Comment le sommet de Riyad entre le CCG et l'ASEAN a tracé la voie de la coopération interrégionale

Une photo distribuée par la cour présidentielle des Émirats arabes unis le 20 oct. 20, 2023, montre (de gauche à droite) le Premier ministre vietnamien, Pham Minh Chinh, le prince héritier du Koweït, Cheikh Michal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, le président indonésien, Joko Widodo, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le sultan de Brunei Haji Hassanal Bolkiah Muizzaddin Waddaulah, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, le roi de Bahreïn, Hamad ben Isa al-Khalifa, le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed ben Zayed al-Nahyan, le président des Philippines, Ferdinand Marcos Jr, le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, et le vice-Premier ministre d'Oman chargé des affaires de défense, Sayyed Chihab ben Tarek ben Taimur al-Saïd, lors d'une séance de photos à l'issue du sommet conjoint du CCG et de l'ASEAN à Riyad. (Photo, AFP)
Une photo distribuée par la cour présidentielle des Émirats arabes unis le 20 oct. 20, 2023, montre (de gauche à droite) le Premier ministre vietnamien, Pham Minh Chinh, le prince héritier du Koweït, Cheikh Michal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, le président indonésien, Joko Widodo, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le sultan de Brunei Haji Hassanal Bolkiah Muizzaddin Waddaulah, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, le roi de Bahreïn, Hamad ben Isa al-Khalifa, le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed ben Zayed al-Nahyan, le président des Philippines, Ferdinand Marcos Jr, le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, et le vice-Premier ministre d'Oman chargé des affaires de défense, Sayyed Chihab ben Tarek ben Taimur al-Saïd, lors d'une séance de photos à l'issue du sommet conjoint du CCG et de l'ASEAN à Riyad. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 21 octobre 2023

Comment le sommet de Riyad entre le CCG et l'ASEAN a tracé la voie de la coopération interrégionale

  • La réunion qui s'est tenue vendredi dans la capitale saoudienne était la première du genre depuis l'établissement des relations en 1986
  • Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a souligné la nécessité d'établir un État palestinien selon les frontières de 1967

RIYAD/JAKARTA: Le Conseil de coopération du Golfe et l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est ont adopté vendredi une feuille de route de coopération lors de leur premier sommet conjoint à Riyad, qui a également appelé à un cessez-le-feu à la suite des bombardements israéliens sur Gaza.

La réunion des dirigeants du CCG et de l'ASEAN dans la capitale saoudienne était le premier engagement au plus haut niveau entre les deux blocs depuis qu'ils ont établi les relations en 1986, lorsque le conseil ministériel du CCG a décidé d'établir des contacts avec l'union politique et économique de 10 pays d'Asie du Sud-Est.

Les relations entre les deux groupes — qui, du côté du CCG, comprennent l'Arabie saoudite, Oman, le Qatar, le Bahreïn, le Koweït et les Émirats arabes unis, et du côté de l'ASEAN, l'Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, le Viêt Nam, le Brunei Darussalam, le Cambodge, le Laos, le Myanmar et les Philippines — se sont intensifiées ces dernières années.

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Le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed ben Zayed al-Nahyan (à gauche), et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane accueillent les dirigeants de l'ASEAN et du CCG avant le premier sommet des blocs régionaux à Riyad. (Photo, SPA)

Les deux blocs représentent ensemble un PIB d'environ 7 800 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,94 euro) et une population de plus de 700 millions d'habitants. L'année dernière, leur croissance économique a été largement supérieure à la moyenne mondiale, avec 7,5% pour le CCG et 5,3% pour l'ASEAN.

«Nous sommes impatients de renforcer les relations avec les nations de l'ASEAN dans divers domaines», a déclaré le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, lors de l'ouverture du sommet.

La réunion ayant lieu dans le sillage de l'attaque israélienne en cours sur la bande de Gaza, le prince héritier a réitéré le refus catégorique de l’Arabie saoudite de prendre des civils pour cible et a appelé à la fin des combats.

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Les dirigeants du Sommet CCG-ASEAN de Riyad ont appelé à un cessez-le-feu à Gaza et à un accès plus efficace et plus efficient aux fournitures de secours, à l'aide humanitaire et aux services essentiels. (Photo, SPA)

«Alors que nous nous réunissons ici, nous sommes attristés par l'escalade de la violence dont Gaza est témoin aujourd'hui et dont le prix est payé par des civils innocents», a-t-il indiqué, soulignant la nécessité de «mettre fin aux opérations militaires contre les civils et de créer les conditions pour le retour de la stabilité et l'instauration d'une paix durable qui permette de parvenir à une solution juste dans le but d’établir un État palestinien selon les frontières de 1967».

Joko Widodo, le président de l'Indonésie, qui assure cette année la présidence tournante de l'ASEAN, a remercié l'Arabie saoudite pour «son accueil chaleureux et son hospitalité». Il espère que le nouveau niveau de coopération entre les pays du Golfe et de l'Asie du Sud-Est leur permettra d'émerger ensemble comme une «force positive au milieu d'un monde divisé».

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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (à droite) accueille le président indonésien Joko Widodo à Riyad le 19 octobre 2023, un jour avant le sommet CCG-ASEAN. (Photo, Bandar Al-Jaloud/Palais royal saoudien)

Il a également appelé les participants au sommet à se pencher sur la situation à Gaza.

«Les actes de violence doivent cesser, les questions humanitaires doivent être prioritaires en ce moment et nous devons empêcher que les conditions ne s'aggravent», a insisté le président indonésien.

«Nous ne devons pas oublier que la cause première du problème est l'occupation des territoires palestiniens par Israël», a-t-il précisé.


 

EN CHIFFRES

• L'Asean est la troisième économie la plus peuplée du monde, après la Chine et l'Inde.

 

• La croissance économique de l'Asean devrait ralentir, passant de 5,6% en 2022 à 4,4% en 2023.

 

• Ce chiffre resterait supérieur à la moyenne mondiale qui est de 2,7%.

Anwar Ibrahim, premier ministre de Malaisie — pays coordinateur du sommet CCG-ASEAN — a également appelé toutes les nations à s'unir pour trouver une solution durable et juste afin d'éviter que la situation ne devienne «une crise humanitaire sans précédent» qui pourrait se transformer en un conflit régional et mondial. 

«Les Palestiniens doivent se voir restituer leurs terres, leurs maisons et leurs biens», a-t-il souligné. «Ils doivent être autorisés à vivre en paix et dans la dignité dans leur propre État souverain, dans des frontières internationalement reconnues, sur la base des frontières d'avant 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.»

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Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim (à gauche), coordinateur national du sommet CCG-ASEAN, a appelé toutes les nations à s'unir pour trouver une solution juste et durable à la crise palestinienne. (Photo, SPA)

Israël a déclaré qu'il autoriserait l'entrée de l'aide dans l'enclave assiégée, mais alors que des camions chargés d'aide étrangère ont atteint Rafah, le point de passage entre Gaza et l'Égypte, l'accord négocié par le président américain Joe Biden est resté dans un état d'incertitude.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, s'est rendu vendredi du côté égyptien du poste frontière pour superviser les préparatifs en vue de l'acheminement de l'aide.

Les participants au sommet de Riyad se sont penchés vendredi sur l'ordre du jour initial, à savoir l'élaboration d'une feuille de route pour la coopération, et ont publié une déclaration commune sur la situation à Gaza.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et la ministre indonésienne des Affaires étrangères, Retno Marsudi, ont clôturé le sommet en présentant le cadre de coopération CCG-ASEAN 2024-2028, qui vise à «renforcer davantage le partenariat» et à «réaliser le potentiel de coopération croissante entre les deux blocs».

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Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, tient une conférence de presse conjointe avec son homologue indonésien Retno Marsudi. (Photo, SPA)

Le prince Faisal a également annoncé que les sommets des dirigeants du CCG et de l'ASEAN se tiendraient tous les deux ans afin de renforcer la coopération commune.

Ce cadre couvre les domaines de la lutte contre le terrorisme, du commerce et de l'investissement, de l'agriculture et de la sécurité alimentaire, de l'énergie, du tourisme, de la connectivité, ainsi que de la culture, de l'information, de l'éducation, des services bancaires et financiers. Les dirigeants régionaux ont également convenu d'étudier des stratégies communes sur les politiques de développement des TPE, des petites et moyennes entreprises.

«La coopération entre l'ASEAN et le CCG continuera de s'épanouir à l'avenir et, ensemble, nous pourrons créer une meilleure région et un meilleur monde», a assuré Marsudi.

«Aujourd'hui, nous écrivons une nouvelle histoire. L'histoire d'une relation plus étroite entre deux régions importantes, entre l'ASEAN et le CCG. Aujourd'hui, nous construisons un pont solide, pour relier nos deux régions et développer une coopération qui soit bénéfique à nos peuples», a-t-elle ajouté.

Dans une déclaration commune sur Gaza, les dirigeants du CCG et de l'ASEAN ont appelé au respect du droit humanitaire international, en particulier des principes et des dispositions de la convention de Genève de 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

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Ils ont condamné toutes les attaques contre les civils, appelé à un cessez-le-feu durable et demandé à toutes les parties concernées d'assurer l'accès le plus efficace possible à l'aide humanitaire.

Depuis le 7 octobre, date à laquelle le Hamas, groupe militant basé à Gaza, a attaqué Israël, le territoire palestinien est privé d'électricité, d'eau, de nourriture, de carburant et de médicaments, à cause des frappes aériennes israéliennes quotidiennes qui ont déjà tué plus de 4 100 personnes.

Le prince Faisal a déclaré que les dirigeants du CCG et de l'ASEAN étaient parvenus à un consensus sur la nécessité d'un cessez-le-feu et d'un accès humanitaire.

«J'espère qu'en travaillant ensemble, nous pourrons non seulement contribuer à la paix, mais aussi à la prospérité de notre partie du monde et de l'ASEAN», a-t-il indiqué.

«La seule façon de mettre fin au cycle de la violence est de trouver une solution durable au conflit», a-t-il soutenu.

La déclaration du CCG et de l'ASEAN a appelé «toutes les parties concernées à garantir l'accès le plus efficace possible à l'aide humanitaire, aux fournitures de secours et aux autres produits de première nécessité et services essentiels, ainsi qu'à rétablir l'électricité et l'eau, et à permettre la livraison sans entrave de carburant, de nourriture et de médicaments dans toute la bande de Gaza».

L'appel du sommet à mettre en œuvre un cessez-le-feu et à permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et des fournitures est une «initiative bienvenue qui contribuera à mettre fin à l'effusion de sang, aux meurtres et blessures de civils», a déclaré à Arab News, le Dr Osama Ghanem al-Obaidy, professeur de droit international à l'Institut d'administration publique de Riyad.

«Il est temps de mettre un terme aux morts, aux blessés et aux destructions résultant de ce conflit, et c'est l'objectif de ce sommet», a-t-il conclu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
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  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
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  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.