Japon: des réformes requises pour doper les énergies renouvelables

La libération de terres agricoles profiterait surtout à l'installation de panneaux solaires (Photo, AFP)
La libération de terres agricoles profiterait surtout à l'installation de panneaux solaires (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 23 décembre 2020

Japon: des réformes requises pour doper les énergies renouvelables

  • «Le Japon pourrait être leader en énergie solaire, comme il l'était il y a 15 ans», mais il a «manqué de vision»
  • Certains pensent que le territoire montagneux du Japon est mal adapté à l'installation de systèmes solaires et éoliens, mais c'est «une excuse»

TOKYO: Le Japon doit mener des réformes audacieuses pour stimuler les énergies renouvelables, notamment en matière d'utilisation des terres et d'accès au réseau, s'il veut atteindre l'objectif de neutralité carbone qu'il s'est fixé pour 2050, selon des experts du secteur. 

Le Premier ministre Yoshihide Suga a dévoilé cet objectif en novembre et son gouvernement a depuis lancé un fonds équivalent à 16,5 milliards d'euros pour accélérer le développement local des énergies vertes. 

Mais Ken Isono, cofondateur de Shizen Energy, société japonaise de services dans les énergies renouvelables, s'inquiète des retards pris par la troisième économie mondiale.  

« Le Japon pourrait être leader en énergie solaire, comme il l'était il y a 15 ans », mais il a « manqué de vision », dit-il.  

Le dernier plan énergétique du Japon, formulé en 2018, vise à ce que 22 à 24% de son électricité provienne des renouvelables d'ici 2030, contre environ 17% en 2017. 

Cependant, la croissance du secteur, combinée à la chute de la demande liée à la pandémie, devrait permettre au Japon d'atteindre l'objectif de 2030 dès cette année. 

Le Japon était en 2019 le cinquième plus gros pays émetteur de CO2, selon les données de la plateforme en ligne Global Carbon Atlas. 

L'archipel dépend fortement du gaz naturel liquéfié (38%) et du charbon (32%) pour sa production d'électricité, encore plus depuis la catastrophe de Fukushima en 2011 qui a entraîné l'arrêt de la plupart de ses centrales nucléaires. 

M. Isono souhaite que le gouvernement vise « au moins 40%» d'énergies renouvelables d'ici 2030, ce qui serait un objectif réaliste selon lui. 

Libérer des terres 

Il faudra cependant des actions concrètes, notamment en matière d'utilisation des terres, prévient-il. 

Certains pensent que le territoire montagneux du Japon est mal adapté à l'installation de systèmes solaires et éoliens, mais c'est « une excuse », selon M. Isono qui rappelle que de nombreuses surfaces agricoles du pays sont abandonnées ou sous-exploitées. 

« L'âge moyen de la plupart des agriculteurs au Japon est de près de 70 ans. Dans cinq ou dix ans, personne ne fera plus d'agriculture ». Il faudrait faciliter l'appropriation de friches agricoles par les municipalités et les utiliser pour des projets d'énergie renouvelables, plaide-t-il. 

La libération de terres agricoles profiterait surtout à l'installation de panneaux solaires. Mais d'autres facteurs freinent l'essor de l'éolien, selon Mika Ohbayashi, directrice de l'Institut des énergies renouvelables à Tokyo. 

Mme Ohbayashi souligne la difficulté de garantir l'accès au réseau pour les gros projets éoliens. En matière d'énergie, les principaux fournisseurs nippons « ont un accès limité aux énergies renouvelables décentralisées comme l'éolien », explique-t-elle. 

Et il y a d'autres obstacles, comme des procédures d'évaluation environnementale obligatoires et souvent longues pour les projets éoliens de plus de 10 mégawatts (contre 150 mégawatts pour les centrales au charbon). 

Par ailleurs, le Japon a des spécifications uniques pour les pièces d'éoliennes, ce qui rend leur importation coûteuse et difficile. 

« Travailler dur »  

Le gouvernement a néanmoins de grandes ambitions en matière d'éolien en mer: il s'est fixé en décembre un objectif de production de 45 gigawatts d'ici 2040, ce qui signifierait un bond gigantesque par rapport à sa production actuelle dans ce segment (0,02 gigawatt). 

Mais cette stratégie suscite des doutes. « Contrairement au marché européen, il n'y a pas beaucoup d'endroits qui se prêtent à la production d'énergie éolienne » au Japon, selon Shinichi Suzuki, PDG de XSOL, entreprise japonaise spécialisée dans les panneaux solaires. 

La production d'énergie éolienne en mer « nécessite beaucoup de connaissances spécialisées » et « alors qu'il y a dix ans, les coûts de production de l'énergie éolienne étaient moins élevés, aujourd'hui l'énergie solaire est beaucoup moins chère », note-t-il. 

Pour Mme Ohbayashi, le réseau de distribution électrique japonais doit être modernisé pour mieux tenir compte de l'expansion des énergies renouvelables, en commençant par cesser d'y donner un accès prioritaire au nucléaire et aux énergies fossiles. 

Dans certaines régions, le réseau est même réservé en priorité à des centrales nucléaires qui ne fonctionnent même pas, déplore-t-elle. 

Pour M. Suzuki de XSOL, il sera « possible, mais difficile » à atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050. « Il faudra travailler dur ». 


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.