Punaises de lit: Le gouvernement tente de contenir l'émoi général

Le ministre délégué aux Transports Clément Beaune assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale française, à Paris, le 3 octobre 2023 (Photo, AFP).
Le ministre délégué aux Transports Clément Beaune assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale française, à Paris, le 3 octobre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 05 octobre 2023

Punaises de lit: Le gouvernement tente de contenir l'émoi général

  • Une réunion avait été convoquée au ministère des Transports pour faire le point sur plusieurs signalements reçus, et alors que les punaises de lit sont l'objet d'une inquiétude croissante dans l'opinion
  • Les données sur les signalements et les « protocoles de traitement préventif et curatif» des opérateurs seront publiés tous les trois mois sur le site du ministère du Transports et celui du gouvernement, a précisé le ministère

PARIS: Les Jeux olympiques en tête, le gouvernement tente de rassurer face à l'angoisse suscitée par des signalements de punaises de lit, rapportés frénétiquement jusque dans les médias étrangers malgré l'absence de cas confirmés récemment par les opérateurs de trains et d'avions.

Les insectes suceurs de sang sont habitués des chambres mais les usagers des métros et des trains les craignent aussi, bien que RATP et SNCF assurent n'en avoir pas trouvés récemment.

Un vol Paris-New York d'Air France a même été annulé mardi pour suspicion de punaises de lit... Une fausse alerte, a indiqué Air France à l'AFP.

Pour convaincre le grand public, le ministre délégué aux Transports a demandé aux transporteurs d'être transparents.

"J'ai demandé à l'ensemble des opérateurs de publier les données sur les cas signalés, les cas avérés" et "les actions" mises en œuvre, a déclaré le ministre, Clément Beaune, lors d'un point presse mercredi après avoir réuni des entreprises de transport (dont l'aérien), martelant qu'il n'y avait "pas de recrudescence" de la présence de punaises de lit dans les transports publics.

Il y a une "préoccupation réelle", a insisté M. Beaune, mettant toutefois en garde contre "les fake news".

Mais au moment où la France, première destination touristique mondiale, s'apprête à accueillir à Paris les JO en juillet 2024, le gouvernement veut empêcher que l'événement soit "gâché par ce genre de mauvaise publicité", a déclaré Clément Beaune sur France 5.

Aussi le ministre a-t-il annoncé "une sorte de grand nettoyage de printemps, en plus de tout ce qu'on fait aujourd'hui, pour que nos transports publics, notamment en Ile-de-France, soient traités" avant les JO.

«Zéro cas avéré»

En cette rentrée, les punaises de lit semblent s'être immiscées dans les moindres recoins du quotidien des Français. Dans les discussions en terrasse comme dans le métro parisien, plus personne ne s'étonne de voir ses voisins inspecter leur siège avant de s'asseoir.

Disparus de la vie quotidienne dans les années 1950, ces insectes qui se nourrissent de sang humain ont fait leur grand retour depuis une trentaine d'années dans les pays développés à la faveur d'un mode de vie plus nomade, de consommations favorisant l'achat de seconde main et d'une résistance croissante aux insecticides.

Rien n'indique une brusque invasion, mais la tendance de long terme est réelle. Les chiffres dévoilés en juillet par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) indiquent qu'en France, plus d'un foyer sur dix a été touché par les punaises de lit ces cinq dernières années.

"J'en ai eu de 2018 jusqu'en 2020", confie à Paris Myriam Dufrasne, conseillère indépendante en immobilier. "Plusieurs fois, j'ai été obligée de jeter la literie, les vêtements, les laver à plus de 60 degrés, ça veut dire les vêtements de mes enfants plus mes vêtements dans les laveries..."

La faculté de droit d’Aix-en-Provence a, elle, décidé mercredi de ne pas organiser de cours jusqu'à vendredi dans deux amphithéâtres, fréquentés par quelques 3.000 étudiants, "par précaution", après que des étudiants ont affirmé avoir vu des punaises de lit.

Avant cela, au moins deux établissements scolaires infectés dans le sud du pays ont dû fermer temporairement. Dans le nord, un service d'urgence hospitalier a dû être délocalisé une journée après la découverte de foyers de punaises de lit.

Si ces nuisibles suscitent une telle inquiétude, "c'est parce que le problème concerne tout le monde, quel que soit l'âge ou le statut social, les riches comme les pauvres", estime Pascal Delaunay, parasitologue et entomologiste médical au CHU de Nice (sud-est). "Certes la punaise de lit n'est pas vecteur de maladies, mais c'est épuisant physiquement et nerveusement".

Quant à sa prolifération en France, "c'est une réalité devenue difficile à nier. Depuis cinq à sept ans, on assiste à une augmentation exponentielle des foyers d'infestation", poursuit le spécialiste.

Mais le ministre chargé des Transports insiste: "Ces dernières semaines, une dizaine de cas ont été signalés à la RATP (...) tous ont été vérifiés" et il y avait "zéro cas avéré". A la SNCF, il y a eu "37 cas" signalés "ces dernières semaines" et, là aussi, "tous vérifiés, zéro avéré", a-t-il ajouté.


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.