PARIS: Un tribunal parisien a pris vendredi à la surprise générale, notamment des prévenus, la décision rarissime d'annuler pour vices de forme le procès de sept proches de l'ultradroite.
Ils comparaissaient pour s'être regroupés en vue de commettre des violences après la demi-finale de la Coupe du monde de foot France-Maroc.
Au premier jour du procès, le tribunal a estimé que les arrestations dans un bar parisien le 14 décembre 2022, le soir du match France-Maroc, n'étaient pas dans le périmètre d'action assigné aux policiers et les a donc annulées ainsi que les procès-verbaux dressés à l'occasion.
Les sept prévenus, parmi lesquels figuraient un ancien chef d'un groupuscule d'ultradroite dissous par les autorités, sont sortis libres et ne seront pas jugés.
Après un instant de stupeur, les sept jeunes gens se sont pris dans les bras et congratulés. "Je n'y croyais pas", a lancé l'un d'eux.
Les sept jeunes gens étaient poursuivis pour "participation à un groupement en vue de violences volontaires ou dégradations" et, pour certains, pour port d'arme. Ils étaient soupçonnés d'avoir prévu de s'en prendre à des supporteurs après la rencontre, remportée par la France.
Selon des procès-verbaux, un sac appartenant à l'un des prévenus aurait contenu des matraques mais ce sac a été "perdu" au cours de la procédure, ont fait remarquer des avocats.
Au total, 38 personnes avaient été interpellées dans le bar où se trouvaient les sept prévenus, 31 avaient bénéficié d'un classement sans suite ou d'alternatives aux poursuites.
A l'époque, le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin les avait accusés d'être venus "faire le coup de poing", dans un contexte de surveillance accrue par les autorités des mouvances d'ultradroite.