Inquiétude dans le «Petit Haïti» de Saint-Domingue après le plébiscite du président Abinader

Une famille roule à moto dans une rue d'un quartier connu sous le nom de « Petite Haïti » à Saint-Domingue, le 20 mai 2024 (Photo, AFP).
Une famille roule à moto dans une rue d'un quartier connu sous le nom de « Petite Haïti » à Saint-Domingue, le 20 mai 2024 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 21 mai 2024

Inquiétude dans le «Petit Haïti» de Saint-Domingue après le plébiscite du président Abinader

  • L'hostilité entre les deux pays ne date pas d'hier
  • Le dictateur dominicain Rafael Trujillo a lui fait massacrer des milliers de Haïtiens en 1937

SAINT-DOMINGUES: Johan Perez surveille les voitures garées dans une rue du "Petit Haïti", un quartier populaire commerçant et anarchique de Saint-Domingue, où vivent et travaillent des centaines de Haïtiens. Il est inquiet.

Après la réélection triomphale au premier tour du président Luis Abinader, qui a fait de la lutte contre l'immigration haïtienne un de ses chevaux de bataille, il craint que le sentiment "anti-haïtien" ne s'intensifie.

C'est une journée ordinaire. L'activité bat son plein dans ce secteur chaotique du centre-ville de la capitale dominicaine, avec des dizaines de boutiques informelles installées devant des entrepôts aux murs écaillés. Ici dans Le "Pequeno Haïti" pendant du "Little Haïti" de New York ou Miami, on vend de tout: de la canne à sucre aux appareils électriques usagés, en passant par les vêtements et les légumes.

La plupart des vendeurs préfèrent se taire, de peur que leur accent créole-français ne les trahisse. Les descentes de police sont monnaie courante. Malheur à celui qui se fait prendre. A chacune d'entre elles, la police embarque les sans-papiers pour les emmener dans un centre de rétention avant de les mettre dans un camion, direction Haïti.

"Les choses se durcissent un peu", explique Johan Perez, 32 ans, de mère dominicaine et de père haïtien, qui vit des pourboires des automobilistes fréquentant la zone. "Le +type+ (Abinader) est plus fort maintenant".

Il raconte que la police a arrêté plusieurs de ses amis il y a quelques jours à peine. Et au coin de la rue, les agents de l'immigration sont entrés dans un petit immeuble et en ont sorti les habitants sans papiers. "Ils les ont jetés la tête la première" dans un bus avec d'autres migrants.

Selon les experts et militants des droits de l'homme, le principal critère des contrôles est la couleur de la peau mais M. Perez souligne que la langue joue également un rôle.

Les expulsions sont passées de 122.000 en 2022 à 250.000 en 2023, selon les données officielles.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2020, le président Abinader a imposé une politique de fermeté à l'égard de la migration haïtienne. Outre les descentes et les expulsions, il a renforcé la présence des forces armées à la frontière et fait construire un mur de 164 km entre les deux pays.

Sa réélection conforte cette fermeté dans un pays où le racisme anti-haïtien s'est propagé et où l'immigration est souvent assimilée à la criminalité.

L'hostilité entre les deux pays ne date pas d'hier. Haïti, ancienne colonie française qui s'est émancipée en 1804, a occupé l'actuelle République dominicaine pendant 22 ans jusqu'en 1856, massacrant des milliers de personnes.

«Acide»

Le dictateur dominicain Rafael Trujillo a lui fait massacrer des milliers de Haïtiens en 1937.

Les Dominicains parlent souvent de l'immigration haïtienne comme d'une "deuxième invasion".

De nombreux Haïtiens possédant des papiers en règle courent aussi le risque de devenir clandestins, en raison d'un parcours bureaucratique de plus en plus lent et onéreux

C'est le cas de Nicolas Legrand, 60 ans, qui vit à Saint-Domingue depuis 1987. Sa carte de résident a expiré en 2022 et depuis, il ne détient qu'une petite note indiquant que son processus est en cours.

"Si Dieu le veut, la situation s'améliorera à Haïti et j'y retournerai", dit M. Legrand en vendant ses mouchoirs. "Mais ici au moins je suis tranquille".

L'aéroport de Port-au-Prince rouvre, presque trois mois après avoir dû fermer ses portes

L'aéroport international de la capitale haïtienne a rouvert lundi pour les vols commerciaux, deux mois et demi après avoir dû fermer ses portes en raison de la violence des gangs.

Seule une compagnie haïtienne, Sunrise Airways, a pour le moment annoncé avoir repris ses liaisons entre Miami et Port-au-Prince.

Un vol en partance pour la Floride a quitté l'aéroport Toussaint-Louverture dans l'après-midi, a indiqué Sunrise Airways à l'AFP, le premier depuis la fermeture.

Bagages à la main, des passagers ont fait la queue au comptoir de la compagnie dans la journée.

Sunrise Airways a précisé que des vols étaient pour l'instant prévus tous les lundis, mercredis et samedis.

La compagnie américaine American Airlines, elle, a indiqué à l'AFP que ses vols restaient pour le moment suspendus jusqu'au 29 mai en raison "des troubles civils à Port-au-Prince".

"Nous continuerons à surveiller la situation en gardant la sécurité à l'esprit et nous ajusterons nos opérations au besoin", a dit la compagnie.

L'aéroport Toussaint-Louverture est fermé aux vols commerciaux depuis début mars, à la suite d'attaques coordonnées fin février de gangs qui disaient chercher à renverser le Premier ministre de l'époque, Ariel Henry.

Ce dernier, qui a depuis démissionné, n'avait d'ailleurs pas pu regagner son pays après un déplacement au Kenya en raison de l'insécurité autour de l'aéroport.

Un conseil présidentiel de transition, qui doit nommer un Premier ministre intérimaire, est depuis aux rênes du pays.

 

En théorie, son cas ne l'expose pas à une expulsion, mais l'ONG Mouvement socioculturel pour les travailleurs haïtiens (Mosctha) affirme qu'il y a des expulsions de personnes dont les documents étaient "en cours de traitement".

"Le gouvernement actuel est le plus +acide+ sur la question migratoire", regrette Joseph Cherubin, président de Mosctha, qui au contraire de M. Perez, entrevoit "la possibilité" que les autorités relâchent la pression maintenant que l'élection est passée.

"Ce que le président faisait, c'était pour la situation électorale. La question haïtienne est importante quand il y a des élections. C'est historique", dit-il.

De nombreux Dominicains considèrent toutefois leurs voisins comme des "frères" et considèrent comme Lidia Fernandez, une vendeuse d'épices de 64 ans, que "ceux qui sont ici travaillent".

"Les Haïtiens acceptent des emplois que nous (les Dominicains) n'occupons pas" parce que pénibles ou mal-payés, souligne-t-elle.


JO-2024: jour J pour Paris, qui accueille la flamme un 14 juillet

L'ancien champion olympique français de handball Cédric Paty tient la flamme olympique dans le cadre du relais de la flamme olympique à son arrivée au Château du Clos de Vougeot, à Vougeot, dans le centre-est de la France, le 12 juillet 2024, avant les Jeux olympiques de Paris 2024. (Photo ARNAUD FINISTRE / AFP)
L'ancien champion olympique français de handball Cédric Paty tient la flamme olympique dans le cadre du relais de la flamme olympique à son arrivée au Château du Clos de Vougeot, à Vougeot, dans le centre-est de la France, le 12 juillet 2024, avant les Jeux olympiques de Paris 2024. (Photo ARNAUD FINISTRE / AFP)
Short Url
  • Une fête olympique calée sur la Fête nationale: le relais de la flamme olympique dans Paris, dimanche à l'issue du défilé du 14 juillet, puis lundi, est le premier grand rendez-vous pour la ville-hôte des JO
  • La folle course de la flamme doit débuter vers 12H00 sur l'avenue Foch, en clôture d'une parade militaire au format réduit pour l'occasion

PARIS: Une fête olympique calée sur la Fête nationale: le relais de la flamme olympique dans Paris, dimanche à l'issue du défilé du 14 juillet, puis lundi, est le premier grand rendez-vous pour la ville-hôte des JO, 12 jours avant la cérémonie d'ouverture.

La folle course de la flamme doit débuter vers 12H00 sur l'avenue Foch, en clôture d'une parade militaire au format réduit pour l'occasion, pour s'achever place de la République lundi soir (20h45), avec un concert gratuit.

Entre les deux, elle doit parcourir environ 60 kilomètres, portée par quelque 540 relayeurs - 200 dimanche, 340 lundi - et encadrée par 1.600 policiers et gendarmes, parmi 18.000 forces de l'ordre mobilisées pour l'événement.

- Test grandeur nature -

Un test grandeur nature, à plus d'un titre, avant la cérémonie du 26 juillet qui présentera les mêmes défis: faire vibrer et rassurer sur l'aspect sécuritaire et logistique, dans un coeur de capitale qui s'agace déjà des perturbations de circulation.

Parmi les relayeurs, des inconnus et de nombreuses personnalités, dont la sprinteuse Marie-José Pérec, l'humoriste Jamel Debbouze, le journaliste Gilles Bouleau...

Tous les grands monuments parisiens auront droit à la flamme, à l'exception des sites de compétition (Concorde, Invalides, tour Eiffel), où les préparatifs empêchent son passage.

Si le feu d'artifice sera bien tiré de la tour Eiffel ce dimanche soir, la mairie insiste sur le fait qu'il ne sera visible que de loin ou à la télévision, mais pas du Champ-de-Mars ou du Trocadéro, inaccessibles.

Ce spectacle pyrotechnique, conçu comme une série "d'hommages à la capitale et aux valeurs de l'olympisme", selon la mairie de Paris, sera lancé une fois la flamme arrivée sur le parvis de l'Hôtel de Ville, aux alentours de 23H10, pour clôturer un concert et allumer le chaudron.

La flamme passera ensuite la nuit dans les salons dorés de l'Hôtel de Ville, où le public préalablement inscrit pourra venir la veiller toute la nuit, de 00H30 à 05H00.

Avant cela, elle doit déjà parcourir le coeur de la capitale pendant presque douze heures.

D'abord escortée, dans le tableau final du défilé militaire, par les écuyers du Cadre noir de Saumur et portée par leur chef Thibaut Vallette, médaillé d'or à Rio en 2016.

Puis lancée, à 13H00 à partir des Champs-Elysées, par le sélectionneur de l'équipe olympique de football Thierry Henry, icône des Bleus champions du monde 1998.

Traversant la Seine, où s'est baignée samedi la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, elle éclairera ensuite les grands symboles de la rive gauche (Assemblée nationale, Sénat, Panthéon, Sorbonne, Notre-Dame) avant de revenir rive droite (place des Vosges, Bastille, canal Saint-Martin, Louvre, Centre Pompidou).

Un défilé annoncé comme grandiose et gai, avec bal populaire, concerts et animations en tous genres.

- Quartiers chic et populaires -

Lundi matin, le relais s'élancera dès 8H15 de la porte de la Chapelle, où s'élève désormais l'Arena, seul équipement construit pour les JO intra-muros, pour un nouveau tour de Paris, cette fois dans les arrondissements extérieurs.

A Montmartre, après le Sacré-Coeur, les danseuses du Moulin Rouge, qui a retrouvé ses ailes tombées en avril, la salueront d'un inévitable French Cancan (09H20).

De l'ouest chic - Arc de Triomphe, Trocadéro, île aux Cygnes - aux quartiers plus populaires de la Butte-aux-Cailles et de Belleville, avec un hommage en chorale à sa plus célèbre figure, Edith Piaf, les organisateurs promettent "deux jours de festivités inoubliables".

De quoi oublier la situation politique du pays, qui a plongé les JO dans une zone d'incertitudes ?

Lancé avec éclat le 8 mai à Marseille, le parcours olympique a rencontré un franc succès en France, rassemblant quelque 5 millions de spectateurs, selon les organisateurs.

Mais il a été éclipsé par les soubresauts politiques, déclenchés par la victoire du RN aux européennes et l'annonce surprise de la dissolution.

Les tractations ont commencé en vue de la formation d'un nouveau gouvernement, mais elles sont rendues difficiles par l'absence de majorité.

D'autres observateurs estiment au contraire que les JO peuvent servir d'échappatoire face à l'actualité politique pesante.


JO-2024: la ministre des Sports Oudéa-Castera s'est baignée dans la Seine

La ministre française des Sports et des Jeux olympiques, Amélie Oudea-Castera, quitte le Palais présidentiel de l'Élysée après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 3 juillet 2024. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
La ministre française des Sports et des Jeux olympiques, Amélie Oudea-Castera, quitte le Palais présidentiel de l'Élysée après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 3 juillet 2024. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
Short Url
  • La ministre française des Sports et des JO Amélie Oudéa-Castéra s'est baignée samedi matin dans la Seine, selon des images diffusées par BFMTV, quelques jours avant la baignade programmée de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo
  • Le débit du fleuve en revanche reste élevé, encore au-delà de 500 mètres cubes/seconde samedi matin, ce qui est problématique tant pour la cérémonie que pour les épreuves

PARIS: La ministre française des Sports et des JO Amélie Oudéa-Castéra s'est baignée samedi matin dans la Seine, selon des images diffusées par BFMTV, quelques jours avant la baignade programmée de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo.

Moins de deux semaines avant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, la ministre s'est baignée en combinaison de plongée en plein centre de Paris, vers le Pont des Invalides, pas très loin du lieu où doivent se dérouler les épreuves olympiques de triathlon et de natation en eau libre.

Elle n'a pas échappé à la glissade en entrant dans le fleuve, accompagnée par le tout nouveau porte-drapeau de l'équipe de France paralympique, le paratriathlète Alexis Hanquinquant, selon les images de la chaîne d'information en continu.

Elle devance donc de quelques jours Anne Hidalgo avec qui elle entretient notoirement de mauvaises relations et qui a prévu de se baigner le 17 juillet si la qualité de l'eau reste bonne, selon une organisation partenaire.

Les épreuves olympiques de triathlon et de nage en eau libre doivent se dérouler au niveau du Pont Alexandre III.

"Techniquement et artistiquement, il est difficile de qualifier le geste de plongeon, nous sommes plutôt dans le registre de la glissade, ce qui finalement résume assez bien les choses", a-t-on ironisé samedi matin à la mairie de Paris.

"Dans quelques heures, Amélie Oudéa-Castéra ne sera plus ministre. L’important, c’est la fête populaire et l’engouement collectif des Parisiennes et des Parisiens en ce week-end d'arrivée de la flamme olympique", a-t-on ajouté de même source auprès de l'AFP.

La flamme olympique va en effet parcourir une première fois Paris durant deux jours, dimanche et lundi.

Après plusieurs salves de mauvais résultats en raison d'une météo très pluvieuse, les autorités locales ont annoncé vendredi de bons résultats de l'analyse de l'eau, à deux semaines du début des JO.

Le débit du fleuve en revanche reste élevé, encore au-delà de 500 mètres cubes/seconde samedi matin, ce qui est problématique tant pour la cérémonie que pour les épreuves.

Les organisateurs des JO, l'Etat, la mairie, et la préfecture de région suivent avec attention la météo très pluvieuse depuis le printemps qui a obligé le report des répétitions de la cérémonie d'ouverture et d'un entraînement de l'équipe de France de nage en eau libre.

Une répétition de la cérémonie d'ouverture a été, elle, reprogrammée au 16 juillet, a indiqué vendredi le ministère des Sports et des JO à quelques journalistes, avant trois autres les 20, 22 et 24 juillet soit deux jours avant l'ouverture des JO.


Assemblée: Attal officiellement élu président du groupe des députés Renaissance

Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours après les premiers résultats du deuxième tour des élections législatives françaises à Matignon à Paris le 7 juillet 2024. (AFP)
Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours après les premiers résultats du deuxième tour des élections législatives françaises à Matignon à Paris le 7 juillet 2024. (AFP)
Short Url
  • M. Attal a obtenu 84 voix sur les 98 députés inscrits à ce scrutin interne. 7 ont voté blanc et 7 autres se sont abstenus.
  • M. Attal prendra réellement ses fonctions de président de groupe jeudi.

PARIS : Le Premier ministre Gabriel Attal, seul candidat en lice, a été officiellement élu samedi président des députés Renaissance, a annoncé le groupe parlementaire dans un communiqué.

M. Attal a obtenu 84 voix sur les 98 députés inscrits à ce scrutin interne. 7 ont voté blanc et 7 autres se sont abstenus.

Faute de concurrence, l'élection de M. Attal ne faisait aucun doute: le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ou encore l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne, à qui était prêtée l'ambition de se présenter, ne s'étant finalement pas portés candidats.

Une députée - Stella Dupont - s'étant rattachée trop tard, n'a pas pu prendre part à l'élection au sein de ce groupe qui compte à date 99 membres.

M. Attal prendra réellement ses fonctions de président de groupe jeudi, à l'ouverture de la 17e législature, marquée par l'élection à la présidence de l'Assemblée. D'ici là, au nom de la séparation entre pouvoirs exécutif et législatif, le gouvernement devra avoir été déclaré comme démissionnaire, ce qui pourrait intervenir mardi à l'issue d'un Conseil de ministres, selon une source gouvernementale.