En plein conflit à Gaza, Trump ressort son décret migratoire anti-musulmans

Donald Trump fait des gestes après avoir pris la parole lors du sommet annuel du leadership de la Coalition juive républicaine au Venetian Resort Las Vegas le 28 octobre 2023 à Las Vegas, Nevada. (Getty Images/AFP)
Donald Trump fait des gestes après avoir pris la parole lors du sommet annuel du leadership de la Coalition juive républicaine au Venetian Resort Las Vegas le 28 octobre 2023 à Las Vegas, Nevada. (Getty Images/AFP)
Le candidat républicain à la présidentielle américaine Ron DeSantis, gouverneur de Floride, s'exprime lors du sommet annuel du leadership de la Coalition juive républicaine à Las Vegas, Nevada, le 28 octobre 2023. (Reuters)
Le candidat républicain à la présidentielle américaine Ron DeSantis, gouverneur de Floride, s'exprime lors du sommet annuel du leadership de la Coalition juive républicaine à Las Vegas, Nevada, le 28 octobre 2023. (Reuters)
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Publié le Dimanche 29 octobre 2023

En plein conflit à Gaza, Trump ressort son décret migratoire anti-musulmans

  • «Les Etats-Unis sont entièrement avec Israël», a affirmé M. Trump, candidat le plus ovationné de l'événement, parlant d'un «combat entre la civilisation et la barbarie»
  • A la réunion de la RJC, Ron DeSantis a qualifié l'offensive du Hamas «d'attaque la plus meurtrière contre le peuple juif depuis l'Holocauste»

LAS VEGAS: A l'occasion de la réunion de la Coalition juive républicaine (RJC), l'ex-président américain Donald Trump a promis samedi de réinstaurer son décret migratoire controversé ciblant des pays musulmans s'il était élu à nouveau.

Au début de son mandat en 2017, il avait interdit l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Libye, Somalie, Syrie, Yémen et, au départ, également l'Irak et le Soudan).

La mesure avait rapidement été contestée en justice jusqu'à son annulation par Joe Biden lors de sa première semaine au pouvoir en 2021, mais elle est restée populaire auprès des supporters de Donald Trump.

"Vous vous rappelez l'interdiction d'entrée ? Un jour, je réinstaurerai notre interdiction d'entrée", a lancé M. Trump, jurant de maintenir les "terroristes islamistes radicaux" hors des Etats-Unis.

La réunion de la RJC, événement annuel où les prétendants conservateurs au Bureau ovale recherchent traditionnellement des soutiens financiers, revêt une importance particulière pour la communauté juive américaine, traumatisée par l'attaque du Hamas qui a fait 1.400 morts en Israël le 7 octobre.

Une manière de souligner l'attente d'un soutien vocal et sans équivoque à Israël, au moment où la riposte israélienne sur Gaza s'intensifie: les bombardements ont fait plus de 8.000 morts palestiniens, majoritairement des civils, selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas.

Les huit principaux candidats à l'investiture républicaine doivent s'exprimer durant le weekend et ceux qui l'ont déjà fait ont apporté leur soutien à Israël. Dont Donald Trump, qui caracole en tête des sondages, et son plus proche rival, le gouverneur de Floride Ron DeSantis.

"Les Etats-Unis sont entièrement avec Israël", a affirmé M. Trump, candidat le plus ovationné de l'événement, parlant d'un "combat entre la civilisation et la barbarie".

"Les Etats-Unis se tiennent aux côtés des Israéliens dans leur mission de s'assurer que le Hamas soit décimé et que toutes ces atrocités soient vengées", a-t-il ajouté, promettant de défendre Israël "comme jamais personne ne l'a fait".

Ces dernières semaines, l'ex-président a suscité la polémique notamment en disant que le Hezbollah, bête noire d'Israël au Liban et allié islamiste du Hamas, était "très intelligent".

Enjeu majeur 

Les autres concurrents de M. Trump ont eux aussi professé un soutien sans faille à Israël.

A la réunion de la RJC, Ron DeSantis a qualifié l'offensive du Hamas "d'attaque la plus meurtrière contre le peuple juif depuis l'Holocauste".

Plus tôt dans la semaine, l'ex-gouverneure de Caroline du Sud Nikki Haley, seule femme en lice, a promis d'agir contre l'antisémitisme en se focalisant sur les débats provoqués actuellement par le conflit sur les campus universitaires américains.

"Une fois présidente, j'amenderai la définition fédérale officielle de l'antisémitisme pour y inclure la négation du droit d'Israël à exister, et je retirerai aux écoles leur exonération fiscale si elles ne luttent pas contre l'antisémitisme sous toutes ses formes, conformément à la loi fédérale", a-t-elle déclaré.

"Nous avons besoin d'une chimiothérapie culturelle pour lutter contre ce cancer", a lancé lors de la RJC le sénateur et candidat Tim Scott, tandis que M. DeSantis a promis d'annuler les visas des étudiants qui manifestent pour la Palestine.

Mike Johnson, le nouveau président de la Chambre des représentants, a annoncé sa venue à l'événement. "Sa participation souligne son engagement en faveur de la solidarité avec le peuple d'Israël et la communauté juive américaine", se sont félicités les organisateurs sur X (ex-Twitter).

La sécurité autour de la réunion de ce weekend a été renforcée, d'autant plus que les organisateurs s'attendent à accueillir plus de participants que d'habitude.

En plus de leurs discours, les candidats républicains ont participé à des prières et à des hommages aux victimes israéliennes des attaques du Hamas.

Le soutien à Israël est un enjeu majeur pour les deux partis politiques aux Etats-Unis, et un rare thème de politique étrangère capable de faire une différence dans les urnes, en partie grâce au grand nombre d'électeurs juifs.

Il s'agit également d'un enjeu important chez les électeurs chrétiens évangéliques, pour qui l'existence d'un Etat pour les Juifs est une condition préalable essentielle au "second avènement" espéré de Jésus-Christ.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"