Pour 2027, la musique Ruffin se fait entendre de plus en plus forte

Le député de La France Insoumise (LFI) François Ruffin prononce un discours lors des journées d'été d'EELV au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 24 août 2023. (AFP)
Le député de La France Insoumise (LFI) François Ruffin prononce un discours lors des journées d'été d'EELV au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 24 août 2023. (AFP)
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Publié le Jeudi 23 novembre 2023

Pour 2027, la musique Ruffin se fait entendre de plus en plus forte

  • Le député de la Somme est sorti de sa zone de confort, en s'aventurant sur des sujets sur lesquels on l'entendait moins jusqu'ici, comme l'immigration
  • «Ruffin veut fédérer la gauche sur la base sociale pour parler aux fameux "fâchés pas fachos"», analyse pour sa part le député Louis Boyard

PARIS: Sa communication est maîtrisée et ses prises de parole choisies. Toujours sans déclarer ouvertement ses intentions pour l'élection de 2027, le député insoumis François Ruffin travaille sa stature de présidentiable, au risque de froisser le noyau dur de son mouvement.

Mardi soir, loin des caméras, l'élu de la Somme a inauguré à Paris des locaux de son micro-parti "Picardie Debout", six mois après avoir lancé un appel aux dons visiblement suivi d'effet.

"Ces dons ont permis d'engager deux salariés à Picardie Debout et de louer ce local", glisse un de ses proches. "Ca fera un bon incubateur", ajoute un des participants à l'inauguration.

Un peu plus tôt dans la journée, l'ancien journaliste de 48 ans s'était encore illustré en étant l'un des premiers élus LFI à poser des mots forts sur la mort du jeune Thomas dans la Drôme, dénonçant "l'hémiplégie, la demi-cécité dans notre humanité", "comme s'il fallait choisir son camp, selon l'origine réelle ou supposée des victimes ou des agresseurs". Sans oublier de dénoncer en même temps une agression raciste dans le Val-de-Marne.

Quelques semaines auparavant, François Ruffin avait fait un pas de côté par rapport à la communication officielle du mouvement en étant l'un des premiers insoumis à qualifier le Hamas de groupe "terroriste".

«l'anti-Mélenchon»

Celui qui se revendique comme une "voix libre" et qui se définit volontiers comme "social-démocrate" évolue souvent à la marge de La France insoumise et revendique vouloir récupérer les votes des bourgs et des campagnes populaires qui se sont souvent tournés vers le Rassemblement national.

Surtout, il appelle ses camarades à adopter un ton plus apaisé et rassembleur, après s'être lui-même fait connaître du grand public par ses "happenings" à l'Assemblée nationale, comme le port d'un maillot de foot à la tribune.

"C'est tôt, mais il avance ses pions pour 2027", note un élu LFI, proche de François Ruffin.

"Il a peut-être compris avant les autres que se répartir une petite part de marché électoral ancré, ce n'est pas une fin en soi", analyse pour sa part un ministre.

"Le système voudra présenter François comme l'anti-Mélenchon", prévient un autre Insoumis, même s'il prend bien soin de ne pas rentrer en opposition directe avec le triple candidat malheureux à la présidentielle, officiellement en retrait mais dont l'ombre est toujours omniprésente.

Malgré les précautions du réalisateur de "Merci Patron!", le cercle proche de Jean-Luc Mélenchon ne se prive pas de faire pleuvoir les critiques, lui reprochant de jouer une partition trop personnelle.

Testé à 7% 

"François ne veut pas avoir de responsabilité dans le groupe, il est un pied dehors et un pied dedans", regrette un membre de la direction.

"Si Ruffin aspire à changer de dimension, il va falloir qu'on l'entende sur des sujets comme l'abaya", abondait un autre responsable du mouvement à la rentrée, en pleine polémique sur ce vêtement.

Depuis, le député de la Somme est sorti de sa zone de confort, en s'aventurant sur des sujets sur lesquels on l'entendait moins jusqu'ici, comme l'immigration.

Défendant l'intégration "par la langue, par le travail", il a ainsi participé à un débat sur France 2 pendant lequel Adrien Quatennens, proche de M. Mélenchon, a regretté d'un tweet cinglant qu'"on ne trouve pas (sur le plateau, ndlr) un responsable politique de gauche pour évoquer les causes des mouvements de population".

"Ruffin veut fédérer la gauche sur la base sociale pour parler aux fameux +fâchés pas fachos+", analyse pour sa part le député Louis Boyard. "Il oublie qu'il y a un mouvement dans la société pour la justice, sur les questions de genre, de laïcité, d'écologie ou d'antiracisme", poursuit ce cadre insoumis.

Parmi les "frondeurs", le nom de Clémentine Autain revient également parfois pour 2027. "François est un peu en avance", estime un Insoumis de longue date. "Et il a été testé à 7% d'entrée, c'est pas mal", ajoute-t-il en référence à un sondage Ifop de fin octobre qui testait différentes options, sans candidature commune à gauche.

"On est bien en amont de l'élection, il n'a jamais été candidat, 7% c'est pas inintéressant", note le député Damien Maudet, ancien attaché parlementaire de François Ruffin, qui rappelle que l'objectif de ce dernier est de "monter une équipe" pour la présidentielle.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».