Netanyahou déclare qu'Israël se prépare à des scénarios dans d'autres régions que celle de Gaza

Israël poursuit sa guerre à Gaza mais se prépare également à des scénarios dans d'autres régions, a déclaré jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, alors que l'on craint que l'Iran ne se prépare à frapper Israël en réponse à l'assassinat de commandants iraniens de haut rang. (AFP/File)
Israël poursuit sa guerre à Gaza mais se prépare également à des scénarios dans d'autres régions, a déclaré jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, alors que l'on craint que l'Iran ne se prépare à frapper Israël en réponse à l'assassinat de commandants iraniens de haut rang. (AFP/File)
Short Url
Publié le Samedi 13 avril 2024

Netanyahou déclare qu'Israël se prépare à des scénarios dans d'autres régions que celle de Gaza

  • Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, dont le pays, ennemi d'Israël, soutient le Hamas, avait assuré mercredi qu'Israël serait «puni» après une attaque meurtrière qui lui a été imputée le 1er avril en Syrie
  • «Nous sommes en pleine guerre à Gaza, qui continue à plein régime (...) mais nous nous préparons aussi à faire face à des défis sur d'autres théâtres», a déclaré jeudi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyhau

TERRITOIRES PALESTINIENS : Des menaces de représailles de l'Iran contre Israël ont de nouveau fait monter la tension jeudi au Proche-Orient, suscitant des appels à la retenue au moment où des progrès en vue d'une trêve dans la bande de Gaza se font attendre.

Les bombardements israéliens ont fait 63 morts en 24 heures, selon le ministère de la Santé du Hamas, dans le territoire palestinien assiégé par Israël et dévasté par plus de six mois de guerre.

Alors que les pays médiateurs attendent des réponses d'Israël et du Hamas à leur dernière proposition de trêve, la guerre dans la bande de Gaza provoque une nouvelle poussée de fièvre dans la région.

L'Iran «menace de lancer une attaque importante contre Israël», a déclaré mercredi le président américain, Joe Biden. Il a assuré son allié de son soutien «inébranlable», en dépit des tensions entre les deux pays autour de la conduite de l'offensive israélienne contre le Hamas, et exhorté le mouvement islamiste palestinien à «avancer» sur l'offre de trêve.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, dont le pays, ennemi d'Israël, soutient le Hamas, avait assuré mercredi qu'Israël serait «puni» après une attaque meurtrière qui lui a été imputée le 1er avril en Syrie.

Cette frappe a détruit le consulat iranien à Damas et fait 16 morts, parmi lesquels sept membres du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, selon une ONG.

«Si l'Iran mène une attaque depuis son territoire, Israël répondra et attaquera l'Iran», a répondu en persan le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz.

La Russie de son côté a appelé jeudi l'Iran et Israël à faire preuve de «retenue» pour éviter une «déstabilisation» au Proche-Orient.

La cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, a elle aussi appelé à la «retenue», afin d'éviter une «nouvelle escalade régionale».

Depuis le début de la guerre à Gaza il y a plus de six mois, les tensions ont redoublé entre l'Iran, Israël et leurs alliés respectifs.

Les groupes pro-iraniens du Liban, d'Irak ou du Yémen mènent des attaques contre des objectifs israéliens et américains pour soutenir le Hamas. Israël de son côté a intensifié ses frappes contre des positions de l'armée syrienne mais surtout contre des groupes pro-iraniens, comme le Hezbollah au Liban, et des cibles militaires iraniennes en Syrie.

«Nous sommes en pleine guerre à Gaza, qui continue à plein régime (...) mais nous nous préparons aussi à faire face à des défis sur d'autres théâtres», a déclaré jeudi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyhau. «Nous sommes prêts pour la défense et l'attaque», a-t-il assuré.

- «Panique parmi les enfants» -

La guerre a éclaté le 7 octobre lorsque des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, entraînant la mort de 1.170 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l'AFP à partir des données officielles israéliennes.

Plus de 250 personnes ont été enlevées et 129 restent détenues à Gaza dont 34 sont mortes, d'après des responsables israéliens.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. Son armée a lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 33.545 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Jeudi, l'armée israélienne a annoncé avoir mené pendant la nuit «une opération de précision dans le centre de la bande de Gaza», «afin d'éliminer des agents terroristes».

«La situation est désastreuse et empire, les bombardements n'ont pas cessé et continuent», a raconté à l'AFP Imad Abu Shawish, un homme de 39 ans, dans le secteur de Nousseirat, dans le centre du territoire.

«Nous entendons le son des missiles qui tombent près de nous avant d'exploser, et provoquent la panique parmi les enfants et d'autres membres de la famille», a-t-il ajouté.

La dernière proposition avancée par le Qatar, les Etats-Unis et l'Egypte prévoit dans un premier temps une trêve de six semaines ainsi que la libération de 42 otages retenus à Gaza en échange de 800 à 900 Palestiniens incarcérés par Israël, l'entrée de 400 à 500 camions d'aide humanitaire chaque jour dans la bande de Gaza et le retour chez eux des habitants du nord du territoire déplacés par la guerre, selon une source du Hamas.

Les efforts de médiation n'ont pas permis jusqu'à présent de parvenir à un compromis. Jeudi, Israël a accusé le Hamas de «tourner le dos» à une «offre très raisonnable».

- «Des exigences claires» -

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé mercredi que la mort dans une frappe israélienne à Gaza de trois de ses fils ne ferait pas fléchir le mouvement islamiste, au pouvoir dans le territoire depuis 2007, dans ses exigences vis-à-vis d'Israël.

«Nos exigences sont claires et nous n'y renoncerons pas. Si l'ennemi croit que cibler mes fils au plus fort des négociations et avant que le Hamas ne donne sa réponse, poussera le mouvement à changer de position, il se trompe», a déclaré M. Haniyeh, basé à Doha, à la chaîne du Qatar Al-Jazeera.

Le Hamas exige avant tout accord un cessez-le-feu définitif, le retrait israélien de Gaza, une augmentation importante de l'aide humanitaire, un retour des déplacés et un accord «sérieux» d'échange d'otages et de prisonniers palestiniens.

Benjamin Netanyahu continue de répéter que la guerre se poursuivra jusqu'à la victoire sur le Hamas et la libération de tous les otages. Il maintient son projet d'offensive terrestre sur la ville de Rafah, frontalière avec l'Egypte à l'extrémité sud de la bande de Gaza, qu'il considère comme le dernier grand bastion du Hamas.

Ce projet suscite l'opposition de nombreuses capitales étrangères, à commencer par Washington, qui redoutent de lourdes pertes civiles dans la ville devenue un abri pour un million et demi de personnes, selon l'ONU, en majorité des déplacés qui ont fui la guerre plus au nord.


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
Short Url
  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Short Url
  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
Short Url
  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com