Présidentielle au Sénégal: l'opposant Sonko et son candidat en campagne en Casamance

Le chef de l'opposition Ousmane Sonko et le candidat à la présidence de la coalition Diomaye Président Bassirou Diomaye Faye assistent à un événement de campagne à Cap Skirring, au Sénégal, le 16 mars 2024. (Photo, AFP)
Le chef de l'opposition Ousmane Sonko et le candidat à la présidence de la coalition Diomaye Président Bassirou Diomaye Faye assistent à un événement de campagne à Cap Skirring, au Sénégal, le 16 mars 2024. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 17 mars 2024

Présidentielle au Sénégal: l'opposant Sonko et son candidat en campagne en Casamance

  • Les deux opposants Sonko et Faye, emprisonnés depuis 2023, ont été libérés jeudi soir après des mois de détention, en vertu d'une loi d'amnistie à l'instigation du président Macky Sall
  • Ce premier déplacement des deux hommes hors de Dakar a lieu alors que la campagne électorale a été écourtée par le report surprise du scrutin par le président Sall

CAP SKIRING: L'opposant sénégalais Ousmane Sonko et son second et candidat à la présidentielle du 24 mars Bassirou Diomaye Faye ont fait campagne samedi en Casamance (sud), deux jours après leur libération de prison.

MM. Sonko et Faye ont, à leur descente d'avion au Cap Skiring, aussitôt pris place dans un véhicule 4X4 noir aux vitres teintées, acclamés par des centaines de personnes à l'aéroport de cette station balnéaire parmi les plus importantes destinations touristiques du pays, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le candidat Faye, 43 ans, en boubou et casquette blancs, a été le premier à apparaître, suivi de M. Sonko, 49 ans, en chemise vert-pâle et également en casquette, tous les deux les bras levés en signe de victoire, devant une foule majoritairement jeune qui scandait "Diomaye président".

Un convoi de plusieurs dizaines de véhicules est ensuite parti de Cap-Skiring, à quelque 80 km de Ziguinchor, principale ville de Casamance dont M. Sonko est le maire, dans une région qui est son fief.

En Casamance, "je suis dans mon domaine. Cet accueil sera unique" pendant la campagne électorale, a déclaré M. Faye à l'étape de Oussouye, près du Cap Skiring.

S'il est élu, il ferait des problèmes de cette région, enclavée et minée depuis plus de 40 ans par une rébellion indépendantiste armée, "une urgence à régler". La Casamance "aurait dû être la capitale économique et culturelle du Sénégal en raison de ses nombreuses potentialités" agricoles, forestières et touristiques notamment, a-t-il ajouté.

M. Faye a fait part de son "projet d'un Sénégal souverain, un Sénégal de justice, un Sénégal de prospérité", à l'étape de Ziguinchor où le convoi est arrivé alors que la nuit était complètement tombée.

"Il reste une semaine avant la présidentielle. Dimanche prochain (24 mars), à pareille heure, nous serons en train de célébrer la victoire de Bassirou Diomaye Faye comme cinquième président du Sénégal", a déclaré Ousmane Sonko à Ziguinchor.

"Voter Bassirou Diomaye Faye, c'est voter deux fois pour Ousmane Sonko", a-t-il poursuivi, réitérant le tandem avec le candidat qu'il a choisi.

La caravane, qui devait sillonner la région, a attiré plusieurs milliers de personnes le long des localités traversées.

Les deux opposants Sonko et Faye, emprisonnés depuis 2023, ont été libérés jeudi soir après des mois de détention, en vertu d'une loi d'amnistie à l'instigation du président Macky Sall, qui ne se présente pas au scrutin présidentiel après deux mandats de sept et cinq ans.

Ce premier déplacement des deux hommes hors de Dakar a lieu alors que la campagne électorale a été écourtée par le report surprise du scrutin par le président Sall, initialement prévu le 25 février.

Sortis de prison, MM. Sonko et Faye, président et secrétaire général du parti Pastef dissous, peuvent désormais participer à la campagne, qui met aux prises 18 hommes et une femme.

Ousmane Sonko a été disqualifié de la présidentielle en janvier, le Pastef désignant alors M. Faye.

"Diffamations et calomnies"

Lors d'une conférence de presse commune vendredi, les deux hommes s'en sont pris au candidat du pouvoir, l'ex-Premier ministre Amadou Ba. "S'il est élu, il sera le président des pays étrangers", a dit M. Sonko, accusant M. Ba d'avoir couvert des malversations.

M. Sonko "récidive en consacrant toute une conférence de presse à des diffamations et calomnies insipides", a rétorqué, dans un communiqué, le camp de M. Ba, en campagne samedi dans le nord et l'est du pays.

Le programme de M. Faye le présente comme le "candidat du changement de système" et d'un "panafricanisme de gauche", qui promet de restituer au Sénégal sa souveraineté et renégociera, s'il est élu, les contrats d'exploitation du gaz et du pétrole ainsi que les accords de défense.

Cette plateforme décline les thèmes caractéristiques de M. Sonko, dont les diatribes contre la corruption, les élites, les multinationales et l'emprise économique et politique exercée selon lui par l'ancienne puissance coloniale française ont fait le succès du Pastef.

La mise en cause de M. Sonko par la justice, conjuguée aux tensions économiques et sociales et au flou longtemps maintenu par le président Sall sur un troisième mandat, a donné lieu entre 2021 et 2023 à différents épisodes d'émeutes, pillages et saccages.

Le report de la présidentielle a causé de nouveaux heurts.

Des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines arrêtées depuis 2021, au cours de troubles qui ont fortement ébranlé un pays considéré comme l'un des plus stables d'une Afrique de l'Ouest secouée par les coups de force.

 


Manille accuse Pékin d'avoir saisi des armes sur des bateaux philippins

Cette photo extraite d'une vidéo publiée par la Garde côtière philippine le 7 juin 2024 montre des plongeurs et des scientifiques marins de la Garde côtière philippine examinant une partie du haut-fond de Sabina dans les eaux de la mer de Chine méridionale. (AFP)
Cette photo extraite d'une vidéo publiée par la Garde côtière philippine le 7 juin 2024 montre des plongeurs et des scientifiques marins de la Garde côtière philippine examinant une partie du haut-fond de Sabina dans les eaux de la mer de Chine méridionale. (AFP)
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  • Selon le chef de l'état-major philippin, le général Romeo Brawner, les Chinois étaient armés d'épées, de lances et de couteaux
  • Washington a «condamné» des «manoeuvres dangereuses et agressives» de la Chine

MANILLE: Manille a accusé mercredi des garde-côtes chinois d'avoir saisi des armes sur certains bateaux philippins en mer de Chine méridionale, lors d'une confrontation qui a fait un blessé grave lundi côté philippin.

"Le personnel des garde-côtes chinois a embarqué illégalement sur nos RHIBS (bateaux pneumatiques à coque rigide)" et "ils ont récupéré quelques armes", a déclaré à la presse le contre-amiral Alfonso Torres, chef du commandement occidental des Philippines.

Les marins philippins avaient reçu l'ordre de ne pas utiliser ces armes lors de cette confrontation survenue lundi au large de l'atoll Second Thomas Shoal, a ajouté M. Torres.

Lundi, Manille avait accusé des navires chinois d'avoir endommagé des bateaux philippins en mer de Chine méridionale, avant d'annoncer mardi qu'un marin philippin avait été grièvement blessé lors d'une collision durant ces incidents.

Mercredi le contre-amiral Torres a affirmé que le marin avait perdu son pouce lors de cette collision et il a martelé que les garde-côtes chinois avaient selon lui "délibérément éperonné" les bateaux philippins.

«Piraterie»

Selon le chef de l'état-major philippin, le général Romeo Brawner, les Chinois étaient armés d'épées, de lances et de couteaux.

Il a dénoncé l'action chinoise comme étant de la "piraterie" et a exigé la restitution des armes et autres équipements saisis, ainsi que des réparations pour les objets endommagés.

"C'est la première fois que nous voyons les garde-côtes chinois porter des bolos (un type d'épée à un seul tranchant), des lances et des couteaux. Nos troupes n'avaient rien de tout cela, nous avons riposté à mains nues", a-t-il affirmé mercredi devant la presse après avoir rendu visite au militaire blessé.

Pékin de son côté a défendu mercredi ce que Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a qualifié de mesures "professionnelles et modérées" prises par les garde-côtes chinois à l'encontre de navires philippins. "Aucune mesure directe n'a été prise à l'encontre du personnel des Philippines", a ajouté Lin Jian.

Les médias d'Etat de Pékin ont diffusé des images des garde-côtes chinois présentées comme celles "des garde-côtes chinois" procédant "pour la première fois à l'arraisonnement et à l'inspection d'un bateau philippin".

Lundi les garde-côtes chinois avaient affirmé qu'un navire de ravitaillement philippin dans la zone avait "ignoré de nombreux avertissements solennels de la part de la Chine". Ils avaient ajouté avoir "pris des mesures de contrôle" à son encontre "conformément à la loi".

Les photos montrent deux navires chinois s'approchant de part et d'autre d'un navire philippin plus petit, tandis qu'un autre bâtiment chinois les suit de près.

On y aperçoit des garde-côtes chinois monter à bord du navire encerclé.

L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier les images de manière indépendante.

Le bateau s'était "approché du (...) navire chinois d'une manière non-professionnelle, entraînant une collision", avait assuré Pékin après l'incident.

Les militaires philippins avaient rejeté ces accusations, les qualifiant de "trompeuses et mensongères".

"Il devrait maintenant être clair pour la communauté internationale que les actions de la Chine sont les véritables obstacles à la paix et à la stabilité en mer de Chine méridionale", avait déclaré le secrétaire à la Défense philippin, Gilberto Teodoro.

Les alliés de Manille avaient exprimé leur inquiétude.

Washington notamment avait "condamné" des "manoeuvres dangereuses et agressives" de la Chine.

L'atoll Second Thomas Shoal a été le théâtre d'un nombre croissant de confrontations entre navires chinois et philippins ces derniers mois.

Ces incidents ont souvent eu lieu au cours de missions de ravitaillement par les Philippines des militaires présents sur le BRP Sierra Madre, un vaisseau de guerre délibérément échoué sur l'atoll dans le but d'en faire un avant-poste et d'affirmer leurs prétentions en matière de souveraineté face à la Chine.

L'atoll Second Thomas se situe à environ 200 km de l'île philippine de Palawan et à plus de 1.000 km de la grande île chinoise la plus proche, Hainan.

Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, une importante route commerciale, et ignore un arbitrage international qui lui a donné tort en 2016. Elle y fait patrouiller des centaines de navires des garde-côtes et de la marine et y a transformé plusieurs récifs en îles artificielles militarisées.

Les incidents répétés entre la Chine et les Philippines en mer de Chine méridionale font craindre un conflit plus large qui pourrait impliquer les Etats-Unis, allié des Philippines, et d'autres pays de la région, dans une période où la Chine renforce sa pression diplomatique et militaire autour de Taïwan en envoyant fréquemment des avions et des navires dans ses alentours.


Kim assure Poutine de son soutien pour l'Ukraine et signe un pacte de défense mutuelle

La Corée du Nord et la Russie ont signé mercredi un accord de défense mutuelle en cas d'«agression». (AFP)
La Corée du Nord et la Russie ont signé mercredi un accord de défense mutuelle en cas d'«agression». (AFP)
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  • Moscou et Pyongyang sont alliés depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), mais se sont rapprochés depuis l'opération militaire russe lancée en Ukraine en 2022
  • Selon Washington et Séoul, la Russie a fourni à la Corée du Nord son expertise pour son programme de satellites et envoyé de l'aide pour faire face aux pénuries alimentaires du pays

SEOUL: La Corée du Nord et la Russie ont signé mercredi un accord de défense mutuelle en cas d'"agression", a annoncé le président russe Vladimir Poutine qui, accueilli en grande pompe à Pyongyang, a reçu le soutien total de son hôte Kim Jong Un pour sa guerre contre l'Ukraine.

"Le traité pour un partenariat global signé aujourd'hui prévoit, entre autres, une assistance mutuelle en cas d'agression contre une partie du traité", a déclaré M. Poutine à la presse après avoir signé le document.

"La Russie et la Corée mènent toutes deux une politique étrangère indépendante et n'acceptent pas le langage du chantage et du diktat", a-t-il ajouté, dans un avertissement clair à l'Occident.

Le président russe a qualifié l'accord de "document véritablement révolutionnaire", ajoutant que la Russie "n'excluait pas pour elle-même une coopération militaro-technique" avec Pyongyang.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a précisé que l'accord était "exclusivement pacifique et défensif". Qualifiant M. Poutine de "meilleur ami" de son pays, il a salué l'avènement d'une "nouvelle ère" dans les relations avec Moscou.

La Corée du Nord "exprime son entier soutien et sa solidarité au gouvernement, à l'armée et au peuple russes dans la conduite de l'opération militaire spéciale en Ukraine pour protéger la souveraineté, les intérêts de sécurité et l'intégrité territoriale", a-t-il dit à son invité.

"Nous apprécions beaucoup votre soutien systématique et permanent de la politique russe, y compris sur le dossier ukrainien", a dit en retour M. Poutine.

Tapis rouge et danses 

Le président russe a été accueilli par un tapis rouge et une grande cérémonie sur la place Kim Il Sung, avec une fanfare militaire et des danses synchronisées. Il a ensuite mené des entretiens pendant une heure et demi aux côtés de sa délégation avec le dirigeant nord-coréen, suivis d'un aparté. Il a invité Kim Jong Un à se rendre à Moscou.

Ce renforcement des relations entre les deux pays suscite l'inquiétude à Séoul et Washington.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont accusé la Corée du Nord de fournir des munitions et des missiles à la Russie pour sa guerre en Ukraine, et craignent que la visite de M. Poutine ne débouche sur de nouvelles livraisons.

Il s'agit de la première visite en Corée du Nord de Vladimir Poutine depuis 24 ans et de la deuxième rencontre entre les deux hommes en moins d'un an. En septembre 2023, Kim Jong Un s'était rendu en train blindé dans l'Extrême-orient russe pour un sommet avec le chef du Kremlin.

Moscou et Pyongyang sont alliés depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), mais se sont rapprochés depuis l'opération militaire russe lancée en Ukraine en 2022.

"La Russie a besoin du soutien de la Corée du Nord en matière d'armement en raison de la guerre prolongée en Ukraine, tandis que la Corée du Nord a besoin du soutien de la Russie en matière de nourriture, d'énergie et d'armes de pointe pour alléger la pression des sanctions", a indiqué à l'AFP Koh Yu-hwan, professeur émérite d'études nord-coréennes à l'université de Dongguk.

"La question de l'alliance militaire doit toutefois être considérée séparément de ce qui est annoncé publiquement et de ce qui est réellement discuté lors des réunions entre les deux dirigeants", a-t-il déclaré, ajoutant que Moscou restait prudent et ne voulait pas "brûler complètement les ponts avec des pays comme la Corée du Sud".

Préoccupations occidentales 

Américains et Européens s'inquiètent depuis des mois du rapprochement accéléré entre Moscou et Pyongyang, accusant les Nord-Coréens de livrer massivement des munitions et des missiles à la Russie.

En échange, selon Washington et Séoul, la Russie a fourni à la Corée du Nord son expertise pour son programme de satellites et envoyé de l'aide pour faire face aux pénuries alimentaires du pays.

En mars, la Russie avait utilisé son veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre fin à la surveillance des violations des sanctions internationales visant la Corée du Nord, un cadeau majeur à Pyongyang. M. Poutine a enfoncé le clou mercredi en affirmant que ces sanctions "inspirées par les Etats-Unis et leurs alliées" devaient être "réexaminées".

Le soutien de Vladimir Poutine permet à Kim Jong Un d'"amoindrir sa dépendance" à l'égard d'un autre allié clé, Pékin, a déclaré à l'AFP Vladimir Tikhonov, professeur d'études coréennes à l'université d'Oslo.

Entre-temps, le président russe "obtient un accès sécurisé aux obus d'artillerie de type soviétique dont il a besoin en énormes quantités aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Cette visite d'Etat est un moyen pour M. Poutine de remercier la Corée du Nord "de remplir le rôle d'un +arsenal pour l'autocratie+ en soutenant son invasion illégale de l'Ukraine", a estimé Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul.


Fausses vidéos au rabais: Joe Biden attaqué sur son âge dans des clips tronqués

Fausses vidéos au rabais: Joe Biden attaqué sur son âge dans des clips tronqués
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  • La Maison Blanche s'est insurgée contre ces vidéos tronquées et manipulées au moment où nombre d'électeurs se posent des questions sur l'état de santé physique et mental du chef de l'Etat
  • Ces vidéos, qui prétendent montrer un Joe Biden désorienté devant un spectacle de parachutisme ou figé pendant un concert, illustrent à quel point la campagne est devenue personnelle et haineuse

WASIHNGTON: Le camp républicain inonde internet de  vidéos sorties de leur contexte pour dépeindre Joe Biden, le président démocrate de 81 ans, comme quelqu'un qui n'a plus toutes ses facultés à moins de cinq mois de la présidentielle américaine de novembre.

La Maison Blanche s'est insurgée contre ces vidéos tronquées et manipulées au moment où nombre d'électeurs se posent des questions sur l'état de santé physique et mental du chef de l'Etat. Son rival Donald Trump, lui-même âgé de 78 ans, a fait de l'âge du capitaine un axe d'attaque majeur de sa campagne.

Ces vidéos, qui prétendent montrer un Joe Biden désorienté devant un spectacle de parachutisme ou figé pendant un concert, illustrent à quel point la campagne est devenue personnelle et haineuse après la condamnation pénale de Donald Trump et avant le premier débat électoral entre les deux candidats.

Les vidéos, publiées sur X par un compte du Comité national du parti (RNC), sont selon la Maison Blanche des "faux au rabais", un terme utilisé par les spécialistes pour décrire les contenus manipulés grâce à des technologies basiques et peu coûteuses.

Dans un clip partagé par le compte "RNC Research", le président américain esquisse le geste de s'asseoir durant une cérémonie de commémoration du Débarquement de la Seconde guerre mondiale.

Des influenceurs conservateurs ont sauté sur la vidéo de 13 secondes, accusant à tort le président d'avoir tenté de se poser alors qu'il n'y avait pas de chaise.

Mais si on poursuit le visionnage des images, il est clair qu'il y avait bien un siège derrière lui.

Fact-check 

Jake Schneider, gestionnaire du compte du RNC, a assuré à l'AFP se contenter de publier des clips qui "viennent tout droit des flux vidéo de pool".

La vidéo en question a été publiée avec la mention "Embarrassant".

Un fact-check de l'AFP a permis de démontrer qu'elle avait été éditée pour éliminer les images suivantes, qui montrent que le président a commencé à s'asseoir, s'est arrêté en attendant le ministre de la Défense Lloyd Austin, puis s'est assis pour de bon lorsque ce dernier s'est levé pour parler.

Zeve Sanderson, directeur du Centre chargé des réseaux sociaux et de la politique à l'Université de New York explique que les vidéos tronquées sont efficaces car elles sont manipulées de manière moins évidente que les contenus entièrement inventés ou générés par l'intelligence artificielle.

Les gens sont peut-être davantage tentés de prendre pour argent comptant ces vidéos privées de leur contexte car il existe "des vrais clips de Joe Biden en train d'être vieux", dit-il.

"Elles sont conformes au sentiment général qui existe déjà dans l'opinion. Si les gens pensaient que Joe Biden était jeune et vif, il serait peu probable que ces clips se répandent autant", explique-t-il à l'AFP. "C'est une tactique extrêmement efficace."

Dans une autre vidéo largement répandue, Joe Biden semble désorienté en s'éloignant d'autres dirigeants durant une démonstration de parachutisme au sommet du G7 en Italie.

 « Inventer des choses »

Après la publication des images par le parti républicain, le New York Post a partagé sur internet la vidéo recadrée pour exclure le parachutiste que Joe Biden était allé féliciter.

La Maison Blanche s'est également élevée contre une séquence très commentée publiée par le compte du RNC et le journal, qui montre le président "figé" pendant un concert.

"Il est révélateur que les critiques de droite, y compris le triste petit comité d'action politique (du magnat conservateur) Rupert Murdoch, le New York Post, aient recours à la désinformation et à des contrefaçons bon marché", se désole Andrew Bates, secrétaire de presse adjoint de la Maison Blanche, dans un communiqué à l'AFP.

Selon lui, le bilan du président sortant "est si menaçant à leurs yeux qu'ils ressentent le besoin d'inventer des choses".

Steven Cheung, le directeur de campagne de Donald Trump, rétorque que les commentaires de l'équipe adverse sont "ridicules" face à la "dure réalité".

Les sondages montrent que les Américains sont bien plus nombreux à estimer que le président actuel est trop vieux pour un second mandat que ceux qui pensent la même chose de Donald Trump.

Pour cette raison, Zeve Sanderson s'attend à ce que les campagnes de désinformation visant les facultés de Joe Biden s'intensifient.

"On va continuer à avoir des contenus relatifs à l'âge de Biden car cela continue de préoccuper les électeurs".