Procès Zepeda: la défense tente d'ouvrir d'autres pistes

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Publié le Mardi 05 décembre 2023

Procès Zepeda: la défense tente d'ouvrir d'autres pistes

  • Shintaro Obata était interrogé par la cour d'assises de Vesoul en qualité de témoin, en visioconférence depuis le Japon
  • A l'époque, il était le voisin de chambre de Narumi Kurosaki, le premier à s'inquiéter de son absence prolongée

VESOUL: "Comme dans les films": au deuxième jour du procès en appel du Chilien Nicolas Zepeda, accusé d'avoir assassiné à Besançon en 2016 son ex-petite amie Narumi Kurosaki, ses avocats ont révélé mardi des échanges "troublants" entre deux autres étudiants au moment de la disparition de la Japonaise.

Shintaro Obata était interrogé par la cour d'assises de Vesoul en qualité de témoin, en visioconférence depuis le Japon. A l'époque, il était le voisin de chambre de Narumi Kurosaki, le premier à s'inquiéter de son absence prolongée.

Les débats ont longuement porté sur les cris entendus la nuit qui a suivi la dernière apparition publique de la jeune femme, après qu'elle était rentrée dans sa résidence universitaire avec Nicolas Zepeda.

"Je me souviens d'un énorme cri, mais en provenance d'un endroit assez éloigné, tard dans la nuit. Il s'agissait d'un cri féminin", explique Shintaro Obata. Aux enquêteurs, il avait parlé d'un cri provenant "du bout du couloir", ou "du rez-de-chaussée", alors que Narumi Kurosaki et lui résidaient à l'étage.

Ces déclarations ne coïncident pas tout à fait avec la thèse portée par l'accusation, pour qui les cris sont ceux de Narumi Kurosaki tuée dans sa chambre par Nicolas Zepeda, juste derrière la cloison de Shintaro Obata. Le témoin est donc questionné à plusieurs reprises par l'avocat général, Etienne Manteaux, sur la précision de ses perceptions et de ses souvenirs.

"Je ne peux ni infirmer ni confirmer si ça venait de la chambre d'à côté ou d'un endroit éloigné", conclut Shintaro Obata.

« C'est rigolo »

Mais ce n'est pas cet aspect que soulèvent les avocats du Chilien, Renaud Portejoie et Sylvain Cormier. Interrogeant le témoin, Me Cormier revient sur un échange "troublant" de SMS entre Shintaro Obata et Arthur Del Piccolo, le petit ami français de Narumi Kurosaki au moment de sa disparition.

Alors que Shintaro Obata s'inquiète de ne plus voir son amie, Arthur Del Piccolo semble vivre cette absence avec détachement, malgré sa relation d'intimité avec la jeune femme.

"Je trouve que c'est rigolo en fait. On dirait qu'elle a des trucs à cacher. J'aimerais bien qu'il y ait quelque chose, comme dans les films et tout", écrit alors le Français.

Mais quand l'étudiant japonais entreprend de rédiger une note pour alerter les autorités de la disparition de Narumi Kurosaki, il se fait sermonner par Arthur Del Piccolo, qui s'inquiète de savoir si le texte a déjà été présenté. "Je sais que tu veux aider, mais ça pourrait avoir un impact négatif. Je suis dur, mais tu ne dois pas faire ça", écrit-il.

"Pour une raison ou une autre, il était de mauvaise humeur quant au contenu de ce que j'avais écrit", se souvient Shintaro Obata. Une autre note sera finalement transmise aux autorités, mais "Arthur en était le rédacteur principal", précise-t-il.

"Soyons précis", reprend alors Sylvain Cormier. "Arthur ne s'est pas soucié de la disparition de Narumi, mais quand il faut rédiger une note, c’est lui qui veut le faire", s'étonne-t-il. Arthur Del Piccolo, qui s'est constitué partie civile, doit être entendu le 12 décembre par la cour.

« Harcèlement » en ligne

Trois autres étudiantes japonaises témoignent. Elles évoquent le "harcèlement" exercé par Nicolas Zepeda sur Narumi Kurosaki après leur rupture, survenue au début de l'automne 2016.

"Elle avait des problèmes avec son ex-copain et avait du mal à se libérer (...) Il la surveillait", indique Kaori Nishida, qui connaissait la victime sans être "une amie proche".

Le jeune Chilien "s'introduisait dans le compte Facebook de Narumi, pour effacer des contacts masculins", témoigne une autre amie, Miharu Kimura.

Selon les enquêteurs, grâce à cet accès aux réseaux sociaux de la victime, Nicolas Zepeda avait envoyé des messages depuis le compte de celle-ci, après sa disparition, pour retarder l'ouverture d'une enquête et quitter la France.

A l'époque, Kaori Nishida s'était interrogée sur une éventuelle responsabilité d'Arthur Del Piccolo, avant de changer d'avis. "Je l'ai vu dans sa chambre pleurer, je l'ai trouvé sincère", précise-t-elle.

En première instance, Nicolas Zepeda a été condamné à 28 ans de prison.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».