendredi cette femme de 27 ans,
  • Début juillet, les Nations unies et les talibans ont entamé des pourparlers à Doha, au Qatar, pour la première fois depuis leur retour au pouvoir.

LONDRES : La prix Nobel de la paix, la Pakistanaise Malala Yousafzai, appelle le Pakistan, dans une interview à l'AFP, à abandonner sa politique d'expulsion des Afghans sans papiers, afin notamment de protéger les femmes et les filles face aux talibans.

"Il est très inquiétant que le Pakistan force les réfugiés afghans à retourner en Afghanistan. Je suis très inquiète pour les femmes et les filles", a déclaré vendredi cette femme de 27 ans, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2014 pour son combat pour le droit des filles à l'éducation.

Malala avait 15 ans quand, le 9 octobre 2012, des membres du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), ont fait irruption dans le car la ramenant de l'école et lui ont tiré une balle dans la tête pour avoir osé faire campagne en faveur de la scolarisation des filles dans sa vallée de Swat (nord-ouest).

Soignée en urgence au Royaume-Uni, elle est devenue un symbole mondial de résistance à l'extrémisme religieux et la porte-voix des filles privées d'instruction, puis en 2014 la plus jeune prix Nobel de la Paix de l'histoire.

Bien qu'il ait prolongé d'un an l'autorisation de séjour des réfugiés afghans au Pakistan, le gouvernement pakistanais a prévenu cette semaine qu'il continuerait à expulser les sans-papiers.

Plus de 600.000 Afghans ont déjà fui le Pakistan voisin depuis qu'Islamabad a ordonné l'an dernier aux sans-papiers de partir sous peine d'être arrêtés.

Des défenseurs des droits humains ont prévenu que certaines personnes renvoyées en Afghanistan risquaient d'être persécutées par les talibans.

Depuis son retour au pouvoir en août 2021, le gouvernement taliban, à l'interprétation austère de l'islam, n'a eu de cesse de réduire les droits des Afghanes. Les écoles secondaires et les universités ont fermé leurs portes aux femmes, tout comme les parcs, salles de sport et hammams.

"Beaucoup de ces filles au Pakistan étudiaient, elles étaient à l'école, ces femmes travaillaient", a expliqué Malala.

"J'espère que le Pakistan reviendra sur sa politique et qu'il protégera les filles et les femmes, notamment en raison de l'avenir sombre qui les attend en Afghanistan", a-t-elle ajouté.

"Je ne peux pas croire que je vis dans une époque où les filles sont privées d'éducation depuis plus de trois ans", a-t-elle déclaré. C'est une situation "choquante".

Le Fonds Malala fait campagne pour que les Nations unies élargissent leur définition des crimes contre l'humanité afin d'y inclure l'"apartheid entre les sexes", expression utilisée par les Nations unies pour décrire la situation en Afghanistan.

- "Protéger" les enfants à Gaza -

Début juillet, les Nations unies et les talibans ont entamé des pourparlers à Doha, au Qatar, pour la première fois depuis leur retour au pouvoir.

Mais les talibans ont posé leurs conditions: les discussions se sont tenues en l'absence de femmes.

"Les dirigeants internationaux doivent comprendre que lorsqu'ils s'assoient avec les talibans et qu'ils excluent les femmes et les jeunes filles, ils rendent service aux talibans", a dénoncé Malala.

Elle demande "aux pays, dont le Canada et la France, qui ont une politique étrangère féministe, de condamner" les discussions de Doha.

Par ailleurs, Malala appelle à un cessez-le-feu "urgent" dans la guerre à Gaza. "Il est horrible de voir combien d'écoles ont été bombardées".

Selon les autorités de la bande de Gaza dirigée par le Hamas, 85% des établissements scolaires du territoire ne peuvent plus fonctionner.

"C'est très préoccupant, car nous savons que les enfants n'ont pas d'avenir lorsqu'ils vivent dans la guerre, lorsque leurs écoles et leurs maisons sont détruites", a déclaré Malala.

Elle appelle à soutenir l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), qui coordonne la quasi-totalité de l'aide à Gaza, et qui consacrait plus de la moitié de son budget avant la guerre à l'éducation.

Mais cette agence fait face à des problèmes de financement depuis que plusieurs pays, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, ont suspendu leur aide au début de l'année, en raison d'accusations israéliennes selon lesquelles des employés étaient impliqués dans l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre.

"J'espère que tous les pays apporteront leur aide et leur soutien, car il s'agit de personnes innocentes et de civils qui doivent être protégés", a plaidé Malala.