L’Arabie saoudite qualifiée de «l'un des pays les plus réactifs» pour répondre aux urgences éducatives

Les étudiants entament leur deuxième semestre d'enseignement à distance. La décision de poursuivre ce mode d'apprentissage vise à assurer la santé des étudiants et à freiner la propagation de la Covid-19 (Photo, AFP).
Les étudiants entament leur deuxième semestre d'enseignement à distance. La décision de poursuivre ce mode d'apprentissage vise à assurer la santé des étudiants et à freiner la propagation de la Covid-19 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 07 décembre 2020

L’Arabie saoudite qualifiée de «l'un des pays les plus réactifs» pour répondre aux urgences éducatives

  • Depuis le début de la crise de Covid-19, les établissements d'enseignement saoudiens ont fait de gros efforts pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études
  • Des études confirment que l'apprentissage à distance peut être efficace avec un personnel éducatif qualifié

LA MECQUE: Avec l'annonce faite samedi soir par le ministre saoudien de l'Éducation que l'enseignement à distance se poursuivrait après la pandémie, le Royaume semble prêt à assumer cette tâche et à maintenir son succès.

Le Dr Hamad al-Cheikh explique que l'apprentissage en ligne et l'apprentissage à distance sont des méthodes importantes dans le système éducatif et que le ministère et la Commission d'évaluation de l'éducation et de la formation travaillent en étroite collaboration dans plusieurs domaines afin de produire de meilleurs résultats pour les étudiants et les enseignants.

Les étudiants entament leur deuxième semestre d'enseignement à distance. La décision de poursuivre ce type d’enseignement – une mesure initialement mise en place pour assurer la santé des étudiants et freiner la propagation de Covid-19 – est intervenue fin août, car les résultats du semestre précédent se révèlent encourageants.

Pour le Dr Emtinan al-Qurashi, directrice du développement numérique et de l'apprentissage à distance à l'université Temple aux États-Unis, l'Arabie saoudite est l'un des pays les plus réactifs au monde pour répondre aux urgences éducatives et ses efforts sont énormes.

Le Dr Al-Qurashi, lauréate du prix de la meilleure recherche de l’American Association for Educational Communications and Technology, explique que, depuis le début de la crise de Covid-19, les établissements d'enseignement saoudiens ont fait de gros efforts pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études.

«Le manque de personnel qualifié pour ce nouvel environnement éducatif est l’un des défis les plus compliqués. Former le personnel éducatif pour cette transformation ne se fait pas rapidement, contrairement à la technologie et aux outils requis par cet environnement, qui peuvent être acquis et activés assez vite. Habituellement, lorsque nous voulons mettre en place une installation informatique pour l'enseignement à distance, cela prend du temps. Même la création d’outils à distance prend parfois des mois», poursuit-elle.

Le succès de l'éducation d'urgence à l'aide de la technologie s'est traduit par un mode de vie: beaucoup coopèrent désormais pour développer et améliorer leurs compétences afin de promouvoir ce nouveau mode d'apprentissage.

Le Dr Al-Qurashi indique que plusieurs éléments doivent être pris en compte pour que l'apprentissage en ligne soit efficace: Internet et les ordinateurs doivent être mis à la disposition de tous. Les élèves qui ont des besoins spéciaux et des difficultés d'apprentissage doivent être pris en compte, et un soutien psychosocial doit être fourni.

«Le cadre éducatif doit être développé et qualifié», ajoute le Dr Al-Qurashi, soulignant que «l'enseignement à distance est un nouvel environnement d'apprentissage, non seulement en termes de technologie mais aussi en termes de conception du programme éducatif et de son application de manière à conduire à de meilleurs résultats.»

Elle indique que l'un des facteurs les plus importants liés au succès de l'apprentissage à distance est de former les étudiants à ce nouvel environnement. Les membres du corps professoral doivent être en mesure d'aider les étudiants à s'adapter, à utiliser la technologie éducative et à acquérir de nouvelles habitudes.

«Si nous mettons en œuvre tous ces facteurs, nous pourrons juger du succès du processus éducatif à travers deux méthodes. La première consiste à évaluer la conception et l’application du matériel pédagogique. La seconde consiste en une évaluation de l’expérience des élèves et de leurs résultats d’apprentissage.»

«Depuis le début de la crise de Covid-19, les établissements d'enseignement saoudiens ont fait de gros efforts pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études.»

Dr Emtinan al-Qurashi, expert de l'enseignement à distance à l'université Temple

«Il est impossible de juger si une expérience est réussie ou non à moins d’appliquer des pratiques et des méthodes d'évaluation fondées sur la recherche à chaque établissement d'enseignement, pris séparément», explique-t-elle.

Les résultats de ses recherches, publiés en 2019, montrent que l'interaction d'un apprenant avec le contenu est l'indicateur le plus fort et le plus important de la satisfaction des étudiants au niveau universitaire, avant l'interaction de l'étudiant avec l'enseignant. L'efficacité de l'apprentissage à distance est l'indication la plus forte et la plus importante dans la perception de l'apprentissage, suivie de l'interaction des étudiants avec le contenu. Sur la base de ces recherches, le Dr Al-Qurashi espère que les enseignants et la faculté définissent des stratégies qui améliorent l'autoefficacité de l'apprentissage à distance parmi les étudiants, ainsi que les deux autres paramètres qui garantissent une expérience d'apprentissage à distance réussie.

Selon le Dr Al-Qurashi, des études antérieures confirment que l'apprentissage à distance peut être efficace avec un personnel éducatif qualifié, car les compétences nécessaires sont acquises et appliquées. L'apprentissage en ligne pourrait également être combiné avec l'assistance physique, aucune des deux formes ne se révélant supérieure à l'autre.

«L'apprentissage en ligne est devenu une partie importante du processus éducatif. S’il est appliqué avec des pratiques et des normes fondées sur des études scientifiques pour concevoir et enseigner, nous pouvons obtenir des résultats qui correspondent à ceux de l'éducation en présentiel. Par conséquent, la présence de spécialistes en apprentissage en ligne dans chaque établissement d'enseignement est désormais indispensable pour faciliter le développement», conclut le Dr Al-Qurashi.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Short Url
  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Short Url
  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Short Url
  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.