Le groupe de hackers «le plus nuisible» au monde démantelé par une opération internationale

Une photo publiée par la National Crime Agency britannique à Londres le 20 février 2024 montre une capture d'écran du site saisi du groupe de cybercriminalité «LockBit». (Photo, AFP)
Une photo publiée par la National Crime Agency britannique à Londres le 20 février 2024 montre une capture d'écran du site saisi du groupe de cybercriminalité «LockBit». (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 20 février 2024

Le groupe de hackers «le plus nuisible» au monde démantelé par une opération internationale

  • «Après avoir infiltré le réseau du groupe, la NCA (agence de lutte contre la criminalité britannique, NDLR) a pris le contrôle des services de LockBit, compromettant la totalité de leur entreprise criminelle», a déclaré la NCA
  • Selon elle, le rançongiciel a ciblé «des milliers de victimes à travers le monde» et causé des pertes qui au total se chiffrent en milliards d'euros

LONDRES: Des milliers de victimes, des hôpitaux ou des mairies visés, des pertes totalisant des milliards d'euros...  Le groupe de cybercriminels LockBit, présenté comme "le plus nuisible" au monde, a été démantelé lors d'une opération de police internationale, ont annoncé mardi les autorités de plusieurs pays.

"Après avoir infiltré le réseau du groupe, la NCA (agence de lutte contre la criminalité britannique, NDLR) a pris le contrôle des services de LockBit, compromettant la totalité de leur entreprise criminelle", a déclaré la NCA dans un communiqué.

Selon elle, le rançongiciel a ciblé "des milliers de victimes à travers le monde" et causé des pertes qui au total se chiffrent en milliards d'euros en comptant les rançons versées et les coût induits pour les victimes.

"Nous avons hacké les hackers", s'est félicité Graeme Biggar, directeur général de la NCA, annonçant la neutralisation de LockBit lors d'une conférence de presse à Londres.

LockBit a ciblé les infrastructures critiques et les grands groupes industriels, avec des demandes de rançon allant de 5 à 70 millions d'euros. En 2023, le groupe a notamment attaqué l'opérateur postal britannique et un hôpital canadien pour enfants, et en France les hôpitaux de Corbeil-Essonnes et Versailles en région parisienne.

Les cybercriminels mettaient à disposition de leurs "affiliés" outils et infrastructures leur permettant de mener des attaques.

Celles-ci consistaient à infecter le réseau informatique des victimes pour voler leur données et crypter leurs fichiers.

Une rançon était exigée en cryptomonnaies pour décrypter et récupérer les données, sous peine de publication des données des victimes.

«Tolérance» de la Russie

LockBit a perçu plus de 120 millions de dollars de rançons au total, selon les Etats-Unis, où cinq personnes, notamment deux ressortissants russes, au total font l'objet de poursuites.

Selon le patron de la NCA, les investigations n'ont pas mis en évidence de "soutien direct" de l'Etat russe envers LockBit, mais a néanmoins souligné une "tolérance" envers la cybercriminalité en Russie.

"Ce sont des cybercriminels, ils sont basés partout dans le monde, il y a une large concentration de ces individus en Russie et ils parlent souvent russe", a-t-il déclaré.

LockBit est présenté comme l'un des logiciels malveillants les plus actifs au monde, avec plus de 2.500 victimes dont plus de 200 en France, "parmi lesquels des hôpitaux, des mairies, et des sociétés de toutes tailles", a indiqué dans un communiqué le parquet de Paris.

Les enquêteurs français ont interpelé "deux cibles en Pologne et en Ukraine" et ont effectué des perquisitions, selon la même source.

L'opération a permis selon le parquet de Paris de "prendre le contrôle d'une partie importante de l'infrastructure du rançongiciel LockBit, y compris sur le darknet", et notamment le "wall of shame" (mur de la honte) "où étaient publiées les données de ceux qui refusaient de payer la rançon".

«Ce site est sous contrôle»

Selon la NCA britannique, plus de 200 comptes de cryptomonnaies liés au groupe ont été gelés et les enquêteurs ont obtenu plus de 1.000 clés servant à décrypter les données afin de pouvoir les restituer à leurs propriétaires.

"Ce site est à présent sous contrôle des forces de l'ordre", indique un message sur un site de LockBit, précisant que la NCA britannique a pris la main sur le site, en coopération avec le FBI américain et les agences de plusieurs pays.

En novembre 2022, le ministère américain de la Justice (DoJ) avait qualifié le rançongiciel LockBit de "plus actif et plus destructeur des variants dans le monde".

Il y a un an, le réseau d'attaques au rançongiciel Hive avait été démantelé. Il était accusé d'avoir pris pour cible 1.500 entités dans 80 pays et d'avoir collecté plus de 100 millions de dollars de rançons.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
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  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.