Frankly Speaking: Quel est le degré de difficulté de l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza ?

En tant que Croix-Rouge internationale, nous parlons toujours à toutes les parties au conflit a déclaré Dalton à Katie Jensen lors d'une interview accordée à Frankly Speaking (Photo, AN).
En tant que Croix-Rouge internationale, nous parlons toujours à toutes les parties au conflit a déclaré Dalton à Katie Jensen lors d'une interview accordée à Frankly Speaking (Photo, AN).
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Publié le Dimanche 26 novembre 2023

Frankly Speaking: Quel est le degré de difficulté de l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza ?

  • Les travailleurs humanitaires dans l'enclave palestinienne assiégée sont confrontés à des « difficultés incroyables » face à «l'ampleur des besoins»
  • Pour Clare Dalton, les travailleurs humanitaires se sont concentrés sur les moyens de venir en aide aux personnes dans le besoin

DUBAΪ : Malgré les dons destinés à aider la population de Gaza, il est nécessaire d'assurer un « accès humanitaire plus soutenu » aux Palestiniens dans le besoin, selon Clare Dalton, cheffe de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge aux Émirats arabes unis.

Lors de son passage à l'émission « Frankly Speaking » d'Arab News, peu avant l'entrée en vigueur vendredi d'une pause humanitaire de quatre jours dans les combats entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas, Mme Dalton a déclaré que les besoins de la population de Gaza n'étaient pas satisfaits vu le nombre limité de camions autorisés à pénétrer dans le territoire.

« Il faut un accès humanitaire plus soutenu à l'intérieur de Gaza, car c'est là que les gens ont besoin de secours », a-t-elle déclaré, ajoutant que tant qu'Israël n'autorisera pas un plus grand nombre de camions à entrer dans Gaza via le poste frontière de Rafah, en Égypte, les besoins des civils ne pourront pas être satisfaits. 

« Je pense que le grand défi est que beaucoup d'aide a été envoyée pour aider les gens, mais que peu de choses arrivent en réalité », a dit Mme Dalton à Katie Jensen, animatrice de l'émission « Frankly Speaking ».

« Le nombre de camions qui ont pu accéder à Gaza depuis le début de cette terrible crise est vraiment limité ».

« Toute l'aide est vraiment nécessaire et importante. Elle n'est tout simplement pas suffisante. Si l'on considère le nombre de camions qui entraient dans la bande de Gaza avant le 7 octobre... il y en avait environ 500 par jour. Depuis cette crise, je pense que nous n'avons vu arriver que 1 200 camions. C'est un écart énorme ».

Dalton a ajouté : « Non seulement les besoins ordinaires des gens ne sont pas satisfaits, mais en plus, ce conflit dévastateur a ravagé les infrastructures, tué des gens, les a blessés, les a fait fuir, et il n'y a pas assez d'aide. Et il y a encore moins d'aide humanitaire pour eux ».

La pause humanitaire, négociée par des intermédiaires américains, qataris et égyptiens, a été instaurée principalement pour permettre la libération en toute sécurité des otages israéliens et étrangers détenus par le Hamas en échange de prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

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La haute responsable du CICR a déclaré que les travailleurs humanitaires dans l'enclave palestinienne assiégée étaient confrontés à des « difficultés incroyables » dans les conditions du siège militaire israélien, et que les besoins sont «immenses» (Photo AN).

Les otages ont été capturés par le groupe militant lorsqu'il a lancé son attaque transfrontalière contre le sud d'Israël le 7 octobre, au cours de laquelle 1 200 personnes ont été tuées et environ 230 Israéliens et autres ressortissants étrangers ont été enlevés et ramenés à Gaza.

C'est cette attaque qui a déclenché le bombardement de la bande de Gaza par Israël, la restriction des livraisons humanitaires et commerciales entrant dans le territoire, et une offensive militaire terrestre visant à éliminer le Hamas.

Le CICR, en tant que partie neutre, a joué un rôle crucial dans l'échange du premier groupe d'otages vendredi. Avant la pause humanitaire, Mirjana Spoljaric, présidente du CICR, s'est rendue au Qatar, où elle a rencontré Ismael Haniyeh, président du bureau politique du Hamas.

« En tant que Croix-Rouge internationale, nous nous entretenons toujours avec tous les protagonistes du conflit afin de faire passer des messages sur la manière dont les civils sont traités et sur toutes les questions humanitaires dont nous discutons », a déclaré Dalton.

« Nous ne négocions pas avec les belligérants. Ce que nous pouvons faire, c'est faciliter la conclusion d'un accord entre les parties. Je ne connais pas les détails de ces réunions. Cependant, en tant que CICR, notre travail consiste toujours à faire de notre mieux pour les personnes sur le terrain, pour répondre aux besoins des civils ».

« Nous avons un mandat spécifique en vertu du droit international pour le faire, mais aussi, comme beaucoup d'autres acteurs, nous faisons de notre mieux pour apporter une aide humanitaire ».

Le CICR dispose d'équipes médicales à l'intérieur de la bande de Gaza, où les infrastructures de santé sont débordées par le nombre de civils blessés, et doivent faire face à une pénurie d'électricité, d'eau potable, de médicaments et d'anesthésiques.

Tout au long du conflit, Israël a accusé le Hamas d'utiliser des tunnels, des caches d'armes et des centres de commandement creusés sous les principaux hôpitaux de Gaza, transformant ainsi le personnel médical et ses patients civils en boucliers humains.

À la question de savoir si les équipes du CICR travaillant à Gaza avaient connaissance de l'existence de tels tunnels, Dalton a répondu que le mandat de l'organisation était très différent. « Ce n'est pas notre travail de vérifier ce genre d'affirmations. C'est autre chose. Pour nous, ce qui est important, ce sont les besoins des gens qui souffrent », a-t-elle déclaré.

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Alors que le temps se refroidit à Gaza, le CICR distribue des couvertures et des bâches à près de 5 000 personnes déplacées à Khan Younis (Photo, Fournie).

Lorsqu'on lui a demandé si elle pensait que les civils étaient utilisés comme boucliers humains par le Hamas, Dalton a répondu : « Je l’ignore. Je pense que ce qui nous préoccupe par ailleurs, c'est de cerner les besoins des gens, et comment faire de notre mieux pour les aider ».

Elle a ajouté : « En tant qu'organisation humanitaire internationale, nous ne prenons pas parti. Ce n'est pas notre rôle. Ce sont des questions politiques et je suis sûre qu'il y a des gens qui ont des opinions ou qui peuvent y répondre ».

Elle a réitéré le rôle du CICR en tant que partie neutre au conflit. « En tant qu'acteurs humanitaires, si nous voulons faire notre travail, nous devons être en mesure d'apporter une aide aux populations sur une base impartiale », a-t-elle expliqué. « Nous, CICR, fonctionnons selon ce principe de neutralité. Nous ne pouvons pas prendre parti, et c'est vraiment important pour notre accès humanitaire ».

Les détracteurs de la campagne israélienne visant à détruire le Hamas affirment que la réponse d'Israël à l'attaque du 7 octobre a été disproportionnée et qu'elle a fait payer un tribut bien plus lourd aux civils et à l’infrastructure de Gaza.

Selon les autorités sanitaires locales, qui dépendent du gouvernement du Hamas, plus de 14 000 personnes ont été tuées à Gaza sous les bombardements israéliens, dont une majorité de femmes et d'enfants. Parallèlement, quelque 1,7 million de personnes ont été déplacées par les combats.

« La situation est catastrophique », a déclaré Dalton. « Les gens sont confrontés à des difficultés incommensurables et les civils en particulier souffrent cruellement, vraiment âprement. Depuis le début, la situation s'est progressivement aggravée. La situation dans laquelle se trouvent les civils est très difficile ».

« Gaza est une ville très densément peuplée. Les gens n'ont donc pas beaucoup de lieux dans lesquels ils pourraient se réfugier ».

« Les dommages causés aux infrastructures essentielles sont très importants. Et lorsque les populations se déplacent, où vont-elles ? Je pense que tous ces éléments aggravent les difficultés auxquelles les gens sont de toute façon confrontés dans une situation de conflit.

À la question de savoir s'il s'agissait de la pire catastrophe humanitaire dont elle avait été témoin au cours de ses 15 années au CICR, Mme Dalton a répondu qu'il ne fallait pas faire de comparaisons, mais elle a reconnu que les épreuves imposées à Gaza allaient bien au-delà des limites acceptables en temps de guerre.

« La guerre est terrible et son impact sur les populations est dévastateur », a-t-elle déploré. « Qui que vous soyez et quel que soit votre camp, je pense qu'il est vraiment difficile de faire ces comparaisons ».

« Nous aimons dire qu'il n'y a pas de hiérarchie dans la souffrance. Si vous êtes une mère dont l'enfant est tué, où que ce soit et quelle que soit la situation, c'est tout simplement terrible.

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En tant que Croix-Rouge internationale, nous parlons toujours à toutes les parties au conflit a déclaré Dalton à Katie Jensen lors d'une interview accordée à Frankly Speaking (Photo, AN).

Notre message est toujours le suivant : les guerres ont lieu, mais elles doivent avoir des limites ».

Le 7 novembre, le CICR a confirmé qu'un de ses convois d'aide humanitaire avait essuyé des tirs dans la ville de Gaza. Deux camions ont été endommagés et un chauffeur légèrement blessé lorsque le convoi, qui transportait « du matériel médical vital destiné à des établissements de santé, notamment à l'hôpital Al-Quds du Croissant-Rouge palestinien », a essuyé des tirs, a indiqué l'organisation sur son site X.

Le CICR s'est déclaré « profondément troublé » par cet incident et a rappelé aux « parties belligérantes l'obligation qui leur incombe, en vertu du droit international humanitaire, de respecter et de protéger les travailleurs humanitaires en toutes circonstances ».

La déclaration n'identifie pas la source des tirs sur le convoi, composé de cinq camions et de deux véhicules du CICR.

« Je ne sais pas qui nous a tiré dessus », a précisé Dalton. « En fin de compte, ce n'est peut-être pas le plus important. Ce qui est important, c'est que des travailleurs médicaux, qui tentent de sauver des vies, risquent leur vie et celle des patients en essayant de faire leur travail. Cela ne devrait pas être le cas ».

« Si nous ne sommes pas en mesure de fournir une assistance vitale, des gens mourront inutilement. Notre message est donc toujours que les médecins, les travailleurs humanitaires et le personnel médical doivent être protégés dans l'exercice de leurs fonctions ».

L'ONU a qualifié le conflit de Gaza de plus meurtrier pour ses travailleurs humanitaires, des rapports faisant état de plus de 100 morts dans les rangs des agences d'aide depuis le début de la guerre.

« Il est très difficile pour les acteurs humanitaires de faire leur travail dans de telles conditions », a affirmé Dalton.

« Nous avons une équipe chirurgicale sur le terrain, une autre dans un hôpital au sud de Gaza, l'Hôpital européen de Gaza, qui est là depuis environ trois semaines. Et lorsque nous les entendons parler de ce qu'ils essaient de faire, des patients qu'ils essaient de traiter, il est évident qu'ils sont confrontés à d'immenses souffrances autour d'eux ».

« Il n'y a pas d'électricité. Il fait souvent nuit. C'est extrêmement accablant. Les produits médicaux ne sont pas suffisants. Les patients arrivent continuellement avec des blessures très graves, des brûlures, des choses qui nécessitent un traitement très spécialisé. C'est donc incroyablement difficile.

« Sans électricité, de nombreux autres services essentiels ne fonctionnent pas. Il n'y a pas assez d'eau. Les gens n'ont pas suffisamment de vivres. Maintenant, il commence à faire plus froid. Il pleut. Les familles se déplacent pour tenter de se mettre à l'abri ».

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Du côté israélien de la frontière avec la bande de Gaza montre de la fumée s'élevant au-dessus des bâtiments lors des frappes israéliennes sur la partie nord de l'enclave palestinienne le 22 novembre (Photo, AFP).

« En tant qu'acteurs humanitaires, nous devons faire de notre mieux pour apporter aux gens l'aide dont ils ont besoin. C'est très, très difficile. Les conditions de sécurité sont pénibles pour tout le monde. Par ailleurs, il n'y a pas assez d'aide qui arrive, étant donné les besoins colossaux ».

Le CICR a notamment pour mandat de vérifier si les combattants respectent le droit international humanitaire. Depuis le début du conflit, Israël et le Hamas sont accusés de commettre des crimes de guerre.

« Nous sommes tous les jours témoins d’exemples qui donnent l'impression que, dans certains cas, le droit international humanitaire est remis en question », a précisé Dalton. « Mais nous essayons d’en être les garants, d'en parler aux parties au conflit, de rappeler à chacun ses obligations. Nous ne sommes pas des arbitres ».

Mais ce message passe-t-il ?

« J’imagine que si vous êtes un civil sur le terrain qui subit l'impact de tout cela, vous ne croirez probablement pas que le message passe », a souligné Dalton. « Je pense qu'en ce qui nous concerne, nous faisons ce qui est en notre pouvoir. Et il est très important de continuer à rappeler aux parties leurs obligations ».

« Cela peut sembler un peu sec et ne pas avoir d'impact direct sur les terribles conditions de vie des gens. Pourtant, c'est le cas et cela peut être déterminant ».

« Si les infrastructures essentielles ne sont pas endommagées inutilement, cela a moins de répercussions sur la possibilité pour les gens d'avoir de l'eau, de l'électricité, etc.

À moins que de nouvelles pauses humanitaires ne soient décidées ou, comme l'espèrent les responsables de l'aide, qu'un cessez-le-feu permanent ne soit mis en place, les besoins en dons et en convois continueront de croître.

L'Arabie saoudite et d'autres pays du Conseil de coopération du Golfe ont mis en place des vols et des cargaisons d'aide, tandis que leurs citoyens ont donné généreusement aux organisations caritatives.

« Compte tenu de l'ampleur dévastatrice des besoins dont nous avons parlé, nous avons besoin de beaucoup de soutien », a ajouté Dalton. « En tant que CICR, nous lançons un appel humanitaire, comme le font de nombreuses organisations, et il existe de nombreuses façons de nous soutenir ».

« Nous sommes ici aux Émirats arabes unis, et les pays du CCG ont été très généreux, eux aussi, en envoyant de l'aide et en finançant les acteurs humanitaires. C'est très important ».

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Qatar: Les attaques contre les installations énergétiques au Moyen-Orient auront des «répercussions à travers le monde» 

Plusieurs fortes explosions ont été entendues mardi à Doha, capitale du Qatar, ont rapporté des journalistes de l'AFP, l'Iran poursuivant ses attaques de représailles contre ses voisins du Golfe abritant des bases militaires américaines. (AFP)
Plusieurs fortes explosions ont été entendues mardi à Doha, capitale du Qatar, ont rapporté des journalistes de l'AFP, l'Iran poursuivant ses attaques de représailles contre ses voisins du Golfe abritant des bases militaires américaines. (AFP)
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  • "Les attaques contre les installations énergétiques qui ont eu lieu, des deux côtés, constituent un précédent dangereux (...) elles auront des répercussions à travers le monde"
  • Dans un communiqué publié sur X, le ministère de la Défense a dit avoir "intercepté une attaque de missile". Le ministère de l'Intérieur a de son côté fait état d'un "niveau de menace sécuritaire élevé"

DOHA: Le Qatar a mis en garde mardi contre les conséquences économiques mondiales des attaques contre les infrastructures énergétiques, au onzième jour de la guerre au Moyen-Orient.

"Les attaques contre les installations énergétiques qui ont eu lieu, des deux côtés, constituent un précédent dangereux (...) elles auront des répercussions à travers le monde", a affirmé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

 

 


L'Iran défie les Etats-Unis, menace Donald Trump

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  • "Les forces armées iraniennes (...) n'autoriseront pas l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires jusqu'à nouvel ordre", a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution
  • Le pouvoir iranien contrôle de facto le très stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL)

TEHERAN: L'Iran a menacé mardi le président américain, en rejetant ses avertissements de la veille et en promettant que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre".

"L'Iran n'a pas peur de vos menaces vides. Des plus puissants que vous ont essayé d'éliminer la nation iranienne et n'ont pas réussi. Faites attention à ne pas être éliminé vous-même!", a écrit Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, sur X.

La République islamique a balayé les propos lundi de Donald Trump, qui parlait de guerre "quasiment" terminée et jurait de frapper "plus fort" si Téhéran continuait de paralyser la circulation du pétrole dans la région.

Une perspective qui angoisse les marchés, face à un conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis le 28 février.

"Les forces armées iraniennes (...) n'autoriseront pas l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires jusqu'à nouvel ordre", a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique.

Le pouvoir iranien contrôle de facto le très stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Et il affiche sa détermination après avoir désigné dimanche l'ayatollah Mojtaba Khamenei nouveau guide suprême, dix jours après la mort de son père par des frappes israélo-américaines dans lesquelles il a lui même été blessé.

Les efforts "pour réduire et contrôler le prix du pétrole et du gaz seront ponctuels et vains. En temps de guerre, le commerce est tributaire de la sécurité régionale", a assuré le porte-parole des Gardiens, selon l'agence de presse Tasnim.

Ces derniers ont même promis de laisser transiter par le précieux passage "tout pays arabe ou européen qui expulserait les ambassadeurs israélien et américain de son territoire".

Des propos qui tranchent singulièrement avec ceux de Donald Trump la veille. "La guerre va se terminer bientôt", avait-il assuré, pour sa première conférence de presse depuis le début du conflit.

Laissant, comme souvent, planer le doute sur ses projets, il a menacé de frapper l'Iran "beaucoup plus fort" si Téhéran "prenait le monde en otage" en bloquant le détroit d'Ormuz.

Le dirigeant américain a aussi annoncé qu'il allait lever certaines sanctions sur le pétrole "afin de réduire les prix" qui se sont envolés ces derniers jours. Sans préciser pour autant de quelles sanctions il s'agissait, ni quels pays étaient concernés.

Volatilité "rare" des marchés 

De fait, l'or noir était sur toutes les lèvres mardi.

La reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz est "absolument cruciale", a affirmé le PDG de la compagnie pétrolière saoudienne Aramco, mettant en garde contre de potentielles "conséquences catastrophiques" d'un blocage prolongé sur les marchés pétroliers.

Le Qatar a dénoncé des attaques contre les installations énergétiques "des deux côtés", qui constituent selon lui "un précédent dangereux".

L'Inde a fait le même constat de la perturbation de l'acheminement du gaz et décidé de l'affecter en priorité à la consommation des ménages et aux transports.

En attendant d'y voir plus clair, les marchés mondiaux ont fait volte-face après la panique de lundi. Les prix du pétrole ont reculé de 5% en fin d'échanges asiatiques et le gaz européen a perdu 15%.

Les Bourses européennes, au diapason, se sont redressées à l'ouverture. Paris, Francfort et Londres ont repris entre 1,29 et 2,04%, dans la foulée du regain des bourses asiatiques (Séoul +5,35%, Tokyo +2,88%).

Les analystes ont pourtant du mal à s'y retrouver, entre déclarations contradictoires et frappes tous azimuts. "Il est rare que les marchés connaissent une telle volatilité", constate Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Les propos de Donald Trump ont permis d'enrayer la chute des marchés. Mais le conflit se poursuit "à plein régime (...) et les intentions des Etats-Unis dans cette guerre restent floues".

"Briser les os" 

Israël "brisera les os" du pouvoir iranien, mais n'en a "pas encore fini" avec lui, a déclaré de son côté le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Son armée a annoncé une nouvelle série de frappes sur Téhéran, où des journalistes de l'AFP ont entendu peu après des explosions.

Elle frappe aussi toujours le Liban, disant viser les fiefs du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud et l'est du pays, victime collatérale de la guerre avec l'Iran.

Les forces israéliennes ont prévenu de frappes sur Tyr et Saïda (sud) contre le mouvement, appelant les habitants de plusieurs immeubles à évacuer leur logement.

Un scénario désormais courant, notamment pour Beyrouth, dont la banlieue sud a été quasiment vidée. Plus de 667.000 personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes sur son voisin, dont 100.000 en 24 heures, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Les monarchies du Golfe tentent elles tant bien que mal de protéger des infrastructures d'hydrocarbures constamment visées.

Les Emirats arabes unis ont indiqué qu'une attaque de drone avait provoqué un incendie dans une zone industrielle. Koweït et Arabie saoudite ont dit avoir eux même abattu des aéronefs sans pilote, omniprésents dans le conflit. Et Bahreïn a déploré deux morts dans la frappe d'un immeuble résidentiel.

Dernier avatar en date du risque d'extension régionale du conflit, un second missile iranien a été intercepté lundi au-dessus de la Turquie. Le président iranien Massoud Pezeshkian a proposé à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan qu'une "équipe conjointe" enquête sur ces incidents, selon les médias iraniens.

Sans confirmer, la Turquie a annoncé le déploiement d'un système de défense antiaérien Patriot dans le centre du pays "pour soutenir la protection de (son) espace aérien".


L'Iran poursuivra ses attaques «aussi longtemps que nécessaire»

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien lors de son offensive et n'en avait "pas encore fini". (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien lors de son offensive et n'en avait "pas encore fini". (AFP)
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  • Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé mardi qu'il était prêt à se battre "aussi longtemps que nécessaire" contre les Etats-Unis et Israël
  • Une explosion a été entendue mardi matin à Jérusalem, où les sirènes d'alerte ont retenti après une alerte aux missiles iraniens de l'armée israélienne, ont rapporté des journalistes de l'AFP

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé mardi qu'il était prêt à se battre "aussi longtemps que nécessaire" contre les Etats-Unis et Israël, contredisant le président américain Donald Trump qui avait assuré la veille que la guerre allait "se terminer bientôt".

"Nous sommes prêts à poursuivre les frappes de missiles contre eux aussi longtemps que nécessaire et chaque fois que cela sera nécessaire", a déclaré le ministre iranien à la chaîne américaine PBS News, ajoutant que des négociations avec Washington "ne sont plus à l'ordre du jour".