Stéphane Séjourné, un proche de Macron et d'Attal promu jeune patron du Quai d'Orsay

En choisissant M. Séjourné, Emmanuel Macron entend ainsi redonner une visibilité à un ministère des Affaires étrangères (Photo, AFP).
En choisissant M. Séjourné, Emmanuel Macron entend ainsi redonner une visibilité à un ministère des Affaires étrangères (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 12 janvier 2024

Stéphane Séjourné, un proche de Macron et d'Attal promu jeune patron du Quai d'Orsay

  • Le président confie ce poste régalien très exposé à un de ses anciens collaborateurs du temps de Bercy
  • Cet éphémère adhérent du Parti socialiste, devient à 38 ans le plus jeune ministre des Affaires étrangères de la Ve République

PARIS: Pressenti pour la tête de liste de la majorité aux élections européennes, il s'empare finalement de la diplomatie française: Stéphane Séjourné, un proche d'Emmanuel Macron, entre jeudi au gouvernement, supplantant la diplomate Catherine Colonna, jugée inaudible et pas assez politique.

Au moment où les tensions sont à leur maximum au Proche-Orient comme en Asie en passant par l'Europe et l'Afrique, le président confie ce poste régalien très exposé à un de ses anciens collaborateurs du temps de Bercy, patron du parti Renaissance et président du groupe au Parlement européen.

Le nouveau Premier ministre Gabriel Attal connaît également très bien Stéphane Séjourné: les deux hommes furent un temps pacsés.

Homme de l'ombre, très influent, parlant plusieurs langues dont l'Espagnol pour avoir passé une partie de sa jeunesse en Argentine, cet éphémère adhérent du Parti socialiste, devient à 38 ans le plus jeune ministre des Affaires étrangères de la Ve République.

Conseiller politique de M. Macron avant même son élection en 2017, le député européen conservera la tête du parti présidentiel Renaissance, selon une source au sein du parti, à six mois des élections européennes pour lesquelles l'extrême droite domine largement les sondages.

A Bruxelles et Strasbourg depuis cinq ans, M. Séjourné s'est notamment illustré à la tête du groupe centriste "Renew", même s'il reste mal connu du grand public.

Cette discrétion ne l'avait pas empêché de briguer le Quai d'Orsay dès le remaniement de juillet, selon une source gouvernementale.

Le nouveau chef de la diplomatie française, loué au sein de la majorité pour son "grand sens politique" et ses "grandes capacités d’adaptation", devra ainsi être sur tous les fronts, à commencer par l'Ukraine où la guerre fait rage depuis deux ans et où Mme Colonna devait se rendre ce week-end et rencontrer le président Zelensky.

Le cap ne devrait pas changer avec un soutien indéfectible à Kiev pour mettre en échec la Russie, malgré un enlisement sur le terrain.

Stéphane Séjourné devra aussi poursuivre les efforts de sa prédécesseure au Proche-Orient pour empêcher une extension du conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, en particulier au Liban, où le Hezbollah bénéficie de l'appui de l'Iran.

Après un soutien appuyé à Israël victime, le 7 octobre, de massacres perpétrés par le Hamas, la France a durci le ton réclamant avec insistance de cesser les bombardements sur Gaza qui tuent de "trop nombreux" civils palestiniens et alors que trois Français sont toujours portés disparus, probablement otages du Hamas à Gaza.

Colonna, victime du «domaine réservé»

La diplomatie française a parallèlement les yeux rivés sur l'Iran et son programme nucléaire. Les Occidentaux redoutent que Téhéran ne parvienne à se doter de l'arme nucléaire.

Même si la France s'en défend, le travail de négociations avec l'Iran est d'autant plus difficile que Paris œuvre, en coulisses, pour faire libérer quatre Français considérés comme des "otages d'État".

M. Séjourné devra aussi s'atteler à dérouler une nouvelle diplomatie française en Afrique, après le départ forcé des troupes françaises du Sahel où elles luttaient contre l'islamisme radical.

Le nouveau chef de la diplomatie aura fort à faire cette année, lors de laquelle près de quatre milliards de personnes - soit quasiment la moitié de la population mondiale - seront concernées par des élections en 2024, à commencer par la présidentielle cette semaine à Taïwan avant celle de la Russie.

Surtout, les Américains se choisiront un nouveau président en novembre, un scrutin dont l'issue aura nécessairement un impact sur l'Ukraine et le Proche-Orient.

En choisissant M. Séjourné, Emmanuel Macron entend ainsi redonner une visibilité à un ministère des Affaires étrangères, sans cesse sous le feu des critiques depuis qu'il était dirigé par Catherine Colonna.

Les défenseurs de cette dernière mettaient, eux, en avant une situation "schizophrénique" d'un président Macron omniprésent qui ne veut pas d'une ministre susceptible de lui faire de l'ombre, mais qui s'agaçait de sa difficulté à "imprimer" auprès des Français.

"Le problème, c'est que c'est la quadrature du cercle: comment briller sans faire d'ombre sur ce domaine très réservé?" du président, interrogeait encore en début de semaine un diplomate ayant requis l'anonymat.

Les détracteurs de l'ex-cheffe de la diplomatie notaient volontiers que son prédécesseur, Jean-Yves le Drian, avait su, lui, exister auprès du chef de l'État autant qu'auprès de l'opinion: une forme de modèle, désormais, pour Stéphane Séjourné.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.