Ukraine: Biden et Scholz font pression ensemble sur le Congrès américain

Le président américain Joe Biden rencontre le chancelier allemand Olaf Scholz à Washington, le 9 février 2024 (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden rencontre le chancelier allemand Olaf Scholz à Washington, le 9 février 2024 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 10 février 2024

Ukraine: Biden et Scholz font pression ensemble sur le Congrès américain

  • Jeudi soir, Olaf Scholz avait rencontré plusieurs sénateurs démocrates et républicains, les appelant à soutenir Kiev
  • Kiev réclame aussi des missiles longue portée, mais Washington et Berlin hésitent, de crainte de provoquer une escalade incontrôlable avec le Kremlin

WASHINGTON: Le président américain Joe Biden et le chancelier allemand Olaf Scholz ont uni leurs voix vendredi pour demander au Congrès américain de débloquer enfin une nouvelle aide pour l'Ukraine, mais rien ne dit qu'ils seront entendus.

"L'incapacité du Congrès des Etats-Unis à aider l'Ukraine est presque une négligence criminelle. C'est un scandale", a fustigé le démocrate de 81 ans, qui demande depuis des mois une rallonge de 60 milliards de dollars afin de reprendre l'assistance militaire, interrompue fin décembre.

"Espérons que (les parlementaires) vous suivent et décident de donner le soutien nécessaire, parce que sans l'aide des Etats-Unis et des Etats européens, l'Ukraine n'aurait aucune chance de se défendre", a abondé son invité, qu'il recevait dans le Bureau ovale.

Le chancelier allemand a profité de sa courte déclaration devant la presse pour dénoncer l'interview "ridicule" accordée par le président russe Vladimir Poutine à l'animateur conservateur américain Tucker Carlson, proche de Donald Trump, et diffusée jeudi.

Jeudi soir, Olaf Scholz avait rencontré plusieurs sénateurs démocrates et républicains, les appelant à soutenir Kiev.

Cette visite bilatérale, la troisième depuis son entrée en fonction en décembre 2021, intervient alors que l'administration du président Joe Biden, en campagne pour sa réélection, et l'opposition républicaine au Congrès négocient depuis des mois un texte incluant une nouvelle enveloppe pour l'Ukraine ainsi que pour Israël.

Le Sénat américain a fait un petit pas jeudi vers le déblocage de cette aide, mais son avenir demeure très incertain, en raison de la résistance opposée par les élus trumpistes de la Chambre des représentants, l'autre composante du Congrès.

Situation «confuse»

Un dénouement outre-atlantique apparaît d'autant plus vital à l'heure où les troupes ukrainiennes sont à la peine sur le front face au rouleau compresseur russe.

Le nouveau chef des forces ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, a promis un plan "clair" pour repousser les Russes.

Il doit répondre à l'un des problèmes majeurs des forces ukrainiennes actuellement, le manque de munitions, face à une Russie toujours aussi déterminée.

Kiev réclame aussi des missiles longue portée, mais Washington et Berlin hésitent, de crainte de provoquer une escalade incontrôlable avec le Kremlin, qui a plus d'une fois agité la menace nucléaire.

En attendant, le chancelier allemand se pose en champion de l'aide à l'Ukraine: il a pratiquement doublé le budget des aides militaires, à plus de 7 milliards d'euros cette année, et ne cesse d'exhorter ses partenaires européens à accroître leur assistance, soulignant que son pays - deuxième contributeur en valeur absolue après les Etats-Unis - ne peut pas tout porter sur ses épaules.

«Forte relation de confiance»

Olaf Scholz et Joe Biden, liés par "une forte relation de confiance" selon des sources gouvernementales allemandes, ont prévu de parler également du conflit dans la bande de Gaza.

Tous deux soutiennent résolument le droit d'Israël à se défendre après le massacre de civils perpétré par le Hamas sur son sol le 7 octobre.

Mais leur rencontre survient après un changement de ton abrupt du président américain, qui a qualifié jeudi d'"excessive" la riposte israélienne.

Par ailleurs, les deux hommes discuteront du sommet de l'Otan qui doit se tenir en juillet à Washington. L'Allemagne se targue de respecter cette année, pour la première fois, l'objectif de consacrer 2% de son PIB à son budget défense.

Ils pourraient enfin évoquer ensemble un possible accord avec Moscou pour permettre le retour aux Etats-Unis du journaliste américain Evan Gershkovich, détenu en Russie, en échange de la libération d'un Russe, condamné en Allemagne pour l'assassinat d'un séparatiste tchétchène.


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Short Url
  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Short Url
  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Short Url
  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.