Les Casques bleus de l’ONU appellent au calme alors que les troupes israéliennes et libanaises s’affrontent à la frontière

Des soldats libanais, des manifestants et des journalistes se baissent après que les troupes israéliennes ont tiré des gaz lacrymogènes dans le village frontalier sud-libanais de Kfar Chouba, le 9 juin 2023. (AP)
Des soldats libanais, des manifestants et des journalistes se baissent après que les troupes israéliennes ont tiré des gaz lacrymogènes dans le village frontalier sud-libanais de Kfar Chouba, le 9 juin 2023. (AP)
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Publié le Samedi 10 juin 2023

Les Casques bleus de l’ONU appellent au calme alors que les troupes israéliennes et libanaises s’affrontent à la frontière

  • Colère des villageois alors que les bulldozers israéliens œuvrent à étendre la clôture frontalière de 2 km
  • Les habitants de Kfarchouba, Chebaa, Kfarhamam et des villages autour de la ville majoritairement sunnite d’Aarqoub ont effectué la prière du vendredi à Kfarchouba pour protester contre l’opération israélienne

BEYROUTH: Les Casques bleus de l’ONU dans le sud du Liban ont appelé au calme vendredi après que les troupes libanaises et israéliennes ont frôlé une confrontation directe dans la zone frontalière de la «Ligne bleue».

L’armée libanaise a été déployée afin de protéger les habitants des villages autour de la ville d’Aarqoub qui protestaient contre les pelleteuses et les bulldozers israéliens opérant dans la région.

Les villageois ont tenté de franchir la frontière marquée par la Force intérimaire des Nations unies au liban (FINUL) pour enlever une partie d’une clôture de séparation et ont été accueillis par des volées de gaz lacrymogène des troupes israéliennes.

Mohammed Mortada, ministre libanais de la Culture par intérim, a déclaré: «Les Israéliens sont-ils assez stupides pour penser que les grenades lacrymogènes empêcheront les propriétaires fonciers et les détenteurs de droits de réagir à leurs violations?»

L’armée israélienne a déclaré qu’elle répondait aux «émeutes» et a affirmé que deux soldats libanais «ont pointé deux armes RPG vers une patrouille israélienne», dans la région des fermes de Chebaa.

Un manifestant libanais plante le drapeau national à travers la clôture près du village frontalier de Kfarchouba lors d’une manifestation anti-israélienne vendredi. (AFP)

Ismail Nasser, un soldat à la retraite de 58 ans et originaire de Kfarchouba, a défié les gaz lacrymogènes israéliens pour se tenir devant un bulldozer et l’empêcher de creuser davantage. Nasser a déclaré que la terre rasée au bulldozer par Israël lui appartenait, ainsi qu’à ses ancêtres.

Une vidéo a montré les actions de Nasser, le conducteur du bulldozer essayant d’avancer et de lui jeter de la terre, avant qu’il ne soit éloigné par des passants.

Nasser, un soldat à la retraite, a déclaré que la terre rasée au bulldozer par Israël lui appartenait ainsi qu’à ses ancêtres.

Une source de sécurité libanaise a déclaré à Arab News qu’Israël avait été «inhabituellement actif» pendant plus d’une semaine à Aarqoub, en particulier dans les collines de Kfarchouba.

«Ils essaient de changer les caractéristiques de la région en creusant des tranchées et en enlevant des roches afin d’étendre une nouvelle clôture en fer de deux kilomètres entre Al-Sammaqah et Bawabat Hassan, à côté du lac de Baathael à Kfarchouba», a affirmé la source.

La zone non délimitée appartenant aux habitants de Kfarchouba est d’environ 8 km.

Les habitants de Kfarchouba, Chebaa, Kfarhamam et des villages autour de la ville majoritairement sunnite d’Aarqoub ont effectué la prière du vendredi à Kfarchouba pour protester contre l’opération israélienne.

Le député Kassem Hachem et le cheikh Hassan Dallah, le mufti de Hasbayya et Marjaayoun, ont critiqué l’emploi du bulldozer par «l’ennemi» et ont appelé les troupes de la FINUL «à mettre fin aux violations israéliennes de la souveraineté libanaise».

Le porte-parole de la FINUL, Andrea Tenenti, a déclaré: « Les Casques bleus de la FINUL sont sur le terrain depuis le début pour garantir le maintien de la cessation des hostilités, rétablir la stabilité et aider à réduire les tensions.»

«Nous exhortons les parties à utiliser efficacement nos mécanismes de coordination afin de prévenir les malentendus et les violations, et contribuer à la préservation de la stabilité dans la région.»

«La FINUL recherche activement des solutions. Nous appelons les deux parties à éviter les actions le long de la Ligne bleue, qui pourraient aggraver les tensions.»

Le mandat annuel de la FINUL devrait être renouvelé en septembre prochain. Le dernier renouvellement comprenait un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU accordant une plus grande liberté d’opérer de manière indépendante et sans coordination avec l’armée libanaise.

Les forces israéliennes ont occupé la partie syrienne des hauteurs de Kfarchouba et les terres agricoles environnantes en 1973, mais se sont retirées après la signature de l’accord de désengagement avec la Syrie en 1974.

Kfarchouba a été le théâtre d’une bataille féroce en 1976 lorsque des commandos palestiniens ont expulsé les forces d’occupation israéliennes de la ville.

Deux ans plus tard, Israël envahit la zone frontalière libanaise dans le cadre de l’opération Litani et occupe plusieurs régions, dont Kfarchouba.

En 2000, l’armée israélienne s’est retirée de la majorité des villes du sud du Liban et une ligne de retrait – connue sous le nom de Ligne bleue – a été créée.

Les collines de Kfarchouba et les fermes de Chebaa ne faisaient pas partie des régions libérées, l’ONU considérant leur statut comme partie intégrante d’une solution future au conflit israélo-syrien.

Cependant, le gouvernement libanais et le Hezbollah ont déclaré que cette région appartenait au territoire libanais.


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.