En Allemagne, l'industrie craint pour sa main-d'œuvre avec l'extrême droite

La pénurie de salariés est le "plus grand défi" du pays, selon le ministre de l'Economie Robert Habeck (Photo, AFP).
La pénurie de salariés est le "plus grand défi" du pays, selon le ministre de l'Economie Robert Habeck (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 06 mars 2024

En Allemagne, l'industrie craint pour sa main-d'œuvre avec l'extrême droite

  • Le parti dépasse les 30% dans les sondages, avant les élections européennes et un scrutin régional cette année
  • Avec l'ouverture de nombreuses usines, l'Allemagne se veut en effet le fer de lance en Europe pour la relocalisation de ces composants essentiels à l'économie mondiale

DRESDE: "Menace pour la prospérité"? La poussée de l'extrême droite en Allemagne inquiète la stratégique industrie microélectronique, confrontée à une pénurie de main-d'œuvre qu'elle doit compenser par l'embauche de travailleurs étrangers.

La Saxe, où se trouve le premier pôle d'activité européen du secteur, est aussi l'une des régions allemandes où le vote pour le parti anti-immigration Alternative pour l'Allemagne (AfD) est le plus élevé au plan national.

Le parti dépasse les 30% dans les sondages, avant les élections européennes et un scrutin régional cette année.

"Cela risque de freiner notre potentiel", prévient Frank Bösenberg, directeur de la "Silicon Saxony", qui regroupe les entreprises du secteur.

Les entreprises craignent pour l'attractivité de la région, où la population active baisse, alors que 25.000 postes doivent être créés d'ici à 2030 dans les semi-conducteurs.

Avec l'ouverture de nombreuses usines, l'Allemagne se veut en effet le fer de lance en Europe pour la relocalisation de ces composants essentiels à l'économie mondiale.

Plusieurs dizaines de nationalités

Plusieurs entreprises locales sont récemment montées au créneau contre l'AfD.

"Si nous ne pouvons plus recruter les personnes adéquates, il y aura un vrai impact sur nos revenus", a déclaré dans la presse Stefan Traeger, directeur général de Jenoptik, qui fabrique des capteurs pour micro-puces.

"Une politique d'isolement est une menace pour la prospérité", a affirmé sur le réseau LinkedIn Jochen Hanebeck, PDG du groupe allemand Infineon, qui investit 5 milliards d'euros pour ouvrir en 2026 une nouvelle usine dans la région.

Or, la pénurie de salariés est le "plus grand défi" du pays, selon le ministre de l'Economie Robert Habeck. L'économie allemande aura besoin de 5 millions de personnes d'ici à 2030.

A Dresde, dans la "Silicon Saxony", pôle industriel datant de la période communiste et dédié aux semi-conducteurs, les étrangers sont en effet indispensables. Ils représentent environ 15% des salariés.

L'AfD a suscité l'indignation en Allemagne en début d'année après la révélation de discussions d'une réunion à laquelle ont participé certains de ses membres sur un projet d'expulsion massive de personnes d'origine étrangères.

Selon une enquête récente de l'institut économique IW, "68 % des patrons allemands" craignent un affaiblissement de l'attractivité du pays pour les travailleurs qualifiés à cause de l'extrême-droite.

Sur le site d'Infineon à Dresde, plusieurs dizaines de nationalités se côtoient parmi les salariés, vêtus d'une combinaison blanche et d'un masque pour éviter que des impuretés ne pénètrent dans les matériaux.

Le groupe doit embaucher 1.000 personnes et "tripler" le nombre d'alternants pour sa future usine, dont le chantier a commencé.

"Le recrutement de la main-d'œuvre étrangère sera indispensable", a dit à l'AFP Tom Geyer, responsable des formations.

Sous la lumière jaune de néons, les salariés surveillent la production, largement automatisée, consistant à graver des circuits électroniques sur des plaques rondes de silicium, pour obtenir de minuscules puces électroniques.

Ces composants sont incontournables dans toute l'industrie mondiale, des smartphones aux voitures électriques en passant par les éoliennes et les missiles.

«Besoin de l'immigration»

L'immense majorité de la production de puces électroniques est actuellement située en Asie, particulièrement à Taïwan. Mais du fait des pénuries et des tensions géopolitiques dans le Pacifique, les pays occidentaux veulent développer la production sur leur propre sol.

Les annonces d'ouverture d'usines, assorties de milliards d'euros d'investissements, se sont donc multipliées dans toute l'Allemagne depuis trois ans, des groupes américains Intel et Wolfspeed, en passant par le géant taïwanais TSMC.

Mais le vieillissement de la population allemande inquiète, alors que les autorités prévoient une diminution de 300.000 du nombre d'actifs d'ici à 2030.

"Les jeunes en formation ne sont pas assez nombreux, et s'ils venaient tous dans notre branche, ils manqueraient dans d'autres secteurs", explique M. Bösenberg. "Nous avons donc besoin de l'immigration", ajoute-t-il.

Malgré une campagne de communication dans les tramways, sur les réseaux sociaux, à la radio, "c'est très compliqué de trouver des gens", confirme M. Geyer.

Infineon a donc signé des partenariats avec des institutions au Guatemala.

Pour intégrer et conserver ces nouveaux arrivants, l'entreprise propose aux arrivants des "cours de langue" ainsi que des "aides administratives" et pour trouver un logement.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.