Des Soudanais déplacés par le conflit se réfugient provisoirement dans l'État d'Al-Jazirah

Des passants près de l'entrée de l'hôpital Medani Heart Centre à Wad Madani, la capitale de l'État d'Al-Jazirah dans le centre-est du Soudan, le 25 mai 2023 (Photo, AFP).
Des passants près de l'entrée de l'hôpital Medani Heart Centre à Wad Madani, la capitale de l'État d'Al-Jazirah dans le centre-est du Soudan, le 25 mai 2023 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 30 mai 2023

Des Soudanais déplacés par le conflit se réfugient provisoirement dans l'État d'Al-Jazirah

  • Al-Jazirah a jusqu'à présent accueilli le plus grand nombre de personnes déplacées par le conflit qui sévit dans la capitale Khartoum
  • L'État est confronté à une pénurie de produits de base habituellement distribués de Khartoum vers les zones périphériques

WAD MADANI, SOUDAN: Des centaines de milliers de civils soudanais ont été déplacés depuis le début des affrontements entre les forces armées soudanaises et les Forces paramilitaires de soutien rapide, il y a six semaines. La grande majorité d'entre eux ont choisi de rester dans le pays.

L'État d'Al-Jazirah, situé à seulement trois heures de route au sud-est de Khartoum, a jusqu'à présent accueilli le plus grand nombre de personnes fuyant le conflit dans la capitale soudanaise. Il représente ainsi un microcosme de la crise des déplacés.

Les personnes fuyant vers Al-Jazirah sont épargnées par le difficile périple à travers les ponts, les cours d'eau et les frontières internationales pour trouver refuge. Toutefois, nombre d'entre elles se heurtent à de nouvelles difficultés à leur arrivée dans les camps de déplacés, avec un accès limité aux soins de santé, aux abris et à la nourriture.

Compte tenu du nombre croissant de personnes déplacées, Al-Jazirah est confrontée à d'alarmantes pénuries de médicaments, de carburant et de nourriture – des biens qui, dans des circonstances normales, seraient distribués depuis Khartoum vers les différents États périphériques du Soudan.

De la fumée s'élève dans le sud de Khartoum durant les combats opposant les forces de deux généraux rivaux au Soudan, le 6 mai 2023 (Photo, AFP).

Asaad al-Sir Mohammed, commissaire du Soudan chargé de l'aide humanitaire, indique que les organisations humanitaires sont actives sur le terrain à Al-Jazirah pour faire face à l'afflux de personnes déplacées. Mais les moyens sont déjà limités.

«Nous sommes en réseau avec toutes les organisations du Soudan», a-t-il indiqué à Arab News. «Des organisations spécialisées dans la prise en charge des réfugiés nous accompagnent actuellement. Nous collaborons avec l'Organisation mondiale de la santé et le Programme alimentaire mondial.»

Certaines organisations se sont engagées à coordonner leur action avec le ministère soudanais de la Protection sociale, la Commission d'aide humanitaire et la Commission des réfugiés, notamment le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Alight, ZOA, le Conseil danois pour les réfugiés, Medical Teams International et Islamic Relief.

«Nous envisageons d'absorber le premier traumatisme des déplacés et de leur fournir un logement digne. Ensuite, les organisations interviendront», a déclaré M. Mohammed. «Plusieurs organisations, dont Médecins sans frontières, ont déjà commencé à travailler dans le cadre de leur mandat.»

Un patient est transporté sur un brancard à l'hôpital Medani Heart Centre à Wad Madani, la capitale de l'État d'Al-Jazirah dans le centre-est du Soudan, le 25 mai 2023 (Photo, AFP).

Cependant, malgré une étroite coordination entre les comités de service et les autorités de l'État d'Al-Jazirah, M. Mohammed estime que le nombre de personnes déplacées risque d'entraîner des pénuries encore plus importantes si les agences d'aide et le Comité suprême de Khartoum n'agissent pas rapidement.

Les producteurs alimentaires locaux sont notamment contraints d'augmenter leur production afin de répondre à l'augmentation du nombre de bouches à nourrir et à l'effondrement des chaînes d'approvisionnement en provenance de la capitale.

Mudther Abdul Karim, qui représente les producteurs de farine locaux, a déclaré à Arab News que les sept plus grandes minoteries d'Al-Jazirah devront probablement faire face à une augmentation de leur charge de travail en raison de la fermeture de plusieurs unités à Khartoum liée aux combats.

Toutes les minoteries d'Al-Jazirah ont été obligées de fonctionner à plein régime, explique M. Abdul Karim. Les autorités ont pris des mesures pour importer de la farine des minoteries de l'État de la mer Rouge et des pays voisins afin de répondre à l'augmentation de la demande.

Un Soudanais récolte des oignons dans la région d’Al-Jazirah, au sud de Khartoum, le 11 mai 2023. Alors que les combats à Khartoum ne montrent aucun signe de répit, les propriétaires de petites entreprises se sont retrouvés à perte, sans aucune perspective de rattraper les semaines de ralentissement sans précédent (Photo, AFP).

Pour ce qui est du carburant, bien que l'État bénéficie d'un approvisionnement direct via un pipeline de 217 kilomètres de long relié à la raffinerie d'Al-Jely, de nombreux citoyens sont encore contraints de faire la queue pendant plus de deux jours pour faire le plein de leurs voitures et de leurs jerrycans.

Pour faire face à la marée humaine qui fuit Khartoum, Fatah Al-Rahman Taha, ministre soudanais de la Protection sociale, a indiqué à Arab News que le camp 5 dans l'État d'Al-Qadarif, qui accueillait les Éthiopiens déplacés par la guerre du Tigré, était rouvert afin d'accueillir de nouveaux arrivants.

«Le problème de la guerre est une réalité imposée, mais les nuages se dissiperont et le Soudan se relèvera», a affirmé M. Taha.

Un homme passe devant une station-service fermée à Wad Madani, la capitale de l'État d'Al-Jazirah dans le centre-est du Soudan, le 18 mai 2023 (Photo, AFP).

Les combats au Soudan ont tué plus de 1 800 personnes, selon le projet ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project). Les Nations unies indiquent que plus d'un million de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, et que 300 000 autres ont fui vers les pays voisins.

Les civils, de plus en plus désespérés, attendent de brèves accalmies pour fuir ou pour recevoir de l'aide, car les combats ont réduit les réserves de nourriture, d'eau et d'électricité de Khartoum.

Il n'est pas facile de s'échapper de la zone de conflit. Les conseils aux voyageurs occidentaux indiquent que l'aéroport international de Khartoum est fermé, que les vols d'évacuation depuis la base aérienne de Wadi Saeedna, au nord de Khartoum, sont interrompus et que les possibilités d'évacuation depuis Port-Soudan sont limitées.

Par conséquent, les personnes cherchant à quitter le Soudan par des moyens commerciaux doivent le faire à leurs risques et périls. Par ailleurs, la sécurité et la fiabilité des compagnies aériennes locales suscitent de vives inquiétudes, nombre d'entre elles étant interdites d'exploitation dans l'espace aérien international.

EN BREF

C'est dans l'État de Khartoum que se trouve la capitale nationale du Soudan, la ville de Khartoum. Il s'agit de l'État le plus petit en termes de superficie, mais le plus peuplé. La capitale abrite les bureaux de l'État, des organisations gouvernementales et non gouvernementales, des institutions culturelles et l'aéroport principal.

Les ressortissants étrangers qui souhaitent quitter le Soudan pour se rendre dans les pays voisins par d'autres moyens sont priés de prendre conseil au préalable, car les points de passage frontaliers peuvent être fermés ou nécessiter de longs délais de transit et de traitement, en l'absence de l'infrastructure et du personnel nécessaires.

Lundi, les combats se poursuivaient sur les principaux champs de bataille malgré un nouveau cessez-le-feu entré en vigueur le 20 mai, le dernier en date d'une série de tentatives d'accords.

Les États-Unis et l'Arabie saoudite, qui ont négocié l'accord, ont fait état de «graves violations» depuis son entrée en vigueur, mais ont déclaré dans un communiqué commun vendredi avoir constaté «un meilleur respect de l'accord», malgré «des tirs isolés à Khartoum».

Les Soudanais souffrent depuis le début des combats il y a six semaines (Photo AN, Faiz Abubakr).

Les personnes arrivant à Al-Jazirah en provenance de l'État de Khartoum ne sont pas toutes soudanaises. Pendant de nombreuses années, l'État a accueilli 307 000 réfugiés et demandeurs d'asile issus de zones de conflit du continent africain. Mais aujourd'hui, ils sont contraints de fuir une fois de plus en raison de la violence qui sévit dans la capitale et ses environs.

«Les réfugiés sont principalement des Érythréens, des Éthiopiens et des Sud-Soudanais», explique à Arab News Mustafa Mohammed, secrétaire général de l'autorité locale d'Al-Jazirah et chef de la chambre des volontaires créée pour venir en aide aux personnes déplacées de Khartoum.

«Certains d'entre eux ont demandé à retourner dans leur pays d'origine et des moyens de transport leur ont été mis à disposition. D'autres ont été conduits vers des centres d'accueil pour réfugiés.»

«Avec l'aide du Croissant-Rouge soudanais, nous avons pu limiter le nombre de familles expatriées dans tout le pays, soit environ 500 familles pour 24 700 personnes, et ce nombre continue d'augmenter», a-t-il ajouté, précisant que cela n'incluait pas les familles hébergées par des proches.

«Le nombre d'arrivées dans l'État est important et inattendu. Nous fournissons divers services, depuis les services médicaux jusqu'à la mise à disposition de logements et de nourriture.»

Pendant de nombreuses années, l'État d'Al-Jazirah a accueilli 307 000 réfugiés et demandeurs d'asile provenant de zones de conflit du continent africain (Photo AN, Faiz Abubakr).
 

Le Croissant-Rouge soudanais a récemment indiqué que 5 244 familles étaient réparties dans 28 camps situés dans différentes localités, soit un total de 28 217 personnes déplacées. Quelque 272 familles sont hébergées dans des appartements et 2 114 personnes dans des hôtels.

Les camps eux-mêmes souffrent de pénuries d'eau et de nombreux autres problèmes, selon Yasser Salah, responsable de l'initiative de jeunes bénévoles Sharaa Alhwadeath à Al-Jazirah.

«Depuis l'escalade de la violence dans l'État de Khartoum, nous sommes confrontés à une catastrophe humanitaire de très grande ampleur que les volontaires abordent en premier lieu par le biais de petits camps, dont certains se trouvent dans des écoles ou des maisons», a déclaré Salah à Arab News depuis le camp d'Al-Shaima, un complexe de logements pour étudiants dans la capitale de l'État d'Al-Jazirah, Wad Madani, qui accueille des familles déplacées.

Selon M. Salah, il est impossible d'ignorer la crise humanitaire qui sévit actuellement dans l'État, alors que les pharmacies ont du mal à obtenir des médicaments de base et que les banques de sang sont à court de stocks pour les transfusions.

Des camps non officiels, qui ne sont pas reconnus par l'État, ont également vu le jour dans le sillage de la crise. Sur les 18 camps de Wad Madani, seuls deux sont reconnus par le gouvernement. Des bénévoles locaux ont expliqué à Arab News que les 16 autres ne bénéficiaient d'aucune aide de l'État.

Les personnes déplacées dépendent donc des dons de leurs amis et des jeunes qui travaillent dans les agences d'aide locales et internationales.

Des personnes circulent avec en arrière-plan la fumée des combats dans la capitale soudanaise, Khartoum, le 3 mai 2023 (Photo, AFP).

«Les camps dont nous disposons souffrent d'un manque d'eau et d'eau potable, ainsi que de nourriture, de traitements médicaux et de soins de santé généraux, de lits et de matelas», a confié un bénévole local ayant requis l'anonymat.

«Il y a un manque d'électricité et un grand nombre de patients. C'est pourquoi nous organisons des journées de traitement en présence de médecins.»

Malgré l'absence de soutien du gouvernement, le volontaire a déclaré que les personnes hébergées dans les camps non officiels soutenus par la communauté sont souvent mieux loties que celles hébergées dans les camps reconnus par l'État.

«L'état des camps sous le contrôle du gouvernement est pire que celui des camps que nous gérons, qui sont basés sur des principes humains et de solidarité.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Short Url
  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Short Url
  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.