Les mineurs, point sensible des réseaux sociaux

YouTube a pour sa part annoncé jeudi qu'il limiterait les «recommandations répétées» de vidéos qui idéalisent certains canons de beauté et risquent de nuire à la santé mentale des ados. (AFP)
YouTube a pour sa part annoncé jeudi qu'il limiterait les «recommandations répétées» de vidéos qui idéalisent certains canons de beauté et risquent de nuire à la santé mentale des ados. (AFP)
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Publié le Dimanche 05 novembre 2023

Les mineurs, point sensible des réseaux sociaux

  • Les mineurs jouent tout de même un rôle moteur dans le marché de la publicité numérique car ils «sont forces de proposition pour la consommation» de leurs parents
  • Meta tente, lui, de prédire l'âge réel des utilisateurs grâce à ses algorithmes et peut exiger une preuve d'identité quand il soupçonne un mineur de se faire passer pour un adulte

PARIS: Grands consommateurs de contenus en ligne, enfants et adolescents sont aussi les premières victimes de certains effets nocifs des réseaux sociaux, forcés de mettre en place des mesures de protection.

Question: pourquoi les réseaux sociaux tentent-ils d'attirer les mineurs ?

Réponse: "De manière directe, peu de réseaux sociaux tirent un réel bénéfice de la présence d'enfants", estime Thomas Rohmer, fondateur de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique, interrogé par l'AFP.

"S'ils s'y intéressent, c'est dans une logique de fidélisation, pour quand ils seront adultes et détenteurs d'un pouvoir d'achat", poursuit-il, citant notamment le développement de la plateforme YouTube Kids ou le projet suspendu d'Instagram for Kids, destinés aux moins de 13 ans.

Les mineurs jouent tout de même un rôle moteur dans le marché de la publicité numérique car ils "sont forces de proposition pour la consommation" de leurs parents, relève Julien Pillot, enseignant-chercheur en économie à l'école de commerce Inseec.

Mais le nouveau règlement européen sur les services numériques (DSA), appliqué depuis cet été, interdit les publicités ciblant les mineurs grâce à leurs données personnelles. Meta a ainsi exclu lundi les mineurs des abonnements payants qu'il souhaite proposer aux Européens qui refuseraient d'être ciblés.

Les adolescents pourront donc toujours utiliser Facebook et Instagram gratuitement et sans ciblage personnalisé.

Question: quels risques encourent-ils sur ces plateformes ?

Réponse: Cyber-harcèlement, désinformation, défis dangereux, troubles psychologiques ou mauvaises rencontres... De nombreux scandales ont terni l'image des réseaux sociaux lorsqu'il sont utilisés par des mineurs.

"Meta a exploité des technologies puissantes et sans précédent pour attirer (...) et finalement piéger les jeunes et les adolescents afin de faire des profits", ont asséné le 24 octobre les procureurs généraux de plus de quarante Etats américains, qui ont déposé une plainte contre le groupe.

Plusieurs études ont révélé qu'Instagram renvoyait à de nombreuses adolescentes une image négative d'elles-mêmes. Le réseau social chinois TikTok, très prisé des mineurs, a récemment été critiqué par des parlementaires français pour des dérives sur l'organisation de jeux d'argent.

Jusqu'à 95% des Américains de 13 à 17 ans disent utiliser un réseau social, dont un tiers "quasiment constamment", selon le Pew Research Center.

Souvent dénoncée, l'addiction aux réseaux sociaux fait toujours débat dans la communauté scientifique et "relève de la mythologie", affirme Thomas Rohmer.

"Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des comportements excessifs. Les enfants et adolescents qui rencontrent des difficultés avec ces outils sont aussi ceux qui sont plus fragiles", nuance-t-il.

Questions: les dispositifs mis en place par les plateformes permettent-ils de les protéger ?

Réponse: En principe, toutes les plateformes, de TikTok à Instagram, interdisent aux moins de 13 ans de s'inscrire. Sauf que l'âge reste déclaratif.

Selon une enquête datant de 2021 de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, garantie de la vie privée des Français, la première inscription sur un réseau social intervient en moyenne vers 8 ans et demi et plus de la moitié des 10-14 ans les utilisent.

Mais les plateformes sont désormais sous pression. En septembre, TikTok a écopé de 345 millions d'euros d'amende dans l'Union européenne pour avoir laissé les comptes des mineurs visibles publiquement par défaut et n'avoir pas suffisamment pris en compte les risques pour les moins de 13 ans.

L'application fait désormais la chasse aux comptes des utilisateurs qui semblent avoir moins de 13 ans et dit en avoir supprimé des millions.

Meta tente, lui, de prédire l'âge réel des utilisateurs grâce à ses algorithmes et peut exiger une preuve d'identité quand il soupçonne un mineur de se faire passer pour un adulte.

En outre, de plus en plus de réseaux affichent des messages d'avertissement au bout d'un certain temps, pour éviter l'addiction.

YouTube a pour sa part annoncé jeudi qu'il limiterait les "recommandations répétées" de vidéos qui idéalisent certains canons de beauté et risquent de nuire à la santé mentale des ados.

Mais beaucoup reste à faire. Par exemple pour rendre effectif l'effacement des informations personnelles ou mieux comprendre l'impact de ces outils sur les plus jeunes.

Ce défi nécessite, selon Thomas Rohmer, "une véritable stratégie éducative, avec une implication massive des parents qui fait cruellement défaut".


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.