Le secrétaire général de la Ligue arabe appelle à un cessez-le-feu au Soudan avant le ramadan

Les ministres arabes des Affaires étrangères assistent à la session ordinaire du Conseil de la Ligue des pays arabes, au siège de la Ligue arabe au Caire, le 6 mars 2024. (AP)
Les ministres arabes des Affaires étrangères assistent à la session ordinaire du Conseil de la Ligue des pays arabes, au siège de la Ligue arabe au Caire, le 6 mars 2024. (AP)
Short Url
Publié le Jeudi 07 mars 2024

Le secrétaire général de la Ligue arabe appelle à un cessez-le-feu au Soudan avant le ramadan

  • Le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a mis en garde contre «l’effusion d’un sang précieux et les blessures persistantes d’une guerre qui dure depuis un an»
  • «À l'approche du ramadan, j'appelle mes frères soudanais à déployer tous leurs efforts pour rechercher la paix, engager le dialogue et donner la priorité à la prospérité de la mère patrie», a-t-il déclaré

LE CAIRE: Le secrétaire général de la Ligue arabe a appelé les parties belligérantes au Soudan à parvenir à un accord de cessez-le-feu avant le ramadan.

Mercredi, le secrétaire général, Ahmed Aboul Gheit, dans un appel au peuple soudanais, a mis en garde contre «l’effusion d’un sang précieux et les blessures persistantes d’une guerre qui dure depuis un an».

«À l'approche du mois sacré du ramadan, qui commence dans quelques jours, le Soudan continue d'être témoin de l'effusion d’un sang précieux et des blessures persistantes d'une guerre qui dure depuis un an, ébranlant les rêves et les espoirs légitimes de millions de personnes d'une vie stable et sécurisée dans leur terre natale», a-t-il déclaré.

«J'appelle mes frères soudanais à déployer tous leurs efforts pour rechercher la paix, engager le dialogue et donner la priorité à la prospérité de la mère patrie. Que toutes les mesures sincères soient prises pour faire taire les armes, panser les blessures et redonner espoir en l’avenir», a-t-il assuré. 

Et d’ajouter: «Ce violent conflit a déplacé des millions de personnes de leurs foyers, ravagé la capitale, soumis des familles et des villages à des crimes odieux, semé la peur et la terreur parmi les cœurs innocents qui ont perdu des êtres chers et des biens, et nourri les discours de haine, de revanche et de vengeance au sein d’une même nation.»

«Je rappelle à tous les Soudanais leurs qualités reconnues de tolérance et de pureté de cœur, réputées auprès de leurs voisins. Les précieuses contributions des générations passées à la défense de leur nation et à l’édification de sa renaissance sont gravées de manière indélébile dans les mémoires. En ces moments critiques pour leur pays et leurs institutions, il est temps de rappeler ces qualités et ces efforts», a-t-il affirmé.

«Alors que nous approchons du mois de la tolérance, où les musulmans œuvrent pour le bien, le pardon et l’altruisme, j’appelle mes frères soudanais à préserver leur sang dans le respect du caractère sacré de ce mois, de leur patrie et de leur honneur», a imploré le secrétaire général de la Ligue arabe.

La Ligue arabe «est prête à soutenir toute initiative visant à restaurer la paix, la stabilité et l’espoir au Soudan», a-t-il ajouté.

Parallèlement, Aboul Gheit a rencontré des responsables du Comité de haut niveau de l'Union africaine sur le Soudan, dirigé par Mohammed Ibn Chambas. Les deux parties ont eu une discussion approfondie sur la crise soudanaise.

Jamal Rushdi, porte-parole d’Ahmed Aboul Gheit, a indiqué qu’Ibn Chambas avait présenté le travail du comité pour mettre fin à la guerre au Soudan.

Ibn Chambas et les responsables du comité ont appelé à une coopération plus étroite avec la Ligue arabe dans les efforts de paix.

Le chef du comité a informé Aboul Gheit des résultats de sa réunion à Port-Soudan avec le général Abdel Fattah al-Burhane, président du Conseil de souveraineté soudanais.

Le secrétaire général de la Ligue arabe a affirmé qu’un accord de cessez-le-feu pourrait «sauver l’État soudanais, qui a subi d’importants dégâts dans ses infrastructures, notamment dans la capitale Khartoum».

Ahmed Aboul Gheit a mis en relief les efforts de la Ligue arabe pour travailler avec les partenaires internationaux, et notamment l’Union africaine, pour mettre fin à la guerre.

La coopération et la coordination avec le gouvernement soudanais sont vitales pour garantir le succès de tout accord de paix, a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le Hezbollah dénonce «l'agression israélienne persistante» au Liban malgré la trêve

Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • "Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste
  • "Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien Naïm Qassem a condamné lundi les opérations israéliennes persistantes au Liban malgré la trêve, et réitéré son refus de négociations directes entre Israël et son pays.

Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril et prolongée à l'issue de deux sessions de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, l'armée israélienne continue de mener des frappes meurtrières, surtout dans le sud du Liban, où elle démolit des bâtiments et interdit aux habitants de dizaines de localités de revenir.

"Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste.

"Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté.

Critiquant une diplomatie qui place le Liban "sous tutelle", il a plaidé pour "une diplomatie qui mène" à la cessation des hostilités et pour "des négociations indirectes" avec Israël.

"Les négociations directes sont une concession gratuite, sans résultat", a-t-il dit, vantant le comportement "légendaire" du Hezbollah au combat. "Ne trahissez donc pas la résistance", a-t-il ajouté, à l'adresse du pouvoir libanais, en défendant "l'unité nationale".

Entre le président libanais Joseph Aoun, décidé à mener des négociations directes avec Israël, et le Hezbollah pro-iranien qui s'y oppose, le fossé se creuse, et les divisions dans le pays s'accentuent.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé jeudi à une rencontre entre le président libanais et le Premier ministre israélien, qui serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante".

Lundi, l'armée israélienne a mené une série de frappes après un nouvel avis d'évacuation adressé aux habitants de quatre localités dans le sud du Liban.

Selon les termes de l'accord de trêve publié par Washington, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense" contre le Hezbollah, qui s'oppose à cette clause et continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes malgré la trêve.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.600 morts et déplacé plus d'un million de personnes depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, en soutien à son allié iranien, ciblé par une offensive israélo-américaine.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

Short Url
  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.