Bac, vacances, programmes: Macron endosse à nouveau le costume de «super ministre de l'Education»

Comme en 2022 où le chef de l'Etat fraîchement réélu avait prononcé un discours inédit devant les recteurs, Emmanuel Macron s'invite à nouveau, en 2023, pour la rentrée scolaire à travers une interview fleuve au Point (Photo, AFP).
Comme en 2022 où le chef de l'Etat fraîchement réélu avait prononcé un discours inédit devant les recteurs, Emmanuel Macron s'invite à nouveau, en 2023, pour la rentrée scolaire à travers une interview fleuve au Point (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 24 août 2023

Bac, vacances, programmes: Macron endosse à nouveau le costume de «super ministre de l'Education»

  • Emmanuel Macron fixe encore une fois avant la rentrée le cap sur l'école avec une série d'annonces qui font déjà débat
  • Le chef de l'Etat assume faire de l’éducation le «domaine réservé du Président» fustigeant au passage les «hypocrisies françaises»

PARIS: Rentrée scolaire anticipée pour les élèves en difficulté, refonte des programmes d'histoire, calendrier du bac modifié: Emmanuel Macron fixe encore une fois avant la rentrée le cap sur l'école avec une série d'annonces qui font déjà débat.

Comme en 2022 où le chef de l'Etat fraîchement réélu avait prononcé un discours inédit devant les recteurs, Emmanuel Macron s'invite à nouveau, en 2023, pour la rentrée scolaire à travers une interview fleuve au Point.

Macron, président de l'Education nationale? Le chef de l'Etat assume faire de l’éducation le "domaine réservé du Président" fustigeant au passage les "hypocrisies françaises".

"Il y a une très grande continuité depuis 2017. Pourquoi je parle autant de l’école ? Parce que c’est le cœur de la bataille que l’on doit mener parce que c’est à partir de là que nous rebâtirons la France", affirme-t-il dans son interview taclant au passage le "pédagogisme" qu'il accuse d'avoir renoncé à la transmission des savoirs, une critique souvent entendue à droite, plus rarement à gauche.

En posant le cadre et en listant les chantiers, Emmanuel Macron grille la politesse à son nouveau ministre de l'Education, Gabriel Attal qui doit s'adresser aux recteurs jeudi matin en Sorbonne, et dont la conférence de presse de rentrée n'est prévue que lundi.

"On a la confirmation que c’est Emmanuel Macron le super ministre de l’Education nationale", résume la secrétaire générale du Snes-FSU Sophie Vénétitay qui pointe "une méthode très verticale et très jupitérienne, puisqu’on continue de découvrir les choses dans les interviews".

"Pour nous Gabriel Attal est déjà quasiment désavoué. Ça devient finalement une méthode Macron que de mettre en difficulté les ministres à peine arrivés rue de Grenelle", relève Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa qui déplore une "vision caricaturale de l'Ecole".

Vacances scolaires, programmes d'histoire et d'éducation civique mais aussi autonomie des établissements scolaires, M. Macron avance des mesures qui provoquent déjà le débat voire la controverse au sein de la communauté éducative.

Seuls les aménagements sur le calendrier du baccalauréat nouvelle formule attendus depuis plusieurs semaines devraient être accueillis avec satisfaction tant l'opposition fut forte chez les personnels de l'Education nationale.

«Instrumentalisation»

Emmanuel Macron estime ainsi que les épreuves du baccalauréat, qui ont démarré pour la première fois en 2023 dès le mois de mars, ne peuvent pas se tenir "si tôt dans l'année".

"Si enfin il entend que la réforme qu’il a lui-même portée pose problème et qu’il entend la communauté éducative, ça sera ça de pris pour les personnels et les élèves", commente Mme Vénétitay.

Le ministre Gabriel Attal dévoilera dans les prochains jours les "ajustements", a annoncé M. Macron.

Bien moins consensuel, le président s'aventure sur le thème explosif des rythmes et des vacances scolaires en souhaitant que les élèves "qui en ont besoin" puissent rentrer à l'école "dès le 20 août" pour "faire du rattrapage".

"C’est stigmatisant et en plus cela signifie qu’il faut faire revenir plus tôt les enseignants", a commenté Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT.

"Il y a un principe de réalité, des fratries dans lesquelles un seul enfant peut être en difficulté, des gardes alternées, cela se heurte à beaucoup de principes de fonctionnement", juge Grégoire Ensel, président de la FCPE, première fédération de parents d'élèves.

"Le rythme et le calendrier scolaire ça demande un débat de société", poursuit-il.

"C'est très bien sur le principe mais ça dépend de la mise en pratique", nuance Laurent Zameczkowski, porte-parole des parents d'élèves de la Peep.

Dans son interview Emmanuel Macron promet encore de refonder des programmes scolaires d'histoire et d'instruction civique, tout en renforçant "la formation des enseignants" dans ces deux matières.

"L'histoire doit être enseignée chronologiquement et l'instruction civique, devenir une matière essentielle. Chaque semaine, un grand texte fondamental sur nos valeurs sera lu dans chaque classe puis débattu",  précise le chef de l'Etat.

Pour Christine Guimonnet, secrétaire générale de l’Association des professeurs d’histoire-géographie (APHG), "c’est une méconnaissance de la façon dont on enseigne (...) On ne fait pas l’histoire à l’envers!".

"On aimerait que l’histoire cesse d’être instrumentalisée en permanence par les politiques", plaide l'enseignante.


Paris appelle les forces rwandaises à «quitter instamment la RDC»

Short Url
  • "La souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ne sont pas négociables", a déclaré à la presse le porte-parole de la diplomatie française Christophe Lemoine, selon qui le ministre Jean-Noël Barrot est attendu à Kigali après s'être rendu à Kinshasa
  • Dans la capitale congolaise, M. Barrot s'est entretenu dans la matinée avec le président Félix Tshisekedi avant de s'envoler pour Kigali où il doit rencontrer Paul Kagame

PARIS: Paris appelle les forces rwandaises à "quitter instamment" la République démocratique du Congo et le groupe armé M23 qu'elles soutiennent à "se retirer immédiatement des territoires dont il a pris le contrôle", a affirmé jeudi le ministère des Affaires étrangères.

"La souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ne sont pas négociables", a déclaré à la presse le porte-parole de la diplomatie française Christophe Lemoine, selon qui le ministre Jean-Noël Barrot est attendu à Kigali après s'être rendu à Kinshasa.

Dans la capitale congolaise, M. Barrot s'est entretenu dans la matinée avec le président Félix Tshisekedi avant de s'envoler pour Kigali où il doit rencontrer Paul Kagame.

Comme l'avait fait Emmanuel Macron lors d'un échange téléphonique avec son homologue rwandais il y a quelque jours, le chef de la diplomatie française, "redira cette position: le retrait des troupes rwandaises" du territoire de la RDC, selon Christophe Lemoine.

La démarche diplomatique française s'inscrit "en soutien aux processus" de Luanda et de Nairobi", des médiations conduites par l'Angola et le Kenya, respectivement au nom de l'Union africaine et de la Communauté des États d'Afrique de l'Est, a-t-il précisé.

Le groupe armé antigouvernemental M23 a pris le contrôle de Goma, grande ville de plus d'un million d'habitants, à l'issue d'une offensive éclair de quelques semaines au côté de troupes rwandaises. Il a indiqué jeudi qu'il continuerait sa "marche de libération jusqu'à Kinshasa".


Larcher au PS: «censurer à nouveau le gouvernement» serait «irresponsable»

Le président du Sénat français Gérard Larcher (C) s'exprime après le discours du Premier ministre français François Bayrou (non vu) au Sénat, la chambre haute du parlement français, à Paris le 15 janvier 2025. (AFP)
Le président du Sénat français Gérard Larcher (C) s'exprime après le discours du Premier ministre français François Bayrou (non vu) au Sénat, la chambre haute du parlement français, à Paris le 15 janvier 2025. (AFP)
Short Url
  • Le président LR du Sénat Gérard Larcher a appelé jeudi les socialistes à "la responsabilité", car "censurer à nouveau le gouvernement" serait "une idée irresponsable"
  • Si la commission mixte paritaire, composée de sept députés et sept sénateurs, parvient à s'entendre jeudi ou vendredi, le texte de compromis reviendra au vote à l'Assemblée lundi et au Sénat mardi

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a appelé jeudi les socialistes à "la responsabilité", car "censurer à nouveau le gouvernement" serait "une idée irresponsable", alors qu'une réunion cruciale pour trouver un compromis entre Assemblée et Sénat sur le projet de budget de l'État doit s'ouvrir à 9h30.

"Il faut qu'ils mesurent leur responsabilité vis-à-vis du pays", a déclaré Gérard Larcher sur France 2. "Est-ce qu'on peut continuer à être sans budget, avec les conséquences que ça a au quotidien pour les citoyens, pour les collectivités territoriales, pour le monde économique?", a-t-il interrogé.

Si la commission mixte paritaire, composée de sept députés et sept sénateurs, parvient à s'entendre jeudi ou vendredi, le texte de compromis reviendra au vote à l'Assemblée lundi et au Sénat mardi. Dans la chambre basse, le Premier ministre François Bayrou devrait faire usage du 49 alinéa 3 de la Constitution, pour le faire adopter sans vote et donc s'exposer à une motion de censure des députés.

"Est-ce qu'on peut continuer à jouer de cette manière? Je pense que les socialistes sont des gens responsables et qu'à un moment ou un autre, ils marqueront  clairement qu'ils ne sont pas d'accord avec ce budget", a défendu le président du Sénat. "Mais l'idée de censurer à nouveau le gouvernement m'apparaît une idée irresponsable".

Interrogé sur le point d'achoppement spécifique de l'aide médicale d'État (AME) avec la gauche mais aussi les macronistes, qui appartiennent à la coalition gouvernementale, Gérard Larcher a souhaité que la réduction de son enveloppe par le Sénat ne soit pas "caricaturée".

"Bien entendu, les soins d'urgence, les grossesses, la prévention, les vaccins, tout ceci est maintenu", a-t-il assuré, "mais nous réduisons l'enveloppe de l'aide médicale d'État et nous mettons sous condition d'avis médical un certain nombre d'interventions".

La droite souhaite diminuer de 200 millions les crédits alloués à l'AME réservée aux étrangers en situation irrégulière. In fine, la version commune proposée devrait acter cette réduction, selon une source parlementaire.


L’Europe en rangs dispersés face à la déferlante Trump

Le président américain Donald Trump arrive sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, DC, le 27 janvier 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump arrive sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, DC, le 27 janvier 2025. (AFP)
Short Url
  • Les Européens ont beau tenter de se préparer au retour de la déferlante Trump, ils ne sont toujours pas à jour, selon un ancien diplomate français
  • Il craint que l’Europe ne soit en train de risquer gros, en raison de son manque de préparation

PARIS: Ça va mal pour l’Europe. C’est le constat que fait un ancien diplomate français, un peu plus d’une semaine à peine, après l’investiture du président Républicain Donald Trump pour un nouveau mandat à la Maison Blanche.

Durant son premier mandat (2017 à 2021), les dirigeants européens ont certes eu le loisir d’expérimenter ses méthodes brusques unilatérales et souvent provocantes.

Ils ont également compris que toutes ses décisions sont prises sur la seule base des intérêts des États Unis partant du fameux slogan « America first », faisant fi des accords internationaux et bilatéraux ainsi que des intérêts de ses propres alliés.

Pendant ces cinq années, Trump à avancé à la manière d’une déferlante, porté par un courant d’américains protestataires, que certains croyaient éphémère et voué à disparaître sous le poids des frasques présidentielles.

Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump s’est d’emblée livré à une multitude de coups d’éclat, dont le dernier en date est sa décision de se retirer de nouveau de l’Accord de Paris sur le climat.

- Arlette Khouri

Avec sa réélection pour succéder au président démocrate Joe Biden, force est de constater que c’est le contraire qui s’est passé.

Au lieu de se dissiper, le courant protestataire s’est radicalisé, pour devenir un courant idéologique porteur d’une vision bien précise du monde et de la place suprémaciste  des États-Unis à la tête de ce monde.

Les européens ont eu beau tenté de se préparer au retour de la déferlante Trump, ils ne sont toujours pas à jour assure l’ancien diplomate, qui craint que l’Europe ne soit en train de risquer gros, par son manque de préparation.

Or depuis son retour à la Maison Blanche, Trump s’est d’emblée livré à une multitude de coups d’éclat, dont le dernier en date est sa décision de se retirer de nouveau de l’Accord de Paris sur le climat.

Auparavant il avait assuré qu’il est en mesure de régler le conflit ukrainien en 24 heures dans l’ignorance la plus totale des intérêts européens et des menaces que cela peut impliquer au niveau de la sécurité du continent.

Sans tenir compte de leurs capacités économiques, il a sommé les pays européens de consacrer cinq pour cent de leurs revenus au budget de la défense, tout en laissant planer un doute sur l’avenir de l’engagement américain dans le cadre de la sécurité européenne.

Il a réitéré  à souhait son attachement à une mondialisation débridée, privilégiant les marchés et les produits américains, sans écarter une hausse exorbitante des droits de douanes sur les exportations européennes vers les États-Unis.

Pour comble, le couple franco-allemand qui a pendant de longues années été le moteur qui fait évoluer l’Europe et met un peu d’ordre dans ses rangs est en panne.

- Arlette Khouri

Face à cela, souligne la source diplomatique, il faut une Europe homogène, et unifiée au sujet de l’attitude à adopter face au retour de Trump, mais cela est loin d’être le cas, puisque les rangs européens sont plus que jamais dispersés.

Pour comble, le couple franco-allemand qui a pendant de longues années été le moteur qui fait évoluer l’Europe et met un peu d’ordre dans ses rangs est en panne, pour des raisons inhérentes à la mauvaise conjoncture politique aussi bien à Paris qu’à Bonn.

Selon la même source l’Europe diverge et hésite, entre une approche d’apaisement et une approche robuste et défensive.

La présidente de la commission européenne, Ursula Von Der Leyen prône une approche latérale, qui consiste à proposer au président américain « des Deals » conçus de façon à donner à Trump l’impression d’être à son avantage.

La France, indique la source, cherche à dégager un minimum de dénominateurs communs entre les composantes européennes, et une approche commune à minima pour éviter à l’Europe, nombre de revers économiques et politiques dans les cinq années à venir.

Cela semble en tout cas  être l’objectif de la rencontre européenne informelle qui se tiendra à l’initiative de la France au Château Limont, le 3 février prochain, sans aucune garantie de succès, surtout que précise la source, certains pays d’Europe, dont l’Italie et la Pologne, courtisent Trump.

Par ailleurs, cette approche ne fait pas l’unanimité en France, où de nombreuses voix s’élèvent à la faveur d’une politique musclé face aux États-Unis, allant jusqu’à brandir le slogan « œil pour œil et dent pour dent », pour affronter l’agressivité Trumpiste.

La période est cruciale estime l’ancien diplomate, et à défaut d’unité et de préparation, les années à venir risquent d’être une sorte de « vallée de larmes », aussi bien pour l’Europe que pour le reste du monde, lorgné à travers le prisme abrupte et arbitraire du président américain.