Soupçons de corruption Gabon/France: Jugée à Paris, Pascaline Bongo nie tout

Dans cette affaire, dix descendants d'Omar Bongo, dont Pascaline (à droite), sont mis en examen depuis mars 2022 (Photo, AFP).
Dans cette affaire, dix descendants d'Omar Bongo, dont Pascaline (à droite), sont mis en examen depuis mars 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 01 février 2024

Soupçons de corruption Gabon/France: Jugée à Paris, Pascaline Bongo nie tout

  • Une Pascaline Bongo pugnace a nié en bloc mercredi les soupçons de corruption pour lesquelles elle est jugée depuis lundi par le tribunal correctionnel de Paris
  • «A aucun moment je n'ai envisagé de trouver des marchés publics», a-t-elle dit à la barre

PARIS: Une Pascaline Bongo pugnace a nié en bloc mercredi les soupçons de corruption pour lesquelles elle est jugée depuis lundi par le tribunal correctionnel de Paris dans une salle d'audience largement acquise à sa cause.

"A aucun moment je n'ai envisagé de trouver des marchés publics", a-t-elle dit à la barre.

Comme les autres prévenus avant elle, Mme Bongo, 67 ans, a soutenu que sa fonction de "Haute représentante personnelle du président de la République", obtenue quand son frère Ali (renversé par un coup d'Etat en août dernier) a été élu à la tête de l'Etat en octobre 2009, était purement honorifique.

"Qu'est-ce que vous aviez comme mission?", l'interroge la présidente Brigitte Bourdon. "Aucune", répond en souriant l'ex-ministre des Affaires étrangères du Gabon.

Mme Bongo est jugée depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour corruption passive d'agent public étranger au début des années 2010.

L'accusation la soupçonne d'avoir accepté d'intervenir en faveur de la société française Egis Route dans l'attribution de marchés publics contre la promesse de 8 millions d'euros de rétrocommission.

Pascaline Bongo, très à l'aise, rappelle qu'elle a été la première Gabonaise diplômée de l'ENA (école formant les hauts fonctionnaires en France), qu'elle est inspectrice des Finances et balaie les accusations portées à son encontre.

Elle reconnaît certes avoir rencontré des représentants d'Egis Route dans son bureau au Palais présidentiel de Libreville fin novembre 2009 mais c'était juste, affirme-t-elle, pour se faire présenter cette société. "Cela a duré une vingtaine de minutes", se souvient-elle.

Egis, une société d'ingénierie française, dont l'actionnaire historique (désormais minoritaire) est la Caisse des dépôts (établissement public financier français), a pour mission d'accompagner les opérateurs de grands chantiers d’infrastructures publiques en s'associant à des "partenaires locaux", avait rappelé mardi à la barre Christian Laugier, anciennement chargé des activités Afrique de cette société.

"J'avais envie de trouver des marchés privés" avec Egis, explique Mme Bongo. "Je ne veux pas travailler avec l'Etat car l'Etat est mauvais payeur", ironise-t-elle.

La présidente tente de la recadrer. "Egis travaillait sur des projets routiers. En général, ce ne sont pas des marchés privés". Imperturbable, Mme Bongo rétorque qu'il peut y avoir des constructions de bâtiments le long des routes.

A la fin de son audition, aucun avocat ne lui pose de questions.

Comme Pascaline Bongo, tous les autres prévenus - trois anciens cadres supérieurs d'Egis, l'homme d'affaires gabonais Franck Ping, qui reconnait avoir une "relation quasi-filiale" avec Mme Bongo ou l'avocate Danyèle Palazo-Gauthier, amie et ex-conseil de Mme Bongo, contestent catégoriquement les accusations portées à leur encontre.

Les cadres d'Egis Route sont poursuivis pour corruption active. M. Ping et Mme Palazo-Gauthier doivent répondre de complicité de corruption passive.

«Pas de problèmes»

A l'audience, les dirigeants d'Egis Route ont assuré avoir agi dans les règles. Au Gabon, Egis avait choisi de collaborer avec Sift, une société créée et dirigée par Pascaline Bongo.

"J'ai lu dans la presse que Mme Bongo avait été écartée (de la vie publique) par son frère Ali. Je me suis dit qu'il n'y avait pas de problèmes", a soutenu un des cadres d'Egis.

- "Y a-t-il eu une commission occulte proposée à Pascaline Bongo? Est-ce que quelqu'un vous a déjà approché pour dire qu'il faudrait payer ?", l'interroge son avocat, Me François Saint-Pierre.

- "Absolument pas", répond son client.

"Après la mort de son père (Omar Bongo, en juin 2009), Pascaline a été complètement écartée du pouvoir (...) Elle ne pouvait prendre aucun acte engageant l'Etat gabonais", a dit M. Ping. "C'était une personne privée, pas un agent public étranger", a-t-il insisté.

Le parquet national financier (PNF) avait ouvert une enquête préliminaire en 2019 après la découverte "de curieux échanges, mails et documents évoquant l’affaire Egis" lors d'une perquisition au cabinet parisien de Me Palazo-Gauthier dans le cadre du dossier des "biens mal acquis".

Dans cette affaire, dix descendants d'Omar Bongo, dont Pascaline, sont mis en examen depuis mars 2022.

Selon les enquêteurs, Sift était "une société écran" sans bureau ni aucun employé.

Le procès doit s'achever jeudi.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».