Trois femmes à la tête de Globivest, un fonds d’investissement vertueux, impactant et rentable

L'équipe Globivest, de gauche à droite: Sophie Makzoumé, Jessica al Hussaini, Jasmine Busson, Laura-Joy Boulos, Charbel Moarbes (fournie)
L'équipe Globivest, de gauche à droite: Sophie Makzoumé, Jessica al Hussaini, Jasmine Busson, Laura-Joy Boulos, Charbel Moarbes (fournie)
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Publié le Dimanche 03 mars 2024

Trois femmes à la tête de Globivest, un fonds d’investissement vertueux, impactant et rentable

  • Le but du fonds est de construire un portefeuille selon l’approche « One Health » de l’Organisation Mondiale de la Santé, qui stipule un lien étroit entre les trois verticales du triptyque : humains sains, animaux sains, environnement sain
  • « Le but est de placer des investissements qui répondent au double objectif de rentabilité financière et d’impact », souligne à Arab News en français la fondatrice, Jasmine Busson

BEYROUTH : A la tête de la société de capital-risque Globivest, Jasmine Busson lance un fonds institutionnel conforme à l’approche « One Health » de l’Organisation Mondiale de la Santé. Retour sur l’une des premières initiatives du genre, portée par des femmes, au Moyen Orient.

Tout a commencé en 2016. Jasmine Busson, au parcours jusque-là à cheval entre l’industrie de l’automobile et le saut d’obstacle en équitation, décide de fonder Globivest, un Family Office qui a pour objectif d’investir dans les nouvelles technologies. Le défi : sélectionner des startups à fort potentiel financier qui ont aussi un impact tangible aligné avec les valeurs de Globivest.

De 2016 à 2022, l’entrepreneure s’attèle d’abord à recruter des coéquipiers et coéquipières ayant la carrure nécessaire pour relever le défi, et ensuite à construire un portefeuille conforme à sa vision. C’est ainsi que, dès le départ, une équipe se forme avec pour noyau dur Sophie Makzoumé, l’amie d’enfance, forte du même parcours universitaire et aujourd’hui directrice des opérations de Globivest. Charbel Moarbes, avocat et membre des barreaux de New York, Paris et Beyrouth, monte à bord à son tour et contribue à la création du fonds. « Nous nous concentrons principalement sur les start-ups innovantes et évolutives en phase de démarrage. Nous cherchons à établir des relations à long terme avec des entrepreneurs visionnaires tout en apportant une valeur ajoutée claire en matière de stratégie et d'exécution. Nos investissements couvrent un large éventail de secteurs et de classes d'actifs, principalement aux EMEA, mais aussi aux Etats-Unis », détaille Jasmine Busson.

En 6 ans, Globivest investit dans cinquante entreprises qui, à terme, offrent de beaux retours. Le fonds construit aussi son réseau et se fait connaître des plus grands acteurs de l’écosystème financier, avec des partenaires et co-investisseurs incluant Citi Ventures et Plug and Play ainsi que Newfund, Angelini Ventures et Arab Angel Fund. Jasmine Busson est, entre temps, nommée Kauffman Fellow et intègre cette formation reconnue comme l’une des meilleures au monde pour ses programmes d’innovation, de leadership et de capital risque.

Fort de son succès, et de manière très organique, Globivest est prêt à passer à la prochaine étape : lever un fonds institutionnel, le premier fonds de la région mené par des femmes.

D’un Familly Office à un fonds institutionnel de capital risque

En 2023, Globivest lève donc son premier fonds institutionnel, avec une thèse affinée et des objectifs aiguisés par l’expérience du Family Office. Le but du fonds est de construire un portefeuille selon l’approche « One Health » de l’Organisation Mondiale de la Santé, qui stipule un lien étroit entre les trois verticales du triptyque : humains sains, animaux sains, environnement sain. En d’autres termes, Globivest a pour but d’investir dans des startups dédiées à la santé et à l’environnement, un angle qui donne sens et profondeur au terme « impact » avec une vision claire, au-delà du phénomène de mode que ces concepts représentent.

« Faire en sorte que le capital levé contribue à changer le monde dans le bon sens », explique Jasmine Busson à Arab News en français. « Le but est de placer des investissements qui répondent au double objectif de rentabilité financière et d’impact », souligne-t-elle, ajoutant que « le Family Office l’a d’ailleurs prouvé : impact et retours financiers ne sont pas incompatibles ».

Pour relever ce nouveau défi, la Dr Laura-Joy Boulos rejoint l’équipe en tant que partenaire. Neuroscientifique de formation, et nommée l’une des 15 femmes scientifiques les plus prometteuses par la fondation L’Oréal-UNESCO en 2020, la chercheuse apportait déjà son expertise scientifique à Globivest depuis plusieurs années, en analysant de manière ponctuelle les opportunités du secteur santé. En se joignant à l’équipe de manière plus pérenne, elle se charge de la validation des fondements scientifiques des startups du portefeuille, afin d’augmenter leur chance de réussite et d’ancrer leur impact dans la durée. C’est à travers elle que Globivest établit un partenariat avec la startup Sci-dip qui leur donne accès à un réseau de plus de 8000 médecins et/ou chercheurs en santé et une expertise de niche unique dans le secteur des fonds de capital-risque.

L’équipe de Globivest a aussi été enrichie par le recrutement de Jessica al Hussaini au poste de Senior Associate. Ingénieure de formation, avec dix ans d’expérience dans l’industrie des finances et le domaine des technologies de trading, Jessica al Hussaini a mis en œuvre des projets à grande échelle pour Citi Bank et HSBC, puis a occupé un poste de négociateur en algorithmes pour la vente d'actions à New York.

Nous voulons faire en sorte que le capital levé contribue à changer le monde dans le bon sens, le but étant de placer des investissements qui répondent au double objectif de rentabilité financière et d’impact.

Jasmine Busson

Quand un investisseur cherche « les hommes de l’équipe »

Jasmine Busson et Laura-Joy Boulos forment un binôme de partenaires solide dans sa complémentarité. Ensemble, elles expliquent avoir consacré ces derniers mois à la levée de capitaux. Fières d’avoir atteint en 6 mois leur objectif de première clôture (soit les deux tiers d’un fonds total de 25-30 millions $US), elles confient : « il ne faut pas se leurrer, les femmes sont encore très peu représentées dans cet écosystème. On se heurte constamment à des difficultés, mais c’est justement au sein même de ces challenges qu’on puise notre force. Quand un investisseur potentiel nous demande où sont les hommes de l’équipe, et enchaine sur des remarques paternalistes, on laisse échapper un sourire ironique, notre sang bout un peu de l’intérieur, mais on s’en nourrit pour mieux entreprendre notre projet, notre détermination en est renforcée. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit :  prouver notre légitimité dans le milieu, montrer ce qu’on peut apporter à l’écosystème, notamment dans le lien entre impact et retours financiers, et encourager plus de femmes, plus de personnes sous-représentées, à suivre le même chemin. » Tel est l’état d’esprit dans lequel Globivest entame sa levée de fonds pour sa seconde clôture en ce début d’année 2024.

 


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.