Avant le Salon de l'agriculture, les syndicats agricoles maintiennent la pression

Des manifestants conduisent leurs tracteurs pour bloquer l'entrée principale du port de Tarragone, lors d'une manifestation d'agriculteurs à Tarragone, le 13 février 2024 (Photo, AFP).
Des manifestants conduisent leurs tracteurs pour bloquer l'entrée principale du port de Tarragone, lors d'une manifestation d'agriculteurs à Tarragone, le 13 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 14 février 2024

Avant le Salon de l'agriculture, les syndicats agricoles maintiennent la pression

  • Le Premier ministre a reçu ces syndicats pendant deux heures avec le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau
  • Les deux responsables se sont félicités que Gabriel Attal ait accepté le principe d'un point de suivi mensuel sur les mesures de simplification

PARIS: Dix jours après la levée des blocages, Gabriel Attal a retrouvé mardi à Matignon les représentants de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA), qui maintiennent la pression sur l'exécutif à moins de deux semaines du Salon de l'agriculture.

Le Premier ministre a reçu ces syndicats pendant deux heures avec le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau.

"Ça s'est bien passé. On continue d'avancer, on a passé en revue tous les dossiers (...). Sur la simplification, c'est encourageant. Maintenant, (...) il faut que tout soit mis en place au moment du salon", a déclaré Arnaud Rousseau, le président de la puissante FNSEA, à sa sortie de Matignon.

"Ni défiance, ni complaisance", a-t-il résumé un peu plus tard lors d'un point presse.

"Ce serait malhonnête de notre part de dire que rien ne bouge", a relevé le président des JA, Arnaud Gaillot. Mais "ça mérite encore de maintenir une pression parce que ça a encore du mal à se traduire", a-t-il ajouté en regrettant notamment un nombre insuffisant de réunions avec Bercy.

Les deux responsables se sont félicités que Gabriel Attal ait accepté le principe d'un point de suivi mensuel sur les mesures de simplification.

Mais "que personne ne pense que parce que les tracteurs sont rentrés, les choses sont réglées", a insisté Arnaud Rousseau.

Emmanuel Macron recevra, lui, la Coordination rurale et la Confédération paysanne mercredi, avant la FNSEA et les JA la semaine prochaine, mardi selon Arnaud Rousseau. Comme avant chaque Salon de l'agriculture, qui s'ouvre le 24 février à Paris, a précisé l'Elysée.

Mais le contexte est particulier cette année.

"On comprend que tout ne va pas se faire en trois jours. Mais le président de la République, il ne va pas falloir qu'il arrive seulement avec de beaux discours au Salon de l'agriculture", a prévenu Arnaud Rousseau plus tôt dans la journée.

Cette crise du monde agricole, nourrie par une profonde désespérance des campagnes face à l'incapacité de dégager "un revenu décent" et un quotidien corseté par une myriade de normes et contraintes administratives, est la plus grave depuis 30 ans, estime la FNSEA.

Au bout de deux semaines de blocages, les manifestants ont levé le camp début février après trois salves d'annonces du gouvernement, dont plus de 400 millions d'euros de mesures d'urgence.

Mais les syndicats n'entendent pas relâcher la pression sur des sujets aussi sensibles que la simplification administrative, l'utilisation des pesticides ou encore l'élevage.

La base reste éruptive, à l'image du coup d'éclat des producteurs de lait indépendants venus mardi matin sur l'esplanade des Invalides à Paris avec une poignée de tracteurs, leur chef de file Adrien Lefevre promettant "d'autres moments forts de mobilisation".

Une cinquantaine d'éleveurs de moutons se sont eux rassemblés devant Bercy, estimant être "les grands oubliés" de la crise, alors que les aides aux éleveurs "concernent surtout les bovins".

«Réunion de courtoisie»

Emmanuel Macron "a peur de faire un mauvais salon", du coup il reçoit les agriculteurs "à toute vitesse", a dénoncé le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, sur BFMTV et RMC.

Figure emblématique de la Coordination rurale (CR), 2e syndicat, Serge Bousquet-Cassagne sera au rendez-vous de mercredi à l'Elysée, qu'il qualifie, auprès de l'AFP, de "réunion de courtoisie", jugeant, à son grand dam, que tout serait déjà décidé mardi à Matignon avec la FNSEA.

"Cela aurait été bien plus constructif et mieux perçu que les syndicats soient reçus ensemble", a déclaré à l'AFP la présidente de la Coordination Rurale (CR) Véronique Le Floc'h.

La Confédération paysanne est elle aussi "choquée" du traitement différencié des syndicats, affirmant que tous ne sont pas reçus dans les préfectures, où s'enchaînent les réunions pour compiler les arrêtés méritant simplification.

Le ministre de l'Agriculture et sa ministre déléguée Agnès Pannier-Runacher verront "dans la semaine chacune des organisations syndicales", notamment pour évoquer un projet de loi visant à favoriser la transmission d'exploitations et l'installation de nouveaux agriculteurs, selon leur entourage.

Ce texte, reporté pour être enrichi face à la crise, devrait être présenté en Conseil des ministres fin février pour un vote "d'ici" juin, a-t-on ajouté de même source.

Tous les syndicats agricoles attendent un engagement plus fort du gouvernement pour éviter une "concurrence déloyale". Ils veulent voir limitées les importations produites suivant des normes environnementales moins-disantes, notamment pour la viande et le soja sud-américains, les céréales et le sucre ukrainiens.

Parmi les sujets sensibles, tant pour les agriculteurs que les défenseurs de l'environnement, figure le suivi des usages de pesticides, remis sur la table lundi à l'occasion d'une réunion du Comité d'orientation stratégique et de suivi du plan Ecophyto, que huit ONG environnementales ont quittée.

Ce plan, qui vise une réduction de moitié de l'utilisation des pesticides d'ici 2030 (par rapport à 2015-2017), a été suspendu par Gabriel Attal "le temps de mettre en place un nouvel indicateur". Une décision qui a satisfait la FNSEA, qui réclame l'abandon du Nodu, l'actuel indicateur de mesure des pesticides.


France: Marine Le Pen à la barre au procès en appel des assistants parlementaires de l'extrême-droite

Présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement National (RN), Marine Le Pen quitte le palais de justice lors de son procès en appel pour détournement présumé de fonds publics européens, à Paris, le 15 janvier 2026. (AFP)
Présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement National (RN), Marine Le Pen quitte le palais de justice lors de son procès en appel pour détournement présumé de fonds publics européens, à Paris, le 15 janvier 2026. (AFP)
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  • Marine Le Pen comparaît en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du FN/RN, après sa condamnation en première instance à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, compromettant sa candidature à la présidentielle de 2027
  • Elle ajuste sa ligne de défense, n’excluant plus une irrégularité mais niant toute intention frauduleuse,

PARIS: La cheffe de l'extrême droite française Marine Le Pen est appelée mardi à la barre au procès en appel à Paris des assistants parlementaires du Front national, où elle joue sa candidature à la présidentielle de 2027.

La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (RN, alors appelé Front national) et à d'autres cadres d'avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l'argent du Parlement européen.

Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris l'a déclarée coupable de détournement de fonds publics et l'a notamment condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, l'empêchant en l'état de se présenter à la présidentielle prévue en avril 2027. Un coup de tonnerre au moment où la candidate survolait les intentions de vote pour le premier tour.

Comme dix autres condamnés en première instance, Mme Le Pen, 57 ans, a fait appel.

Sous les boiseries du palais de justice, elle va être interrogée mardi après-midi et toute la journée de mercredi par la cour, puis par les représentants de l'accusation et les avocats des différentes parties.

Elle a martelé en fin de semaine dernière être "engagée dans un combat pour (son) innocence", avec "cette conviction que la cour entendra les arguments que le tribunal n'a pas entendus".

Marine Le Pen, qui espère être autorisée à mener à bien sa quatrième candidature à l'Elysée, a désigné Jordan Bardella pour la remplacer si elle en était empêchée par la justice.

- Nouvelle ligne de défense -

Alors que le second quinquennat d'Emmanuel Macron s'est enlisé faute de majorité à l'Assemblée nationale - où le RN dispose d'un record de 120 députés - M. Bardella est donné largement en tête dans les sondages et aucun candidat incontestable ne se dégage à droite et au centre gauche.

Mais Marine entend reprendre la main en cas de feu vert des juges.

Elle a dans cette perspective infléchi sa ligne de défense, ne niant plus la possibilité d'avoir commis un délit, contrairement à ce qu'elle soutenait en première instance.

Devant les juges d'appel, elle a lors de sa première prise de parole il y a une semaine assuré n'avoir eu "aucun sentiment" de commettre une irrégularité, et accusé le Parlement européen de n'avoir pas "pas joué (son) rôle d'alerte" alors qu'elle n'avait "rien dissimulé".

Un argument balayé jeudi par l'institution européenne lors de la déposition de son représentant, le directeur général des finances Didier Klethi, qui a dénoncé une "organisation bien rodée que seule l'instruction (de la justice) a permis de révéler".

En première instance, les juges ont établi le préjudice restant du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d'euros, une fois déduit 1,1 million d'euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.


Les images du vol spectaculaire du Louvre dévoilées

Les images du braquage spectaculaire au musée du Louvre, en octobre en plein Paris, filmées par des caméras de vidéosurveillance ont été montrées pour la première fois dimanche par les chaines TF1 et France Télévision. (AFP)
Les images du braquage spectaculaire au musée du Louvre, en octobre en plein Paris, filmées par des caméras de vidéosurveillance ont été montrées pour la première fois dimanche par les chaines TF1 et France Télévision. (AFP)
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  • On y voit notamment deux des cambrioleurs: l'un porte une cagoule noire et un gilet jaune, l'autre est vêtu de noir et d'un casque de moto. Tous deux s’introduisent dans la galerie Apollon où se trouvaient les bijoux.
  • Ces images les montrent enjambant la porte-fenêtre, après être montés via un monte-charge

PARIS: Les images du braquage spectaculaire au musée du Louvre, en octobre en plein Paris, filmées par des caméras de vidéosurveillance ont été montrées pour la première fois dimanche par les chaines TF1 et France Télévision.

On y voit notamment deux des cambrioleurs: l'un porte une cagoule noire et un gilet jaune, l'autre est vêtu de noir et d'un casque de moto. Tous deux s’introduisent dans la galerie Apollon où se trouvaient les bijoux.

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Ces images les montrent enjambant la porte-fenêtre, après être montés via un monte-charge.

L'un des deux hommes, s'attaque, muni d'une disqueuse, à la vitrine dans laquelle se trouvait le diadème de l'Impératrice Eugénie, qu'il parvient à saisir après avoir donné des coups de poings dans le verre.

Il vient ensuite en aide au deuxième malfaiteur s'affairant sur la vitrine voisine, qui attrape plusieurs bijoux à toute vitesse.

Le tout aura duré moins de quatre minutes, sous les yeux de quelques agents impuissants, l'un d'eux brandissant un poteau de guidage sans savoir que faire, selon les images de France Télévisions.

Le butin a été estimé à 88  millions d'euros.

Les voleurs auraient pu être stoppés "à 30 secondes près", a notamment estimé mi-décembre Noël Corbin, chef de l'Inspection générale des affaires culturelles (Igac).


Budget: des chiffrages en cours pour la surtaxe des bénéfices des entreprises, dit Roland Lescure

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure (au centre), s'exprime lors d'un examen solennel et d'un vote sur le projet de loi de finances rectificative présenté par le gouvernement afin de continuer à financer provisoirement l'État et les administrations, au Sénat, la chambre haute du Parlement français, à Paris, le 23 décembre 2025. (AFP)
Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure (au centre), s'exprime lors d'un examen solennel et d'un vote sur le projet de loi de finances rectificative présenté par le gouvernement afin de continuer à financer provisoirement l'État et les administrations, au Sénat, la chambre haute du Parlement français, à Paris, le 23 décembre 2025. (AFP)
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  • Roland Lescure indique que le gouvernement finalise les chiffrages pour une éventuelle surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, en négociation avec le Sénat, tandis que l’opposition et le PS réclament des montants différents
  • La prime d’activité sera augmentée de 50 € en moyenne pour plus de trois millions de ménages, et le gouvernement décidera bientôt de recourir au 49.3 ou à une ordonnance pour faire passer le budget

PARIS: Le ministre de l'Economie et des Finances Roland Lescure a évoqué samedi des chiffrages en cours au sujet d'une éventuelle surtaxe des bénéfices des grandes entreprises samedi, une mesure réclamée par le parti socialiste mais repoussée à l'Assemblée.

"On est en train encore de caler les derniers chiffrages. Pourquoi? Parce qu'on est encore en train de négocier avec les groupes parlementaires du Sénat l'évolution des dépenses des collectivités locales", a commenté le ministre sur France info, rappelant que la mesure figurait dans le budget initial du gouvernement. "Ce n'est pas seulement une demande du PS", a-t-il ajouté.

Lors de son allocution vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'a rien dit de cette éventuelle surtaxe sur les bénéfices des entreprises, censée aider à la négociation avec le PS mais repoussée à l'Assemblée.

Opposés à cette mesure, les groupes LR et Renaissance n'ont pas apporté leur soutien à un amendement du gouvernement jeudi, qui aurait porté le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d'euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026.

Les socialistes réclamaient quant à eux le maintien de la surtaxe à 8 milliards. Début janvier, Roland Lescure avait plaidé pour la réintroduction de cette surtaxe à l'Assemblée, après sa suppression au Sénat, nécessaire au compromis, selon lui.

"On est en train de caler ça. Donc on aura l'occasion de vous donner les chiffres exacts dans les 2-3 jours qui viennent au maximum", a précisé le ministre de l'Economie samedi.

M. Lescure a par ailleurs confirmé l'augmentation de 50 euros en moyenne de la prime d'activité, un complément de revenu versé aux travailleurs à revenus modestes, pour plus de trois millions de ménages, une mesure annoncée par le Premier ministre vendredi.

"Il y avait des économies prévues sur la prime d'activité (...) Tout ça, c'est terminé. Mais il y a en plus une hausse de la prime d'activité qui fait à peu près 50 euros pour quelqu'un qui gagne le SMIC", a expliqué Roland Lescure.

Le gouvernement doit trancher d'ici mardi entre un recours au 49.3 ou à une ordonnance budgétaire pour tenter de faire passer le projet de budget sans vote.

"Le vote du budget, j'allais dire traditionnel, est malheureusement proscrit du fait de la manière dont les débats se sont produits. Moi, j'ai été élu à l'Assemblée nationale. Je préfère toujours que l'Assemblée nationale puisse se prononcer. Et on verra dans les heures qui viennent ce qu'on décide", a répondu Roland Lescure, interrogé sur l'option qui sera retenue par le gouvernement.