Le ramadan, un temps propice au renforcement des liens familiaux

Pendant le ramadan, les familles saoudiennes cherchent à entreprendre des activités ensemble et à se réunir sous un même toit pour l’iftar. (Visit Saudi/Photo fournie)
Pendant le ramadan, les familles saoudiennes cherchent à entreprendre des activités ensemble et à se réunir sous un même toit pour l’iftar. (Visit Saudi/Photo fournie)
Préparatifs pour le ramadan dans la Vieille Ville d’Albalad, à Djeddah. (Photo AN, Houda Bashatah)
Préparatifs pour le ramadan dans la Vieille Ville d’Albalad, à Djeddah. (Photo AN, Houda Bashatah)
Rassemblement communautaire dans la Vieille Ville d’Albalad, à Djeddah. (Photo AN, Houda Bashatah)
Rassemblement communautaire dans la Vieille Ville d’Albalad, à Djeddah. (Photo AN, Houda Bashatah)
Le ramadan est l’occasion pour les gens de passer du temps ensemble, de réfléchir à ce qu’ils ont reçu comme bénédictions et d’entretenir leurs relations. (Photo AN, Houda Bashatah)
Le ramadan est l’occasion pour les gens de passer du temps ensemble, de réfléchir à ce qu’ils ont reçu comme bénédictions et d’entretenir leurs relations. (Photo AN, Houda Bashatah)
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Publié le Mardi 12 mars 2024

Le ramadan, un temps propice au renforcement des liens familiaux

  • La famille constitue une pierre angulaire de la culture saoudienne et, pendant le mois sacré, diverses activités sont organisées
  • De nombreuses personnes profitent du ramadan pour rendre visite à leur famille et réunir tout le monde sous un même toit à l’occasion de l’iftar

RIYAD: En Arabie saoudite, le ramadan est une période où les familles se réunissent pour renforcer leurs liens familiaux, célébrer le mois sacré et raviver leur spiritualité. 

 La famille constitue une pierre angulaire de la culture saoudienne et, pendant le mois sacré, diverses activités propres au ramadan sont organisées. 

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 Pendant cette fête religieuse, les familles saoudiennes cherchent à faire des activités ensemble et à se réunir sous un même toit pour l’iftar. (Visit Saudi/Photo fournie) 

Traditionnellement, les ménages regroupent plusieurs générations. Toutefois, la situation a changé ces derniers temps. De nombreuses personnes profitent du ramadan pour rendre visite à leur famille et réunir tout le monde sous un même toit à l’occasion de l’iftar. 

En faisant ses courses en prévision du mois sacré, Hind Khalid, une Saoudienne de Riyad, manifeste son enthousiasme en ces termes: «Les réunions de famille incarnent l’esprit du mois de ramadan.» 

 

FOCUS

  • Certaines familles prévoient une journée pour rassembler et collecter des dons à destination des moins fortunés ou pour soutenir des organisations caritatives locales. 
  • Les gens aiment aussi réciter le Coran et se réunir pour se raconter des histoires en présence des membres plus âgés de la famille.

Le lien émotionnel qui se développe lors des rassemblements du ramadan crée une proximité entre les gens et renforce l’importance des relations familiales. 

«Le ramadan représente tant de choses pour moi. C’est l’occasion de renouer avec des personnes que je n’ai pas vues depuis longtemps à cause de mon travail et de mon mode de vie très actif.» 

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Pendant le ramadan, les familles saoudiennes cherchent à faire des activités ensemble et à se réunir sous un même toit pour l’iftar. (Visit Saudi/Photo fournie) 

Les gens adorent partager des actes simples comme la joie de rompre le jeûne et d’exprimer leur gratitude pour les bénédictions qu’ils ont reçues. Les rassemblements sont également l’occasion de nouer des liens grâce à des conversations enrichissantes. 

En outre, les gens partagent leurs expériences dans les actes de culte, ce qui favorise un sentiment plus profond d’empathie et de compréhension entre les proches. De nombreuses familles accomplissent les prières nocturnes du Tarawi en groupe ou se rendent à la mosquée de leur quartier. Ces prières cultivent à la fois un sentiment de spiritualité et d’unité. 

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Le ramadan est l’occasion pour les gens de passer du temps ensemble, de réfléchir à ce qu’ils ont reçu comme bénédictions et d’entretenir leurs relations. (Photo AN, Houda Bashatah) 

Les gens aiment aussi réciter le Coran et se réunir pour se raconter des histoires en présence des membres plus âgés de la famille. Ces activités permettent aux aînés de partager leur sagesse et leurs connaissances avec les plus jeunes, renforçant ainsi les liens intergénérationnels et préservant l’héritage culturel et familial. 

Évoquant les traditions de sa famille, Mme Khaled confie: «Certaines des activités que nous pratiquons en famille pendant le ramadan sont des jeux et des concours religieux, avec des récompenses motivantes. Par exemple, il y a un prix pour la personne qui récite le Coran en entier pendant le mois sacré ou pour la personne qui participe le plus à la cuisine.» 

«Certaines des activités que nous pratiquons en famille pendant le ramadan sont des jeux et des concours religieux, avec des récompenses motivantes.»  

Hind Khaled, habitante de Riyad 

 Hanane Hammad, une autre Saoudienne, décrit certaines de ces traditions familiales: «Nous jouons parfois à des jeux de cartes ou à des jeux de groupe en ligne. Nous organisons également un concours de mémorisation du Coran pour les enfants afin de les encourager à lire le texte sacré.» 

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Le ramadan est l’occasion pour les gens de passer du temps ensemble, de réfléchir à ce qu’ils ont reçu comme bénédictions et d’entretenir leurs relations. (Photo AN, Houda Bashatah) 

De même, les activités caritatives sont privilégiées par de nombreuses personnes pendant le ramadan. Certaines familles prévoient une journée destinée à rassembler et à collecter des dons à destination des moins fortunés ou pour soutenir des organisations caritatives locales. D’autres préparent et emballent des repas afin de les distribuer à leurs voisins ainsi qu’aux personnes dans le besoin. 

Ces actes empreints de bonté et de générosité montrent la valeur de la compassion au sein de la communauté et constituent un exemple pour les jeunes générations. 

Le ramadan est aussi l’occasion de déguster en famille des plats traditionnels saoudiens comme le jareesh, le saleeg et le tharid. Cuisiner, déguster ensemble des plats traditionnels permet non seulement de renforcer les liens familiaux et communautaires, mais aussi de célébrer le riche patrimoine culinaire du Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

 


Tarboosh Jedde Maallak : une histoire d’amour libanaise entre mémoire et diaspora

Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
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  • Tarboosh Jedde Maallak arrive à Dubaï pour une représentation unique, après avoir rempli plus de 25 salles au Liban
  • À travers le destin croisé de ses personnages, la pièce offre une réflexion sensible sur la diaspora libanaise et le lien profond avec la terre natale

​​​​​​DUBAÏ: Après une tournée exceptionnelle de plus de 25 représentations à guichets fermés au Liban, la pièce théâtrale Tarboosh Jedde Maallak s’apprête à rencontrer le public de Dubaï pour une représentation très attendue.

Écrite par Marwa Khalil et Riad Chirazi (également auteurs de la pièce Mafroukeh), qui signe aussi la mise en scène, la production met en scène le comédien et stand-uppeur Junaid Zeineddine, aux côtés de l’actrice Marwa Khalil. Ensemble, ils livrent une pièce à la fois touchante et teintée d’humour, explorant l’amour, la perte et la quête d’identité.

Mêlant romance et regard socio-politique acéré, la pièce aborde les thèmes du départ et du retour, des promesses brisées, de l’amour qui persiste malgré le chaos, ainsi que de la nostalgie et de la mémoire collective.

L’histoire se déroule sur fond de l’histoire mouvementée du Liban, de 1980 à 2025. Elle suit deux personnages principaux dont les trajectoires divergent profondément. Hala, contrainte de quitter son pays, traverse Paris, Montréal et Dubaï, incarnant l’expérience de la diaspora libanaise tout en portant en elle le poids émotionnel de sa terre natale. Ibrahim, quant à lui, choisit de rester au Liban, ancré dans un pays marqué par la lutte, la résilience et l’espoir.

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Sur scène, l’émotion et l’humour se mêlent dans Tarboosh Jedde Maallak. (Photo: fournie)

Leur histoire d’amour devient un miroir sensible de l’impact des bouleversements nationaux sur les relations intimes, offrant une réflexion poignante sur l’appartenance, l’identité et le coût émotionnel de l’instabilité politique et sociale. Avec finesse et tendresse, Tarboosh Jedde Maallak évoque les souvenirs partagés d’une génération tout en touchant à des expériences universelles de séparation et de manque.

À Dubaï, la pièce sera présentée lors de deux représentations à 19h et 21h30, offrant au public une occasion de découvrir une œuvre qui a marqué les spectateurs arabophones de la région.

Présentée par Bayroute Events et BYL Events, en collaboration avec Art For All, cette soirée promet d’attirer les passionnés de théâtre, les membres de la diaspora libanaise et les amateurs de théâtre arabe contemporaine.

Véritable hommage à l’esprit humain libanais, Tarboosh Jedde Maallak s’annonce comme une pièce, émouvante et profondément culturelle.


De Djeddah à Paris, l’engagement artistique de la famille Jameel salué par la France

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  • Fady Jameel a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, en reconnaissance de l’engagement pionnier et international de la famille Jameel en faveur des arts depuis 80 ans
  • Art Jameel touche près de deux millions de personnes chaque année, grâce à ses centres de Djeddah et de Dubaï et à un vaste réseau de partenariats culturels mondiaux, notamment avec la France

​​​​​​Paris / Djeddah: La famille Jameel, reconnue pour son rôle pionnier dans le soutien aux arts à l’échelle mondiale, a vu son engagement distingué par la République française. Fady Mohammed Jameel, président d’Art Jameel et vice-président international d’Abdul Latif Jameel, a été décoré de l’insigne de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres lors d’une cérémonie officielle organisée à Paris par Madame Rachida Dati, ministre de la Culture.

Attribuée par le ministère français de la Culture, cette distinction honore des personnalités ayant contribué de manière significative au rayonnement des arts et de la culture en France et à l’international. Elle vient saluer 80 années d’engagement philanthropique de la famille Jameel, ainsi que plus de deux décennies d’actions structurantes en faveur des arts sous l’impulsion de Fady Jameel, notamment au Moyen-Orient et dans le cadre d’échanges culturels étroits avec la France.

Fondée en 2003, Art Jameel s’est imposée comme l’une des organisations artistiques les plus influentes de la région. Financée principalement par la famille Jameel et guidée par une mission civique forte, l’institution œuvre pour rendre les arts accessibles à toutes et tous, à travers des expositions, des commandes artistiques, des programmes éducatifs et des initiatives cinématographiques. Chaque année, ses activités touchent près de deux millions de personnes à Djeddah, Dubaï et à travers le monde.

Art Jameel soutient notamment Hayy Jameel à Djeddah – pôle majeur dédié au cinéma et aux arts, qui accueille l’Alliance Française et le premier cinéma indépendant d’Arabie saoudite – ainsi que le Jameel Arts Centre à Dubaï, récemment distingué par une médaille d’excellence lors des Art Basel Awards pour sa vision innovante et son impact culturel. L’organisation développe également un réseau international de partenariats de premier plan avec des institutions telles que le Victoria and Albert Museum à Londres et le Metropolitan Museum of Art à New York.

Les échanges culturels entre la France et le monde arabe occupent une place centrale dans cette dynamique. Art Jameel collabore régulièrement avec des institutions françaises autour de projets d’expositions, de cinéma, de musique et de restauration du patrimoine, tout en mettant en lumière des artistes français et issus des diasporas arabes au sein de ses programmations.

Recevant cette distinction, Fady Jameel a souligné le rôle essentiel des arts comme vecteur de dialogue, de transmission et de transformation sociale, réaffirmant l’engagement d’Art Jameel à renforcer durablement les écosystèmes artistiques, à soutenir les créateurs et à favoriser les échanges culturels internationaux.


IMA: Le centenaire de Youssef Chahine, ou le souvenir d’un cinéaste qui voulait changer le monde

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'exprime aux côtés de l'adjointe au maire Anne Hidalgo (2e à droite) et de l'architecte Philippe Pumain (3e à droite) tandis qu'une photo du réalisateur égyptien Youssef Chahine est projetée sur un écran lors de l'inauguration du cinéma Louxor, le 17 avril 2013 à Paris. (AFP)
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'exprime aux côtés de l'adjointe au maire Anne Hidalgo (2e à droite) et de l'architecte Philippe Pumain (3e à droite) tandis qu'une photo du réalisateur égyptien Youssef Chahine est projetée sur un écran lors de l'inauguration du cinéma Louxor, le 17 avril 2013 à Paris. (AFP)
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  • L’empreinte de Chahine n’est jamais loin de l’œuvre du cinéaste égyptien Yousri Nasrallah, de la Libanaise Randa Chahal, ou encore des réalisateurs syriens Mohammad Malas et Omar Amiralay
  • C’est également à Youssef Chahine que revient le mérite d’avoir découvert la star du cinéma arabe et international Omar Sharif. C’est lui aussi qui fit tourner la diva libanaise Fayrouz dans Le Vendeur d’anneaux

PARIS: Il y a des cinéastes dont on célèbre l’œuvre, et il y a ceux dont on célèbre aussi la présence, l’empreinte humaine, la voix qui continue de résonner longtemps après la disparition. Le réalisateur Youssef Chahine appartient à cette seconde catégorie.

À l’occasion du centenaire de sa naissance, le 25 janvier 1926 à Alexandrie, en Égypte, l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris rend hommage à un géant du cinéma arabe et convoque une mémoire vivante, vibrante, profondément affective.

À partir du 22 janvier, l’IMA déploie un programme dense de projections, de tables rondes, de rencontres et de témoignages, conçu sous la direction attentive de Jean-Michel Frodon, critique et fin connaisseur du cinéma arabe. Un programme qui ne cherche pas à figer Chahine dans un panthéon, mais à le faire revivre, à le réentendre, à le regarder autrement.

Disparu en juillet 2008, Youssef Chahine a accompagné, secoué et parfois dérangé l’histoire du monde arabe dès les années 1950. Son œuvre, composée notamment de 38 longs métrages, est traversée par une urgence permanente : dire le réel sans fard, interroger l’identité, le pouvoir, l’injustice et les appartenances multiples.

Son cinéma est politique, militant, parfois mélodramatique, mais surtout accessible à tous. Il parle de l’Égypte, mais il parle aussi de nous tous.

Ce cinéma, souvent patriotique et combatif, n’a jamais été confortable. Chahine refusait la facilité comme il refusait le silence. Il filmait la société avec une liberté rare, parfois au prix de la censure, souvent au prix de la solitude.

Et pourtant, il n’a jamais cessé de transmettre, d’aider, d’ouvrir la voie. Son œuvre est devenue une école, une matrice pour toute une génération de cinéastes arabes — égyptiens, libanais, syriens — qui ont trouvé en lui un maître, mais surtout un compagnon de route.

L’empreinte de Chahine n’est jamais loin de l’œuvre du cinéaste égyptien Yousri Nasrallah, de la Libanaise Randa Chahal, ou encore des réalisateurs syriens Mohammad Malas et Omar Amiralay.

C’est également à Youssef Chahine que l’on doit la révélation de la star du cinéma arabe et international Omar Sharif. Il fit aussi tourner la diva libanaise Fayrouz dans Le Vendeur d’anneaux, ainsi que la chanteuse Dalida dans Le Sixième Jour.

Mais parler de Youssef Chahine, c’est aussi parler de l’homme. Et la parole de Jack Lang, président de l’IMA et ancien ministre français de la Culture, prend ici une résonance particulière.

Dans un échange avec Arab News en français, Jack Lang ne parle pas d’un monument, mais d’un ami.
« Youssef Chahine, c’est un immense cinéaste », dit-il simplement, avant d’ajouter : « Nous étions liés d’amitié. »

Cette amitié remonte à une époque lointaine. Jack Lang se souvient de sa première rencontre avec son cinéma, presque par hasard, dans une petite salle parisienne.
Le film La Terre, projeté dans un cinéma du Quartier latin, fut pour lui un choc :
« Ce film m’a touché, ébloui. Je me suis dit que je devais rencontrer un jour l’auteur de ces images », confie-t-il.

Ce désir de rencontre n’était pas celui d’un futur ministre, mais d’un jeune homme passionné et curieux, saisi par la puissance d’un regard. La rencontre aura lieu en Égypte, et avec elle, la découverte d’un homme « merveilleusement charmant, ouvert, accessible ».

Chahine n’était ni distant ni intimidant. Il aimait partager, transmettre, faire découvrir. Grâce à lui, Jack Lang entre dans le Caire des artistes, des créateurs et des intellectuels. Il assiste même — privilège rarissime — à un concert de la grande diva Oum Kalthoum.

Ces souvenirs ne sont pas anecdotiques. Ils racontent un homme pour qui l’art était indissociable de la vie, de l’amitié et du plaisir d’être ensemble.

Sauver le cinéma africain

Lorsque Jack Lang devient ministre de la Culture sous la présidence de François Mitterrand, Youssef Chahine est son premier visiteur rue de Valois. Il arrive avec une inquiétude, presque une supplique : sans soutien public, les cinéastes africains et arabes risquent de disparaître.

Cette conversation sera décisive. Elle donnera naissance à un système d’aide directe aux cinéastes, d’abord du Sud, puis élargi à d’autres horizons — une politique culturelle audacieuse, presque visionnaire, qui permettra à de nombreuses œuvres majeures de voir le jour.

« Je lui dois cette idée », reconnaît Jack Lang.

Chahine pensait le cinéma comme une responsabilité collective. Il se battait pour les autres autant que pour lui-même. Généreux, attentif aux jeunes talents, il a accompagné des parcours, encouragé des vocations et porté des projets parfois restés inachevés, mais toujours porteurs de sens.

L’homme, surtout, demeure inoubliable.
« C’est comme s’il était là aujourd’hui », confie Jack Lang. « Sa voix, sa langue, son français impeccable, son intelligence décapante et son humour irrésistible. »

On riait beaucoup avec lui. On se disputait parfois. On pleurait aussi. Chahine était courageux. Il affrontait la censure, les interdits et les régimes autoritaires avec une habileté mêlée de témérité.

Des films comme Le Moineau ou Le Chaos portent cette audace et cette lucidité presque prophétique. C’est cette complexité humaine et artistique que l’IMA a choisi de mettre en lumière.

Le programme du centenaire alterne projections emblématiques et temps de réflexion autour de son héritage, de son regard sur les femmes, de son engagement et de ses combats. Seront notamment projetés La Terre, Le Sixième Jour, Le Destin, L’Émigré et Le Moineau. Autant d’occasions d’écouter ceux qui l’ont connu, aimé, admiré — parfois affronté.

À travers ce centenaire, l’Institut du monde arabe ravive une présence : celle d’un homme qui croyait que le cinéma pouvait changer les consciences, bousculer l’ordre établi et, peut-être, rendre le monde un peu plus juste.