La sensibilisation au cancer du sein dans le monde arabe, une nécessité constante

Comme chaque année, le mois d’octobre est ponctué, dans le monde entier, de campagnes de sensibilisation au cancer du sein (Photo fournie).
Comme chaque année, le mois d’octobre est ponctué, dans le monde entier, de campagnes de sensibilisation au cancer du sein (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 20 octobre 2023

La sensibilisation au cancer du sein dans le monde arabe, une nécessité constante

  • L’auto-examen, le dépistage régulier et l’adoption de meilleurs comportements sont considérés comme des éléments clés de la prévention et du diagnostic précoce
  • La pauvreté, la faiblesse des infrastructures sanitaires, et les troubles politiques seraient à l'origine du faible taux de dépistage du cancer du sein dans de nombreux pays arabes

DUBAÏ: Le célèbre proverbe «mieux vaut prévenir que guérir» ne pourrait être plus vrai que dans le cas du diagnostic et du traitement de nombreuses formes de cancer.

Comme chaque année, le mois d’octobre est ponctué, dans le monde entier, de campagnes de sensibilisation au cancer du sein, qui soulignent l’importance de la détection précoce, de l’auto-examen et du dépistage, ainsi que de l’adoption de meilleurs comportements.

En Arabie saoudite, Roshn Group, le principal promoteur immobilier mixte, et Lulu Group font partie des nombreuses entreprises qui collaborent avec la Zahra Breast Cancer Association pour sensibiliser la population à cette maladie dans tout le Royaume.

Si la phrase «vous êtes atteint d’un cancer» prononcée par un médecin peut être terrifiante, une intervention précoce a permis à de nombreuses femmes de la région arabe d’éviter de souffrir davantage.

Il y a deux ans, Hadil Khwanda, 44 ans, institutrice et mère de deux enfants, de nationalité syrienne et vivant à Dubaï, a commencé à ressentir des douleurs lancinantes, des démangeaisons et d’autres problèmes de santé. Bien que son médecin lui ait assuré que ces problèmes étaient liés au stress et qu’ils disparaîtraient avec le temps, ils se sont poursuivis pendant les vacances d’été.

Toujours inquiète, Mme Khwanda a sollicité l’avis d’un autre médecin qui a demandé une biopsie. On lui a alors diagnostiqué un cancer du sein de stade 2, ce qui a d’abord été un choc pour elle.

«Il n’y a pas d’antécédents de cancer dans ma famille», confie-t-elle à Arab News. Bien qu’elle ait dû subir une tumorectomie, quatre séances de chimiothérapie et 35 séances de radiothérapie, la décision de Mme Khwanda de se soumettre à un dépistage précoce lui a probablement sauvé la vie.

En Bref

• 2,3 millions: Nouveaux cas de cancer du sein détectés dans le monde en 2020

• 685 000: Décès dus au cancer du sein dans le monde en 2020

• 12,5%: Proportion des nouveaux cas de cancer par an qui sont des cancers du sein

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer du sein est le cancer le plus répandu dans le monde, touchant des femmes post-pubères de tous horizons.

Selon les statistiques de l’OMS, 2,3 millions de femmes ont été diagnostiquées avec un cancer du sein en 2020. Toutefois, les médecins spécialistes affirment que le chiffre réel pourrait être encore plus élevé, car moins de femmes ont été testées pendant la pandémie de Covid-19. Entre 2015 et 2020, 7,8 millions de femmes ont été diagnostiquées.

«Lorsque nous étions enfants et que nous apprenions que quelqu’un était atteint d’un cancer, c’était la nouvelle la plus choquante, et c’était une chose tellement rare», déclare à Arab News Bina Mathews, une Indienne résidant à Dubaï. «Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui en sont atteints.»

Le combat de Mme Mathews contre le cancer a commencé en octobre de l’année dernière. Cette professionnelle de la communication, âgée de 52 ans et mère de deux enfants, a décidé de se soumettre à un test de Papanicolaou, qu’elle effectuait chaque année depuis que sa grand-mère est décédée d’un cancer de l'ovaire il y a 17 ans. Le test a détecté des «cellules anormales» et son gynécologue a suggéré de répéter le test six mois plus tard.

Au cours de ses recherches personnelles, Mme Mathews raconte avoir lu que «si une femme est atteinte de cette maladie, une mammographie lui est conseillée».

La dernière mammographie qu’elle a subie était inconfortable et douloureuse car les machines utilisées étaient anciennes. Cette fois-ci, elle a opté pour l’échographie. Sa mammographie a révélé une tumeur dans son sein gauche et on lui a finalement diagnostiqué un cancer du sein de stade 1.

Après une tumorectomie, 16 séances de chimiothérapie et 20 séances de radiothérapie, elle a achevé son traitement en août dernier.

Des femmes parachutistes forment un ruban rose au-dessus de l’île Palm Jumeirah dans le cadre de l’activité organisée par Skydive Dubai à l’occasion du mois de la sensibilisation au cancer du sein, le 22 septembre 2018, à Dubaï (Photo, Skydive Dubai/Getty Images).

Mme Mathews se souvient du grand nombre de patients atteints de cancer qu’elle a rencontrés au cours de son traitement. Les salles d’attente des services d’oncologie des hôpitaux et des cliniques étaient bondées.

«Les salles de chimiothérapie sont pleines à craquer et les scanners sont semblables à des gares. Quand les patients sortent, le personnel médical a tout juste le temps de se préparer pour le patient suivant, même en radiothérapie. Il y a tellement de gens, et tellement de jeunes (...) c’est déchirant», ajoute-t-elle.

Dans la région arabe en particulier, les chercheurs avertissent aujourd’hui que pratiquement tous les types de cancer, y compris le cancer du sein, sont en augmentation et que cette tendance se poursuivra probablement au cours des prochaines années.

«Les États du Golfe et les pays de la région de la Méditerranée orientale connaissent une hausse inquiétante du nombre de patients atteints de cancer. Les projections à long terme montrent que d’ici à 2030, l’incidence du cancer sera multipliée par 1,8», selon un article scientifique rédigé par trois médecins spécialistes, dont le Dr Mostafa Ahmed Arafa, titulaire de la chaire de recherche sur le cancer à la Faculté de médecine de l’Université du roi Saoud à Riyad.

Selon Bachir Abou Reslan, directeur exécutif de l’Advanced Care Oncology Center (ACOC) de Dubaï, un centre privé créé pour répondre à la demande croissante de traitement du cancer, il existe une corrélation entre la flambée des taux de cancer et certains facteurs spécifiques à la région arabe, tels que les troubles politiques, la pauvreté croissante, la faiblesse des infrastructures sanitaires et les diagnostics tardifs.

«Ces facteurs ne contribuent ni à l’augmentation ni à la diminution du nombre de cas (de cancer), mais ils empêchent les gens de savoir s’ils sont atteints d’un cancer» en raison des faibles taux de dépistage, indique le Dr Abou Reslan à Arab News

Bachir Abou Reslan, directeur exécutif de l’Advanced Care Oncology Center (Photo fournie).

L’ACOC a été fondé en 2017, proposant dans un premier temps l’imagerie TEP et la chimiothérapie, avant de s’étendre à la radiothérapie. Le centre a traité près de 7000 patients au cours des cinq dernières années et reçoit actuellement entre 50 et 100 patients par jour pour des consultations et des traitements. Près de 40% d’entre eux souffrent d’un cancer du sein.

Le centre fait partie des nombreuses institutions qui se sont engagées à sensibiliser à l’importance d’un dépistage régulier du cancer du sein, et propose des examens gratuits en octobre et novembre.

Le Dr Abou Reslan raconte qu’il a proposé des dépistages gratuits à certaines patientes potentielles. «Je connaissais personnellement certaines d’entre elles. Je leur ai demandé plus tard: “Pourquoi n’êtes-vous pas venues? Elles m’ont répondu: “Nous avons peur de savoir”», relate-t-il, ajoutant que les taux de guérison des cancers détectés à un stade précoce sont «très élevés».

«Cependant, lorsque la maladie est détectée à un stade plus avancé, les choses deviennent très compliquées», poursuit-il.

De plus, le Dr Abou Reslan souligne que si les générations précédentes de machines de test étaient moins précises et plus douloureuses, les instruments d’aujourd’hui sont plus rapides et plus confortables, et qu’un examen de 20 minutes permet aux femmes d’avoir l’esprit tranquille pendant toute une année.

«Les mythes sur le cancer du sein doivent être démystifiés», déclare la Dr Millicent Alache Bello, chirurgienne spécialisée dans le cancer du sein au King’s College Hospital London à Dubaï.

«Les gens ont toujours peur des biopsies, mais le cancer du sein, s’il est détecté à un stade précoce, peut être traité.»

Des participantes portant des chemises roses forment un «ruban rose» humain lors d’un marathon contre le cancer du sein à Alger, en Algérie, le 21 octobre 2016 (Photo, Agence Anadolu/Getty Images).

La Dr Bello a insisté sur la nécessité d’être attentif à son mode de vie et de conserver des habitudes saines, telles que l’exercice physique.

«La sensibilisation ne devrait pas se limiter au mois d’octobre. Elle devrait avoir lieu régulièrement, tout le temps», martèle-t-elle, ajoutant que les gouvernements, le secteur privé et d’autres acteurs devraient également être impliqués dans la sensibilisation au cancer du sein.

En tant que partenaire principal de la campagne nationale de sensibilisation au cancer du sein de la Zahra Breast Cancer Association, Roshn Group a annoncé qu’il parrainerait deux marches de sensibilisation au cancer du sein, intitulées Making Strides Against Breast Cancer (En avant contre le cancer du sein), à Riyad et à Djeddah.

«Ces marches constituent une communauté de soutien pour les survivantes du cancer du sein et les personnes atteintes d’un cancer du sein métastatique, les soignants et les familles», a indiqué le giga-projet soutenu par le Fonds d’investissement public (PIF). Il a par ailleurs précisé qu’il avait mis en place des stands de sensibilisation et d’éducation sur le cancer du sein dans ses bureaux et centres de vente à Riyad et à Djeddah afin de communiquer l’importance du dépistage précoce. 

Pour sa part, Lulu a annoncé qu’une partie du produit des ventes de sacs réutilisables dans les hypermarchés de la société en Arabie saoudite au cours du mois d’octobre serait reversée à la Campagne nationale de sensibilisation au cancer du sein.

Aux Émirats arabes unis, l’initiative Caravane rose, projet lancé en 2011, à Sharjah, par la Friends of Cancer Patients Society, sillonne le pays pour proposer des examens médicaux et des radiographies gratuits.

Les patients dont les résultats sont suspects sont orientés vers des cliniques spécialisées pour des examens complémentaires. Si un cancer est diagnostiqué, l’association fournit un soutien psychologique et financier par l’intermédiaire de ses partenaires médicaux, dont l’ACOC.

Dans un communiqué envoyé à Arab News, l’initiative Caravane rose explique que les chiffres de cette année ont presque doublé par rapport à ceux de l’année dernière, grâce à la caravane qui «fournit des tests médicaux gratuits à toutes les personnes, indépendamment de leur race, de leur nationalité ou de leur religion, et au efforts continus visant à couvrir toutes les régions du pays, y compris les régions éloignées, afin de sensibiliser à l'importance de la détection précoce du cancer».

Des participantes marchent pour sensibiliser au cancer du sein lors de la première journée du LIV Golf Invitational - Djeddah au Royal Greens Golf & Country Club le 14 octobre 2022, dans la Ville économique du roi Abdallah, en Arabie Saoudite (Photo, LIV Golf/Getty Images).

La Rahma Society for Cancer Patients d’Abu Dhabi, la Sharjah Charity International et la Dubai Charity Society apportent elles aussi leur soutien. À ce jour, 77 271 femmes et 16 505 hommes ont bénéficié de ces tests gratuits, parmi lesquels 80 ont reçu un diagnostic de cancer.

D’autres entités du secteur privé participent aux campagnes de sensibilisation et apportent un soutien financier aux patients, notamment le UAE Marriott Business Council, qui soutient la fondation Al-Jalila.

Le Dr Abou Reslan estime que la société et les entreprises peuvent jouer un rôle efficace dans la sensibilisation à l’importance de la prévention et du dépistage systématique, notamment dans les lycées pour filles, les médias et les compagnies d’assurance.

Les compagnies d’assurance ont tendance à considérer que les tests de dépistage précoce «ne les concernent pas, mais en fait cela les concerne, car la détection précoce du cancer peut leur épargner de nombreux paiements pour des traitements et des médicaments coûteux», note-t-il.

Il a suggéré que les compagnies d’assurance pourraient, par exemple, lier le renouvellement des polices d’assurance aux dépistages annuels pour le diagnostic précoce du cancer du sein chez les femmes d’un certain âge.

D’après les statistiques de l’American Cancer Society, le taux de survie à cinq ans pour un cancer du sein localisé, c’est-à-dire un cancer qui ne s’est pas propagé en dehors du sein, est de 99%.

«Les gens devraient cesser de croire que le cancer est synonyme de mort (...) Il s’agit d’une maladie qui peut être fermement contrôlée si elle est détectée à un stade précoce», souligne le Dr Abou Reslan.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
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  • Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan
  • Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés

ISTANBUL: Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre.

Les manifestants se sont rassemblés sous un ciel bleu et par des températures glaciales pour marcher jusqu'au pont de Galata, où ils ont organisé un rassemblement sous le slogan "Nous ne resterons pas silencieux, nous n'oublierons pas la Palestine", a constaté un journaliste de l'AFP.

Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés et le chanteur d'origine libanaise Maher Zain a interprété sa chanson "Free Palestine".

"Nous prions pour que 2026 apporte le bonheur à toute notre Nation et aux Palestiniens opprimés", a déclaré Bilal Erdogan.

La Turquie, l'un des pays les plus critiques de la guerre lancée à Gaza, a joué un rôle actif dans les négociations pour un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne, qui a mis fin à la guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Mais la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure précaire, les deux camps s'accusant mutuellement d'en violer les termes, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.


Londres analysera la boîte noire après le crash d'un avion libyen, selon Tripoli

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
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  • "Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale
  • Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara

TRIPOLI: Le Royaume-Uni a accepté d'analyser la boîte noire de l'avion qui s'est écrasé en Turquie le 23 décembre avec à son bord une délégation militaire libyenne, faisant huit morts dont le chef d'état-major libyen, a annoncé jeudi le gouvernement de Tripoli.

"Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale, lors d'une conférence de presse à Tripoli.

Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara.

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage.

Une demande d'analyse a été "faite à l'Allemagne qui a exigé l'assistance de la France" pour examiner les enregistreurs de l'avion, a précisé M. al-Chahoubi à l'AFP.

"Cependant, la Convention de Chicago stipule que le pays analysant la boîte noire doit être neutre. La France étant un pays constructeur de l'appareil dont l'équipage était français, elle n'est pas habilitée à participer. En revanche, le Royaume-Uni a été accepté par la Libye et la Turquie", a-t-il précisé à l'AFP.

Deux Français faisaient partie des membres d'équipage de l'avion, un Falcon 50.

Après un entretien mardi avec l'ambassadeur britannique à Tripoli, le ministre libyen des Affaires étrangères, Taher al-Baour, avait évoqué une "demande conjointe, soumise par l'Etat libyen et la République de Turquie au Royaume-Uni, pour obtenir un soutien technique et juridique en vue de l'analyse de la boîte noire".

"Le Royaume-Uni a annoncé son accord, en coordination entre le ministère libyen des Transports et les autorités turques", a ajouté le ministre lors du point presse.

"Il n'est pas possible à ce stade de prévoir le temps nécessaire à la lecture des données de la boîte noire" car cela dépendra de son état, a-t-il souligné.

L'enquête "se poursuit dans le cadre d'une coopération libyo-turque et avec une participation technique internationale", a précisé le ministre, en ajoutant que les conclusions seraient publiées "dès qu'elles seront connues".

 


Israël confirme interdire d'accès à Gaza 37 ONG étrangères dont MSF et Oxfam

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
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  • Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture
  • Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG

JERUSALEM: Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture. Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG.

"Les licences des organisations ont expiré et il leur est interdit d'acheminer de l'aide. Elles ont deux mois pour retirer leurs équipes", a expliqué à l'AFP le porte-parole du ministère de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme.

D'ici le 1er mars, "si elles daignent nous soumettre les documents qu'elles ont refusé de nous fournir au cours des dix derniers mois, nous examinerons leur demande", a ajouté Gilad Zwick.

Dans un communiqué, le ministère a affirmé que cette "exigence" visait à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires" étrangères.

"L'assistance humanitaire est la bienvenue — l'exploitation des cadres humanitaires à des fins de terrorisme ne l'est pas", a martelé le ministre, Amichai Chikli, cité dans le texte.

Israël a été vivement critiqué par la communauté internationale à l'approche de l'échéance - mercredi minuit heure locale - imposée aux ONG pour se soumettre à leurs nouvelles obligations.

Parmi ces organisations figurent de grands acteurs du secteur, dont Médecins sans frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council (NRC), Care, World Vision ou Oxfam.

"Marginaliser les acteurs humanitaires" 

Mercredi, MSF a expliqué ne pas avoir obtenu d'Israël "des garanties et des clarifications" concernant cette demande "préoccupante". Shaina Low, porte-parole du NRC, a de son côté dénoncé auprès de l'AFP les "actions prises depuis deux ans pour entraver et marginaliser les acteurs humanitaires".

A Gaza, les employés locaux sont "épuisés" et leurs collègues étrangers "leur apportent un degré additionnel d'aide et de sécurité. Leur présence est une protection", a-t-elle fait valoir, confirmant le refus de l'ONG norvégienne de fournir les identités aux autorités. "On a proposé des alternatives, elles ont refusé".

Mercredi, l'Union européenne a exigé la levée des "obstacles" à l'aide humanitaire.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a lui estimé que "de telles suspensions arbitraires (aggravaient) encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza", où un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 10 octobre entre Israël et le Hamas.

La question de l'aide et de son utilisation est extrêmement sensible depuis le début de la guerre, déclenchée par l'attaque du Hamas en Israël du 7 octobre 2023.

En 2024, Israël avait déjà interdit à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) d'opérer sur son sol, accusant certains de ses employés d'avoir participé à l'attaque du 7-Octobre.

"Alignement politique" de l'aide 

Le patron de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a qualifié la réglementation israélienne de "dangereux précédent", dénonçant un "mépris du droit international humanitaire" et une "multiplication des obstacles" à l'aide.

Jeudi, un groupement de 17 organisations israéliennes marquées à gauche a lui jugé que la radiation des ONG "sape l'action humanitaire (...), met en danger le personnel et les communautés et compromet l'efficacité de la distribution de l'aide".

"Subordonner l'aide à un alignement politique (...) exiger la divulgation de données personnelles sensibles (...) constituent une violation du devoir de protection et exposent les travailleurs à la surveillance et aux atteintes" à leurs droits, ajoutent ces signataires d'un communiqué commun.

Selon le Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, 4.200 camions d'aide entrent en moyenne à Gaza chaque semaine, soit environ 600 par jour, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Mais seuls 100 à 300 transportent de l'aide humanitaire, selon des ONG et les Nations unies.