Quand les pays du Golfe font face à des températures extrêmes

Des températures caniculaires ont été enregistrées au Moyen-Orient pendant deux jours consécutifs, oscillant entre 45 et 49 °C en ce mois de juillet. Elles devraient atteindre 50 °C au cœur de l’été. (AFP)
Des températures caniculaires ont été enregistrées au Moyen-Orient pendant deux jours consécutifs, oscillant entre 45 et 49 °C en ce mois de juillet. Elles devraient atteindre 50 °C au cœur de l’été. (AFP)
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Publié le Mercredi 19 juillet 2023

Quand les pays du Golfe font face à des températures extrêmes

  • Aux Émirats arabes unis, Abu Dhabi a enregistré une température de 50,1 °C dans la région d’Al-Dhafra (ouest du pays) pendant deux jours consécutifs
  • Les conditions météorologiques devraient s’aggraver en raison du réchauffement climatique, provoquant des effets potentiellement irréversibles tels que l’insécurité alimentaire, la perturbation de l’agriculture et les pénuries d’eau

DUBAÏ: Les pays du monde entier sont une fois de plus en proie à des températures record en raison de la vague de chaleur estivale intense qui oblige les gouvernements du Moyen-Orient, d’Europe et des Amériques à émettre des avertissements sanitaires et à conseiller aux gens de rester chez eux, bien hydratés.

Plusieurs études récentes, dont un rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), avertissent qu’il y a 66% de risques que la température mondiale dépasse le seuil d’1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels pendant au moins un an, entre 2023 et 2027.

«Il s’agit d’un marqueur important, car il représente la limite supérieure fixée par l’Accord de Paris pour éviter des changements catastrophiques dans les écosystèmes de notre planète», déclare Zoltan Rendes, directeur marketing de SunMoney Solar Group et ambassadeur du Pacte climatique européen de l’Union européenne (UE), dans un entretien accordé à Arab News.

Les scientifiques mettent en garde contre la possibilité que la planète ait déjà dépassé un seuil critique en matière de changement climatique. Des rapports font état de températures océaniques record, ce qui place le monde dans un «territoire inconnu» avec des conséquences graves pour la vie marine et les schémas météorologiques mondiaux au cours de la prochaine décennie.

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En proie à des températures extrêmes, l’Arabie saoudite et d’autres pays du Moyen-Orient considèrent l'accent mondial mis sur la durabilité comme une possibilité de diversifier leurs économies et d’adopter de nouvelles technologies et expertises. (AFP)

«Ces développements mettent en lumière l’urgence de lutter contre le changement climatique, ainsi que le rôle essentiel de la science et de la technologie dans la recherche de solutions», déclare M. Rendes.

Le rapport indique que même si un dépassement du seuil d’1,5 °C au cours des cinq prochaines années pourrait n’être que temporaire, il y a 98% de risques qu’au moins une des cinq prochaines années – et la période de cinq ans dans son ensemble – soit la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle de la planète.

Pour ce seul été, des vagues de chaleur meurtrières en Europe ont contraint les autorités italiennes à placer seize villes en alerte rouge. Dans le même temps, les températures au sol en Espagne ont dépassé les 60 °C, laissant présager une saison estivale encore plus chaude que l’an dernier.

Des températures de plus de 50 °C aux États-Unis signifient qu’un tiers des Américains vivent sous le coup d’avis sanitaires et des records de température devraient être battus dans pas moins de trente-huit villes du pays au cours des prochains mois.

Des températures caniculaires ont également été signalées en Asie et au Moyen-Orient. La Chine, à titre d’exemple, a enregistré sa température la plus chaude à ce jour alors que le thermomètre a dépassé 52 °C au Xinjiang, battant le précédent record de 50,3 °C. Aux Émirats arabes unis (EAU), Abu Dhabi a enregistré une température de 50,1 °C dans la région d’Al-Dhafra (ouest du pays) pendant deux jours consécutifs.

D’autres pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont Oman et le Koweït, ont également enregistré des températures oscillant entre 45 et 49 °C ce mois-ci. Elles devraient atteindre la barre des 50 °C à un moment donné au cours de l'été.

Les changements trop évidents dans les conditions météorologiques mondiales, en particulier pendant les mois d’été, ne sont qu’une autre preuve que le monde est en retard sur ses engagements de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45% d’ici à 2030, et d’atteindre l’objectif zéro émission nette d’ici à 2050.

Qu’adviendra-t-il donc des pays ayant des climats déjà plus chauds que la plupart? Et que deviendra le monde si le dépassement du seuil d’1,5 °C n’est pas temporaire?

Ces questions seront abordées lors de la Conférence des nations unies sur les changements climatiques (COP28) et du premier bilan mondial de l’Accord de Paris, qui aura lieu à Dubaï à partir du 30 novembre. Plus de quatre-vingt mille représentants et cent quarante chefs d’État et de gouvernement devraient y assister.

Cette conférence vise à accélérer la transition vers un modèle économique durable à faible émission de carbone et à forte croissance grâce à des actions spécifiques axées sur quatre changements de paradigme, soutient Philipp Rosenthal, directeur associé de l’équipe chargée du changement climatique, carbone et déchets au cabinet de conseil Williams Sale Partnership du Moyen-Orient. Il s’agit notamment d’accélérer la transition énergétique, de transformer le financement de la lutte contre le changement climatique, de donner la priorité à la nature et aux populations dans l’action climatique et de se mobiliser pour un sommet inclusif.

«L’objectif est de favoriser un vaste potentiel économique tout en répondant au besoin urgent de réduction des émissions et en respectant les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris», déclare M. Rosenthal à Arab News.

En outre, le résultat du bilan mondial, décrit comme «un tournant décisif pour l’action climatique», sera l’occasion d’unir les efforts mondiaux et de mettre le monde sur la voie d’un avenir plus durable.

«De plus en plus de pays, de régions, de villes et d’entreprises ont établi des objectifs de neutralité carbone et les solutions zéro carbone deviennent compétitives dans des secteurs économiques représentant 25% des émissions», précise Philipp Rosenthal.

Cette tendance est plus perceptible dans les secteurs de l’énergie et des transports et elle a généré de nombreuses nouvelles possibilités commerciales pour les pionniers, souligne-t-il, ajoutant que d’ici à 2030, les solutions zéro carbone pourraient être compétitives dans des secteurs représentant plus de 70% des émissions mondiales.

Les pays du monde entier ont également considéré l’accent mondial mis sur la durabilité comme une possibilité de diversifier leur économie et d’adopter de nouvelles technologies et expertises. Les pays du Golfe, notamment les EAU et l’Arabie saoudite, en sont deux solides exemples.

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«Les EAU ont réussi à diversifier leur économie. En 1971, le secteur pétrolier contribuait à hauteur de 90% au produit intérieur brut (PIB) du pays et, aujourd’hui, ce chiffre a considérablement diminué pour atteindre 28%», déclare Rory McCarthy, directeur de l’exploitation et associé chez Yellow Door Energy, à Arab News.

Il affirme qu’en plus de l’ambitieuse stratégie énergétique 2050 des EAU, le pays a énormément investi dans l’énergie solaire et il abrite désormais plusieurs des plus grands parcs solaires du monde, notamment le parc d’énergie solaire Mohammed ben Rachid al-Maktoum à Dubaï et les centrales solaires Al-Dhafra et Noor à Abu Dhabi.

«L’Arabie saoudite a programmé l’Initiative verte saoudienne, qui fait partie du projet Vision 2030, et dont les objectifs sont de réduire les émissions de carbone de 278 millions de tonnes par an d’ici à 2030, d’atteindre 50% de production d’énergie propre d’ici à 2030 et de planter dix milliards d’arbres (ainsi que quarante milliards d’arbres à travers le Moyen-Orient)», déclare M. McCarthy.

De plus, en menant à bien l’initiative Vision 2030, le Royaume vise à réduire sa dépendance au pétrole, à diversifier son économie et à développer les secteurs des services publics comme la santé, l’éducation, les infrastructures, les loisirs et le tourisme.

Dans l’ensemble, les pays du Golfe investissent massivement dans des projets d’énergie renouvelable, tous axés sur la durabilité et, plus spécifiquement, sur la production et l’utilisation d’hydrogène vert.

 

EN CHIFFRES

66% – Risque que les températures mondiales dépassent le seuil d’1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels pendant au moins un an, entre 2023 et 2027.

98% – Risque qu’au moins une des cinq prochaines années – et la période de cinq ans dans son ensemble – soit la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle de la planète.

(Source: OMM)

 

«Ces initiatives représentent un changement significatif dans les politiques énergétiques de la région», insiste Zoltan Rendes.

«Alors que ces pays ont toujours été associés à des niveaux élevés de production d’hydrocarbures, leurs efforts de transition vers des sources d’énergie renouvelables démontrent une prise de conscience croissante de la nécessité de lutter contre le changement climatique.»

Néanmoins, l’ampleur du défi est énorme, explique M. Rendes, et le succès de ces efforts dépendra d’une série de facteurs, notamment des progrès technologiques, des considérations économiques et de la volonté politique. Après tout, les enjeux sont importants et les conséquences du réchauffement climatique peuvent être préjudiciables pour le monde entier.

«Si le seuil climatique d’1,5 °C est dépassé, le niveau de la mer continuera à s’élever, entraînant une augmentation de l’érosion et des inondations côtières», avertit M. Rosenthal.

«Les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les ouragans, les sécheresses et les vagues de chaleur, deviendront plus fréquents et plus graves. Ils auront une incidence sur l’agriculture, les ressources en eau et la santé humaine.»

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Un garçon transporte un bloc de glace pendant une vague de chaleur à Damas, en Syrie. (Reuters)

Des écosystèmes entiers pourraient subir des perturbations importantes, entraînant la perte, voire l’effondrement de la biodiversité. En outre, il pourrait y avoir un risque plus élevé de points de basculement irréversibles, comme la fonte des principales calottes glaciaires et la libération de grandes quantités de gaz à effet de serre lors du dégel du pergélisol.

«Les effets seraient profonds et ils auraient des conséquences considérables sur les sociétés humaines et le monde naturel», souligne Philipp Rosenthal.

L’Organisation des nations unies (ONU) a lancé un nouvel avertissement concernant la probabilité croissante que le phénomène météorologique El Niño se produise dans les mois à venir, entraînant des températures mondiales plus élevées et de nouveaux records de chaleur, alors que l’année 2023 marque la fin d’une série inhabituelle de trois années consécutives de La Niña.

Les phénomènes El Niño et La Niña, qui résultent des variations de la force du vent et des températures océaniques dans l’océan Pacifique, provoquent des modèles climatiques distinctifs. Alors que les épisodes El Niño libèrent de la chaleur de l’océan et ajoutent jusqu’à 0,2 °C aux températures mondiales en surface, les épisodes La Niña contribuent à une absorption accrue de chaleur par l’océan, indique M. Rosenthal.

En conséquence, le cycle El Niño-La Niña a des effets importants sur un certain nombre de régions, en particulier sous les tropiques, provoquant des vagues de chaleur, des sécheresses, des inondations et des incendies de forêt.

«L’incidence du changement climatique et des épisodes El Niño sur le Moyen-Orient, en particulier les pays du Golfe comme l’Arabie saoudite, les EAU et le Qatar, fait l’objet d’études intensives», poursuit Zoltan Rendes.

Bien qu’El Niño soit un phénomène climatique naturel qui se produit de manière irrégulière tous les deux à sept ans et contribue à l’augmentation de la température mondiale, des recherches sont en cours pour tenter de comprendre si le changement climatique pourrait influencer sa fréquence ou son intensité.

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Les scientifiques préviennent que la planète pourrait déjà avoir franchi un seuil critique en matière de changement climatique. (Reuters)

De même, dans une région déjà connue pour sa chaleur et son aridité extrêmes, des recherches supplémentaires sont également nécessaires pour bien comprendre les effets spécifiques d’El Niño.

Ce qui est certain, c’est que les conditions météorologiques devraient s’aggraver en raison du réchauffement climatique, provoquant des effets potentiellement irréversibles tels que l’insécurité alimentaire, la perturbation de l’agriculture, les pénuries d’eau et les risques pour la santé humaine, ajoute M. Rendes.

«Bien que ces répercussions brossent un tableau sombre, il est important de noter que les efforts pour atténuer le changement climatique et s’adapter à ses effets peuvent aider à réduire ces risques», précise-t-il.

«Cependant, le temps presse et une action décisive est plus que jamais nécessaire.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.


Dans le sud du Liban, Israël accusé d'incendier terres agricoles et forêts

Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
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  • En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi
  • La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée

BEYROUTH: Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays.

Depuis la limite de la zone occupée par Israël dans le sud du pays, Haïdar Qoteich a vu les champs et les vergers de son village de Houla, tenu par l'armée israélienne et situé à cinq kilomètres de là, disparaître dans les flammes.

"Ils ont tout brûlé (..) les champs du village sont tout noirs", affirme à l'AFP ce père de quatre enfants, âgé de 36 ans, joint par téléphone.

Selon les autorités libanaises, plus de 16.000 hectares ont été brûlés depuis le début des hostilités entre le mouvement pro-iranien Hezbollah et Israël en octobre 2023, marquées par un cessez-le-feu en novembre 2024 avant une reprise des affrontements début mars, et une accalmie relative ces dernières semaines.

En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi.

La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée.

Incendies "systématiques" 

Les feux résultent de frappes israéliennes, de "bombes explosives et de drones", indique à l'AFP Hussein Fakih, directeur de la Défense civile à Nabatiyé, la capitale du gouvernorat. Il fait aussi état de "bombes au phosphore et bombes à sous-munitions pour déclencher" les incendies.

Ses équipes, qui n'ont pas accès aux zones occupées, ont recensé en juillet et en août des incendies à la lisière de ces secteurs.

Des responsables libanais, des ONG et des habitants dénoncent une "politique de la terre brûlée" pratiquée par Israël qui cherche à éloigner les combattants du Hezbollah de la frontière.

Contactée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir "conscience de l’impact environnemental potentiel de ses activités dans la région" et assure prendre "des mesures de précaution pour réduire les dommages causés aux civils et à l’environnement".

Aux confins du village de Kfar Chouba, jouxtant la zone occupée, un incendie s'est déclaré le 5 août "à la suite de tirs des forces israéliennes", rapporte le maire, Kassim Al-Kadri. Le feu a ravagé une zone forestière d’environ 2 km².

Il a fallu, selon le maire, deux jours pour le maîtriser avec des moyens rudimentaires, la défense civile n'ayant obtenu que le lendemain une autorisation d'accès de la part d'Israël. "Le feu avait tout ravagé", déplore-t-il.

Au siège du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), à Beyrouth, des images satellitaires projetées sur écran géant montrent des vergers et forêts avant et après leur disparition depuis 2023, sous l’effet des incendies et du défrichement, y compris l'arrachement d'oliviers centenaires.

Des photos de Khiam, bourgade occupée, montrent ainsi des étendues verdoyantes avant 2024 transformées en terres arides.

Le CNRS a recensé la destruction par le feu d'environ 8.500 hectares au cours de la guerre précédente (octobre 2023-novembre 2024) et de 7.500 hectares au cours de la dernière.

Le secrétaire général du CNRS, Chadi Abdallah, accuse Israël "d'incendier de manière systématique" ces zones.

"Ecocide" 

"Cela montre qu’ils cherchent à créer un espace dépourvu d’habitations, de constructions et de toute forme de vie" pour empêcher tout retour des habitants, affirme-t-il, en parlant de la majorité des personnes résidant dans les villages frontaliers qui ont dû fuir les bombardements israéliens.

Il souligne que 350 hectares ont été incendiés entre la date de signature d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en juin et le 13 août.

L'agence de presse officielle libanaise ANI fait état régulièrement d'opérations de démolitions et explosions déclenchées par Israël dans le sud. Et le Liban a plusieurs fois dénoncé des destructions "systématiques" dans cette région.

Dans le village de Zawtar el-Charqiyé, l’armée israélienne a en outre déraciné 600 oliviers en août, selon l'ANI.

L’association "Les Verts du Sud", qui documente les dégâts environnementaux dans cette région, a accusé Israël de mettre le feu "aux maisons, forêts, bois et terrains agricoles", et notamment à une réserve naturelle située à Wadi Slouqi.

La ministre libanaise de l’Environnement, Tamara el-Zein, avait déjà dénoncé un "écocide" dans le sud, et des incendies "délibérés".

De Chaqra, où il a trouvé refuge, Haïdar Qoteich contemple les plaines incendiées de son village. "Il faut toute une vie pour reboiser un village devenu un désert", soupire-t-il.

 


Le haut-représentant du «Conseil de paix» pour Gaza met en garde contre un «point de non-retour»

Des Palestiniens observent un entrepôt d'aide alimentaire endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne qui visait une maison voisine à Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 26 août 2026. (AP)
Des Palestiniens observent un entrepôt d'aide alimentaire endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne qui visait une maison voisine à Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 26 août 2026. (AP)
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  • "Chaque recours à la force qui ne répond pas à une menace imminente, et chaque incident pour lequel le mécanisme de coordination n'a pas été sollicité, coûtent à ce processus quelque chose qu’il sera très difficile de regagner"
  • Il a également regretté que le Hamas poursuive de son côté les entorses au cessez-le-feu

NATIONS-UNIES: Le haut-représentant du "Conseil de paix" pour Gaza, Nikolaï Mladenov, a mis en garde mercredi contre un "point de non-retour" en cas d'échec du plan de paix pour le territoire palestinien, actuellement dans l'impasse.

"Gaza n'a plus les moyens de supporter une nouvelle catastrophe. Si le cessez-le-feu s'effondre et que la bande replonge dans une nouvelle escalade généralisée, il n'y aura plus de feuille de route sur laquelle revenir, plus d'administration à déployer et plus rien sur le terrain à reconstruire", a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Les Etats-Unis ont fait approuver par le Hamas fin juillet une feuille de route prévoyant son désarmement et le retrait de l'armée israélienne, qui occupe plus de 60% de la bande de Gaza.

Mais Israël a rejeté le texte, exigeant un désarmement total et vérifiable du Hamas.

La poursuite des frappes israéliennes fait peser un risque pour le cessez-le-feu, a estimé Nikolaï Mladenov.

"Chaque recours à la force qui ne répond pas à une menace imminente, et chaque incident pour lequel le mécanisme de coordination n'a pas été sollicité, coûtent à ce processus quelque chose qu’il sera très difficile de regagner", a-t-il dit.

Il a également regretté que le Hamas poursuive de son côté les entorses au cessez-le-feu.

"Chaque arme encore portée, chaque tunnel dont les travaux se poursuivent et chaque convoi encore entravé fait reculer le processus et fournit un argument à ceux qui veulent reprendre la guerre", a déclaré Nikolaï Mladenov.

"Et comme l'expérience l'a montré, ce sont les civils palestiniens, les femmes et les enfants, qui en subiront les conséquences", a-t-il conclu.