L’hiver complique le quotidien des Palestiniens déplacés à Gaza

Des Palestiniens déplacés par l'offensive terrestre israélienne sur la bande de Gaza installent un camp de tentes dans la région de Muasi (Photo, AP).
Des Palestiniens déplacés par l'offensive terrestre israélienne sur la bande de Gaza installent un camp de tentes dans la région de Muasi (Photo, AP).
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Publié le Mardi 19 décembre 2023

L’hiver complique le quotidien des Palestiniens déplacés à Gaza

  • Gaza souffre d’inondations et d’un manque d'abris adéquats lors des pluies torrentielles
  • Des familles entières vivent dans des tentes fragiles et sont exposées aux intempéries

LONDRES: Les vents violents et les fortes pluies qui se sont abattus sur la bande de Gaza au cours de la semaine dernière ont aggravé la situation des quelque deux millions de civils déplacés à l'intérieur du pays. La crainte de voir se déclencher une épidémie de grande ampleur s'accroît alors que les infrastructures en ruine peinent à faire face à la situation.

Même avant les soixante jours de bombardements incessants, les experts avaient prévenu que le système d'évacuation des eaux de Gaza n'était plus adapté. Outre les destructions, les pluies diluviennes ont provoqué des inondations dans de vastes zones de l'enclave palestinienne.

Décrivant la situation comme «plus qu'horrible», une source a déclaré à Arab News que «tout était vrai» et que l'ampleur des destructions avait réduit à néant l'infrastructure d'assainissement du territoire assiégé, qui parvenait à peine à faire face à la situation.

Pour les personnes vivant dans le camp de réfugiés interne érigé à la hâte à Rafah, dans le sud de Gaza, la combinaison du vent et de la pluie a laissé beaucoup d'entre elles encore plus exposées qu'elles ne l'étaient auparavant, les tentes fragiles se retrouvant inondées et déchirées.

S'adressant à l'agence de presse Reuters alors qu'il tentait de réparer la maigre protection de sa famille contre les intempéries, un Palestinien déplacé, Ramadan Mohadad, a déclaré que leur abri, fabriqué à partir de contreplaqué et de bâches en plastique, était «déchiré et que l'eau se déversait sur nous».

Un Palestinien traîne des briques dans un camp de déplacés à Rafah (Photo, AFP).

«Nous avons essayé autant que possible de nous protéger pour que l'eau ne pénètre pas, mais la pluie est passée à travers... ce plastique ne protège en rien les personnes qui dorment dessous», a-t-il ajouté.

La situation de la famille de Mohadad est loin d'être une exception.

La guerre a éclaté le 7 octobre avec une attaque de combattants du Hamas contre le sud d'Israël qui, selon les autorités israéliennes, a entraîné la mort d'environ 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et la prise de près de 240 otages, dont certains ont été libérés au cours d'une brève trêve.

À ce dimanche, l'offensive militaire de représailles menée par Israël avait tué plus de 18 700 Palestiniens et en avait blessé 50 000 autres, selon les responsables de la santé dans le territoire dirigé par le Hamas.

Lorsque les combats entre les Forces de défense israéliennes et le Hamas se sont intensifiés en octobre, de nombreux Palestiniens ont fui leur maison avec les seuls vêtements qu'ils portaient, à une époque où les températures étaient nettement plus élevées.

Alors que le conflit est entré dans son troisième mois, certains d'entre eux ont déclaré à l'agence de presse AFP qu'ils survivaient sans matelas, sans couvertures et sans rien d'autre pour se réchauffer.

Des soldats israéliens se préparent à entrer dans la bande de Gaza, dans une zone de transit près de la frontière entre Israël et Gaza (Photo, AP).

Des vidéos ont été diffusées ce dimanche montrant des foules montant à bord de camions d'aide humanitaire et les poursuivant alors qu'ils pénétraient dans Gaza, dans une situation de plus en plus désespérée pour ces civils pris au piège.

Pour souligner l'ampleur des souffrances, l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (Unrwa) a diffusé sur le réseau X une vidéo dans laquelle la mère d'un enfant de deux ans partageant une tente avec 24 autres personnes explique que leur abri de fortune n'a pas permis de protéger son fils de la pluie.

«Il est essoufflé, sa poitrine est tendue. Il n'y a pas de couverture pour le couvrir. Qamar, ma nièce, a un an et demi. Elle est également malade. Il n'y a ni médicament ni traitement, et à cause du froid, elle est également essoufflée», a indiqué la femme.

«Nous souffrons. Nous sommes 24 personnes dans cette tente. Nous avons froid et nous avons des enfants... La pluie nous arrose et il n'y a pas de couverture, rien pour nous protéger. La nuit dernière, l'eau est entrée à l'intérieur et nous a noyés. Nous gardons les enfants sur les marches», a-t-elle ajouté.

Fikr Shalltoot, directrice de l'organisation caritative Medical Aid for Palestinians à Gaza, a déclaré à Arab News qu'en plus des «graves pénuries» de matériaux de base pour les abris, à savoir les tentes et les bâches en plastique, la pluie avait affecté la capacité des personnes déplacées de Gaza à se nourrir.

«En raison du manque de gaz de cuisine, les gens utilisent du bois pour cuisiner, mais avec la pluie, cela devient impossible pour de nombreuses familles», a précisé Mme Shalltoot.

Résidente de Gaza, Mme Shalltoot s'était rendue en Égypte le 7 octobre et n'a pas été autorisée à y retourner.

Des enfants palestiniens jouent sous la pluie dans un camp de personnes déplacées à Rafah (Photo, AFP).

La question de l'élimination des déchets est toutefois plus préoccupante à long terme. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a déclaré que les eaux usées étaient devenues «ingérables» en raison de trois problèmes simultanés: la surpopulation dans les sites désignés par Israël comme sûrs pour les civils, les dommages causés aux canalisations et les inondations.

Cette situation a conduit les partenaires humanitaires du Bureau de la coordination des affaires humanitaires à lancer des appels urgents pour que les matériaux de construction soient autorisés à entrer, l'organisme des Nations unies avertissant que «l'incapacité à faire des réparations pourrait entraîner une coupure d'eau dans certaines zones du sud de la bande de Gaza».

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a signalé en novembre que les infrastructures endommagées, les pénuries de carburant et les restrictions imposées à l'acheminement de l'aide n'avaient laissé que 5% de l'approvisionnement en eau d'avant-guerre.

Gaza ne doit pas non plus s'attendre à une accalmie imminente, les températures devant descendre jusqu'à 10 degrés Celsius en décembre, voire plus bas encore en janvier, tandis que la saison des pluies se prolongera probablement jusqu'en février.

Cette saison des pluies pourrait être pire que la normale, les stations météorologiques proches de la frontière sud entre Gaza et Israël ayant déjà enregistré près de deux fois les précipitations moyennes, ce qui renforce les craintes de voir les crues soudaines contaminer le peu d'eau potable qui reste.

Les organisations humanitaires contactées par Arab News, dont la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ont déclaré qu'elles étaient «préoccupées par le fait que les fortes pluies et les inondations qui touchent de grandes parties de Gaza augmentent encore le risque de maladies d'origine hydrique».

Après les tempêtes, les autorités sanitaires de Gaza ont recensé environ 360 000 cas de maladies infectieuses dans les abris, mais les Nations unies ont depuis lors averti que le nombre réel pourrait être beaucoup plus élevé.

Mme Shalltoot a noté que les responsables de Medical Aid for Palestinians avaient signalé que des maladies infectieuses se propageaient rapidement dans les abris surpeuplés, faisant écho aux inquiétudes concernant les crues soudaines qui présentent un «risque alarmant» pour la vie humaine.

«Sur les 360 000 cas signalés, on compte des infections respiratoires, des diarrhées, des cas de gale et des maladies de peau. Les enfants souffrent de gastro-entérite et de diarrhée, et des cas d'hépatite et de méningite ont également été signalés», a-t-elle alerté.

Julia Roknifard, professeure adjointe à l'école de politique, d'histoire et de relations internationales de l'université de Nottingham, a déclaré: «Il y a aussi le fait que les gens ont une immunité très affaiblie maintenant, ce qui va tout aggraver.»

Le 12 décembre, Philippe Lazzarini, commissaire général de l'Unrwa, s'est rendu à Gaza pour la troisième fois depuis le début de la guerre: «Chaque fois que j'y retourne, je pense que la situation ne peut empirer, mais chaque fois, je suis témoin d'une plus grande misère», a-t-il confié.

«Ce qui a changé par rapport à ma dernière visite, c'est qu'avant, nous avions des abris surpeuplés avec plus d'un million de personnes vivant dans les locaux de l'ONU, lors de ce voyage, lorsque j'ai visité un entrepôt devenu un abri, nous avions des dizaines de milliers de personnes à l'extérieur», a-t-il expliqué.

EN CHIFFRES

1,2 million de réfugiés à Gaza ont accès à l'aide alimentaire de l'Unrwa

1,9 million de réfugiés à Gaza utilisent les services de santé de l'Unrwa

«Les plus chanceux sont ceux qui ont une place à l'intérieur de nos locaux, surtout maintenant que l'hiver a commencé. Mais les autres n'ont absolument nulle part où aller, ils vivent à l'air libre, dans le froid, dans la boue et sous la pluie», a ajouté M. Lazzarini.

Des milliers de personnes n'ont pas encore réussi à atteindre les zones légèrement plus sûres de Gaza. Des vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux montrant un jeune Palestinien trempé par la pluie, transportant un petit corps enveloppé dans un linceul dans des rues inondées par des eaux qui lui arrivent aux genoux.

La montée des eaux a pratiquement coupé certaines des routes les plus faciles vers le sud. Un habitant de Gaza a déclaré aux journalistes que le voyage déjà périlleux vers les camps de réfugiés était devenu encore plus difficile, un problème qui touche également les personnes travaillant pour les services d'urgence de l'enclave.

Une Palestinienne s'approvisionne en eau à l'extérieur de son abri de fortune dans un camp de personnes déplacées à Rafah (Photo, AFP).

Près de la frontière égyptienne, Rafah est devenu un vaste camp pour les personnes déplacées, avec des centaines de tentes érigées à l'aide de bois et de bâches en plastique.

«Nous avons passé cinq jours dehors. Et maintenant, la pluie a inondé les tentes», a déclaré à l'AFP Bilal al-Qassas, un habitant déplacé.

De nouvelles craintes s'emparent aussi de ceux qui ont rejoint les camps de Rafah: l'intention d'Israël est de continuer à étendre la guerre jusqu'à ce que les combats engloutissent l'ensemble de la bande de Gaza.

Inas, mère de cinq enfants âgée de 38 ans, a déclaré à Reuters qu'elle avait été contrainte de fuir quatre fois depuis le 7 octobre.

Aujourd'hui, elle se dit «terrifiée à l'idée d'être déplacée en Égypte. C'est notre pire cauchemar. Vont-ils étendre la guerre terrestre à Rafah? Si cela se produit, où devrions-nous aller? Vers la mer ou vers le Sinaï?».

Yasmine Mhani a expliqué à Reuters, alors qu'elle étendait des vêtements mouillés pour les faire sécher sur l'abri de la tente, qu'elle avait perdu un enfant dans l’explosion d’une bombe israélienne qui a frappé leur maison. Ayant déménagé cinq fois depuis, elle partage maintenant une seule couverture avec les cinq membres restants de sa famille.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
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  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
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  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.