Attaque d'Annecy: la droite à l'affût sur l'immigration

Après ce drame, "c’est toute notre politique migratoire et un certain nombre de règles européennes qu’il faut remettre en cause", a affirmé sur Twitter le président du Rassemblement national Jordan Bardella pour qui "on doit se donner les moyens d’agir et de reprendre le contrôle d’une situation qui échappe au gouvernement" (Photo, AFP)
Après ce drame, "c’est toute notre politique migratoire et un certain nombre de règles européennes qu’il faut remettre en cause", a affirmé sur Twitter le président du Rassemblement national Jordan Bardella pour qui "on doit se donner les moyens d’agir et de reprendre le contrôle d’une situation qui échappe au gouvernement" (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 08 juin 2023

Attaque d'Annecy: la droite à l'affût sur l'immigration

  • Au fil de la journée, les détails sur le profil de l'agresseur se sont précisés: de nationalité syrienne, il a vécu pendant dix ans en Suède où il a obtenu le statut de réfugié
  • Il était entré en situation régulière sur le territoire français où il avait cependant déposé une deuxième demande d'asile en novembre 2022

PARIS: La droite et l'extrême droite ont réagi au quart de tour après l'attaque au couteau perpétrée par un ressortissant syrien à Annecy, dénonçant une "immigration massive" et parlant pour certains d'"islamisme radical" ou de "terrorisme", en contradiction avec les premiers éléments de l'enquête.

Après ce drame, "c’est toute notre politique migratoire et un certain nombre de règles européennes qu’il faut remettre en cause", a affirmé sur Twitter le président du Rassemblement national Jordan Bardella pour qui "on doit se donner les moyens d’agir et de reprendre le contrôle d’une situation qui échappe au gouvernement".

"L’immigration massive a un lien direct avec l’ensauvagement dont souffre notre pays", a abondé le vice-président du parti David Rachline.

Six personnes dont quatre enfants de 22 à 36 mois, trois d'entre elles étant entre la vie et la mort, ont été blessées jeudi matin dans un parc proche du lac d'Annecy par un homme de nationalité syrienne armé d'un couteau.

Les Républicains, en pleine offensive politique sur le terrain de l'immigration, ont eux aussi réagi très vite.

"L’enquête déterminera les conditions, mais il semble que l’auteur ait le même profil que l’on retrouve souvent dans ces attaques. Il faudra en tirer toutes les conséquences sans naïveté, avec force et en lucidité", a ainsi affirmé à des journalistes le président du parti Eric Ciotti.

"L'immigration massive incontrôlée tue", a commenté le patron des députés LR Olivier Malreix.

Au fil de la journée, les détails sur le profil de l'agresseur se sont précisés: de nationalité syrienne, il a vécu pendant dix ans en Suède où il a obtenu le statut de réfugié. Il était entré en situation régulière sur le territoire français où il avait cependant déposé une deuxième demande d'asile en novembre 2022.

Dans son dossier, il s’était déclaré "chrétien de Syrie", selon une source policière. Et il a crié "au nom de Jésus Christ" au moment de l'attaque.

"Aucun mobile terroriste apparent" n'a jusqu'à présent été relevé, d'après la procureure d'Annecy.

"Traumatisme" 

Avant que ces éléments ne soient connus, certains élus de droite ou d'extrême droite avaient condamné sur Twitter "l'islamisme radical", le "fondamentalisme qui s'en prend à la République", voire un acte de "terrorisme".

L'homme ayant initialement été présenté comme un demandeur d'asile, certains reprochaient au gouvernement une incapacité à limiter les flux et déploraient "les centaines de milliers d'entrées illégales en Europe".

Dans l'après-midi, les réactions ont pris un tour un peu différent, se concentrant sur la compassion aux victimes et le soutien aux forces de l'ordre, ou encore la critique des règles européennes.

"Il y a une surreprésentation indéniable des étrangers dans ce type de crimes, il faut revoir les conditions de circulation des non-européens dans l'espace Schengen", a ainsi affirmé sur franceinfo le député RN Laurent Jacobelli.

Eric Ciotti a annulé un point presse organisé le matin. "Il s’est exprimé à deux reprises" à l'Assemblée et "c'était redondant", a-t-on justifié dans son entourage.

Gardant un ton virulent, l'eurodéputée LR Nadine Morano a toutefois estimé sur Twitter qu'on ne peut "pas accueillir toute la misère du monde sans faire prendre de risque à la population".

Quant au président de Reconquête Eric Zemmour, il n'a pas dévié de sa ligne polémique, s'interrogeant sur CNews: "Qu’est-ce que ce prétendu chrétien d'Orient? Parce que je ne suis pas sûr qu'il soit vraiment chrétien".

Parmi les demandeurs d'asile, "les uns disent qu'ils sont homosexuels, les autres des femmes battues, les troisièmes des Chrétiens d'Orient. Comme ça, ça rentre dans les cases, et on les accueille", a-t-il affirmé.

Dans la matinée déjà, il avait repris sur Twitter le terme contesté de "francocide" qu'il avait utilisé après le meurtre de la jeune Lola, à Paris en octobre dernier, réfutant par avance être un "récupérateur".


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».